Solitude chérie

Seuls ceux qui apprécient la solitude peuvent être de vrais compagnons. Libres, et soucieux de la liberté des autres. L’homme est sociable à ses heures, très sociable même s’il sait pouvoir trouver ce refuge de « solitude » quand il en a besoin ou envie.

Les fanatiques de la compagnie à tout prix fuient le trou sans fond de leur existence. Rien à quoi penser, réfléchir, rien à découvrir à force de chercher seul, rien dont se souvenir qui puisse énumérer des instants de lumière. Ils ont un « agenda » rempli de faux amusements, de modes alimentaires, médicinales, vestimentaires et décoratives, d’étourdissements, de choses inutiles, inutiles parce qu’elles ne gravent rien en eux. Ils sortent, vont ici ou là, rencontrent rituellement les Untels puis les Machin, assistent à des conférences dont ils ne retirent que ce qu’ils pourront raconter pour dire qu’ils y étaient. Pareil pour leurs voyages, qui finissent en albums de photos et « oui, on y a été en … c’était quand ? En 2002 ? 2003 ? C’était avant ou après l’accident du chien ? ». Ils lisent des magazines ou les best sellers, dans leur faim à être dans le même train culturel que les autres. Ils s’affirment sociables. Ils le croient sans doute. Ils ne sont jamais seuls en effet, et ne connaissent pas l’écho de leurs pensées.

Ce n’est que du tintamarre pour ne pas entendre le silence abrutissant de leur moi – un moi qu’ils ne connaissent pas, d’ailleurs, puisqu’ils ne le laissent pas exister.

Et il y a aussi les autres, ceux que les premiers accusent souvent d’être des ours parce qu’ils admettent ne pas avoir envie de compagnie aujourd’hui, ni demain, ni peut-être de toute la semaine, ou même reconnaissent un peu confus – oh les rabat-joie, leur dira-t-on bien vite – qu’ils aimeraient tant passer ces vacances à bouquiner et traîner sans horaire ni rendez-vous, et pas plus loin qu’au jardin, ou sur la terrasse. Qu’ils aiment les enfants et les petits-enfants mais se passeraient volontiers, de temps à autre, de l’énoncé de leurs drames boulot, cochon-tirelire, crise d’adolescence ou école et du branle- bas qui précède et suit leurs allées et venues. Ils répriment, mal parfois, une grimace à la nouvelle que les beaux-parents ou parents ont annoncé leur passage, ainsi que les neveux, et que les copains que l’on voit tous les mois insistent pour que l’on fasse une petite croisière ensemble.

Avoir son espace silence et solitude relative est un droit. En avoir envie est signe de santé. Après tout, c’est dans la solitude et la retraite que les âmes bousculées retrouvent leur chemin. Et dans l’agitation qu’elles le perdent d’avantage. Ce n’est pas nouveau. Et sans avoir perdu son chemin, le plaisir d’en parcourir de nouvelles longueurs dans la quiétude d’heures sans couleurs ni sons est inégalable.

Si on ne peut vivre seul, comment peut-on vivre avec les autres sans s’en nourrir, sans les vider lentement de leur énergie puisqu’on n’a pas de source en soi ?

Je me souviens de vacances de Pâques merveilleuses passées avec ma mère dans ma dix-neuvième année : il a fait splendide et nous avons lu toute la série des « Rois maudits » au jardin, côte à côte, déplaçant les chaises longues à mesure que le soleil avançait sur la pelouse. Nous ne parlions pas, et n’émergions lentement que pour manger. Et là aussi, nous avions décidé qu’il faisait trop beau pour gâcher tout ce bon air et ce soleil d’or en cuisinant, aussi nous avons fait une cure de tartines aux tomates avec sel et poivre, que nous mangions au jardin sur une petite table ronde émaillée qui dansait la samba sous nos coups de couteau et fourchette. « Il n’y a rien de meilleur » affirmions-nous, et puis nous reprenions notre lecture après un bref regard et un sourire de joie. « Il est bien, celui que tu lis ? » « Oui, tu verras, c’est plein de rebondissements ! ». Car une était en avance d’un tome sur l’autre, et on n’aurait pas songé à en révéler les affres historiques… Je pense que ça figure parmi les plus belles vacances passées avec elle. Nous étions seules à deux, silencieuses, heureuses, ensemble sans intrusion de l’une ou de l’autre. Dans cette paresse bienfaisante, nous avons fait une chose toute simple : nous faire plaisir. Et c’est rechargées de farniente et de paix que nous passions la soirée non seulement côte à côte mais vraiment ensemble, rieuses et animées… oh combien vivantes !

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60 réflexions sur “Solitude chérie

  1. Tania dit :

    Magnifique éloge de la solitude, si rare à bien partager. La description des hyperactifs et « fanatiques de la compagnie à tout prix » est très juste, mais ce que j’ai le plus aimé dans ce beau texte, c’est l’évocation de ces lectures côte à côté en totale complicité avec ta mère.
    Hier soir, le bonheur de rester assise sur la terrasse jusqu’au coucher du soleil, un chat sur les genoux, à regarder le vol des martinets infatigables et au loin, les traînées brillantes des avions.

    • Edmée dit :

      Une soirée délicieuse donc… simple et riche, « là » à 100%, dans ce lieu et moment, avec le chat, les martinets, le soleil… somptueuse solitude en présence de l’essentiel…

  2. Angedra dit :

    Oui la solitude choisie est un luxe, ne faire que ce qui nous plait sans rendre de compte à l’autre, se sentir libre de passer sa journée à rêver sans aucune contrainte, ne plus avoir d’heure précise pour ses repas, n’écouter que les demandes de son corps, de ses émotions !
    Lorsque l’on connait cette façon de vivre, il est difficile ensuite de revenir à cette sorte de fuite en avant que certains utilisent afin de combler le vide qui leur fait peur.
    Pourtant beaucoup de ces personnes qui s’agitent et s’entourent de « nombreux amis » sont souvent en couple !!! Où est l’erreur ?
    Je comprends le passage que tu décris avec ta maman. Quel beau souvenir que ce temps passé à communier ainsi dans la même « énergie ».
    En couple j’ai ressenti cela, être à deux dans la même pièce sans se parler, chacun occupé à sa lecture ou dans son univers. Respectant l’intimité de l’autre sans se sentir agressé ni rejeté ou oublié. Pour moi ces instants de « solitude à deux » représentent la complicité entre deux êtres sans besoin d’artifices que sont ces courses vers toujours plus d’agitation par peur de se retrouver seuls.
    Cela ne m’empêche aucunement d’apprécier à plus petites doses les réunions familiales, les amis et autres sorties qui s’étalent au gré de mes besoins de communication. Je ne peux pas plus vivre en ermite que vivre dans une continuelle compagnie.

    • Edmée dit :

      Une fois encore, je suis absolument en harmonie avec ton commentaire. Oui la fuite du couple, ça existe, quand justement il n’y a pas cette merveilleuse liberté d’être seul tout seul ou à deux, une solitude recherchée et savourée, interlude profond, qui effectivement soude un couple aussi…
      Je me méfie toujours de ces gens trop occupés pour être seuls… leur compagnie ne leur plaît pas… 🙂

  3. Nadine dit :

    Depuis un an, je m’accorde, en plus de la lecture, des séances de relaxation et de méditation. Une solitude choisie, indispensable à mon équilibre. Des moments rien qu’à moi qui me permettent ensuite d’apprécier encore plus la compagnie des autres.

    • Edmée dit :

      Voilà! Tout est là… Je trouve aussi que passer des petites vacances seul, à sa guise et uniquement à sa guise, c’est un nectar mental!

  4. jeanlouisgillessen dit :

    Quel beau texte une fois de plus, Edmée. Je partage tes réflexions et j’ai la chance de pouvoir me ressourcer dans la solitude, la contemplation, le farniente. Mais je crois aussi que plusieurs personnes n’ont tout simplement pas  » accès  » à cette possibilité. Je ne les plains pas, ni ne leur en tiens grief, … je les évite tout simplement.

  5. amandine dit :

    moi je suis de celles ou ceux qui aiment être seule lol

  6. Le rônin dit :

    « …Après tout, c’est dans la solitude et la retraite que âmes bousculées retrouvent leur chemin… »
    Cette phrase m’a interpellé. Comme c’est si bien dit ! Je n’ai pas d’ami et même si parfois je regrette de ne pouvoir échanger ne serait-ce qu’un instant calme, je m’en porte bien… J’aime la nuit et son silence, sa profondeur aussi… Je n’aime pas le brouhaha d’autrui ; les mouvements ou mots inutiles, brassage d’air inutile.
    Mon couple est aussi une solitude qui me sied… et lorsque ma moitié se séparera de moi dans quelques mois, je n’en serai pas troublé…
    Bravo pour cette ode à la solitude…
    Sincèrement merci !

    • Edmée dit :

      Le brouhaha d’autrui n’est souvent que ça, du brouhaha. Je n’aime pas non plus même si j’apprécie la « journée différente », voire bruyante, parce qu’elle est exceptionnelle. Mais qu’il est bon de pouvoir trouver la solitude quand on en a envie.

      J’espère que l’absence de ta moitié ne te troublera pas… c’est une autre histoire 🙂

      • Le rônin dit :

        Je ne pense pas que l’absence de celle-ci me trouble… La solitude, l’absence est une vieille compagne de vie… Pour les « ours » ma femme m’a surnommé « shirokuma » (shiro = blanc ; kuma=ours). J’ai, semble t’il, le même tempérament que ces animaux sauvages…
        Sourire.

  7. Pierre dit :

    Je n’aurais jamais su écrire avec autant de justesse les bienfaits de la solitude choisie !
    Longtemps j’ai pensé qu’apprécier la solitude était une tare et qu’être qualifié d’ours indiquait un vilain défaut a corriger impérativement. Il m’a fallu du temps pour assumer et faire entendre que cette posture faisait partie de mon équilibre, et que c’est dans la solitude que je me ressourçais. Ce qui n’empêche évidemment pas d’apprécier la compagnie… mais à petite dose.

    Je crois comme toi que dans la solitude on trouve le temps de se trouver.

    La description de tes vacances lecture et farniente est jouissive 🙂

    Merci pour ce texte enthousiasmant !

    • Edmée dit :

      Cette fois-ci je courais à la défense de ceux qu’on qualifie, justement, d’ours parce qu’ils osent avoir besoin et envie de déconnecter de temps à autre. Or je ne pense pas que ne jamais vouloir déconnecter soit normal.

      Na 🙂

  8. Alain dit :

    De surprise en surprise. Et toujours ce grand bonheur de te lire. Il n’y a pas si longtemps tu partageais un court moment de ta vie d’adolescente avec un apprentissage dans un magasin de chaussures.

    Aujourd’hui tu nous offres l’éloge de la solitude. Le grand écart vers le chemin de la sagesse !

    Quand je lis tes articles je retrouve bien souvent des pensées, des actes aussi, pour lesquels je n’ai pas su trouver les mots. Armelle, le sait. Je suis un grand contemplatif.

    J’ai eu une vie magnifique, des amis et des collègues remarquables. Malgré le clinquant au milieu duquel j’ai dû évoluer pendant toute mon activité professionnelle, j’ai toujours su me donner du temps. Apprécier de ne rien faire et savoir écouter le silence. Pour le seul plaisir de me laisser pénétrer par la seule chose qui nous appartienne vraiment. Le présent. Et ce bonheur je l’ai partagé, pendant plus de vingt ans avec l’être aimé. Le grand luxe ! Deux ours au milieu du show-biz. On nous appelait « les sauvages ».

    Aujourd’hui que tout a changé, la vie n’est pas moins belle. Différente certes, peut-être plus riche aussi.

    À te lire elle est bienfaisante. Merci Edmée.

    • Edmée dit :

      C’est très beau et apaisant de lire un tel bilan,un bilan qui « counts his blessings ». Moi aussi j’espère trouver toujours plus à aimer… en faisant moins, ou autrement. Je réalise que j’ai eu de la chance d’avoir eu mes parents, dont la personnalité – pas exceptionnelle mais « différente » – a été familière pour moi, et donc m’a outillée de ce décalage vis à vis des autres. Je trouvais « normal » de ne pas être comme tout le monde, et donc n’ai pas souvent eu envie de m’aligner. Ce fut un avantage pour lequel je n’ai aucun mérite…

  9. colo dit :

    Je me vois si bien dans le hamac de l’illustration: seule, lisant ou rêvant…
    Tu as remarqué qu’on dit « c’est un vrai ours » mais qu’il n’y a pas d’équivalent féminin….étrange.
    Ceci dit les ours sont pour moi des compagnons de choix: j’adore la solitude et avec eux il y a moins de problèmes de promiscuité dans le couple! (un de moins, un!) :-))

    • Edmée dit :

      J’aime aussi les ours, ,les vrais et les humains qui ont aussi un côté chat jouette et caressant à l’occasion. Et comme tu dis… ces parenthèses de solitude sont autant de pansements sur la vie conjugale trop étouffante!

  10. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    J’ai goûté la solitude lorsque j’ai quitté la grande maison familiale. Comme cela m’a fait du bien d’être enfin seule. Mais, je me surprends encore, de moins en moins heureusement, à me sentir coupable de ne rien faire, de lire le matin par ex., ce qui chez mes parents n’était pas permis. Il fallait toujours être occupés à faire quelque chose d’utile. Oui, de me trouver livrée à moi-même, dans mon silence ou mon bruit à moi, celui que j’aime. car avant, il y avait le bruit que faisaient mon frère et ma sœur en se chamaillant, le bruit des disputes entre mes parents, etc… C’est une fois que je ne les ai plus eus dans les oreilles, que je me suis rendue compte à quel point ces bruits m’étaient insupportables. Maintenant, étant obligée d’habiter la ville avec un voisinage que je n’ai pas choisi, je vis avec des boules Quies, que j’enfonce plus ou moins selon les circonstances, comme ça je suis tranquille. Je ne peux pas dire que je ne fais que ce que je veux, car ce n’est pas possible, mais je vis au maximum à mon rythme et à faire ce qui me plait. Maintenant, c’est mon corps qui m’impose de plus en plus sa loi, et je lui en veux beaucoup !
    Les seuls de qui j’ai presque tout accepté, étaient mes chats, mais ils savaient si bien y faire, que de vivre pour eux était un plaisir des dieux !
    Gros bisous à toi qui vit seule (du moins je le pense) et presque sans contrainte !
    Florence

    • Edmée dit :

      Mais oui je vis seule, avec les privilèges et contraintes que ça représente. Mais quoi qu’il en soit, je ne m’ennuie pas, et ne suis pas dépendante de compagnie pour avoir une vie agréable.

      Je comprends ce que tu veux dire aussi… la culpabilité. Je ne l’ai jamais éprouvée pour ça, ha ha! Mais il faut dire que je suis un militaire né : je me lève à 7 heures (plus exactement je m »éveille, mais me lever à 8 heures est pour moi l’équivalent de la grasse matinée!!!), et suis terriblement ordonnée sans aucun effort 🙂

      Ton corps a donc le dessus… et j’en suis désolée, ma chère amie… mais tu me sembles très capable de lui tenir tête 😉

  11. ABDEL dit :

    Il me semble que l’éloge de la solitude n’est en fait qu’un remède pour sa conscience, un remède tout trouvé contre un état imposé par des circonstances à tel ou tel moment de la vie. On ne choisit vraiment de devenir solitaire que parce que il y a motif à le devenir. La plupart du temps la solitude nous est imposée.
    Nous arrivons à supporter la solitude grâce à des subterfuges (comme celui qui consiste à se justifier et avoir bonne conscience) lorsque nous sommes en bonne santé et que nous n’avons pas besoin de l’autre mais il suffit que nous ayons le moindre petit bobo pour glorifier la présence finalement bien rassurante d’un vis-à-vis..
    A un certain âge, passé la soixantaine surtout, je ne vois aucun bénéfice à être solitaire.
    Par contre, je suis assez d’accord et je comprends très bien ce que vous appelez « la solitude à deux »

    • Edmée dit :

      Personnellement j’ai choisi ma solitude. Elle n’est pas, bien entendu, un voeu de solitude, je veux dire que je suis ouverte à l’idée d’y mettre fin si ça semblait quelque chose d’agréable, mais je ne la « subis » pas du tout. Je suppose d’ailleurs que si j’y tenais absolument, je pourrais y mettre fin, si j’étais prête à d’autres types de compromis. Et j’ai plus de 60 ans. Mais ça veut seulement dire que j’habite seule. Pas que je n’ai ni amis ni amour ni compagnies… 🙂

  12. Que de justesses dans ce texte Edmée ! Je dis souvent que la solitude est ma meilleure amie et ce depuis bien longtemps. Elle m’accompagne et grâce à elle, j’accepte le temps qui passe, les événements, les personnes que je cotoye, en toute conscience. Elle me laisse libre d’Etre … et ne laisse pas de regrets derrière elle. C’est une chance exceptionnelle que de connaître cet état. Elle apporte la sérénité, le repos, le savoir, le savoir-faire, le respect de soi et des autres. Quand je vois ces personnes courrir après je ne sais quoi, parler pour ne rien dire juste pour briser le silence, chercher à « faire » à tous prix pour s’oublier … je les plains volontiers. Et pourtant, ils se complaisent et s’enorgeuillisent bien souvent de leur vie vide de sens. Je crois qu’ils ont tout simplement peur de se retrouver face à eux-mêmes. Ils fuient leur vie plutôt que de la vivre en toute acceptation. Merci pour ces réflexions.
    Nicole

    • Edmée dit :

      Je suis aussi souvent interdite devant ces gens qui, courant sans cesse, détiennent, pensent-ils, tous les bons trucs de la vie parfaite: diète, distractions idéales, bio, zenitude, gaia, gourous littéraires… ils savent tout mais… sont,insatiables. Faut-il donc être informé de tant de choses pour être tout simplement bien? Est-il possible que ce soit aussi challenging d’être … bien? Ca doit bouffer tout le temps libre?

      Etre seul aux doses qui nous sont nécessaires à tous, libres, oh libres…. c’est tout ce qu’il faut!

  13. ABDEL dit :

    Si vous êtes aussi rayonnante (vos photos), je suis convaincu que cela est dû entre autres au bonheur qui vous sied tant et peut-être quelque part à la présence d’amis et d’amour.
    Merci pour votre comm sur mon blog donnant à merveille un sens à ce « bonheur calme en amour » dont parle mon article…

  14. gazou dit :

    Pour être une bonne compagnie pour l’autre, il faut savoir l’être pour soi-même…Et aimer la solitude ne veut pas dire être sans amis , et sans amour..Tu l’as très bien exprimé.merci !

  15. Comme j’aime votre texte. Il parle à la solitaire que je suis.

  16. Anne Renault dit :

    Pouvoir jouir de la solitude sans être seul(e) est un rare privilège. J’ai la chance de l’avoir et en fais bon usage. Je me reconnais bien aussi dans ces « rabat-joie » qui ne sont pas toujours disponibles pour les autres, et le revendiquent. Donc, bien des points communs avec toi, chère Edmée…

  17. Dani dit :

    Nouvelle sur ce blog ,j’aime beaucoup et comprends 5/5 votre analyse .Merci de l’exprimer si bien

  18. Celestine dit :

    Dans le trio gagnant de ma définition express, sereine, contemplative et passionnée, il y a le deuxième dans lequel j’exprime mon besoin récurrent de me retrouver seule avec moi même.
    Passionnée et sereine tour a tour dans mes rapports à autrui et au monde, mais contemplative, o combien! Quand plus rien ne va, cette solitude que tu décris si justement comme une rencontre avec soi, un dialogue pertinent et nécessaire pour se remplir, c’est une mesure de survie, de salubrité, de sauvegarde. Quand je suis une âme bousculée
    (quelle belle expression! ) je n’ai envie que de cela.
    C’est dire si une fois de plus ton billet me parle, grande sœur.

  19. jeanne dit :

    passage avant mon départ chez mes enfants
    quelle belle complicité avec ta mère
    tout est juste et aimable
    merci pour cette page d’amour

  20. mel dit :

    je tombe sur votre blog et je lis ce texte qui me rassure, m’apaise. J’ai toujours peur d’être trop seule, ayant un mari très occupé à son travail et ne cherchant pas la compagnie, ayant peu d’amis. Je les entends tous qui bourdonnent d’amis en amis autour de moi, et j’ai un peu peur d’être trop différente… peur de passer pour une ourse. Je me rends compte que bien souvent les gens sont ensemble avec peu de choses à se dire ou inintéressant. Je me sens toujours entre deux mondes, celui où ça grouille, et je n’y rentre pas, celui où ça silence, et j’en ai peur parfois. Je reviendrai vous lire.

    • Edmée dit :

      Je réponds un peu tard mais j’ai fait l’ourse (la grande 🙂 ) et ai ignoré mon blog pendant ma courte vacance… Je suis bien heureuse de vous avoir rendue à un sentiment de « normalité »… Mieux vaut peu d’amis et de bons échanges que du bruit de volière et rien que ça … Merci de votre visite et à bientôt…

  21. Figure-toi ce matin au libraire, une vague connaissance me dit : « Vous n’avez pas de chance avec la météo pour le début de vos congés : vous devez vous ennuyer car vous ne savez rien faire.
    – Non, çà va bien, je ne m’ennuie pas.
    – Oui mais c’est quand même de tristes congés pour vous?
    – Non, tout se passe bien. J’en profite pour faire des choses à l’intérieur, y a pas de souci, je passe un très bon congé ».

    La conversation s’est arrêtée là car on ne se comprenait pas et cela me fait penser un peu à ton article. A l’entendre, on aurait dit que j’étais cloîtré dans une prison… Je suis resorti de la librairie en pouffant de rire. Y a toujours des gens qui savent mieux que les autres… A bientôt Edmée.

    • Philippe D dit :

      OK, Petit Belge, on a des choses à faire à l’intérieur. J’ai tous mes cours à ranger mais, avec le soleil qui passe à travers les carreaux, c’est mieux, non? En tout cas, cette pluie (qui était la bienvenue pour le jardin) me mine le moral.

    • Edmée dit :

      Oh la la… un monsieur qui conditionne sa bonne humeur et sa notion de temps passé agréablement! S’il pleut, ennui et morosités assurés, ha ha ha!

      A très bientôt aussi…

  22. Philippe D dit :

    Si j’aime la compagnie, j’aime aussi me retrouver seul de temps en temps, seul avec moi-même, seul avec les oiseaux qui chantent dans les bois, seul avec les rayons du soleil sur ma peau (je peux encore attendre, je pense), seul avec les multiples personnages d’un bouquin, seul avec mes pensées…
    Bonne journée Edmée et, si tu trouves le soleil, envoie-moi quelques rayons. Merci.

  23. Lauriza dit :

    Encore un très beau texte. Il ne faut pas confondre solitude et isolement. La solitude en général est choisie. L’isolement est souvent subi car on ne le choisit pas et nombreux sont ceux qui confondent ces deux mots. J’aime la solitude car c’est un moment de liberté où nos envies peuvent s’exprimer et nos pensées peuvent divaguer sans interférences. J’entends ma petite fille de 5 ans qui arrive. Alors, j’arrête là ma prose. Amitiés.

  24. Je vois dans ces mémorables vacances de Pâques le plaisir de se livrer côte à côte à une activité appréciée tant par la mère que par la fille; le partage d’une passion commune. Sans la compagnie de l’autre, les tartines aux tomates n’auraient pas eu le même goût! La fin du texte n’est pas un ode à la solitude mais plutôt un encouragement à bien choisir sa compagnie; une compagnie qui même silencieuse, accroîtra le plaisir de la lecture en parallèle.

    • Edmée dit :

      Vrai qu’ici nous étions compagnes de solitude, de silence, de ne rien faire… On peut le faire seul ou avec un compagnon qui plonge à la même profondeur. Mais cette solitude, je crois, n’est pas si différente de celle qu’on vit seul pour un temps défini, et qu’on sait qu’on « racontera » au retour à ceux qui comprendront…

  25. Armelle dit :

    Sans la solitude, on ne peut naître à soi-même. C’est ce que je reproche le plus à l’éducation d’aujourd’hui : on ne ménage pas suffisamment de tempos de solitude aux enfants. Bel article Edmée.

    • Edmée dit :

      Merci… C’est vrai que de nos jours « être seul » semble une calamité inacceptable (comme « vieillir » d’ailleurs, on dirait qu’il est impoli de vieillir en douceur sans avoir recours au fitness, botox, retouches et tutti quanti 🙂 ). Vive la bienfaisante solitude…

  26. Oh! que j’ai aimé cet article…Je suis en complet accord avec ce que tu écris et la solitude que j’avais déjà cependant pratiquée mais à moindre dose ne me pèse pas bien au contraire. Et les retraités qui commentent leurs invitations et leurs voyages ou déplacements incessants me paraissent effectivement plutôt à plaindre…Merci pour ce beau morceau d’écriture.

    • Edmée dit :

      Ravie, Denise… c’est l’âge où on fait les comptes: si on est bien avec soi-même, si on ne s’est pas trop trahis au cours de la vie, la solitude est riche des échos du bonheur. Sinon on s’étourdit du brouhaha des autres pour ne pas penser…

  27. Nathalie W. dit :

    J’aime vraiment beaucoup Edmée… Comme cet article est vrai, comme il fait du bien, comme il est plaisant à lire… Voilà de l’authentique comme je l’aime ! Merci à toi pour ces mots, je t’embrasse affectueusement… 🙂

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