Regrets de saveurs

Je me languis déjà de ces plaisirs de bouche que je perdrai peut-être à tous jamais en partant d’ici … Les plants de navets que j’achète presque chaque semaine pour faire ma pasta alle cime di rape e tonno rosso. J’en adore la saveur un peu amère et sauvage. Ça goûte l’Italie, ça me rappelle le marché de la via Cernaia à Turin, dont je revenais avec un millier de parfums de la terre…

Et les fiddleheads  que l’on n’a que pendant quelques semaines, et encore faut-il être attentive et prête au combat avec une autre cliente plus matinale. Ce sont de jeunes pousses de fougères. Et encore une fois, un goût de forêt, d’une renaissance après l’hiver, renaissance qui multiplie les arômes par son explosion de vie.

Les goyaves, les papayes, les bananes plantain bien mûres que je cuis lentement dans l’huile avec sel, poivre et piments d’oiseaux, jusqu’à obtenir ces morceaux qui fondent en bouche, la tapissant de l’étrange mariage des épices caramba avec le caramel apaisant.

Les cubes de bouillon pour la clientèle hispanique, avec du coriandre ou du chipotle, qui ajoutent aussi un peu de caramba dans le quotidien.

Le hominy, une préparation de maïs que j’ai découverte lors d’un repas cherokee, et qui est la seule chose en boite que j’achète ici. De nouveau ce goût amer que j’aime, un goût venu de la cuisine authentique de ce continent, et qui me ramène en Oklahoma avec tous ces indiens tranquilles et sages qui me laissaient entrevoir un peu de leur vie.

Et les burritos, le chicken quesadilla, le homard de Mystic – dégusté il y a … 10 ans et puis voilà, seule ma mémoire tenace me permet d’en retrouver le parfum et la texture de la chair dans mon souvenir. Et les airelles sèches, en trouverai-je ? Ciel ! Si je dois faire mon dessert qui laisse le monde pantois et comblé sans mes airelles, j’en suis quitte pour doubler la dose de bourbon … !

Et … qui n’a pas eu l’expérience sensuelle d’une purée de pommes de terres du Yukon ne connaît pas le somptueux secret de ce ce continent …

Et puis… Ed ne coupera pas la prochaine dinde de Thanksgiving, la dinde toujours si savoureuse que prépare Kay, avec tous ses plats d’accompagnement écossais-italiens, parce que que Kay a grandi dans Little Italy avec des incursions dans les souvenirs d’une mère-grand écossaise…

 

 

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