Au revoir, les petits…

Parmi ce que je regretterai de ma vie ici, il y a la proximité de la vie libre de tous mes petits visiteurs des bois. Même si cela signifie que c’est moi qui ai ma maison sur leur terre, et pas le contraire. Je suis l’involontaire envahisseur et ils se sont habitués à l’aspect de l’humain, son odeur, sa voix … et ses restes. Ses générosités ou les barrières dont il cherche à protéger son jardin. Barrières de bois ou méphitiques, car j’avoue recouvrir mes hostas et verges d’or d’une couche malodorante destinée à écoeurer les biches qui autrement les aiment un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et n’en laissent pas du tout.

 

Mais voir un faon maladroit dans la rue et l’intriguer par ma voix, le regarder qui me fixe, la truffe luisante comme un galet mouillé, les oreilles horizontales, et puis détaler en levant haut les pattes et la queue blanche dans un petit clop clop clop, quel heureux présage de bonne et belle journée ! Le voir, ce faon maladroit, à deux mètres pendant que j’arrose la pelouse, un peu hésitant mais m’écoutant lui parler alors qu’il bouge les oreilles en antennes, c’est un petit miracle sans prix…

 

Geais bleus

 

Ecureuil

Ou Arsène, le raton-laveur gras et paisible, assis sur la table de jardin dans la nuit tombante, ramassant les restes de graines laissées par Clara, ma bien-aimée Clara la dinde sauvage et libre, qui disparaît parfois pendant deux mois mais me revient toujours, qui me reconnaît et écoute mes louanges avec attention. Que tu es belle, ma Clara ! Mais que tu es donc belle ! Oh je sais, il faut l’aveuglement de l’amour pour en arriver là mais voilà, je la trouve belle. Il m’a fallu 4 ans et la familiarité de Simone, Gastonne et puis Lola avant de voir la beauté de ces oiseaux des bois,  surtout leur plumage parfait, comme une armure de cuivre.

Clara

 

Les lapins, tamias, les écureuils. Les geais au cri strident, les cardinals, le pivert méfiant, les tourterelles tristes, le joli merle américain. Charlotte la marmotte qui a sa galerie sous la maison et affole notre bonne Millie qui, en chien de chasse, se rue parfois le nez au sol et traverse le salon en zigzagant et chantant son chant du beagle à l’halali.

Charlotte

On surprend aussi les opossums, les serpents. Un couple de buses – faucons à queue rouge – patrouille dans le ciel et a d’ailleurs bien failli s’en prendre à notre Zouzou qui en a été indigné. Trop d’arbres pour les beaux oiseaux, zut et zut, Zouzou s’est abrité sous un feuillage, la queue de la taille d’un boa, soufflant comme une locomotive. Il était moins cinq….

 

 

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