A mes aimés qui ne sont plus …

Atala au tombeau - Girodet de Roussy - Trioson, 1808

Atala au tombeau – Girodet de Roussy – Trioson, 1808

Vous reposez-vous vraiment éternellement ? Etes-vous dans une délicieuse sieste au soleil, la brise baisant vos fronts détendus, nos voix vous parvenant avec le bruissement des pétales des chrysanthèmes ?

 

Avez-vous enfin tout oublié des douleurs, celles des corps et celles des âmes ?

 

Vous qui avez franchi ces portes encore closes pour nous, qui connaissez de la vie ce que nous ne faisons qu’imaginer, puisque la mort est le glissement d’une vie à une autre, sentez-vous quand nous lâchons prise, quand nous vous laissons partir, quand nous acceptons de vous libérer de notre douleur et de nous réjouir de ce que nous espérons être votre repos ?

 

Sous le sol il n’y a personne. On y a déposé ce qui restait de vous, ce que nous pouvions toucher, voir. Penchés sur ce lieu où vous n’êtes pas, nous vous parlons pourtant, du cœur ou de la voix, et sentons votre affection pénétrer en nous comme dans un joyeux flux velouté. C’est en nous que vous êtes. Dans tout ce qui vous évoque, qui vous a plu, nous a unis.

 

Vous nous sussurez dans un souffle « ne crains rien, je serai là et te prendrai dans mes bras… » et nous n’entendons que le son de l’amour, le prenant pour celui du vent.

 

Je vous aime, papa et mammy, et tous les autres que j’ai aimés et « ne sont plus ». Vous êtes, et un jour me prendrez dans vos bras.

 

Sur ce lien, le poème de Mary Elizabeth Frye:

Do not stand at my grave and weep

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40 réflexions sur “A mes aimés qui ne sont plus …

  1. « Ils » sont toujours là remplis d’amour pour toi, ma chère Edmée …jusqu’à la fin des temps.
    « Tes aimés » ont simplement changé d’état et quoi qu’ils soient devenus à présent, sois certaine qu’ils veillent toujours sur toi ! 😉
    Bisous

  2. gazou dit :

    Bien sûr, c’est en nous qu’ils continuent à vivre. nous ne sommes pas séparés
    Bonne journée Edmée

    • Edmée dit :

      C’est ce qui est bon… la souffrance s’estompe une fois que la « nouvelle relation » prend place, qu’on sent qu’ils sont entrés en nous…

  3. Florence dit :

    Tu as choisi un des tableaux que je préfère de cette époque où l’art pictural était encore du Grand Art !
    C’est beau d’y croire, j’aimerais bien !
    Mais si j’ai bien compris, ce texte est de Mary Elizabeth Frye ?
    J’aime les cimetières, ils sont paisibles, certains sont merveilleux ! J’aime leur silence. En cette saison, en plus, ils se parent d’une jolie palette de couleur et beaucoup de tombes ont fait toilette ! Les morts sont couchés là : plus de rivalités, plus de haines, plus de cette immonde jalousie… Ils sont unis dans ce jardin fait pour eux, et pour nous, les vivants, c’est un havre de paix !
    Gros bisous chère Edmée et Haut les coeurs ! A bientôt !
    Florence

    • Edmée dit :

      Non Florence, le texte d’Elizabeth Frye est en lien vers la vidéo de son poème chanté.

      C’est donc bien moi qui parles ici 🙂

      Bon week-end, Florence!

      • Florence dit :

        Alors pardon Edmée !
        Je crois que les médicaments que je prends depuis quelques semaines, endorment mes petites cellules grises !
        Re gros bisous !
        Je répondrais à ton com cet après-midi !
        Florence

      • Edmée dit :

        🙂 Repos ma chère Florence… les réponses aux coms peuvent attendre!

  4. JMB dit :

    Je serai incinéré et mes cendres répandues. Pas de tombe une envie de voleter au gré des vents…Peut être certains parfois, se souviendront de moi… Ou pas ? Quelle idée ces cimetière et cette fête des morts ? Je pense aux miens lorsqu’ils me manquent, pas parce-que c’est inscrit au calendrier. D’ailleurs ce matin j’étais aux champignons, pas au cimetière. Mais la tombe de mon père est propre, comme toute l’année. En faisant une photo qu’il aurait je pense aimé faire, j’ai pensé à lui. Pas parce-qu’on est le premier novembre juste parce que c’est lui qui ma offert mon premier appareil : Un Brownie Flash Kodak, je m’en souviens encore. Il m’a aussi appris à faire des plans, puis à développer les photos argentiques dans la cave où avait été calfeutré tout passage de lumière, je revois encore les deux ampoules au mur: La rouge pour développer et la blanche pour ranger la pièce. Je pense à lui souvent en apéenant. Je suis sûr qu’il aurait aimé le numérique et les logiciels de photos…Aujourd’hui cette pensée est tombée comme ça un premier novembre, mais ce n’est pas à cause d’un passage obligé car ça arrive bien d’autres fois.

    • Edmée dit :

      Bien sûr, tu as raison… Mais qu’il y ait un jour « officiel » n’est pas mal non plus car ça regroupe un peu les gens autour de leurs disparus. Je ne suis pas cimetières non plus, et comme toi j’ai envie d’être incinérée. Si qui me survit veut me garder dans une urne ou me disperser… ce sera au choix, je n’aurai plus rien à dire! 🙂

  5. Bon dimanche, Edmée ! Bon dimanche…euh. Tant pis : Bon dimanche !

  6. Pâques dit :

    Ils sont dans notre cœur pour toujours !

  7. Célestine dit :

    La présentation de ton billet laisse penser que ces merveilleux mots sont de Mary Elizabeth Frye. mais cela est plutôt un formidable compliment, très mérité d’ailleurs.
    « Vous nous susurrez dans un souffle « ne crains rien, je serai là et te prendrai dans mes bras… » et nous n’entendons que le son de l’amour, le prenant pour celui du vent. »
    C’est très beau. Te lire m’a apporté beaucoup d’apaisement, après mes états d’âme de la semaine dernière…
    Quant à la chanson, elle est magnifique. Merci Edmée.

    • Edmée dit :

      Merci Célestine, je viens de modifier un peu l’introduction vers le lien pour qu’on sache que Mary Elizabeth Frye a écrit son poème, mais pas mon texte 🙂

      Moi aussi comme tu le sais j’ai perdu il y a peu mon père et je suis loin d’être tout à fait apaisée déjà, mais c’est là que je vais…Quand ma maman se mourait je lui ai dit « à bientôt » et elle savait de quel bientôt je parlais. Il n’aurait plus lieu dans le cadre connu. Mais je sais bien qu’elle m’attend.

  8. colo dit :

    Cette impression, souvent, qu’ils sont là, près de nous, nous approuvent, admirent comme avant ce que nous réalisons.
    Un baiser amical, chaleureux Edmée.

    • Edmée dit :

      Je la ressens aussi. Plus ma mère que mon père auquel je suis encore trop « charnellement » attachée puisqu’il n’est pas absent depuis longtemps et la peine est encore vive. Mais ma mère arrive à la rescousse bien souvent et bon… ce n’est pas que je l’entende ou la voie, mais je « sais » ce qu’elle dit. Elle m’apaise toujours… et a toujours raison!

  9. Parler d’eux leur permet de rester vivants.
    A bientôt.

  10. Nadine dit :

    Ton texte est magnifique, Edmée, Un très bel hommage à tes chers disparus qui fait écho pour chacun d’entre nous.

  11. mimidusud dit :

    Bonjour Edmée

    Bien belle hommage à ta famille disparue.
    Pour moi, ils ont rejoint le paradis et ils sont heureux d’être ensemble. Mille pensées pour toi ma belle. Gros bisous 🙂

    • Edmée dit :

      Merci Mimi jolie. Oui, ils sont heureux d’être ensemble, j’ai eu ce sentiment quand on a placé l’urne de mon père entre celle de ses deux parents. Ma soeur et moi avons dit « Ils sont enfin réunis… » Séparés si longtemps, c’était bon de les voir ensemble.

      Gros bisous ma Mimi! 🙂

  12. Coumarine dit :

    c’est un texte qui touche le coeur.. je pense à ton papa que j’aimais voir sur les photos que tu nous donnais…
    On se retrouve dans tes mots… merci!

    • Edmée dit :

      Merci à toi, Coumarine! Oui bien sûr, mon papa est mon deuil tout récent, et je ne l’ai pas encore vraiment libéré de ma douleur. Je continue de boire les pochettes de nescafé et de soupe au potiron qu’il avait entreposées… tout en ne les aimant pas trop mais… c’est en sa compagnie 🙂

  13. Armelle dit :

    Quel joli texte ! Si émouvant, aussi rien à ajouter. Le laisser infuser simplement.

  14. Bon courage Edmée pour cette Toussaint un peu particulière pour toi, et à tous ceux qui ont perdu récemment un proche.

    • Edmée dit :

      Tu es gentil de t’en souvenir. Je suis allée hier fleurir la tombe, et me suis réjouie de la trouver déjà fleurie. Et le tailleur de pierre et moi avons longuement parlé de lui, qui ne laissait personne indifférent…

  15. amandine dit :

    Je sens parfois une « présence », celle de feu mon époux surtout quand je me sens triste , de là à me dire que c’est vrai ou un fantasme, i don’t know!!!

  16. Je ne doute pas de la présence de ces âmes tout autour de moi. Je crois très fort à l’invisible et sa densité. Les fleurs renaissent chaque année alors pourquoi pas nous?

  17. Philippe D dit :

    On espère que là où ils sont, ils sont bien, qu’ils ne souffrent plus, qu’ils sont heureux et, peut-être, qu’ils veillent sur nous.
    Nous n’aurons malheureusement pas de réponses…
    Bonne fin de semaine.

    • Edmée dit :

      Non, nous n’en avons pas, en général. Mais ça vaut pour tout ce qui sort de ce que nous pouvons mesurer. Dieu de nous répond pas non plus, ni les Saints, pas plus Saint Nicolas que les autres, et pourtant… 🙂

  18. J’aime la simplicité de ce billet

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