« Comme avant » fait un lifting…

Il y a toujours des passages que l’on franchit, qui ne se sont pas annoncés en fanfare mais ont ouvert grandes leurs portes. On a le choix : ne pas passer ce seuil, rester comme avant. Sauf qu’une fois les battants entrouverts, on sait que comme avant n’est plus sécurisant, alors on saute dans le vide. Qui n’est jamais aussi profond qu’on l’a craint…

 

Alice

C’est une « dispute », une « mise au point », un déballage de constatations, une prise de conscience. Peu importe. On a bien des occasions au cours d’une vie de choisir ou de refuser ce lifting de nos exigences. C’est toujours soudainement très important, alors que parfois on n’y pensait pas un mois avant. Ou on pensait qu’on pouvait encore attendre, tenir le coup, avoir l’élégance de garder nos propos gazeux pour nous. Et là, pshhhhhhhhhhht, eh bien ça a jailli de toutes parts, et c’est pantelant qu’on se retrouve de l’autre côté de ce portail, fatigué, interdit, titubant vers une pelouse sur laquelle un banc nous invite au repos sous un soleil apaisant et le chant d’heureux oiseaux. Car voilà… on vient en quelque sorte de naître à une nouvelle configuration de notre routine future. On frémit, on a peur, envie de pleurer peut-être mais aussi il y a cette joie étrange qui chante sans bruit.

Sur le banc, on y reste un peu, ou un peu plus que ça. On a le vertige.

Et ce n’est plus comme avant. On ne peut dire « rien » ne sera plus comme avant, car il reste ce qui devait rester. C’est le lourd, le pesant, le faussé, le superflu, l’insupportable qui est parti. On n’a rien « perdu ». Non. On a juste réparti le poids autrement : le poids de ce qu’il ne faut pas prendre sur nos épaules est parti et on le remplace par celui du nouvel effort que l’on veut faire. Et ce poids, curieusement, a la douceur et la force d’un envol.

 

Liberté

 

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30 réflexions sur “« Comme avant » fait un lifting…

  1. Je crains de n’avoir pas tout compris. J’ai bien saisi le dernier paragraphe mais j’ai une certaine difficulté à trouver une situation qui corresponde au début de cet article. Je relis. Oui c’est mieux -je veux dire plus évident pour moi-
    Alors merci pour cet instant de réflexion ….
    Bonne fin de journée

    • Edmée dit :

      Je parlais de ces coups d’éclat que l’on vit parfois et qui font que tout d’un coup on ne supporte plus du tout une situation, ou tout au moins tout d’un coup on l’exprime. On se fâche, ou on pleure, ou on prend une décision pour mettre fin à un malaise que l’on pensait pouvoir supporter (ou qu’on ne voulait pas reconnaître comme tel). Mais je pense que tu as compris – merci pour ta patience 🙂

  2. Sylviane dit :

    Magnifique texte !

  3. un jour l’on se rend compte que l’on a des ailes..alors on prend son envol…et on vole…et on vole…et on prend de la hauteur…si bien que ce que l’on pensait insurmontable devient tout petit …merci Edmée

  4. Alainx dit :

    Quelle merveilleuse façon tu as de dire ces choses essentielles à poursuivre différemment et pourtant sans que la terre ne change de sens de rotation.
    Les pesanteurs des insupportables trop longtemps supportés. Et soudain…. ce que tu en décris… et le nouvel équilibre jusqu’au pas suivant.
    Enfin je comprends ça comme ça….

    J’envie ce style que tu as tout en finesse de perceptions qui s’échappent avec poésie, moi qui suis trop souvent didactique….

    • Edmée dit :

      Merci AlainX… en contrepartie j’aime visiter ton blog et y trouver moi aussi bien des choses qui font parfois écho à ce que je ressens ou m’aident à comprendre…

  5. Alain dit :

    « Ce lifting de nos exigences » Belle expression qui définit parfaitement bien ce dernier article. Il y a toutefois des situations qui deviennent insupportables et devant lesquelles le seul choix qui reste, est de composer. Mais le négatif n’est jamais définitif. Pour mon prochain virage, (je rêve encore à mon âge) mon souhait le plus profond, continuer de partager, aimer, découvrir et espérer. Sois généreuse Edmée, dis moi que c’est possible. Bonne soirée. Et merci pour ces lignes qui font tellement de bien.

    • Edmée dit :

      Je suppose qu’il y a un âge du corps, qui n’a rien à voir avec celui de la vie. On ne peut pas se priver de virages en estimant que c’est trop tard ou inutile « désormais ». Mais oui cher Alain, je pense d’ailleurs que partager, aimer, découvrir et espérer se font bien mieux quand souffrir d’une vie en construction est enfin terminé. Le meilleur est encore à savourer…

  6. Celestine dit :

    Pfffiouu ! Tu me secoues les tripes, carissima sorellita…
    Encore un texte qui me va droit au cœur. Sans doute parce que je suis dans une période de tremblement ( au sens séismique du terme…)
    Les mises au point musclées, j’ai pratiqué ça chaque fois que j’en ai ressenti le besoin. Et tu décris tellement bien le sentiment de grande paix ébouriffée qui suit cette tempête…
     » comme avant » c’est le mot des nostalgiques, des conservateurs frileux qui refusent toute évolution.
    Les pétages de câble salutaires, le cinéma en est plein. Et j’adore quand le héros sort de ses gonds et dit ses quatre vérités à chacun. Un grand moment.

  7. gazou dit :

    Un poids qui, tout à coup, a la douceur d’un envol..J’en rêve…
    Ce que tu écris me donne beaucoup à réfléchir…Merci Edmée !

  8. C’est ce qu’on appelle « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». On peut parfois avaler plein de couleuvres pendant des années, et un petit quelque chose qui peut paraître banal déclenche tout. Bon week-end du 15 août en Outre-Meuse si tu participes aux festivités.

    • Edmée dit :

      J’ai participé passivement, en nuits blanches tandis que j’espèrérais dormir 🙂 Mais ça fait plaisir d’entendre les gens qui s’amusent…

  9. colo dit :

    Ce vide… »qui n’est jamais aussi profond que l’on craint ».
    Parfaitement.
    Il faut (il manque parfois) le courage de l’élan, puis…
    Merci pour ces belles réflexions.

    • Edmée dit :

      Merci Colo… C’est en effet stupéfiant parfois de voir combien les choses se résolvent une fois qu’on a osé sauter… on réalise qu’on avait peur de reflets…

  10. Pâques dit :

    Après la pluie
    Mon cœur apaisé
    Allume l’infini …

    Rester sur le banc et apprivoiser ce paysage qui est le nôtre, se sentir
    plus léger aussi.

    Le meilleur est encore à savourer, je le pense aussi !!!

  11. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    C’est la suite de ton précédent article : notre façon de faire des choix et de les mettre en pratique, de résoudre les difficultés, mais aussi les défis que la vie nous impose, toutes les transformations que nous sommes tenues d’accomplir si nous ne voulons pas nous scléroser. Etc… Etc.
    Gros bisous Edmée et bonne semaine !
    Florence

  12. Je suis très touchée par votre texte, d’autant que je suis en train d’en écrire un sur le même thème que je me prépare à publier sur mon blog. Parfois, c’est l’évidence : plus rien ne sera comme avant. On sait qu’on doit franchir un cap, qu’on doit suivre dans les actes une décision prise. C’est un grand moment libérateur.
    Bravo d’être libre.

    • Edmée dit :

      Merci bonheur du jour… Oui c’est bon d’être livre même si parfois ça fait bien peur d’ouvrir ces portes et surtout de les franchir…

  13. amandine dit :

    rebondir est pas donné à tous, combien je n’en ai pas entendu me dle dire mdr

  14. amandine dit :

    ‘me le’ dsl je tape vite

  15. Armelle dit :

    Un beau texte en contre-chant, en contre-temps, où l’illusion perdue est remplacée par la saveur retrouvée. J’ai connu cela et vous les dites si bien.

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