Méfiez-vous des contrefaçons

Je ne suis pas trop convaincue quand on me parle des formes d’amour, des manières d’aimer, des façons de voir l’amour en les présentant comme l’amour.

Je vois l’amour. Et son ersatz. Bien entendu, les gens qui aiment mal – ou simplement « pas bien » –  proclament que c’est leur manière à eux, et souvent d’ailleurs celui qui est ainsi « aimé » se console avec les mêmes mots : il/elle m’aime à sa manière. On n’a surtout pas envie de constater que peut-être… on n’est pas vraiment aimé. Et que notre liberté a été rongée sans grand fracas, que notre vie a cessé de nous appartenir entièrement : il ne nous reste que ce que le doux – parfois même violent – geôlier nous autorise à vivre.

Le syndrome de Stockholm, insidieusement, nous murmure Chuuuut, silence ! Il/elle t’aime à sa manière dès que nous secouons nos chaines recouvertes de rubans.

Or ne pas être aimé « comme il le faut » ne veut pas dire, en effet, que l’on n’éprouve pas de sentiments aimants pour nous, mais simplement qu’on tient à nous par de mauvaises impulsions. Possessivité, dépendance, intérêt (Ouh ! ) besoin d’ego, peur d’être seul. Et d’autres facettes innombrables sans doute.

Egon Schiele - L'étreinte

Egon Schiele – L’étreinte

Mais aimer, c’est aimer. Ça s’applique à l’amour de notre vie comme à l’ami ou l’amie, des parents, des enfants. C’est le même amour sauf que le premier est aussi délicieusement épicé du désir qui unira deux chairs en une seule. Pour le reste, c’est tout simplement un élan de générosité libératoire. On veut l’autre libre. On a besoin qu’il soit libre pour que son amour s’exprime dans la joie, dans l’envol de l’indépendance. C’est le respect de l’individualité. Comme celle, par exemple, de l’enfant qui veut suivre une voie que l’on sait périlleuse, ou que l’on ne comprend pas. Qui allie son avenir à un compagnon de vie que jamais nous n’aurions pensé approcher d’aussi près : à table, en face de nous… Celle de l’ami qui fait des choix de vie que l’on ne peut soutenir, et grâce auquel en fin de compte on approche des situations inattendues, sous la protection de cette amitié. De l’époux qui envisage une carrière risquée, et dont on accepte de comprendre qu’on peut s’opposer bien sûr, mais alors on le mettra en cage et éteindra toute possibilité de bien-vivre en lui.

C’est prendre de plein fouet cette vérité implacable : personne ne nous appartient et nous n’avons pas le droit de limiter la liberté d’autrui. Et si nous le faisons, nous sortons du concept d’amour et tombons dans « une forme » d’amour. Un abîme. Un fourre-tout.

Dans ce cas nous n’aimons pas l’autre mais nous-même, nous aimons combler un besoin que nous avons. Non pas sainement, mais comme si nous étions autorisés à un contrôle, à une possession. Nos enfants presqu’adultes ou adultes tout court ne peuvent pas faire ceci, ou doivent faire cela. Pareil pour nos conjoints. Et nos amis ne peuvent prendre une décision qui nous déstabilise. Sinon ils ne sont plus nos amis.

Aimer demande, finalement, une solide confiance en soi. Aime ton prochain comme toi-même, il faut suivre l’ordre des choses. On ne peut aimer si on ne s’aime pas. Et quand on aime, on peut par exemple être jaloux, mais refuser d’en mettre le fardeau sur l’autre avec soupçons et pleurs – et on guérira de sa jalousie en la voyant inutile – , on peut être parfois embarrassés du goût flashy d’une amie d’enfance mais admettre qu’elle est « comme ça » – , on peut vouloir le bonheur de son enfant et frémir devant ce qu’il prend sincèrement pour son bien mais le lui laisser empoigner s’il y tient tellement que nos conseils sont sans force, en surveillant d’un œil – et en tremblant un peu.  

Aimer s’apprend. Et garde heureux.

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42 réflexions sur “Méfiez-vous des contrefaçons

  1. gazou dit :

    Ton article exprime tout à fait ce que je pense et me réjouit…
    On a le droit et même le devoir de ne pas se laisser emprisonner par celui ou celle qui, prétendant nous aimer, veut nous emprisonner…Mais on peut peut-être comprendre que l’autre ne sait pas encore faire autrement et l’aimer comme il est tout en ne tombant pas dans ses filets, cela est parfois possible

    • Edmée dit :

      Je suis certaine que c’est possible en effet, sauf si on ne voit pas les filets assez tôt, ou s’y empêtre lentement sans y prendre garde « pour ne pas faire de peine, pour éviter les discussions, parce que ce n’est pas mieux chez les autres, parce que plus tard on tapera du poing sur la table »… 🙂

  2. Alain dit :

    Très belle et enrichissante réflexion. Pour ma part, je n’ai jamais su aimer bien, un peu ou beaucoup. J’aime ou pas. Qu’il soit question d’amitié ou d’amour, la frontière est bien ténue entre ces deux sentiments. Aimer c’est partager, accepter les différences et les goûts de l’autre. Aimer s’apprend, tu as raison. C’est la plus belle et riche leçon. Celle qui permet d’avancer dans la sérénité, la joie et l’envie. Merci Edmée pour ton utilisation de mots « simples », et non moins justes, là ou d’autres se seraient perdus dans des définitions alambiquées.

    • Edmée dit :

      Merci pour ce commentaire, Alain. J’ai appris à aimer moi aussi… au début; comme tout le monde, j’étais geôlière ou prisonnière…. On apprend. On découvre qu’on s’aime en dehors du regard des autres – si on s’aime! – et on ne veut pas salir cette sérénité par les « petits jeux » et les chantages et les mises au pied du mur et les manipulations. On veut de la beauté!

  3. Adèle Girard dit :

    C’est tout petit qu’on apprend l’amour et c’est le rôle des parents d’apprendre à leur enfants au sein même de la famille à se réjouir du bonheur de l’autre, que ce soit d’un frère ou d’une sœur ou du père ou de la mère ou même de l’animal de compagnie. Il y a mille et une recettes pour y arriver, elles sont toutes bonnes!

    • Edmée dit :

      Vrai aussi: les parents enseignent que ce qui est « juste » moralement ne veut pas toujours dire équitable, et font respecter la personnalité profonde d’autrui. Ils guident… si eux-mêmes ne se sont pas fourvoyés!

  4. Tu as un vrai talent pour développer de ( belles) idées. J’apprécie énormément cet article qui me correspond tant. Merci d’avoir écrit sur l’amour avec tant de bonheur !

  5. Au fil du temps qui passe, nous apprenons à aimer. Il me semble qu’en « vieillissant », aimer est une libération une respiration. je vois ça de cette manière mais il faut avouer que je n’ai jamais être un oiseau que l’on met en cage. Aimer c’est accepter les libertés de l’autre jusqu’à un certain point, oui, quand même …

  6. Le rônin dit :

    C’est un sujet récurent…
    On aime les autres par rapport à soi… et on compare ensuite les deux sons de cloche… Ainsi « tu ne m’aimes pas comme il faut » est un relevé de la différence entre le « comment je m’aime » et « comment m’aime l’autre »…
    Je suis persuadé qu’on doit cesser de penser à soi pour aimer l’autre vraiment. Un amour libre et désintéressé, sans soi. Ramener à soi, c’est bien s’approprier une trame…
    Ces multiples amours égocentriques font ces amas de ruptures, batailles, massacres de nos vies immatures…
    S’aimer pour aimer l’autre est une invitation à l’égocentrisme…
    Moi je réponds : s’oublier pour penser à l’autre…
    Une question de point de vue, finalement.

    • Edmée dit :

      Je suis d’accord! Quand je dis qu’il faut s’aimer soi avant d’aimer l’autre, c’est pour ne pas avoir « besoin » de l’autre pour se sentir aimé, et donc mieux lui donner notre amour.

  7. Florence dit :

    Bien compliqué tout ça, surtout lorsqu’on souffre !
    bisous Edmée !
    Florence

  8. Pierre dit :

    Je partage très largement l’idée que tu développes, Edmée. Je retiens en particulier cette phrase, à mes yeux fondamentale : « Aimer demande, finalement, une solide confiance en soi ».
    C’est cette confiance en soi qui fera qu’on n’attendra pas de l’autre qu’il nous apporte la sienne pour combler notre manque. Avoir « besoin » de l’autre c’est manquer de soi. Et comme cela a été dit plus haut, je pense aussi que l’amour reçu dans l’enfance est essentiel pour constituer l’estime de soi nécessaire. Sans cela on peut tâtonner longtemps avant de savoir aimer…

    • Edmée dit :

      Il y a pas mal de gens qui, d’ailleurs, s’installent dans cette relation de contrefaçon de l’amour et s’en trouvent plus ou moins bien car ils recherchent un confort relationnel, peu exigeant.
      Ce ne sera pas un amour généreux mais chacun, avec les artifices mentaux qu’il aura à disposition, s’en satisfera. Ou pas et alors bonjour les chutes, maux divers, souffrances successives.
      Mais il n’y a pas que les couples, qui au fond se sont choisis à un âge de raison, il y a les relations parents-enfants qui peuvent devenir effroyables puisque l’enfant en est dépendant pendant de nombreuses années qui vont le marquer si pas à vie, pour longtemps….

      • Pierre dit :

        Et que dire des parents « dépendants » de leurs enfants, dans le sens qu’ils ne parviennent pas à se détacher d’eux en leur laissant prendre leur envol…

      • Edmée dit :

        Oh oui, eux aussi! Les parents qui veulent être les enfants de leurs enfants, qui ont trop besoin d’eux pour les autoriser à vivre cette vie qu’ils « leur ont donnée »…

  9. Célestine dit :

    De la beauté, de la liberté, du souffle!
    Ton texte me remplit et me ravit comme chaque fois.
    Oui, c’est tout cela, aimer, un grand élan de soi vers l’autre et en retour, vers soi, qui se grandit pour un échange encore plus beau…
    Oui mais parfois il y a des grains de sable, des gens qui n’ont pas reçu la première dose, celle de l’enfance…
    Des gens qui n’ont simplement pas appris à dire je t’aime. Que peut-on faire pour ceux-là?
    Comment ramener dans leur coeur l’indispensable confiance en soi…

    • Edmée dit :

      On naît rarement avec la confiance en soi, je pense.
      On l’acquiert (ou pas) en prenant des pelles et surtout, il me semble, en faisant ce qu’autrefois on nommait « notre examen de conscience ». Accepter humblement le blâme auto-infligé de nos lâchetés, mensonges, manipulations (armes des peu sûrs de soi) et désirer être une personne plus claire.
      Nous pouvons tous mettre sur le dos de nos parents et de la société nos incapacités… mais ça ne représente que l’avantage de dire « c’est pas ma faute je n’y peux rien je suis comme ça ». Personne ne naît uniquement avec les bonnes cartes en main.
      Il faut un certain courage pour se mesurer et de l’humilité pour s’aimer, mais ensuite on donne, on rayonne, on ne s’éteindra plus…

      • Celestine dit :

        Peut être alors que la chance est d’avoir eu ce courage et cette humilité-là. Il y a quand même une part de hasard un peu injuste dans la distribution, je le vois bien, à l’école, que sur deux enfants, qui subissent un milieu peu favorisant, il y en a un qui va se laisser bouffer et submerger et l’autre qui va avoir la hargne de s’en sortir. D’où viennent ces différences de caractère ? Il est certain que le physique entre en ligne de compte, et que la confiance en soi est malmenée des le début par les quolibets que subissent certains enfants. Ce doit être très difficile de s’aimer soi-même quand l’image que renvoie le miroir est détestable, non ?
        Je ne sais pas, je me pose toujours la question d’un certain déterminisme qui ferait de certaines personnes des handicapés de l’amour.

      • Edmée dit :

        J’en parlais justement hier à une amie. Il semble en effet que certains naissent démunis de ce que je dirais « l’amour de la vie », la pulsion de vivre, celle qui va justement amener l’amour à fleurir, l’amour de soi en temps voulu et puis, par rayonnement, celui des autres. Ce sont en effet des handicapés de l’amour comme tu dis…

  10. amandine dit :

    et laisse heureux
    je terminerai lol

  11. Sylviane dit :

    Je viens de lire ce texte magnifique ainsi que tous les commentaires … Et c’est tellement beau, tellement vrai !
    Mais oui, il faut en passer par un examen de soi pour se comprendre et pouvoir se donner mieux aux autres … Pas toujours facile mais avec beaucoup de patience et d’autocompassion, on y arrive ! 😉

    • Edmée dit :

      Merci mille fois, Sylviane, et pour votre visite mais aussi pour apporter votre avis… C’est vrai que l’auto compassion est nécessaire, s’aimer avec humilité et objectivité, pour mieux donner. Bonne nuit et merci encore…

  12. Tania dit :

    Aimer s’apprend et se réinvente, oui, tous les jours, à tous les âges.
    Belle réflexion, Edmée : laisser la porte ouverte à l’autre.

  13. colo dit :

    Comme tu le dis si bien, on prend des pelles et on apprend…à savoir distinguer celui/celle qui va nous aimer « comme il faut » ou comme on considère que cela nous convient (qui n’est pas exactement pareil pour chacun, bien sûr).
    Merci pour ces réflexions si pertinentes, bonne fin de dimanche Edmée.

    • Edmée dit :

      L’amour mode d’emploi… ça prend du temps 🙂 Je me souviens d’un ami Tchécoslovaque qui me disait d’un air désolé que quand il aurait tout compris, il serait trop vieux pour l’appliquer 🙂

  14. Philippe D dit :

    Alors, aimons, aimons, ne nous en privons surtout pas!
    Bonne semaine à toi.

  15. HLM insalubre dit :

    Rien n’est plus difficile que l’apprentissage de l’amour! C’est une route douloureuse et tortueuse, mais la récompense est telle, qu’il faut aller au bout quels que soient les écueils.

    • Edmée dit :

      C’est vrai que ça fait aussi souffrir d’accepter l’idée de « perdre » quelqu’un… mais sans cette acceptation, le quelqu’un n’est pas libre mais emprisonné par notre peur!

  16. Armelle dit :

    Combien je suis d’accord avec cette analyse ! Toutes les formes d’amour ne sont pas l’amour. L’exubérance et l’emballement sont le plus souvent des parades sans suite. Les amours profonds se plaisent à la délicatesse et au secret, à la contemplation et à une sorte de recueillement. On aime en vérité comme on prie.

  17. Pâques dit :

    Belle réflexion, j’adhère totalement car le véritable amour c’est surtout laisser à l’autre sa liberté, même si sa liberté c’est de vivre loin de nous.
    Mais il faut être moins égoïste, savoir être heureux du bonheur de l’autre
    même si ce n’est pas l’idée que nous avions de ce bonheur !
    Et c’est vrai pour toutes les relations, parents, enfants, amitié et amoureuse

    • Edmée dit :

      Je me demande si ce n’est pas la conception récente, née des films américains à l’eau de rose, qui veut que le mariage soit devenu une prison, un lieu où chacun possède l’autre, qui a « signé » son contrat d’esclavage et de « nous ferons tout ensemble comme des frères siamois »… Forcément c’est étouffant et irrespectueux… Donner du lest – et en prendre – est un signe de confiance: le couple existe sans les « signatures au bas du parchemin »… Et c’est pareil pour les relations parents-enfants: on leur donne la vie, ce n’est pas pour la garder et les obliger à vivre ce que nous n’avons pu vivre, à guérir nos complexes et nos échecs!

  18. Angedra dit :

    J’adhère totalement à cette façon de parler de l’amour.
    Oui, comme pour nos enfants qui ne nous appartiennent pas et dont l’envol du nid doit nous remplir de fierté et d’amour pour eux et non leur faire des reproches pour tenter de les retenir.
    Le socle de l’amour doit être la confiance et je reste persuadée (j’avais fait un billet sur le sujet) que pour aimer en effet il faut s’aimer.
    La famille, l’éducation, tout cela peut nous aider sans doute mais je suis certaine que cela n’est ni suffisant, ni obligatoire. S’aimer et aimer, nous avons cette aptitude en nous ou pas. prendre conscience de ce que nous voulons.
    Comment aimer l’autre si nous ne nous aimons pas. Il ne s’agit pas d’être narcissique ou égoïste, bien au contraire, c’est vouloir apprendre à l’autre à s’aimer autant que nous l’aimons.
    Aimer et se sentir libre est sans doute la plus belle preuve que nous vivons l’Amour.

    • Edmée dit :

      Merci pour cette sorte de « cerise sur le gâteau » à ce que j’ai tenté d’expliquer. Nous avons l’aptitude en nous… ou pas. Si nous faisons semblant d’aimer… offrons une « forme d’amour »… il manquera toujours la moelle de l’amour…

  19. Comme toujours Edmée ton texte ne peut que nous concerner.
    « Aimer » ? Voilà la vraie question. Comment ? c’est autre chose.
    C’est curieux parfois ce que l’on découvre sur son chemin de vie.
    Des années durant, j’ai beaucoup aimé, un rayon de soleil pour tout un chacun, spontanément, sans effort, c’était difficile mais j’étais heureuse. Puis, viens le jour où je prends en pleine figure la vérité. Je les aimais plus qu’ils ne m’aimaient. J’étais juste la personne adéquate pour satisfaire leur égo. Une prise de conscience douloureuse, un travail sur soi pour s’entendre dire « il faut vous aimer plus que les autres, soyez un peu plus égoïste et vous ne ferez encore d’ombre à personne ». Des efforts à fournir gigantesques pour une personnalité emphatique. Vous y arrivez enfin. C’est vrai que c’est bon de s’aimer. Et puis là, curieusement, vous vous épanouissez, vous réussissez même à épanouir les rêves longtemps négligés pour « aimer ».
    Vous ressentez que ce n’est toujours pas la solution. Peu importe, vous vous accrochez sans fracas, pour ne pas provoquer; vous avancez vaille que vaille contre l’indifférence, la solitude, les manoeuvres de déstabilisation.
    Ce qui vous arrive alors est encore plus douloureux. Un retour de flammes ravageur, vous êtes heureuse pour et par vous-même, impensable pour une personne destinée à servir les autres ! De critique, en critique; de dépersonnalisation en dépersonnalisation; d’abandon en abandon, vous vous retrouvez « seule » mais entourée, critiquée et incomprise alors que vous les laissez vivre sans les juger.
    Et l’heure de la conclusion sonne :
    « Tu souffres tellement que tu devrais partir. Mais ! et, voilà l’avantage des personnes « bienheureuses » ou « Imbéciles » selon les points de vue; tu aimes la vie, tu n’as fait que ce que tu pouvais toute ta vie en respectant les autres, ne sombre pas, tu leur donnerais raison; ce n’est pas toi qui a un problème, ce sont « eux ». Ferme les portes qui doivent être fermées, soit plus attentive à l’avenir, ne crois plus les beaux parleurs mais détecte leurs actes. Lâche toi, ne te caches plus, tu as beaucoup à donner à ceux qui le méritent. N’accorde plus ton « amour », ta « confiance » qu’à ceux qui te prouvent leur attachement. Ignore les autres, l’indifférence leur fait mal, leur égo est touché, ils se sentent mal, ils te fuiront mais tu auras la paix, du temps pour toi et ceux qui te ressemblent.
    Voilà Edmée, un peu long mais tu m’en excuseras.
    Amitiés,
    Nicole

    • Edmée dit :

      Chère Nicole, ton commentaire s’était fourvoyé et avait fini dans les indésirables, ce qu’il n’est pas du tout!

      Je te remercie pour ton témoignage. Nous sommes formatées (surtout les femmes je pense) pour aimer, patienter, comprendre, aider, soutenir. Pour nous oublier. Comme si l’amour devait être un effort constant, un sacrifice éternel, et que seul cet amour que nous donnerions sans compte à qui allait en vivre et s’en nourrir souvent sans respect pour la douceur des mets servis, pouvait rendre l’autre heureux. Une sorte de mission sacrée. Ce fut la cause de tant de souffrances. J’ai connu ça aussi.

      Difficile de sortir de ce schéma, en effet, parce qu’il nous a souvent été imposé: tu « dois » aimer ton mari, le respecter, les hommes sont tous les mêmes (sous-entendu un autre sera pareil, fixe tes efforts sur celui-ci), l’amour fait souffrir, on ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie etc…

      Et puis il y a, en effet, l’amour de soi, la bienveillance que l’on doit éprouver pour soi, la recherche non pas du plaisir mais du bien-être, du confort mental et physique, d’un bonheur de vivre. Ca nous rend moins dépendante du regard de l’autre, du besoin de le conquérir sans cesse, de l’acheter par le sacrifice…

      Amitiés et merci pour ton partage!

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