Qui aime les bêtes

Le toutou à sa mémère …

Traiter ses animaux comme des enfants …

Ne vivre que pour ses animaux…

Qu’en est-il ?

Il y a des chiens que l’on prend pour ne pas parler tout seul quand la maison et la vie se sont vidées.

Ou pour que les enfants aient un compagnon de jeu différent avec lequel ils apprendront d’autres limites, d’autres plaisirs, d’autres moyens de communication. La responsabilité aussi, car cet immense pouvoir que confère une taille supérieure et l’aide d’objets matériels ne doit pas conduire à l’abus. Quelle leçon de patience, d’écoute, d’émerveillement. Source de joies intenses.

Et puis, parce la vie de ces compagnons se déroule plus rapidement, le passage de l’enfance à l’âge adulte puis aux années de grands repos qui préparent au départ appartient à la réalité.

Kiddy et Ticheliche

Combien de chiens et chats n’ai-je pleurés, et pourtant tous ces chagrins se sont adoucis jusqu’à devenir supportables, sauf pour certains dont l’absence me fait encore mal : Pompon, mort du typhus à un an et demi. Pendant des années j’ai rêvé que, comme ce jour bien triste et bien réel, je le voyais arriver du fond du jardin, vacillant et perdu, et me disais « je vais vite le faire vacciner contre le typhus et cette fois, il ne mourra pas ». Ou Capuchon que j’ai placé chez des amis en attendant de pouvoir le reprendre en Italie, ce qui n’est jamais arrivé. Il est mort de la leucose du chat, sans jamais avoir cessé de guetter le bruit de l’ascenseur, car Capuchon m’attendait.

Pompon-l’amour et Pepsy-chou

J’ai grandi avec des animaux. Ma mère les aimait et les respectait, proclamant sans ambages que qui n’aime pas les bêtes n’aime pas les gens. Attention, on peut ne pas en avoir, mais les aimer. On peut en avoir et ne pas les aimer aussi…  Elle les aimait, comme des amis envers lesquels on avait des devoirs puisque nous avions fait la démarche de leur ouvrir notre maison, en leur demandant d’y mettre un peu de désordre et de spontanéité. Elle disait toujours « bonjour mon petit chien » aux chiens rencontrés en chemin, et je fais souvent la même chose sans y penser, ce qui en revanche donne bien à penser aux maîtres, croyez-moi ! Mon premier chien a été « Kiddy », un berger malinois rebaptisée Nana après que l’on ait vu Peter Panau cinéma et qui a dû me faire de la place car elle était dans la famille avant moi. C’est Kiddy qui m’a appris à marcher : ma mère l’a surprise, à l’arrêt à côté de moi dans le jardin, alors que je tentais de me mettre

Capuchon

debout en empoignant son collier. Puis, maternelle et patiente, elle faisait lentement le tour de la pelouse avec moi accrochée à son cou. On avait aussi le chat Ticheliche. Nous avons eu « Gros pète » la souris blanche, des poissons rouges, canaris, perruches. Jacquo le perroquet. Ont suivi dans ma vie les chiens Flay-flay, Bari, Moïse, Poupet – pas bien beau mais adorable – , Twist et enfin Millie. Les chats Pou, Minette, Pepsy-chou, Zazou, Poussinette, Bijou, Fritz, Marie-Salope, Salomé, Saxophone, Pompon, Mirliflore, Jérémie, et ceux que j’ai maintenant.

Jamais je ne les ai pris pour mes enfants, ni n’ai même pensé qu’ils m’appartenaient. Ils sont, pourtant, des membres de la famille considérés et souvent évoqués.

Et ma vie est constellée de souvenirs qui pulsent encore en moi et dont ils furent les acteurs : le baiser de Faline, la jument de ma mère qui lui prenait un sucre d’entre les lèvres avec la douceur d’un souffle, Pompon qui s’endormait dans mes bras en tétant le lobe de mon oreille, Flay-Flay mort dans mes bras – ah, ce poids mort que je ne comprenais pas ! – Bari aveugle qui s’enfuyait encore du jardin et faisait le tour du quartier par cœur et à l’odeur, Pou s’accrochant à mon nez et m’arrachant des hurlements de douleur, Ticheliche vomissant sur la balançoire où je l’avais mis, Minette avec moi en carrousel à la fête à Heusy, Twist en pyjama, Poupet en costume marin, celui de ma mère petite …

 

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4 réflexions sur “Qui aime les bêtes

  1. Pâques dit :

    J’ai relu cet article avec plaisir, à l’époque je t’avais laissé un petit mot concernant l’adoption de notre petit cocker, il va super bien, j’ai ajouté sa photo sur mon blog, il est adorablement têtu !!!

    • Edmée dit :

      Sans l’amour de nos petits amis à 4 pattes, nous sommes déconnectés… J’ai ici ma vieille Fifi, chatte de 17 ans, que j’ai adoptée alors qu’elle était en death row (elle allait être zigouillée le lendemain!) et Voyelle, 12 ans, fille de rue (et de joie, peut-être?) qui font ma grande joie!

  2. Bon Dieu que je suis bête aujourd’hui ! Et ce n’est pas à cause de ton article hein Edmée …Voilà c’est fait, la newsletter et le commentaire ! Ben oui nos petits animaux, on y tient ! Mon Zapy a passé 17 années dans ma famille et nous en parlons encore aujourd’hui…

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