Les monstres femelles…

Oui bien entendu, il y a des manipulateurs. On les connaît et désormais on en parle, de ces sulfureux compagnons de vie qu’ils sont ! Les « tout court », les pervers, les narcissiques, toute la gamme en toutes tailles et couleurs. Il y a même des vidéos qui voguent sur les flots du net à l’usage des victimes potentielles, ou des témoins attentifs, pour opérer un repli adroit et définitif au premier signe inquiétant.

Et c’est bien, car une fois dans filets de cette relation toxique, on a beaucoup de mal à agrandir les mailles pour se faufiler vers une vie normale.

Mais ce serait injuste de penser que le tyran est toujours un homme. La littérature et le cinéma d’ailleurs nous ont offert quelques portraits de femmes effroyables, ainsi que la mythologie et la Bible … J’en ai rencontré plus d’une, et les glisse aussi dans les pages que je couvre de mes observations au micros-plume : Maman Monique dans la nouvelle L’amour d’une mère, l’épouse dans la nouvelle Lovebirds, la Tante Marie de De l’autre côté de la rivière, Sibylla…, Adrienne dans Les Romanichels… Je les connais bien. Et les reconnais vite.

La manipulation féminine est souvent plus subtile, discrète, souterraine, sans violence ou colère apparentes. Sauf dans le cas des mégères qui font les choses en technicolor et décibels, et sont visibles comme le nez rouge d’un clown, les manipulatrices sont presque indécelables, car pour la plupart, elles n’agissent qu’entre les murs et avec le sourire.Enfin… quelque chose qui veut s’appeler sourire.

Face aux tiers, elles sont souvent parfaites.

Trop. Les avisés se souviennent du vieil adage « méfiez-vous des eaux dormantes » mais ne voient jamais aucun remous. Et les proches qui voient les remous mais ont reçu un efficace coaching de perception des choses, ne les perçoivent que comme des mouvements bien naturels. D’ailleurs… il n’y a jamais d’animosité affichée comme telle, et tout semble donc clair à l’horizon.

C’est cette petite fille au regard trop angélique qui vole chaque jour une pièce du puzzle de la classe et se sait insoupçonnée, d’autant que lorsque la maîtresse questionne les enfants, elle dit qu’elle ne sait pas, la bouche en cœur, lorgnant d’un air scandalisé vers ce petit garçon qu’elle n’aime pas parce qu’il se méfie d’elle. C’est cette adolescente qui révèle, la voix tremblante d’un triomphe que les adultes prendront pour de la honte, que le curé qu’elle hait a eu des attouchements déplacés pendant des années avec sa sœur et elle, parce qu’elle ne supporte pas ses yeux gris et méfiants qui voient au-delà de son innocente jeunesse. C’est cette jeune mère qui déjà a choisi l’enfant qui lui tiendra compagnie dans ses vieux jours et qui, serrant sa fillette contre elle, embrassant sa joue, explique gaiement à tous qu’elle ne se mariera pas et restera toujours avec maman, n’est-ce pas ma chérie ? Et si d’aventure sa chérie s’amourache sottement, qui mieux qu’une mère proche et aimante peut la mettre en garde contre une belle-famille décevante, une rondeur qui deviendra graisse porcine, une propension à la jalousie qui feraient son malheur ? Autant rester avec maman… La chérie peut être un chéri, et là… nous en connaissons tous, de ces chéris qui sont englués dans la poix maternelle !

Elles se marient, aussi, naturellement…

L’époux est présenté aux proches, lentement et avec persistance, avec une mine de courageuse victime désenchantée, comme un être difficile, très imparfait, un enfant quelque peu décevant qu’on aime bien quand même, mais il faut une de ces patiences, on ne vous dit pas !… On en parle, « entre soi », avec mesure pour que le message entre bien sans avoir l’air d’être imposé. Ah, ce n’est vraiment pas facile. On se délecte de la compassion et des encouragements qui s’ensuivent. On crée ainsi une répartition des rôles qui sera désormais difficile à briser.

Georges Delatour -  Job raillé par sa femme

Georges Delatour – Job raillé par sa femme

La manipulatrice se voit donc tacitement autorisée à adopter un certain ton et certaines mimiques en présence de la victime. Elle lève les yeux au ciel, ou cherche furtivement le regard complice d’un allié qui la comprend. Elle infantilise à la façon d’une mère excédée qui ne sait plus que faire pour avoir un enfant normal. Elle soupire, serre les lèvres, rabat la joie éventuelle de remarques sèches et impatientes. Et non, il n’est pas traité en ennemi : ce serait trop décelable et la dame est adroite : elle tient à son irréprochabilité. On le traite juste en… différent. Parfois même elle se risque à une curée, un rassemblement des troupes contre le malheureux dont alors on rit ou détruit le raisonnement qu’il vient d’avoir. Et si dans ce cas, tel une bête aculée dans un coin, il fonce en rugissant, on feint la peur et échange de nouveaux regards de côté avec « le clan » bien endoctriné. Vous avez vu ? Je n’invente rien !

Et on lui rappellera, victorieusement, cet éclat indécent, et on lui fera bien comprendre qu’il ne doit pas s’étonner de ce qu’on pense de lui… Et on lui précise que personne d’autre au monde ou même dans l’univers ne pourrait le supporter.

Il est fait comme un rat lorsqu’il le croit.

Publicités

44 réflexions sur “Les monstres femelles…

  1. gazou dit :

    Méfions-nous des manipulateurs, en effet, ils sont d’autant plus dangereux qu’ils savent se montrer affables et souriants… mais veillons aussi à avoir assez de clairvoyance pour ne pas l’être nous mêmes,manipulateurs, en certaines occasions…et gardons quand même confiance en nos semblables….les êtres généreux et désintéressés, cela existe aussi….

  2. angedra dit :

    Tu as raison ce type de diable existe aussi bien chez l’homme que chez la femme. J’ai connu dans certains couples « amis » à une époque ce genre d’individus … dans les deux sexes.
    Honnêtement j’ai bien plus souvent vu des hommes dans ce rôle (question de génération peut-être avec des femmes moins habituées à leur liberté ?) que des femmes. Mais j’ai rencontré également ces femmes sous couvert de soupirs, petits hochements de tête, de paroles assez douces en apparence sont en réalité de longues lames effilées qui feront comprendre combien « elle » la « pauvre femme dévouée » doit souffrir de devoir supporter un tel mari !
    Mais lorsque l’on demande « pourquoi accepter et rester ? », toujours la même réponse : « je ne peux l’abandonner, que deviendrait-il ? » « je supporte pour la famille etc, etc »
    Une fois encore elles se donnent le rôle de l’ange alors qu’elles sont comme tu le dis des monstres femelles.
    Il y a d’autres monstres femelles, celles qui jouent dans le registre de la faiblesse ou « improbable » maladie, détresse et « pauvre petite chose »…. afin de retenir celui qui ne peut que se sentir ainsi « attaché » à ne parler et ne penser qu’à cette si malheureuse femme à qui il doit éviter tout soucis et tracas …… sans voir le «  »boulet » » qui le maintient bien en laisse à sa disposition.
    2 femmes de ce genre se sont retrouvées veuves et de « pauvre petite chose » se sont retrouvées comme des femmes indépendantes aimant voyager, sortir et vivre sans aucune détresse ou faiblesse !!!

    • Edmée dit :

      On dirait que tu connais les mêmes que moi ;). Oui, tu as tout à fait raison dans ta description.

      On remarque plus les hommes parce qu’ils font dans l’évident, sont ouvertement dominateurs, parlent haut et fort. Les femmes… eh bien il suffit de nous relire toi et moi, et hélas on se rend compte qu’on en connaît pas mal aussi. Et tu as raison: elles font des veuvres très joyeuses!

  3. dieudonné dit :

    Le donjuanisme est une monstruosité; parfois je me demande si le Don juan n’est pas un homme qui se venge en adoptant des méthodes dont il fut victime?

  4. sandrinelag dit :

    Totalement d’accord. Je me sens soulagée de lire ces lignes écrites par une femme. Il y a de tout chez le beau sexe, le meilleur comme le pire et les grands travers humains nous touchent aussi. La manipulation, la perversité, la cruauté, la violence sont des arts qui peuvent être parfaitement maîtrisés de ce côté-là aussi. Le sexisme n’est jamais à sens unique, il a même tendance à toucher de plus en plus les hommes, du moins en Occident. Les femmes ne sont pas toujours des victimes.

  5. Des désaxées cérébrales, nous en connaissons c’est certain. Heeeeeelp! Pauvres enfants, qui sont enfermés toute leur vie dans ce pseudo-amour maternel, etc…Un très bon article, Edmée. On pourrait le creuser et il serait d’une profondeur …Même Freud rougirait.

  6. Damien dit :

    si j’avais écrit un billet pareil, je me serais fait vilipender. De nos jours, seules les femmes peuvent « critiquer » d’autres femmes, tout au moins rétablir un certain équilibre salutaire et…complémentaire. Un bon billet courageux et bien écrit que l’on déguste comme du bon chocolat.Après les veuves noires, les veuves joyeuses?

    • Edmée dit :

      Oui je sais, pauvres hommes, il vous faut Edmée comme porte-drapeau! Mais je suis depuis longtemps au courant de l’existence de ces démons succubes et je les renifle comme si elles avaient un code génétique 🙂

  7. Très riche ton article. Il est vrai qu’heureusement il est écrit par une femme, pauvres hommes ! Je me demande s’ils ne vont pas devoir créer le Mouvement Libérateur des Hommes, surtout après avoir lu ton article, je plaisante ! Les femmes manipulatrices sont très fortes car leur atout majeur est la séduction et la femme en connaît un rayon dans ce domaine, car il a été longtemps exercé, il ne faut pas oublier qu’ elles n’avaient que ça ! Mais rassurez-vous Messieurs, elles sont dangereuses autant pour la gente masculine que féminine !

    • Edmée dit :

      Je pense qu’il faudrait parfois un mouvement libérateur des hommes, en effet :)… Séduction ou envoûtement, oui elles s’en prennent à leurs mères, soeurs, filles, collègues tout autant qu’aux hommes. Tout dépend de l’objectif!

  8. annerenault dit :

    Cela me rappelle quelqu’un…une femme dont j’ai déjà entendu parler…
    Bises

  9. Shirokuma dit :

    Sourire.
    Je connais ces monstres dans les deux genres. Les uns m’ont donné vie, les autres m’ont éduqués et d’autres encore se disaient mes amis…
    On n’en sort pas indemne…
    Le profilage est parfait. Merci pour ce portrait-robot.
    Bises.

  10. Pierre dit :

    Je te trouve audacieuse d’avoir osé ce texte, particulièrement juste. Comme l’ont exprimé d’autres avant moi, heureusement qu’il a été écrit par une femme 🙂

    Tu décris parfaitement le portrait de la manipulation subtile, celle qui, quasiment imperceptible, n’instille qu’un infime parfum de malaise. Trop peu pour avoir des certitudes mais suffisamment pour agir tel un poison. Le rôle de certaines mères peut être redoutable, en ce sens…

    • Edmée dit :

      Je m’attends à recevoir quelques cailloux à la tête, tu sais! Je sais déjà d’où ils viendront mais j’ai mon armure étincellante.

      Oui, c’est si subtil que beaucoup n’osent la reconnaître, anéantissant leurs soupçons avec des tonnes d’explications. Le problème c’est que quand il faut expliquer toute une vie de comportements… on est bien obligés d’appeler un chat un chat si on ne veut pas mourir!

  11. Pâques dit :

    Une belle analyse !
    Nous sommes tous un jour ou l’autre confrontés à ce genre de personnes.
    Je viens de lire  » Un sacré caractère ». Imma Monso
    L’héroïne reproche à sa mère le choix de ces études …
    et sa mère lui répond – je reconnais que d’une certaine manière, je t’ai conseillé cette carrière, mais tu reconnaîtras que c’est un malheur d’avoir une fille aussi influençable !
    Et j’ai pensé à moi car longtemps j’ai reproché à ma mère la même chose et finalement …j’ai compris que
    d’une certaine manière nous sommes manipulés parce que en fait nous le voulons bien.
    L’autre décèle en nous une certaine fragilité, un terrain favorable.

    • Edmée dit :

      Oui, il y a un consentement à être manipulé. Au début on ne le comprend pas comme tel, mais comme tu dis l’autre sent en nous les ficelles à tirer, et forcément, ce sont des ficelles que nous aimons un peu que l’on tire. Et puis ça peut devenir le vampirisme de la manipulation totale, et là il faut se contorsionner autant qu’on le peut pour se libérer de l’emprise. On se le doit à soi surtout.Sinon… on le laisse tomber soi-même!

  12. Nadine dit :

    J’espère que mes fils ne croiseront pas la route de ces manipulatrices ! Bon week end et bonnes fêtes Edmée.

  13. colo dit :

    Parfait, oui parfait ton écrit!
    D’instinct je me méfie toujours des trop souriantes mais aussi de celles qui parlent doucement, pas sur un ton mielleux (qui lui est évident), mais trop bas…
    Jusqu’où manipuler et/ou se laisser manipuler, là me semblent être les questions les plus délicates.
    Bonnes fêtes Edmée, un beso.

    • Edmée dit :

      Je me souviens d’un ami anglais qui se méfiait de la petite amie – très BCBG – d’un autre ami anglais, tendre voyou qui aimait trop la bière et vénérait sa jolie bourgeoise: « Je n’aime pas les filles qui ont une voix de souris et parlent aussi bas », me disait-il. Et de fait, le tendre voyou était devenu le caniche de la douce et patiente fille de famille… Mais il ne le savait pas et se sentait même coupable de lui infliger sa présence si inférieure…

  14. Swann dit :

    Un texte tout en finesse qui décrit parfaitement ce type de personne, je les appelle des consommateurs d’humains, ils prennent tout ce qui les intéresse puis jettent sans états d’âme ou si peu. Hologrammes et marionnettistes, ce sont les termes que j’utiliserais pour les décrire. Ils savent parfaitement titiller les cordes sensibles de leurs proies : celles de vouloir aider, soutenir, « sauver »… pour après le leur reprocher ! Un comportement complexe et dévastateur.
    Bonnes fêtes Edmée

    • Edmée dit :

      Oui, ils usent ce besoin des autres d’aider, de « sauver », et les détruisent lentement. Puis ils leur disent qu’ils n’ont rien demandé, qu’on les a encombrés avec ce dévouement. Ils se déresponsabilisent de toute leur vie et n’ont pas de vraie substance en fait: comme des vampires ils sucent celle des autres.

  15. Alain dit :

    Femmes et hommes, de cette espèce, des rapaces qui bien souvent se brûlent les ailes après avoir fait beaucoup de mal. Ils finissent souvent par tomber, dans le fracas douloureux d’une carapace qu’ils ont cru solide et qui finit par voler en éclats. L’avantage d’en avoir connu augmente le plaisir de reconnaître plus facilement, le vrai du faux. Et que dire « des news » ? Manipulation ou inconséquence ? Bon Dimanche Emée.

    • Edmée dit :

      Certains, en effet se brûlent à,leur propre jeu, ce sont les inconséquents je dirai, qui travaillent trop fébrilement et ouvertement. Il y a hélas ceux qui sont pour la longue durée… et qui durent vraiment, mais vraiment, longtemps… 🙂

  16. amandine dit :

    tu as rencontré mon EX-belle fille mdr

  17. Célestine dit :

    Ou alors tu as rencontré mon ex-« meilleure amie »…trois ans de thérapie pour m’en sortir…

    http://samedidefi.canalblog.com/archives/2012/10/27/25433052.html

    brillant billet,comme toujours quand tu parles de ce sujet.
    ¸¸.•*¨*• ☆bises célestes

    • Edmée dit :

      Tu vois, j’ai toujours décelé la manipulation très vite, tout au moins la féminine. Ma mère aussi. Nous « sentions » tout de suite l’oignon! Et je me lasse pas de mettre en garde, mais… c’est comme l »hydre à 6 têtes 🙂 Bises calmantes 😀

  18. Armelle B. dit :

    En effet, pour un esprit averti, les manipulateurs de tous poils sont assez faciles à démasquer. C’est pour cette raison que j’ai toujours initié mes enfants à avoir un bon esprit de discernement, tant il est indispensable pour conduire sa vie sans sombrer dans les ornières qui la jalonnent en permanence. Excellente analyse Edmée que je partage totalement. Ce qui m’attriste beaucoup actuellement, c’est de constater à quel point les gens se laissent manipuler par les politiques et leurs inféodés, les médias.

    • Edmée dit :

      C’est vrai! C’est une sorte d’apathie mentale, le désintéressement à trouver des arguments pour s’opposer. Comme dit ici dans les commentaires, il y a souvent une sorte de consentement à être manipulé, soit qu’on ne veut pas admettre qu’une « personne qui nous aime » ne nous aime pas mais nous utilise, soit qu’on n’a pas le courage de démonter des raisonnements trompeurs de crainte de se retrouver seul, de perdre « ses semblables »…

  19. Mimi du Sud dit :

    Kikou Edmée,

    Heureusement que mes fistons ont trouvé de très gentilles compagnes 🙂 pour l’instant elles sont parfaites 🙂
    Je te souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d’année
    Bon et Joyeux Noël ainsi qu’à tes proches.
    Gros bisous à toi ma belle. 🙂

  20. Angedra dit :

    BELLES ET DOUCES FETES

  21. Alain dit :

    Très heureux Noël, Edmée, et surtout loin de tous ces fâcheux !

  22. Philippe D dit :

    D’après Renaud, il n’y avait que Mme Tatcher. D’après toi, il y en a beaucoup. Moi, je pense que derrière les actes les plus monstrueux des hommes, il y a souvent une femme qui sommeille.
    Un peu tard mais « Joyeux Noël » quand même!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s