Les gens heureux ont une longue histoire

Une longue histoire avec beaucoup de passages sombres, de fin de chapitres qui font pleurer et craindre que le héros ou l’héroïne, cette fois, ne soit vraiment cuit(e) et bien cuit(e). Il y a des drames du cœur, de la chair, de la famille, de la patrie parfois même. Des injustices, des trahisons, des manipulations, des déceptions profondes comme des failles telluriques.

Etre heureux ne veut pas dire être miraculeusement épargné de tout ce qui fait mal. D’ailleurs comment embrasserions-nous la vie avec une passion grandissante si nous n’y avancions pas aussi à coups de larmes et de sueur, attendant avec une confiance de plus en plus ferme le retour du soulagement ?

Etre heureux ne veut pas dire avoir eu « de la chance »… On peut avoir eu de la chance sans l’avoir reconnue comme telle, préférant bouder pour ce qu’on n’a pas eu. « Etre né le derrière dans le beurre » dans une famille unie et aimante, nanti de la beauté et de l’intelligence en prime n’a rien d’un passeport pour le bien-vivre.

Etre heureux ne veut pas non plus dire promener un sourire béat de marionnette et réciter des mantras simplets pour conjurer une réalité qui a parfois un goût amer. C’est l’amour du nuage rose et pas celui de la vie. Car pour être heureux, il faut être lucide. Si lucide qu’on sait que les turbulences se traversent, qu’il faut leur donner leur nom et leur annoncer que cette fois encore on l’emportera sur elles.

Finalement, il faut être courageux pour être heureux. Les mous et indécis ne le sont pas, prisonniers volontaires de la vie des autres faute d’oser pénétrer dans la leur et de la revendiquer. Alors… courage : soyons heureux et acceptons les histoires de notre histoire…

 

Coucher de soleil à Bornéo - Photo John Lonhienne

Coucher de soleil à Bornéo – Photo John Lonhienne

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49 réflexions sur “Les gens heureux ont une longue histoire

  1. nat dit :

    C’est très juste. Etre heureux, même de façon évanescente, est une longue traversée.
    C’est aussi une noblesse d’état où il n’y a pas de mièvres.

  2. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Avant de commencer ma journée, petit tour d’horizon de ma messagerie et il commence par toi.
    Effectivement, comment savoir que nous sommes heureux si nous n’avons connu que ça ? Il faut avoir eu sa dose de mal-être pour apprécier le bien-être. (Le contraire et valable aussi : si tu n’as jamais connu le bonheur tu en souffres moins que de l’avoir connu et l’avoir perdu) Mais attention, pas trop de mal-être quand-même, car il finit par ne plus te permettre d’avoir l’esprit assez libre pour apprécier les trop courts bonheurs que la vie t’apporte. Comme dans tout il faut un juste milieu ! Il ne faut pas non plus, comme certains, se complaire dans le mal-être, y puiser chaque jour sa manne de jouissances morbides. Il faudrait pouvoir rire du pire pour apprécier pleinement le meilleur. J’arrivais à le faire autrefois, mais je n’y arrive plus guère !
    Gros bisous Edmée et bonne journée !
    Florence

    • Edmée dit :

      J’aime ton raisonnement ma chère Florence. Se complaire dans le malheur est un péché contre soi-même et la vie, et le déni du bonheur qui peut surgir de petites choses mais avec une force inouïe. Caresser un chat, recevoir une lettre, voir passer un envol de grues, regarder un bon film ou lire un bon livre, entendre une chanson aimée… c’est bien peu mais quel bien-être! Si on est capable de le ressentir, on est sauvés de bien des choses…

      Bonne journée à toi aussi et bisous

  3. Lauriza dit :

    Bonjour Edmée. Oui pour être heureux il faut être lucide sur le bien, le mal et faire des choix et surtout savoir et accepter que la vie n’est pas toujours rose et peut nous faire traverser des passages sombres voire dramatiques. Mais comme tu le dis si bien, il faut avoir le courage de se battre, de rebondir jusqu’à la résilience qui n’est autre que le chemin de la paix avec soi. Les gens heureux ont tous une longue histoire et même des secrets qu’ils gardent dans leur jardin. Belle journée !

  4. lascavia22 dit :

    J’adhère sans réserve, Edmée. Le bonheur …se mérite. On ne l’achète pas, on ne le trouve pas en tête de gondole dans les supermarchés…et il n’est pas livré en kit dans les berceaux en guise de bienvenue. On ne sait pas l’atteindre si l’on n’a pas compris qu’il faut aller le chercher, le créer soi-même (et l’entretenir), et qu’il est vain d’attendre qu’on (« les autres », « la chance », « la vie », etc.) nous le serve sur un plateau d’argent. C’est un état de conscience qu’on construit à la force du poignet, presque toujours à contre-courant des petites et grandes difficultés dont l’existence est jalonnée, un état d’équilibre personnel qu’on parvient à établir…si l’on s’en donne la peine. Et si l’on en a envie (?). En effet, je me suis souvent demandé (aujourd’hui encore) si nous poursuivions tous cette quête ? J’ai le sentiment, parfois, que…non ; ce qui est, pour moi, troublant.
    J’aime tous tes billets, mais celui-ci en particulier. Soyons heureux (ses) et Baci !

  5. Un billet que l’on devrait distribuer gratos car tellement de gens se plaignent …Au fait, ils ne savent même pas ce qu’ils veulent et disent aux autres « qu’ils ont de la chance ». Bordel, qu’est-ce que j’ai entendu ce refrain! Etre heureux est un état, j’ai presque envie de dire un devoir. Si tu n’aimes pas la vie, pourquoi elle, t’aimerait-elle?

    • Edmée dit :

      Vrai que ça m’agace aussi, cette confortable cachette qui consiste à jeter au visage d’un autre qu’il a « de la chance », lui! C’est si facile… et si lâche! On peut avoir des coups de chance, on n’a jamais la chance accrochée à nos talons…

  6. Pâques dit :

    Pour le moment le bonheur se cache, comme un enfant qui a fait une bêtise, un peu confus …
    Mais nous savons que nous sommes inséparables lui et moi.

  7. Lefort Françoise dit :

    Comme tu as raison être heureux n’est pas vivre dans un nuage rose mais bien les pieds sur terre….et surtout ne compter que sur sa propre capacité au bonheur….

  8. Armelle dit :

    C’est vrai que le bonheur ne se décrète pas. Il se gagne de haute lutte ou il s’acquiert par la sagesse lorsque l’on sait apprécier les petites et humbles choses de la vie. Notre époque consumériste ne nous y prépare guère. Elle engendre chez les jeunes générations plus de frustration que de bonheur.

  9. Bonjour Edmée,
    Ce qui fait le véritable bonheur, c’est l’instant après l’orage. Le moment où l’on prend conscience que nos efforts pour accepter les événements de la vie débouchent sur un rayon de soleil. On grandit et on se sent bien tout simplement. Je partage ton avis sur les « Culs dans le Beurre », ils ne rencontrent pas suffisamment d’obstacles pour connaître cette paix. Ils survolent la vie sans toutefois la ressentir au plus profond de leur être et en apprécier la véritable saveur.
    Amitiés,
    Nicole

    • Edmée dit :

      Merci pour ton passage et ton commentaire, Nicole. Bien vrai que la conscience d’avoir lutté pour rester debout pendant l’orage et de voir poindre le soleil est le début du bonheur retrouvé… Amitiés

  10. Alain dit :

    J’ai été heureux, je le suis encore aujourd’hui. Quand des turbulences viennent perturber « mon ciel bleu » je les regarde en face. Elles n’ont plus rien à faire dans mon espace de vie. Nous ne sommes pas sur terre pour perdre notre temps à nous plaindre, gémir, envier ou râler. Mais tout simplement pour vivre. Dans le partage quand il se présente, avec la complicité pour cimenter la relation, c’est encore mieux. Les obstacles il faut savoir les franchir, se demander d’où ils viennent et surtout reconnaître quand nous sommes souvent les propres responsables de ces moments de « mal être ». Tu n’as pas idée à quel point tes pages me ravissent. Mille mercis Edmée, et très bon week-end !

    • Edmée dit :

      Merci Alain… Je pourrais dire que j’ai été malheureuse et dans de grandes souffrances mais avec l’habitude j’ai compris que je resterais toujours debout malgré tout. J’aurai la force. Et si on reste debout et qu’on attend d’en avoir la force, on reprend à sourire, à rire, et on se souvient que oui… on est heureux.

  11. Damien dit :

    Être heureux, c’est désintégrer le malheur et en faire des confettis qui brilleront au soleil. Très joli billet, bien succinct, bien vrai.

    • Edmée dit :

      🙂 Je regrette bien que tu n’alimentes plus ton blog en ce moment car je ne peux « t’être fidèle » 😉 – ce que j’étais par plaisir, car j’aimais beaucoup visiter tes îles sans endurer ce qu’il fallait y endurer 🙂

      Trop comique! Alors que j’envoyais cette réponse j’ai un un pressentiment et en effet… tu as nourri ton blog !!! Ouf! Et je suis tentée par ton livre…

  12. Philippe D dit :

    Tout le monde cherche le bonheur, certains le construisent, d’autres le cherchent indéfiniment. Certains le voient chez les autres et oublient de le fabriquer pour eux. Sans doute faut-il une certaine force de caractère pour l’atteindre…
    Bonne semaine, Edmée.

  13. J’aime bien votre texte. Je pense qu’être heureux va de pair aussi avec la satisfaction. Je ne suis pas sûre qu’il soit nécessaire d’avoir été malheureux pour connaître le bonheur, d’avoir été malade pour connaître l’état de bonne santé, d’avoir souffert pour connaître l’état de bien être. Cela voudrait dire que c’est bien de souffrir – et j’ai bien du mal à accepter cette idée.
    Bonne journée. Et merci pour vos écrits.

    • Edmée dit :

      Merci! Je ne pense pas qu’ii soit bien de souffrir ou d’être malade etc… mais c’est inévitable. Je suis souvent agacée quand des gens justifient leur éternelle grise mine par le fait qu’ils ont souffert. Tout le monde vit des deuils, des injustices, des passages très noirs… il n’y a pas d’exception. Ce n’est pas agréable bien entendu mais on ne choisit pas. Et quand on s’en relève une fois, deux fois, et plus, on prend de plus en plus confiance dans ses resources. Et que cette sécurité joue dans la capacité à être heureux…

      Bonne journée!

  14. Angedra dit :

    Oui, les gens heureux ont une longue histoire…. et celle-ci est très bien décrite par ton beau texte.
    Il y a ceux qui s’enferment dans « oui, mais toi tu as de la chance » et qui récitent comme une litanie le fait que malheureusement « eux » n’ont pas notre chance…… et il y a ceux qui préfèrent bien qu’ils n’aient pas été épargnés par ce qui fait mal (comme tu le dis si bien), continuer à mettre en avant dans leur vie ce qui fait du bien !
    Je suis une adepte des « nuages roses » mais contrairement à ce que tu dis je suis également très lucide … j’ai simplement décidé que lorsque un gros nuage gris me cache le soleil…. un beau nuage rose apparaîtra ensuite dans le ciel au coucher (ou au lever) du soleil. J’aime les nuages roses car eux ne cachent jamais le soleil mais bien au contraire, ils profitent de son rayonnement pour prendre cette belle couleur. Ils sont la preuve que le noir peut amener du rose !
    Alors ma chance après-tout, c’est simplement sans doute de savoir regarder le ciel noir lors des orages afin de découvrir les nuages roses qui tôt ou tard accompagneront le retour du soleil.

    • Edmée dit :

      Je connais ton nuage rose mais pensais à un autre: celui qui dit « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », « cool » à longueure de journée. J’aime aussi emporter mon nuage rose avec moi, regarder plus volontiers celui-ci que les affreux nuages noir de noir. Je sais qu’il y a des injustices et des souffrances mais choisis de ne pas m’y rouler pour affirmer que le monde est cruel et mauvais… Je crois que tu es comme moi sur ce point 🙂

  15. mel dit :

    merci Edmée, j’ai moi même en effet tendance à me penser plus malheureuse que la plupart, j’en suis consciente. J’ai besoin de lire et relire encore ce genre de billet qui m’incite à comprendre comment on est ou devient heureux.

    • Edmée dit :

      Oh Mel, c’est déjà un grand pas que d’en prendre conscience!!! Tant de gens ignorent que les autres souffrent… ou en tout cas qu’ils sont loin d’être les seuls à affronter des choses terriblement difficiles. Et au fond, n’est-ce pas mieux que de se sentir « choisi par le mauvais sort »? On ne l’est pas, ni par le bon. On vit ce qui est dans notre plat, et ce qui aide est de savoir qu’après les années de vaches maigres celles de vaches grasses viendront, et qu’il faut tenir au mieux pour en profiter dès la première minute! 🙂

  16. Tout à fait d’accord avec ton texte. Bonne semaine Edmée

  17. Tania dit :

    Bravo, Edmée, pour ce titre à rebours, et merci pour cette réflexion qui aide, qui encourage à garder le cap.

  18. Célestine dit :

    Je me sens vraiment heureuse après avoir lu ton billet ! La vie, ça va; ça vient, ça bouge, ça secoue, ça pince, ça tire, ça poisse, ça parfume, c’est changeant, vivant, passionnant…
    Je crois vraiment que c’est une faculté particulière quand même, d’apprécier la vie malgré les épreuves et de changer le plomb de la résignation en or de la joie.
    Tu es, tout comme moi, une alchimiste du bonheur, Edmée.
    Chez nous, on parle des gens qui ont le cul bordé de nouilles pour parler ce ceux qui ont tout pour être heureux…Et il faut savoir s’enlever les doigts du cul pour aider un peu le destin quand on n’a pas de cul à la base…et ne pas rester le cul entre deux chaises!
    Cette partie de l’anatomie semble assez importante dans les choix de vie, pas étonnant que l’on appelle cela le fondement… 😉 😉 😉
    Merci d’être encore une fois, ce phare dont je ne me lasse pas, la mia sorella 🙂

    • Edmée dit :

      Merci à toi pour être souvent mon miroir parfait! Oui, il y a ceux qui « ont du cul » et les autres, dirait-on, et en effet c’est un peu le fondement de tout. C’est aussi le courage de ne pas fermer les yeux sur ce qui nous arrive et qui fait mal, ne pas l’affronter avec des demi-mots qui ne résolvent rien du tout. Et savoir que ce n’est qu’une autre bataille et que quand nous aurons passé au travers nous aurons aussi gagné quelque chose…

      Baci, sorella! 🙂

  19. colo dit :

    Un billet qui me fait réfléchir, je suis venue le relire plusieurs fois.
    J’aime beaucoup le titre déjà! Tout le monde a une histoire plus ou moins mouvementée.
    A tout ce qui a été dit je voudrais ajouter ceci:
    j’ai observé maintes fois que les moments de fortes douleurs physiques sont ceux où il est presque impossible de voir, considérer sa propre félicitée. Le temps, qui fait oublier deuils, séparations, duperies.. n’arrange pas tout malheureusement.
    Merci, vraiment.

    • Edmée dit :

      Le temps tout seul n’arrange pas tout, et tout ne s’arrange d’ailleurs pas toujours, du moins comme oh l’entend.

      Mais je me désole de voir qu’il y a des gens qui entretiennent leur douleur jusqu’à en faire une succession de douleurs physiques réelles, alors qu’il y en a d’autres qui sont frappés, vraiment frappés et mis à terre, par des maladies qu’ils n’ont pas appelées.

      Ou d’autres qui ont des difficultés assez habituelles au cours d’une vie, et en font un malheur plus grand que nature dont il faut parler sans cesse, pendant que d’autres vivent parfois des drames complexes et profonds, en silence ou en tout cas avec dignité…

      Mais il est vrai que nous avons tous ces moments d’aveugelment complet, ou notre malaise est la seule choses réelle. On ne peut d’ailleurs pas sortir d’un drame ou problème sans le vivre à fond, descendre dans son abime – pour remonter. C’est alors qu’on reprend vie…

      Merci pour ton apport!

  20. Nad dit :

    Oui, profitons des instants bonheur et essayons de surmonter le mieux possible les aléas de la vie !

  21. Je connais mon bonheur et j’y ai travaillé, c’est vrai! mais j’ai été heureuse aussi, très heureuse et longtemps, avant d’avoir expérimenté les souffrances de la vie.

    • Edmée dit :

      Une chance, mais ça a rendu les souffrances encore plus rudes sans doute, au départ… on a du mal à y croire! Et oui, on le chérit d’autant plus, le bonheur, qu’on sait qu’il n’est pas distribué par une baguette magique pour ne plus jamais s’en aller!

  22. jeanne dit :

    oui » il faut du courage pour être heureux »
    c’est presque une lutte
    le verre a demi plein… toujours…
    oui on s’est pris des rafales, des creux de vagues
    mais tu le sais je crois à ce bleu
    profond et immense
    merci pour tes mots

    • Edmée dit :

      Il en faut, oh combien! Pour tenir le coup jusqu’à la prochaine éclaircie, pour garder confiance et savoir qu’elle viendra, pour ne pas chercher des blâmes ailleurs qu’en nous-même! Bonne journée Jeanne!

  23. […] Les gens heureux ont une longu… le edmée de xhavée […]

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