La délicieuse cruauté du froid

Il fait froid, oui oui, il le fait ! Et je déteste ça, mais c’est un détester d’une rare hypocrisie car, l’avouerais-je, c’est un tourment que j’aime. Même s’il reste un tourment.

Je ne chauffe jamais ma chambre, qui est donc une chambre froide dans laquelle je fais le minimum de gestes  indispensables avant de me ruer sous les couettes. Et c’est un pur délice, puisque je chauffe mon lit avec deux bean bags, dont un finit sous mes pieds et l’autre derrière mon dos pendant que je lis au lit. Tout autour de moi, c’est froid. J’enfile la liseuse que lovely brunette m’a tricotée il y a des années, son dernier cadeau fait main, et me souviens qu’autrefois elle m’en tricotait de plus petits, parce que j’étais moi-même encore de taille réduite, et elle me disait « mets bien ton cache-cœur pour lire au lit »… Tout est froid, et moi je me fais une tanière bien chaude pour la nuit, lisant dans la paix de l’hiver qui commence…

Quant à sortir, oh que je n’en ai pas envie, oh que je tourne et retourne l’idée de ce frisson comme une dent branlante que l’on taquine sans cesse. Et puis je sors, naturellement. Et avec le froid qui glace ma joue et raidit mon dos, c’est le plaisir d’être en vie qui court dans mes veines. Je fais sans mots l’inventaire des parades que j’ai prises : j’ai mis mes « petits gants élégants », cadeau de ma sœur qui les a ainsi qualifiés en me les offrant. J’ai mis un chapeau, une écharpe, une veste polaire, un Damart (chuuuuut), et je marche d’un pas rapide. Et si je pousse la porte d’un magasin, oh que la chaleur est extraordinairement bonne ! Elle assaille mon visage qui se met à piquer, il me semble qu’elle me colore et que de transparente avec des extrémités rouges je prends l’aspect de Bécassine, avec une vague de tiédeur rose qui se soulève derrière la peau.

Et tout ce qui se mange ou se boit sent meilleur, plus fort, avec plus d’insistance. Les vestibules vous jettent l’arôme de civets à peine avez-vous franchi le seuil, la tarte aux pommes vous fait honteusement régresser à l’âge tendre de la tendre gourmandise avec son fumet caramélisé où erre la cannelle… Le café du matin n’a jamais eu de volutes plus tentantes, et jamais la tasse – mug, diaphane porcelaine, grès rustique ou peu importe – n’a été plus brûlante contre votre paume encore fraiche de la nuit…

Glace

Quand la neige sera là, ce qui ne saurait tarder, je m’en plaindrai – avec amour. Car je la déteste quand elle fond, devient eau glissante, pénétrante, qu’elle bave sur les feuilles mortes et les rend menaçantes. Quand elle tombe dans un grésil qui me mitraille la face et fait de mon front une douleur glaciale et dégoulinante. Je n’ai jamais aimé non plus la pelleter, l’enlever du pare-brise, me laisser surprendre par pierres, racines, souches qu’elle cache si sournoisement. Mais il faut aussi savoir s’émerveiller de son étendue étincelante sous le soleil, craquante sous le pied, gardant les traces étoilées des oiseaux agités, ou celles d’animaux plus lourds, émiettées sur les bords, parlant d’un passage que l’on n’a pas vu… Et rentrer chez soi, frapper des pieds au sol pour les assainir, secouer les flocons d’un vêtement raidi au col et aux épaules, sentir que déjà le corps se relâche pour accueillir senteurs et chaleur… c’est le grand plaisir promis par une promenade dans la neige…

Banc sous la neige

 

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46 réflexions sur “La délicieuse cruauté du froid

  1. En lisant, le froid et sa chaleur se sont invités même avec les volets clos, avec un sourire malicieux. C’est le plaisir de lire Edmée !

  2. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Oui, évidemment… pris comme ça… c’est à voir… ! Hum ! Oui, c’est bien toi… ! Tu vois Edmée, bien que ma chambre soit chaude, pas trop en cette saison car mes moyens ne me le permettent pas, je suis moi aussi emmitouflée dans mon lit avec : liseuse, chaussons, bonnet de nuit et col roulé, lorsqu’il fera encore plus froid, il y aura en plus des mitaines. Lorsque j’ai très mal, je me fais une bouillotte extra-plate pour mon dos. Tout cela est indispensable pour lire au lit !
    Sortir si je suis bien couverte de la tête aux pieds, avec juste le bout du nez et les yeux de visibles, ne me dérange pas.
    Allez, bonne nuit bien couverte, ici aussi il fait froid et c’est en plus très humide ! Gros bisous !
    Florence

  3. sla22 dit :

    Ah que oui!! L’hiver est délicieusement insupportable. Tout y est détestable, le froid glacial, les jours sombres, les arbres nus mais quel bonheur de voir s’étendre la saison, une vraie de vraie, avec ses flocons de neige, les bottes qui crissent, les odeurs de pudding au pain (avec de l’écorce d’orange et des raisins secs), sa galette des rois et tout le tralala. Quant aux Damart, c’est une vraie bénédiction (moi, j’achète les mêmes, mais en moins chic, dans une coopérative d’agriculteurs des alpages; ils sont tout noirs et très laids mais mon Dieu! d’un confort jubilatoire). De toute façon, on se plaindra bientôt de l’adorable printemps humide, du voluptueux été trop chaud et du magnifique automne venteux. Vive les saisons, les vraies!

    • Edmée dit :

      Oh que oui… et sans les cruautés de l’hiver on ne souffrirait autant de celles de l’été (trop chaud, moite, suffoquant, pluvieux, venteux etc… 🙂 ) C’est un vrai délice!

  4. sandrinelag dit :

    … Ah! J’oubliais… la bouillotte bien chaude aussi, indispensable dans les chambres non chauffées… ;:)

    • Edmée dit :

      Indispensable… j’en ai deux (des bean bags car la bouillotte, achetée bon marché, s’est lamentablement désintégrée sous le jet d’eau chaude!)

  5. Damien dit :

    Le froid et la neige ne me dérangent pas. En revanche, les jours trop courts, gris et blafards à partir de 4 heures ont quelque chose de Brontë qui me transpercent de mélancolie. Je me terre alors devant un feu, chien au pied quand il n’a pas le trouille des crépitements, petit verre, livre. En attendant le fumet du dîner qui mijote à côté.

    • Edmée dit :

      Je ne pense pas souffrir des courtes journées… Ma soeur, qui vit à Stockholm, est très déprimée en cette saison, puisque le soleil se couche déjà vers 15 heures… elle travaille et ne le voit jamais! Le petit verre, le chien, le feu et le fumet du dîner me semblent de bonnes compensations!

  6. Armelle B. dit :

    J’aime l’hiver lorsqu’il est blanc, figé, quasi surnaturel. Mais cela dure si peu dans nos régions. Le dégel, qui s’empresse de réduire en boue noirâtre ce que la neige avait transfiguré, nous rappelle illico presto à la réalité des choses. Quant au froid, comme vous l’écrivez si bien Edmée, son seul atout est de rendre plus précieuse encore la douceur de nos logis et la tiédeur de nos draps.

    • Edmée dit :

      En ville en effet la neige devient vite une nuisance… et n’a aucun charme. Souffrrant de l’onglée presque instantanée, je n’aimais d’ailleurs pas non plus les glissades ni le traineau qui me congelaient… Mais oui, c’est bien le contraste qui est un délice: on sait que le supplice du froid sera interrompu dès qu’on met le nez dans un magasin, qu’on approche les paumes d’un brasero, ou qu’on tient un cornet de marrons chauds entre les mains. Et puis, ce tambour joeyux qui nous dit « bientôt au chaud à la maison! » 🙂

  7. Angedra dit :

    Autant j’apprécie « lire » toutes ces sensations, ces images que ton texte nous fait si bien ressentir…. autant je déteste « vivre » le froid, le gel, la neige.
    Et aucune promesse de retrouver un intérieur chaud n’a jamais réussi à me faire aimer le froid.
    Bien entendu je ne compare pas le « froid » d’ici aux températures de certaines régions, ni même les quelques flocons de neige qui parfois arrivent à tomber certaines rares années sur la côte… mais pour moi ce froid sudiste est déjà bien suffisant pour continuer à ne pas pouvoir aimer l’hiver.
    Ta façon de nous conter le froid est très belle…. moi, je sais beaucoup mieux parler de l’été et de sa chaleur !

    • Edmée dit :

      Je ne sais pas pourquoi le froid, pour moi, est une sorte de rituel de famille. Mes grands parents faisaient de très longues promenades (20 kms parfois) à pied dans le froid, avec mon père encore enfant. Ma mère trouvait qu’on devait se promener tous les jours d’hiver si on avait congé et au retour nous anticipions le bol de bouillon avec la biscotte qui rallumerait notre chaudière intérieure…

  8. Celestine dit :

    Qu’il est génial ce billet empli de saveurs, de couleurs, d’odeurs particulières. Que j’aime l’hiver quand je suis devant une cheminée, avec une tasse de chocolat chaud dans les mains.
    Mais sortir affronter la bise aigre de janvier, quand c’est une nécessité, ne me fait pas grimper au plafond. Je déteste avoir froid.
    Alors je reconnais que j’ai de la chance de pouvoir m’extasier sur la neige, le spectacle merveilleux du givre sur les arbres et des lumières de Noël, parce que je me sens pleine de gratitude envers la vie qui a permis que je ne dorme pas sur des cartons. Que j’aie un chez moi douillet pour abriter ma mauvaise saison.La pensée des SDF qui meurent de froid chaque hiver me perturbe beaucoup, chaque année, de plus en plus d’ailleurs.
    Cela n’enlève rien au côté délicieux de ton billet, Edmee. Ce n’est pas l’hiver que tu aimes, c’est la vie. Sous toutes ses formes, a chaque saison, a chaque âge. Une grande chance, cela. Et je suis comme toi
    Molto baci, la mia bella

    • Edmée dit :

      Je déteste aussi avoir froid, mais c’est un peu comme l’histoire du fou qui se donnait des coups de marteau sur la tête parce que c’était « si bon quand ça s’arrête » :-)… Je le déteste, ,il me tourmente avec beaucoup de cruauté, mais je fais partie de ces bienheureux qui ont une maison et assez d’argent pour se chauffer (je sais hélàs que ce n’est pas le cas pour tout le monde) et imaginer ce qui m’attend alors que je suis livrée au froid et ses glaciales beautés est un plaisir en soi!

  9. Je n’aime pas ce froid, je pense aux gens qui ont réellement froid, ceux qui sont allongés sur les trottoirs des villes. Mais pour les mieux lotis l’hiver a ses charmes, c’est vrai. S’engoncer dans un grand pull, sentir la chaleur du radiateur, savourer de délicieux gratins…Pour moi l’hiver, c’est aussi le bonheur de se glisser dans ce temps qui passe et d’attendre impatiente le printemps qui s’annonce.

    • Edmée dit :

      Vrai que pour ceux qui ont froid et ne peuvent anticiper une accueillante chaleur et un bon repas savoureux pour n’en faire qu’un piquant souvenir, c’est une toute autre chanson…

      Ah, toucher le radiateur, oui, quel plaisir!

  10. Je déteste la neige et le verglas, en particulier quand je dois prendre la route pour aller travailler. Par contre, le froid, l’hiver, les jours courts, cela ne me dérange pas du tout. J’aime les longues soirées d’hiver, dans son cocon bien au chaud, propice à la lecture. Une période que je trouve plus intime, plus feutrée que l’été. Mais bon, je suis plus un homme d’intérieur que d’extérieur. Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      Là je te comprends! Moi non plus je n’aimais pas du tout aller travailler sous une chute de neige, avec du verglas traitreusement caché ici et là… Oui, je te ressens bien comme un homme d’intérieur, mais pourquoi pas? Bon dimanche, Petit Belge!

  11. colo dit :

    Finalement ce que tu décris avec talent, c’est que goûter aux plaisirs du chaud quand il fait froid, triple ou quadruple le plaisir!!! Magnifique.

    • Edmée dit :

      Je trouve que c’est surtout le contraste en effet, qui fait tout. Le froid est merveilleux si on sait qu’il prendra fin, alors on apprécie aussi ce qu’il donne: le givre sur les branches nues, le crac crac de la neige durcie, les joues qui brûlent d’insensibilité…

  12. Shirokuma dit :

    Ce texte est un bijou de glace où l’on admire l’éclat de lumière qui se reflète dans sa dureté…
    Ma chambre est froide aussi, mais je ne me précipite pas. Je laisse mon corps nu endurer de la morsure froide, avant de me glisser sous la couette. J’écoute mon corps grelotter un instant avant de s’apaiser dans sa propre tiédeur, puis se détendre. Comment pourrais-je endurer la morsure de la vie si je ne peux endurer la morsure du froid ?…
    Merci pour ce texte qui est le vôtre, si beau, si vivant !
    Bonne soirée.

    • Edmée dit :

      Je t’avoue que je, n’aime pas trop grelotter, et que j’ai facilement mains et pieds glaciaux… donc si je ne crains pas le froid en tant que morsure furtive, ne ne prolonge pas la morsure 🙂

  13. Lauriza dit :

    Un vrai délice que de partager la cruauté de ton froid. Ce matin, une balade de + de 2 heures par 2° m’a enchantée sous un ciel d’azur et d’une pureté sans faille. Bien emmitouflés de la tête aux pieds en ayant bien entendu notre petit thermolactyl bien connu que j’affectionne depuis près de 20 ans (oui, j’ai commencé jeune !!!!!) nous avons été ravis de pouvoir admirer la nature toute nue, sans fard, dont les couleurs fanées gisaient sur le sol. Quant au coucher, j’ai bien le temps d’aller dans une chambre froide …. Elle est donc chauffée mais pas trop alors j’ai commencé la tournée des bouillottes qui diffusent lentement leur douce chaleur. La neige n’est belle qu’à la montagne et j’exècre de la voir chez nous. Bonne nuit sous la couette. Ce soir c’est la pleine lune !!!!!!!! Je la regarde en ce moment de mon vasistas, elle est magnifique.

    • Edmée dit :

      Voilà, moi j’aime aussi quand j’ai su m’imposer de sortir emmitouflée: la récompense dépasse tout l’inconfort et les frissons, et on, a ce sentiment de s’être un peu dépassés, d’avoir fait un effort qui a tant donné en échange!

  14. annerenault dit :

    Bel éloge du froid ! Comme quoi, tout ce qui pourrait être désagréable cesse de l’être quand on le prend d’une humeur aimable et qu’on l’accueille en sachant y trouver du plaisir.

    • Edmée dit :

      Je ne rafolle pas de l’hiver mais il a de beaux côtés… La seule chose peut-être est que pour les savourer, ces beaux côtés, il faut souvent se faire un peu « violence » pour consentir à mettre le nez dehors! 🙂

  15. mel dit :

    Comme c’est bien décrit…. l’hiver est détestable mais si bon à la fois, quand on a un toit.

  16. Alain dit :

    J’ai tout faux. Pour être le seul de la famille à être né au pied des montagnes, je préfère les plages et laisser mes pensées s’envoler vers l’horizon lointain. Quand au temps, je m’accommode de celui qu’il fait. J’aime marcher sous la pluie. Me prélasser sous le soleil. Marcher dans la neige ou sur le sable chaud. La chaleur ou le froid m’importent peu. Je suis bien partout. Emmitouflé quand il fait froid, dévêtu quand il fait chaud, j’ai toujours mon âme qui s’envole vers les étoiles ! Et plus vite encore quand le quotidien ne correspond pas à mes attentes. Mais pour l’heure j’oublie les problèmes et rêve d’un très proche séjour à Paris. Heureux comme un petit garçon devant son premier train électrique ! C’est grave ? Anyway … Je reste comme je suis ! Très bon Dimanche Edmée. Bonne semaine aussi. Et couvre toi bien … J’ai bien ri en t’imaginant dans ta « chambre froide ».

    • Edmée dit :

      Ce n’est jamais bien grave d’être comme on est si on l’est vraiment, pas vrai? Je n’aime pas trop la pluie, mais finalement ça dépend un peu : si c’est pour aller « faire des courses », ce n’est pas bien agréable. Par contre une promenade sous le crachin, pourquoi pas? Toute la campagne est lavée et odorante.

  17. amandine dit :

    un beau texte encore

  18. gazou dit :

    Comme le printemps paraît délicieux quand on a eu froid tout l’hiver…
    On a besoin de contrastes….bonne soirée Edmée !

    • Edmée dit :

      Voilà, tu as tout résumé: imaginer les rayons du printemps sur les tendres pousse aux teintes pastels… voilà qui nous fait aimer l’hiver – qui ne fait que passer!

  19. J’admire ta façon de conter les petits riens des saisons et d’en faire des moments palpitants de vie.
    Un vrai plaisir que te lire.
    Bonne soirée et …bonne lecture.

  20. Pâques dit :

    Moi aussi j’aime les contrastes, en hiver quel plaisir de rentrer chez soi et savourer un bon chocolat chaud ! En été, j’adore le soleil mais à l’ombre et le + c’est une journée ensoleillée et une nuit pluvieuse, quelle merveille !
    Mais ce qui me peine en hiver, c’est qu’il y a de plus en plus de pauvres gens dans la rue, bien plus que quand j’étais petite et cela ce n’est pas normal, j’ai l’impression que nous régressons …

    • Edmée dit :

      Oui c’est vrai qu’il y a plus de démunis maintenant, et qu’on les remarque tellement en hiver parce qu’on peut facilement imaginer la sensation de froid et de manque de chez soi, mieux que la faim je pense…

  21. Philippe D dit :

    Moi, je serai plus catégorique : je déteste l’hiver et j’ai tout le temps froid! Je ne suis pas fait pour ce climat. Pour les fortes chaleurs non plus d’ailleurs.
    Quant à la neige, je l’aime en montagne ou,éventuellement, dans les champs et les prairies, mais sûrement pas sur les routes ni sur les trottoirs où elle devient très vite sale.
    Brrrr!!!! j’ai froid !

    • Edmée dit :

      Je te rejoins un peu, je dois dire. Je n’aime pas le froid sauf quand il finit 🙂 Ou va finir: je suis en route vers chez moi, ou m’en vais déguster un bon vin chaud quelque part, alors le froid est majestueusement attrayant puisqu’il sera suivi, d’ici peu, de la chaleur… Celà dit… je préfère le froid aux grosses chaleurs!

  22. Marc Torbel dit :

    Ah que c’est agréable de ressentir toutes ces nuances de températures et d’objets réconfortant en hiver ! Je dois faire parti des personnes qui préfèrent l’hiver à l’été, ou même au printemps. Il faut dire qu’il est bien plus facile de se protéger contre le froid (même si c’est encombrant) que de se protéger contre la chaleur suffocante. Même si les jours sont moins longs, lorsque les nuages s’éparpillent un peu, cette lumière blanche est délectable tout en restant porteuse d’une chaleur oubliée.
    Les journées froides sont à mes yeux des opportunités, des moments privilégiés pour rester dans son cocon, pour se retrouver et se reposer de l’agitation humaine ambiante. Ce froid m’est vivifiant et en resserrant mes capillaires sanguins, l’énergie remonte en moi, la pensée est plus efficace, l’esprit serein.
    Évidemment, la cheminée crépitante et sa douce chaleur rayonnante, jouant de concert avec le ronron d’un chat particulièrement câlin, achèvent ce tableau, me faisant oublier la morsure du froid tout comme la pesanteur de l’été désormais lointain.
    Cette chaleur hivernale bien qu’anthropique, m’est bien plus douce que l’été et ses brises caressante.
    Merci Edmée pour ce texte empli de contrastes et de sensations.

    • Edmée dit :

      Je pense en effet que tout le monde a l’hibernation dans le sang, qu’on rêve de se calfeutrer, de thé chaud, de tarte aux pommes, de paresse, de lits bien chauds et oui, d’un chat qui sait, lui, comment partager tout ça de noble manière!

  23. Alainx dit :

    Ah la cruauté du froid…. Je la connais que trop…. les jambes glacées par l’attaque sournoise de cet ennemi qui me plante ses flèches douloureuses et dévastatrices. Et puis le danger survient, l’anesthésie sournoise qui vous bleuit les sangs au risque de vous faire terminer aux urgences. Rentré chez soi on pose les pieds nus sur le carrelage et là on fait cette expérience du carrelage bien plus chaud que les pieds.
    Voila ce que c’est de n’avoir pas de muscles, lesquels se sont faits bouffer par les virus.
    Mais pas grave, les jambes se réchaufferont…. Comptez 6 heures environ…. Et faites pas la connerie des conneries de les mettre dans de l’eau chaude ou contre des trouillottes !! 5 mn après c’est à hurler de « brulure froide »
    Et, dehors, se réchauffer en remuant le doigt sur la télécommande du fauteuil électrique … quel merveilleux exercice pour éviter de devenir bonhomme de neige figé… mais à roulettes….

    J’adore le froid …. un avant gout de cadavre sur le corps…. C’est jouissif en diable ! (que je rejoindrai… le feu éternel plutôt que les froids cantiques soporifiques du paradis !!)

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