Mariage, quel est ton mystère?

Mon billet sur le mariage d’autrefois a amené bien des réactions. Il est vrai que je parlais des mariages heureux. Des gens qui avaient pu choisir – et bien ! – leur conjoint, ou qui avaient eu la chance qu’on le leur ait choisi avec une tendre attention au point que l’amour était venu secouer ses ailes sur leur union. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, le divorce signifiait la mort sociale pour la femme. Une option à peine meilleure que la mort tout court.

22 5 19 - Mariage A et S

Il y a pourtant eu des femmes qui, dans leur passion adultère comme l’audacieuse Ellen Roosval – déjà évoquée  – ou dans leur trop intense besoin de liberté comme la fabuleuse Edith Wharton, ont trouvé le divorce préférable à un mariage qui les éteignait. Mais elles avaient le bénéfice d’une bonne éducation, et surtout de faire partie d’un environnement artistique, plus tolérant  et indépendant d’esprit. Dans le cas d’Edith Wharton, une bonne fortune est certainement venue à point aussi…

Beaucoup d’autres sont tout simplement devenues mères et puis grands-mères, à défaut d’avoir un quelconque intérêt humain aux yeux de leurs maris. C’est dans ce rôle qu’elles ont cherché à oublier le mépris, les trahisons, la dilapidation parfois de leur fortune. Ou elles ont eu recours au laudanum, ce « médicament pour les nerfs » qui faisait d’elles des fantômes sans souffrance.

Et d’autres encore ont soumis des maris trop faibles et mal armés contre leur guérilla invisible aux yeux des tiers mais absolument implacable.

Les maux sont les mêmes qu’aujourd’hui, mais on les vivait autrement. Et si la révolution sexuelle a enlevé certains stigmates de la vie féminine elle a aussi, bien souvent, éradiqué le respect, la patience et le pardon du mariage. Et quand je parle de pardon, je parle de ce qui est pardonnable. Ce qu’on ne peut pardonner, autant l’admettre et mettre fin à un mariage qui a fini son parcours avant que d’y mourir de rancoeur ou de remords.

C’est pourquoi j’ai jeté un coup d’œil sur ces mariages d’autrefois. J’en ai connus de bien mauvais, et pour ceux-là je regrette que les femmes qui y étaient injustement emprisonnées n’aient pas eu une autre possibilité que de supporter, supporter, et attendre la mort. La société n’en aurait fait qu’une bouchée – menée d’ailleurs par les autres femmes malheureuses en tête, hurlant que si elles l’avaient bien supporté… les autres pouvaient s’en accommoder aussi. Quant aux maris, eh bien eux aussi avaient leur joug parfois mais heureusement pour eux il était plus « normal » alors d’avoir une « double vie », la seconde aidant à supporter la première.

Mais dans toute une partie de ma famille, on avait de bons ménages. (J’ai fait mentir la tradition…). Et naturellement, je n’ai pas l’illusion que c’était une valse ininterrompue, les yeux dans les yeux, l’éventail coquin ne cessant de battre que le temps d’une nouvelle grossesse.  Il y a sans doute eu des infidélités avérées ou soupçonnées, des froideurs, de l’autorité mal exercée, des maladresses, des exigences, des devoir conjugaux accomplis par devoir, des excès…

Mais si le respect avait été bien enraciné ainsi que la patience, et qu’une maman avait su comprendre les larmes et la fureur d’une fille aimée et blessée, on laissait passer l’orage. Et plus on arrivait à aplanir d’obstacles, et plus était on unis.

En vivant trop vite, on vit mal. C’est le temps qui rend les choses bonnes, comme les fruits dans l’alcool et le cassoulet qui a cuit longtemps.

 

 

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