Un grand jour…

Un mariage à organiser autrefois demandait une mobilisation de compétences imposante.

 

La jeune fiancée vivait sur son nuage et chantonnait « un jour mon prince viendra » à tue-tête dès qu’elle était seule. Sauf que bien entendu cette chanson  n’existait pas encore, et que peut-être se récitait-elle des poèmes enflammés en brodant son trousseau, rougissant et gloussant si sa mère lui demandait à quoi elle pensait. D’ailleurs, le fiancé devait parfois laisser transparaître ardeur et impatience, et au fond, n’était-il pas excitant de se savoir à la porte d’un nouveau mystère que le fiancé promettait… divin, vous verrez, mon petit ?

Couverts monogrammésElle brodait, donc. De belles initiales enlacées, assorties à celles que l’on faisait ajouter à l’argenterie et à tout ce qu’elle n’aurait peut-être pas de temps de faire : la literie, les nappes… Car elle ne pouvait passer sa journée à broder, n’est-ce pas ? Elle continuait sa vie et ses études de jeune fille, se préparant à devenir une maîtresse de maison qui ferait honneur à son mari.

 

Parfois elle descendait dans l’intimité odorante de la cuisine, pour comprendre de visu comment se conservaient les œufs, comment reconnaître les frais de ceux qui avaient déjà un peu séjourné dans la saumure. Comment on plumait un poulet. S’amusait à faire les papillotes qui orneraient les pilons… Il faudrait qu’elle puisse s’assurer que sa cuisinière ferait tout ça dans les règles.

Menu de mariage Victor Leclerc et Léonie Godineau

Elle recevait ou visitait ses amies, qui n’avaient pour tout souci que le choix de leur toilette et la meilleure façon de discipliner des cheveux trop abondants, frisés, plats, abîmés par le fer ou rebelles ? Elles lui disaient quelle chance elle avait – même si on pensait secrètement qu’elle aurait pu en avoir plus.

 

Les mariages d’amour étaient surtout des mariages d’affection dans le meilleur des cas, même si la nature des jeunes-filles y ajoutait assez de rêve pour qu’elles voient dans les gestes de l’élu un enthousiasme qui ne s’y trouvait pas toujours. Et rares étaient ceux qui avaient eu l’occasion de découvrir  en eux les indices subtils d’une sensualité identique. On ne s’approchait pas d’assez près ni assez longtemps, et l’émoi n’était souvent que celui devant l’inconnu, dont la réalité apparaîtrait lors de cette nuit lointaine, méritée au long d’un copieux repas généreusement arrosé qui avait parfois de quoi assommer l’amoureux le plus fougueux pour deux jours – et nuits.

 

Les jeunes filles nourrissaient leur vision de l’avenir des rires un peu nerveux qui accompagnaient les confidences sur ce qu’on pensait en savoir,  et les jeunes gens n’en connaissaient que ce que les maisons closes ou quelque dame esseulée et initiatrice leur en avaient révélé. Seul l’avenir indiquerait si leur mariage serait à l’enseigne du devoir conjugal, ou s’épanouirait dans une entente qu’on  leur envierait.

14 9 1921 Menu de mariage Paul et Cady

Pendant ces longs mois prénuptiaux, la mère, aidée de ses sœurs, belles-sœurs, belle-mère et de tout le renfort féminin qu’elle pouvait trouver, calculait le nombre de faire-part, d’invités « à tout », d’invités à la réception. Le personnel en plus à louer pour la journée. Réservait la date du mariage civil – qui ne comptait qu’administrativement – et puis celle du mariage religieux, celui dont le faste touchait moins à la religion qu’au standing que la famille voulait affirmer avoir. Que mangerait-on ? Combien de bouteilles commander ? Aurait-on assez de place en utilisant le hall, le grand salon et la grande salle à manger, si on en retirait quelques meubles ? Pouvait-on commander ce beau tissu de Paris pour la robe, et serait-il possible de faire usage du voile de mariée que l’on se passait de mère en fille et datait de 1787 ? Fallait-il, d’ailleurs, le faire réparer, et au fait, Mademoiselle Troupin, qui l’avait réparé la dernière fois, était-elle encore active ? Après tout… 23 ans avaient passé !

 

Et ne pas oublier de faire surveiller discrètement la tante Olympe qui, depuis son veuvage, n’avait plus personne pour éloigner d’elle la coupe de champagne qui ferait basculer son maintien et ses bonnes manières.

 

Il faudrait aussi prévoir des chambres pour loger les invités se déplaçant de loin, et sans doute les distraire pendant quelques jours en leur faisant visiter la région. On espérait sans le dire que la famille émigrée en Suisse ne pourrait pas revenir, cette pauvre Victoire ayant décidément fait un très mauvais choix en épousant ce bellâtre tonitruant et trop parfumé.

 

Et puis le grand jour approchait. Les servantes tremblaient au haut des échelles pour nettoyer les larmes de cristal des lustres, les délicates lampes d’opaline, et décrocher les voiles et rideaux des fenêtres qu’il faudrait laver. Les meubles étaient frottés à la cire d’abeilles blonde et douce. D’autres lessivaient les sols à quatre pattes pour brosser de plus près, en commentant la prestance du jeune homme que mademoiselle allait épouser, ce qu’elles n’étaient pas supposées faire.

 

Mais toute la gent féminine de la maisonnée était traversée d’une agitation romantique. Jusqu’à Mère… même si le jeune homme était moins extraordinaire qu’on le décrivait – Mère avait cessé d’être romantique depuis bien longtemps et l’observait mieux que quiconque. Mais ce qu’elle voyait, elle, c’est que sa petite-fille chérie, cette enfant qui l’appelait Granny et avait peur des Contes d’Andersen, cette enfant cessait de l’être et prenait le chemin d’une femme. Et que son époux prendrait soin d’elle et de leurs enfants.

22 5 1919  - Menu de mariage Albert et Suzanne

On comptait sur le beau temps.

Et parce que même les cieux se penchaient sur la réussite de ce jour si spécial, oui il faisait beau, et la mariée serrait nerveusement le bras paternel qui, timon sur une mer d’agitations enfin calmée, la guidait vers un fiancé souriant. Du coin de l’œil elle voyait sa mère qui cherchait encore à vaincre des émotions multiples en ajustant son chapeau et sa tournure, et s’en amusait. Il y aurait des larmes quelques heures plus tard, ces larmes maternelles qui ont baptisé la nouvelle vie de bien des jeunes filles.

C’était le plus beau jour du début du reste de leur vie.

Publicités

40 réflexions sur “Un grand jour…

  1. Girard dit :

    Et zoup!…La flèche du Parthe!…Excellent!

  2. Anne Renault dit :

    Le mariage revient à la mode, mais dans une tout autre optique. C’est l’occasion d’une frande fête – pour s’amuser un peu – avant tout pour. »épater la galerie », en attendant la fête pour le divorce. En tout cas j’ai bien retrouvé dans ton texte l’atmosphère des mariages d’autrefois. Tel fut le mien, en plus modeste, mais avec les mêmes rituels. Merci pour cette plongée dans un temps révolu. BISES

    • Nyaël * dit :

      Aucun regret ^^
      C’était ma phrase finale …
      *
      Par erreur, j’ai annulé ma réponse
      Mais il y a sûrement une raison : je crois au hasard ^^ ( je devais être trop bavarde!)
      En gros :
      Pour moi, le sort â été clément : une rencontre insolite, une longue, très longue attente selon la tradition, et un mariage réussi …
      Cerise sur le gâteau, un congé de trois jours seulement, des délais de route trop courts pour les deux familles, et un mariage célébré dans une petite commune, avec peu d’invités ( près de 80 quand même^^) et les rituels évités ^^

      • Edmée dit :

        Tiens tiens, moi aussi je me dis que si un com disparaît, ou un mail que je suis en train de taper… c’est qu’il y a une raison (que ma raison ne connaît pas 🙂 )

        Merveilleux que d’avoir eu un sort clément, et de le dire. Il y a, oui, des mariages heureux. C’est sans doute ce qui fait qu’on y croit encore…

  3. Edmée dit :

    Je pense que le mariage va revenir à la mode et faire les concessions nécessaires pour démoder le divorce. Je l’espère en tout cas, même si je trouve que le divorce doit être une option aussi.

    Bises!

  4. JMB dit :

    Mes nouveaux voisins, arrivés il y a deux ans dans le quartier ont officialisés leur union en se mariant l’an passé et sont en train, cette fin d’ année, de préparer leur divorce…Voilà une affaire rondement menée 😥

    • Edmée dit :

      C’est dommage, mais j’ai fait ça aussi. Je ne regrette pas, mais je regrette le fait que c’est mon mariage que je n’avais pas su peser convenablement… Ou ce que j’attendais du mariage. Mais chaque vie est différente, comme le sont toutes les illusions et les pressions exercées. Nous sommes, peut-être, dans une époque où il y a trop de portes de « sortie » pour tout. Avant… il fallait s’organiser au mieux 🙂

  5. gazou dit :

    Le divorce est parfois une option qui est la seule raisonnable mais, à notre époque, on décide de se séparer vraiment trop promptement…Comme tu sais bien raconter ces mariages d’autrefois ,: il y en avait des bons et d’autres qui ne l’étaient pas…et alors, il fallait bien du courage pour oser se séparer….Comme les façons de vivre ont changé en peu de temps!

    • Edmée dit :

      Se séparer était rarissime. La personne divorcée devenait outcast. D’autre part, on attendait du mariage d’autres choses qu’aujourd’hui, la fidélité était surtout au niveau de la protection, de la présence quand il la fallait, d’un certain respect de l’engagement pris. POur le reste, on faisait de son mieux pour survivre au mariage 🙂

      Je pense beaucoup au mariage de mes grands-parents parce qu’ils ont eu la grande chance d’y trouver l’amour vrai. Rare. Un trésor sans prix.

  6. amandine dit :

    lol enfin ici toujours la pluie mdr

  7. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Chère Edmée, comme dans les romans du début du XXème, et même de la fin du XIXème ! Les beaux mariages dans la haute société, lorsque les femmes avaient le temps de coudre et de broder. Tous les jours, les jolis doigts fins et déliés, oeuvraient pour le fameux trousseau ! Mais aussi ses jeunes filles devaient apprendre à tenir les comptes de leurs futurs ménages et beaucoup d’autres choses encore ! Elles en savaient beaucoup plus que les jeunes filles actuelles finalement ! Oui, une autre époque !
    Tes illustrations sont bien jolies, j’aime beaucoup !
    Gros bisous et bonne fin de semaine !
    La Sèvre et la Loire t’attendent chez moi ! ( les News sont capricieuses en ce moment !)
    Florence

    • Edmée dit :

      C’est vrai qu’être de bonnes épouses demandait une instruction de contremaîtresse, de gestionnaire, de surveillante, d’infirmière, de diététicienne… et j’en passe.

      Les illustrations sont trois menus de mariage de la famille…

      Bisous et bon week-end! (Je ne comprends pas ce que tu veux dire au sujet des caprices des news?)

      • Florence dit :

        Certains qui normalement doivent recevoir mes News(letters), ne les reçoivent plus ou pas à chaque fois, ils se réinscrivent et parfois cela ne change rien. Aussi, je signale un nouvel article en mettant mon commentaire ! Voilà !
        Oui j’avais vu que c’était des menus de mariage de ta famille, et j’aime bien !
        Bisous et bonne journée ! Ici nous sommes toujours en régime pluie !
        Florence

  8. Celestine dit :

    Quand je pense que j’ai réussi à me marier sans savoir plumer un poulet…il faut croire que quelque autre qualité a compensé cette lacune… Excellent billet comme toujours, j’aime quand chez toi ça sent la percale et le lin. L’amour n’est jamais très loin…

    • Edmée dit :

      Je ne sais pas non plus plumer un poulet mais il y a belle lurette qu’on les achète plumés! Ceci dit, chez moi la servante les plumait et je me souviens très bien de l’odeur qu’ils avaient…

      L’amour n’est jamais loin, non…

  9. amandine dit :

    C’est un excellent écrit lol

  10. Pâques dit :

    Je suis contente de ne pas être née à cette époque et dans ce milieu !
    Je rigole, mais en effet c’est trop sage pour moi, la broderie etc…
    L’amour sans la passion et surtout les femmes qui ne pouvait même pas voter !!!
    Je crois que j’aurais été une révolutionnaire !!!
    C’est pour cela que j’aime Georges Sand, déjà le choix de son prénom d’auteur, c’est tout un programme … 🙂

    • Edmée dit :

      On ne peut savoir, Marcelle. Tu aurais joué de furieuses mazurkas au piano, organisé des partis coquines de colin-maillard, bu le porto de ta mère en cachette et peut-être fumé les cigares de l’oncle Gaston…

      • Pâques dit :

        Ouiiii !
        Tout cela et encore c’est peu de choses …
        Dire que ma mère a failli rentrer au couvent, dans mon cas ce n’est pas telle mère, telle fille 🙂

  11. Tout cela a bien changé mais n’est pas si loin que cela… Mes parents (mariés en 1974) n’ont jamais passé la moindre journée vraiment tous seuls avant de se marier…et moi, cela me paraît surréaliste car je suis d’une autre génération. Bon dimanche Edmée.

    • Edmée dit :

      Eh oui… Je pense à mes grands-parents surtout qui ont vu une révolution de moeurs sociales qui devait leur faire une peur bleue. Tous leurs critères s’effondraient et ils n’avaient aucun exemple auquel s’accrocher en nous voyant en mini-jupes, changeant de petits amis parfois avec désinvoltures, allant danser « en bande » et non pas aux bals organisés par la famille…

      Bon dimanche aussi!.

  12. colo dit :

    Quel magnifique tableau tu fais de ces mariages d’un antan pas si lointain.
    Invitée vers mes 18 ans à une de ces cérémonies suivie de…et de…où je ne connaissais pas grand monde, je me rappelle m’être glissée dans la « salle aux cadeaux de mariage ». Joliment exposés sur une grande table, accompagnés d’une carte de visite du donneur. Cartes que, pour me distraire un peu, j’ai changé de place. Oh là là quelle affreuse fille j’étais! Remercier pour le joli cadre en argent alors que c’était un service à thé…:-))

    • Edmée dit :

      Et je pense que très discrètement personne n’aura jamais rien dit de « l’erreur de la jeune mariée » pas encore bien rôdée! 🙂

      • Nyaël * dit :

        Hum ! Gageons que cela a bien dû amener quelques brouilles …
        On était poli, mais susceptible en ce temps-là !
        *
        Mais comme cette histoire est amusante !

      • Edmée dit :

        🙂 Oui, il y avait des brouilles et des gaffes, et une gigantesque agitation un peu comique malgré tout … Merci pour votre visite!

  13. A chaque fois que je lis un de tes textes qui survole le sujet ( j’allais écrire convole hi hi hi) je bénis le ciel de m’avoir donné la vie en 1963. Jamais je n’aurais survécu à un tel fiasco. Mais à l’époque dans ces familles, ne pas se marier était signe d’une profonde malédiction. Je songe à cette cousine de ma grand-mère qui ne s’est jamais mariée. Je me demande bien ce qui lui était arrivé pour avoir résisté à toutes les alliances possibles. Elle était pourtant bien jolie. Hélas, je ne le saurai jamais. Ceci dit, du côté de ma grand-mère, les femmes ont toujours été un peu rebelles. Je t’ai déjà raconté que Léontine Desguin, la soeur de mon arrière-grand-père Gustave Desguin, a pris ses cliques et ses claques, ne s’est pas mariée non plus et vers les années 20 et allée toute seule comme une grande ouvrir sa boutique de chapeaux dans la capitale. Olé! Olé!

    • Edmée dit :

      Mais s’il n’y avait pas eu ces mariages, nous ne serions pas là 🙂 Certaines se mariaient par amour ou le croyaient, d’autres déjà étaient moins victimes qu’on ne le croit et épousaient un statut et un géniteur, d’autres ne savaient pas quoi faire si elles ne mettaient pas en pratique leurs cours d’économie domestique, certaines étaient des mantes religieuses. Un peu comme maintenant, rien de nouveau sous le soleil sauf les apparences et la durée du mariage : on en sortait rarement vivants, alors 🙂

      Quant aux trop indépendantes, il y en a toujours eu, comme les « célibataires endurcis »…

    • Nyaël * dit :

       » Elle était pourtant bien jolie  »
      Sans doute un peu secrète ?
      Un amour secret ou un chagrin d’amour ?
      *
      ou bien un coeur rebelle qui ne voulait pas être acheté ?
      Car on ne plaisantait pas, à l’époque, avec la dot, ou les espérances, ni avec la famille ou les relations
      *
      D’où peut-être l’exposition des cadeaux de mariage, coutume qui m’a toujours parue odieuse envers ceux qui avaient peu de moyens …
      😛
      ^^ Notez que je ne me fais pas non plus à ces listes de mariage, où on vous piège, car les prix y sont parfois exorbitants ^^
      Et votre cadeau, offert avec amour, se trouve brusquement réduit à quelques chiffres sans âme

  14. amandine dit :

    aaaaah c’est bientôt l’hiver lol

  15. J’ai beaucoup aimé. Et ton humour et ton sourire.

  16. La préparation n’a pas beaucoup changé, le rêve en moins….

    • Edmée dit :

      Le rêve est à court terme, souvent! 🙂 Et surtout… pas entretenu: au moindre signe de « c’est plus difficile que je ne le croyais » on quitte le navire!

  17. Nadine dit :

    Je suis, comme Carine-Laure, contente d’être née en 1963 (on sait maintenant aussi de qui elle tient le goût des couvre-chefs) et d’accord avec ton dernier commentaire : le navire est abandonné très vite, on ne veut plus faire de concessions.

    • Edmée dit :

      Oui, les chapeaux de Carine-Laure ont enfin une explication généalogique 😉

      C’est vrai. Les gens ont des exigences, de part et d’autre. Ils ne trient pas entre ce qui est la base et les détails. Souvent d’ailleurs ils se choisissent en fonction des détails, et c’est si futile en face de ce qui devrait être l’essentiel que, naturellement… on coule!

  18. amandine dit :

    HELLO TOUJOURS et encore la pluie lol

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s