Deux cœurs en fusion, ça fait pshiiiit ou bang ?

Aujourd’hui on avertit des dangers de « l’amour fusionnel ». On dit que la personnalité d’un des deux au moins y disparaîtra. Que ce n’est pas bon… Que chacun doit, etc, etc… Je ne détiens pas la recette idéale avec preuve à l’appui, hélas, mais il me semble que justement il n’y en a pas, de recette. Des amours très improbables ont tenu tête au temps et au monde, et d’autres, alchimie mesurée avec soin, se sont effondrés comme un géant aux pieds d’argile.

Et puis il y a amour et amour. On le sait. Le sentiment amoureux peut s’éteindre doucement dans un ennui profond ou des disputes sans fin. Aimer demande une clairvoyance qu’on a rarement dans la jeunesse – âge de l’enthousiasme pour les émois du cœur et  où logiquement on est guidés vers la logique de l’amour qui conduit à l’assagissement social, la fondation d’une famille, la construction aussi d’une vie financière et de travail. On est pris dans le mouvement, et tout concorde à nous dire que nous nous aimons parce que nous nous entendons bien – alors que tout est encore si facile qu’il serait impossible de ne pas s’entendre – et pensons avoir envie des mêmes choses.

La suite dépend de bien des choses, parmi lesquelles la réalité de ce qu’on a ressenti comme de l’amour. Et comme on n’aime « vraiment » qu’une fois, ou deux peut-être, ou jamais, dans une vie…, c’est dire si au fond, une recette est inutile puisque les ingrédients de base naissent spontanèment en nous – ou pas.

Et puis il y a aussi l’explosion de ce qu’on est vraiment, une fois lancés sur son chemin. On a soif d’aventures ou de conventions. On développe des opinions ou on s’aligne sur l’avis des autres. On fait face aux difficultés ou on attend qu’elles s’arrangent toute seules… Les composantes d’un couple peuvent ainsi se compléter ou s’affronter, et il est des couples morts navigant encore sur l’esquif d’un mariage qui n’a plus que les habitudes comme ciment, et dont les voiles ne se gonflent désormais sous la poussée d’aucun doux zéphyr…

Egon Schiele - L'étreinte

                                                       Egon Schiele – L’étreinte

Mes grands-parents paternels se sont aimés, de façon fusionnelle. Ils ont attendu longtemps le droit de se marier, pour diverses raisons, mais ont aussi eu la chance de se désirer tous les deux. C’est donc corps et âme qu’ils se dont découverts en voyage de noces, et corps et âme ils sont restés. Ils ont eu leurs disputes je suppose – et l’espère ! – et ma grand-mère était une épouse qui faisait ce que son mari disait, non sans en discuter si elle en éprouvait le besoin. Comme les bourgeoises de cette époque, elle faisait beaucoup de choses sans lui, tout comme lui d’ailleurs : elle partait en vacances avec ses parents ou sa soeur, allait en week-end chez une amie ou l’autre, sortait au théâtre avec cousins ou amis sans lui. Et il faisait de même. Elle avait sa personnalité, lui la sienne, et s’il l’a quelque peu changée, ce fut pour qu’elle partage plus de choses avec lui, comme l’appel de l’aventure quand il l’a emmenée pour 4 années en Uruguay. Elle s’y est mise à l’espagnol, a cédé au plaisir des promenades dans la pampa et des asados, et à leur retour en Belgique, a titillé leurs nostalgies en faisant du dulce de leche. Elle était loin d’être « toute perdue sans lui », et a d’ailleurs dû faire face sans geindre à des mois de guerre pendant lesquels elle ignorait qu’il était emprisonné en Allemagne et était absolument sans nouvelles.

Il ne lui a survécu qu’un an et a passé cette année à constater que ses fleurs préférées fleurissaient, se fanaient, ainsi que se souvenir de fleurir sa tombe à la date de leurs fiançailles, de leur mariage, de son anniversaire, de celui de son opération et de celui de sa mort… Il avait 53 ans. Il a fait de son mieux pour se distraire et se laisser distraire après le départ de sa chère Suzanne, avouant même avoir ri à une soirée. Mais le chagrin fait son chemin et s’exprime comme il le peut : ici il s’est servi d’un cœur affaibli qui avait déjà eu des ratés pendant la guerre et accumula dès lors les accrocs annonciateurs, jusqu’au dernier qui l’emmena enfin vers elle.

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57 réflexions sur “Deux cœurs en fusion, ça fait pshiiiit ou bang ?

  1. Angedra dit :

    Quel beau texte sur l’Amour. Oui il est de mode actuellement de dénigrer l’amour fusionnel… bien souvent par ceux qui ne l’ont jamais connu ! Ce genre d’amour vous laisse pour toujours des flammes dans votre coeur.
    Mais tout le monde ne peut vivre le même type d’amour.
    L’amour fusion a besoin de deux coeurs forts avec un besoin d’émotions, d’aventures, de grands éclats de soleil et de tonnerre.
    J’ai toujours aimé cette façon de naviguer sur un beau voilier au gré des vents de l’amour plutôt que m’étioler sur « l’esquif d’un mariage qui n’a plus que les habitudes comme ciment »
    Vivre plus ou vivre plus longtemps…. à chacun de choisir sa maison.
    Beau témoignage sur l’amour de tes grands parents.

    • Edmée dit :

      Oui, on dénigre l’amour fusionnel, et il est néfaste, en effet, pour ceux qui ne s’aimeront qu’en surface, sans jamais atteindre les profondeurs de l’intimité. Sinon… on peut à la fois fusionner et rester soi, une richesse invincible…

  2. L’amour est une étrange alchimie et qui fait heureusement partie de notre vie ❤
    Ton texte me touche beaucoup Edmée, j'y retrouve aussi l'histoire de mes grands parents … je me souvient que ma grand mère disait " je vais le rejoindre car il m'appelle" elle est partie 3 mois après.
    Mais ils auront eu la chance de vivre cet amour pendant plus de 50 ans.
    Chance que mes parents n'ont pas eu le bonheur de vivre aussi longtemps 😦
    Mon père est mort à l'age de 48 ans d'une longue et pénible maladie … maman ne s'en est jamais remise et est restée avec cette plaie au cœur jusqu’à sont départ à l'âge de 86 ans en disant.

    "Je ne sais pas s'il existe un au delà …mais que je serais vieille à côté de lui"

    • Edmée dit :

      Ton témoignage est un grand apport à ce texte… Je comprends tellement bien ce que disait ta grand-mère… Une longue longue attente de partir « le » rejoindre. Une de mes amies m’a dit la même chose de l’homme qu’elle aimait, mort depuis près de 20 ans: elle ne « vit » plus que dans l’attente de le rejoindre!

  3. Comme c’est beau ! J’aime que tu dises que l’amour fusionnel ne conduit pas forcément à la destruction. Je crois plutôt qu’il est rare et envié mais souvent difficile à réaliser. Il est, je crois, la seule certitude, de ne pas ETRE et VIVRE seul(e), Pour ces couples, il est presque « normal » de finir le chemin ensemble.

    • Edmée dit :

      Personnellement,,je trouve l’amour fusionnel très nourrissant s’il est vécu sans obsession pour la possession. Il arrive un niveau où on n’a pas besoin de posséder l’autre qui est partie de nous, et c’est une évidence. Et oui, il ne reste aucune envie de vivre lorsqu’un est parti!

  4. sandrinelag dit :

    L’amour, comme beaucoup d’autres choses, ne peut s’enfermer dans des grilles de lecture et d’analyse. On cherche toujours à l’étiqueter comme pour mieux en prendre le contrôle. Heureusement qu’il est mobile, volatile, insaisissable, incompréhensible. « C’est plus fort que nous ». Difficile d’imposer des règles, d’en définir les limites. L’amour est probablement le coeur de notre humanité, avec quelque chose de sacré en plus.

    • Edmée dit :

      Mais oui… On veut donner des recettes à tout le monde… comme s’il y avait une boussole pour le chemin du bonheur et du bien être… C’est en effet plus fort que nous. Plus décidé et net.

  5. Mior dit :

    Très beau billet , que je lirai plusieurs fois , tu y exprimes finement beaucoup de choses …

  6. Lauriza dit :

    Magnifique amour que celui de tes grands-parents. Chaque être humain à sa façon d’aimer et si l’amour fusionnel c’est de vouloir tout partager, c’est aussi de laisser à l’autre quelques plages de liberté pour se ressourcer et garder toujours l’attirance pour l’autre et ce désir d’aimer. Tes grands-parents l’avaient très bien compris puisqu’ils faisaient aussi des choses chacun de leur côté. Alors oui, l’amour reste fusionnel et durable.

    • Edmée dit :

      J’ai ,pensé pendant plusieurs,années que la légende de cet amour n’était que ça: un légende. Puis j’ai trouvé les carnets de mes grands parent, et non… c’était bien la vérité. Ils étaient extrêmements unis et proches mais oui… s’autorisaient des plages d’indépendance sans aucun frein de l’autre…

  7. Un texte que les couples devraient parcourir de temps en temps. Mais tout cela est tellement compliqué. Nos caractères sont toujours en perpétuelle évolution et c’est cela qui égratigne les amours au fil du temps, on évolue chacun différemment et puis, et puis …

    • Edmée dit :

      Oui… une année n’est pas l’autre, et ce qui est disponible en nous ne l’est pas toujours peu après… car comme tu le dis tout est en perpétuelle évolutiion…

  8. Béa de C dit :

    Absolument conquise par la belle histoire de vos grands-parents!
    Heureux furent-ils d’avoir connu pareil amour…
    L’amour fusionnel est aussi partage…
    Ma chère Edmée, je vous ai cherchée dimanche dernier… au CL… A la prochaine occasion, je vous inviterai mais notre ami Louis-Bernard quitte sa présidence fin mars…
    Je vous embrasse.

    • Edmée dit :

      Ils ont eu beaucoup de chance, et ont transmis à leur descendance l’aspiration à une aussi belle fusion. Nous savons que c’est possible.

      Je ne vais pratiquement plus au CL mais aurais aimé le repas de l’an… tout comme j’adore celui de la chasse et des huitres 🙂 Désolée d’apprendre que Louis-Bernard quitte la présidence, sa femme et lui sont charmants!

      Je vous embrasse aussi…

  9. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Juste pour te faire 4 bises bretonnes, car je n’ai pas encore la tête à philosopher sur les cœurs en fusions !(°v°)!
    Bonne soirée à toi !
    Florence

    • Edmée dit :

      Remets-toi surtout bien chère Florence, les coeurs en fusion attendront que tu ailles mieux, et encore merci à notre cher chauffeur pour son petit mot à ton propos la semaine passée…

  10. * dit :

    Fusion du Coeur
    Union des Corps
    Ame contre Ame
    Tabou enraille
    Sincerite
    Bruler d’Amour
    Donner, Recevoir
    L’Amour est diamant
    Aimer, Aimer
    Point de lassitude
    Le regard brille
    La peau frissonne

    Le Coeur tremble

    Et les mains se lient
    Les levres dessinent

  11. Florence dit :

    J’ai entendu à la radio, qu’il y avait eu des terroristes à Verviers ! Evidemment, j’ai tout de suite pensé à toi, car bien que tu n’y habites pas, tu y as quand-même ton cœur !
    Gros bisous de Florence

    • Edmée dit :

      Merci Florence! Oui, ça secoue quand même d’autant que je connais très bien ce quartier, où je passe souvent lorsque je vais à Verviers. Tout le monde est très affecté mais aussi très content de ce bon coup de filet…

  12. L’amour, l’amour…sujet éternel de paroles et d’écritures! Nous avons tous beaucoup lu, beaucoup vécu, écrit ou peint l’amour. On parle de passion, de durée, d’émotions et de fusion. Bien sûr chacun croit savoir car chacun aime avec ce qu’il a reçu et ce qu’il est, N’essayons pas de l’enfermer dans des cases, des généralités.Ne tombons surtout pas dans le jugement ni dans la classification,

    • Edmée dit :

      Je t’avoue que plus je prends de l’âge et moins je m’ose à définir l’amour et ses visages. Je me rends compte que oui, il y a l’amour « vrai » ( c à d sans calcul, disons…) et tous les autres mais même vivre un amour « vrai » est loin d’être simple. Aussi, comme tu dis, pas de cases, pas de classifications, et finalement ce qui compte c’est le bonheur des amoureux, qu’ils soit dans l’amour vrai ou pas, après tout… s’ils sont bien tous les deux, pourquoi pas? 🙂

      • Qu’est ce que l’amour vrai? certains calculs créent des liens si forts que c’est peut-être de l’amour… essayons de ne pas juger les autres; jamais!

  13. Pascal dit :

    Au début nous voyons l’autre avec les yeux de l’Amour
    puis avec le temps la réalité se fait jour
    il ne nous reste alors plus qu’a la quitter comme nous pousse notre société de consommation
    ou alors à l’aimer pour ce qu’elle, comme elle est, redécouvrir ce que nous avons tant aimé en elle
    la regarder au travers de son regard
    penser au travers ses pensées
    et parfois la vie dans sa grande compassion
    vous amène un sourire d’Amour.

  14. * dit :

    L’Amour est diamant
    Ses multiples facettes
    Se dessine la peau
    Sa fusion s’ancre
    Le Coeur bat
    S’emballe
    Les mains caressent
    Ivresses des sens
    Sans sens controles
    L’Un est l’Autre
    Ce UN magique
    Que peu ne connaissent
    Les levres chantent
    Les corps s’Aiment
    Cet Amour est Vie
    Il est Immortel
    L’Infini se fait petit
    Quand se murmure
    Je t’Aime…

  15. Alain dit :

    « Deux cœurs en fusion, ça fait pshiiiit ou bang ? », les deux chère Edmée. Pour ma part en tout cas. Pshiiiit quand notre cœur ne trouve pas le moindre écho dans l’autre. Bang, bang et bang si les deux battent à l’unisson. Quand la vie est généreuse et que l’on choisit de saisir la chance qui se présente. Donner, partager, recevoir, échanger, le tout dans la plus belle et grande complicité. Sans oublier le respect des différences, les goûts de l’autre, ses envies, ses attentes. Étonner, fuir le ronron, ou les habitudes qui s’installent (n’est-ce-pas ?), vivre, foncer et aimer. Tout simplement. Je n’ai jamais su aimer bien, un peu ou beaucoup. J’aime ou pas. Dans ma vie privée en tout cas. Pour le reste je compose. Comme tu l’écris si bien, il y a l’explosion, aussi. Dans ces moments là c’est la confiance et le besoin de l’autre qui participe à vivre le plus beau des sentiments. Le plus fort. Celui qu’il ne faut jamais galvauder ou maltraiter.

  16. Célestine dit :

    L’amour reste la seule valeur importante de ce monde en folie.
    On ne devrait néanmoins jamais disserter sur l’amour…On se pose bien trop de questions, parce que des tas de données, personnelles, morales, politiques, religieuses, sociales, économiques, et même hygiéniques, viennent polluer le fleuve Amour de leurs miasmes…
    La phrase de Montaigne reste la meilleure des explications : « parce que c’était moi, parce que c’était lui » que cela dure toute une vie, ou quelques heures, c’est la même chose, et tout le reste est lie et ratures.
    C’est mon humble opinion de grande amoureuse.
    Baci sorellita
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      Je suis naturellement bien d’accord, bien que j’aime en parler parce qu’à ce stade de ma vie je vois les bilans se faire autour de moi. Un grand amour n’est pas forcément celui de toute une vie. L’infidélité peut être grave ou pas… La fidélité n’est pas forcément une preuve d’amour… et des gens qui se quittent peuvent dire sur leur lit de mort qu’ils n’ont jamais cessé de s’aimer. Tout existe; et tout est possible. Oui, parce que c’était moi, parce que c’était lui ».

      Baci!

  17. Pâques dit :

    – Il ne reste aucune envie de vivre quand quelqu’un est parti ? je n’adhère pas à cette pensée, il y a l’amour en particulier mais aussi l’amour en général et j’ai de l’amour aussi pour mes enfants, ma famille, mes amis, la musique les livres, etc… j’ai de l’amour pour la vie !
    D’ailleurs tu écris aussi qu’elle était loin d’être perdue sans lui pendant la guerre et en plus sans nouvelles.
    Si son cœur n’avait pas lâché, ton grand-père encore jeune aurait sans doute vécu un jour une autre histoire d’amour…
    C’est le charme de la vie, tout est possible …
    Mais je pense aussi que quand on a la chance de connaître cet amour puissant il faut comme ton héroïne Tania dans  » Lovebirds ». être capable de tout quitter sans s’occuper de l’argent et des commentaires des uns et des autres. Je t’avoue que j’ai craqué pour cette Tatianna -Tania – C’est une petite merveille cette nouvelle, l’écriture, l’atmosphère, les personnages, le dénouement ++++ Bravo !

    • Edmée dit :

      Oui, cette Tatia, je l’ai beaucoup aimée, elle est ma préférée… et c’est inspiré d’une véritable histoire d’amour qui s’est déroulée en Suède, très semblable…

      Oui mon grand-père se serait remarié, certainement, parce qu’il aimait la vie, mais la seconde épouse aurait vécu avec l’horrible superposition de la première, dans leur cas. Les hommes de cette famille étaient extrêmement attachés à leurs femmes… une sorte de marque de fabrique 🙂

  18. Shirokuma dit :

    L’amour…
    Me voilà bien mal placé pour parler d’une telle chose aussi ambiguë… L’amour est un sentiment. Ça tombe mal puisque les sentiments sont des menteurs en puissance, des voleurs de personnalité…
    Si l’amour est universel, nous fautons de l’accorder qu’à une personne exclusive. S’il est égocentrique, nous fautons dans le désir d’ être aimé par tant…
    L’amour pourrait être un engagement inconditionnel envers sa ou son partenaire… Nous fautons alors, car nous nous libérons de toute anicroche, nous changeons de partenaire comme de chemise dès que ça « merde »…
    L’amour est un abandon de soi ? Nous fautons alors parce que nous sommes les esclaves de notre égoïsme…
    Bref, tout ceci n’est que logique spécieuse, un mensonge organisé sur le « qu’en dira t’-on » ; une mauvaise blague pour flatter son égo, ou pour briller en société.
    C’est là le problème des sentiments, qu’ils soient « amour » « haine » « joie » « peine »…
    J’aime beaucoup ton style de narration, c’est un véritable plaisir de te lire.

    • Edmée dit :

      J’ai moi aussi « mal » aimé. J’aime « bien » à présent, mais ça aurait pu ne jamais m’arriver. Par « bien » je veux dire… vraiment sans rien attendre d’autre que l’amour, et sans réellement rien sacrifier non plus. Mais j’ai connu le mensonge (non délibéré) et le calcul (rien de monstrueux, mais calcul quand même). Innocemment, sans le comprendre. J’ai subi les mêmes situations, naturellement. Mais l’égo, heureusement, connais pas vraiment :). Je connais désormais où sont les frontières entre l’autre et moi, à respecter, et celles du merveilleux pays de la fusion, de « nous ».

      Merci pour éprouver du plaisir à me lire, et surtout pour le dire!

  19. Ils vous ont transmis une grande force.

    • Edmée dit :

      Je ne les ai pas connus, mais la « légende » de leur grand amour a imprégné ma jeunesse, notamment par ma mère, leur « belle-fille » qui ne les avait pas connus non, plus mais rêvait de reproduire un tel amour avec mon père. Nous savions que c’était possible et non une utopie…

  20.  » Il est des couples morts navigant encore sur l’esquif d’un mariage qui n’a plus que les habitudes comme ciment, et dont les voiles ne se gonflent désormais sous la poussée d’aucun doux zéphyr « … Belle métaphore ! La passion ne peut pas durer toujours mais il est vrai qu’une vie à deux doit se construire… 🙂

    • Edmée dit :

      Certaines choses meurent, s’usent ou disparaissent. A chacun de connaître ce qui est essentiel dans leur amour et l’entretenir malgré les changements que la vie impose.

  21. amandine dit :

    j’en ai vécu un moi et il est décédé mais je survis!!!!

    • Edmée dit :

      Je pense en effet que l’âge auquel on perd son conjoint (ou compagnon d’amour) a son mot à dire. On ne « luttera » pas pour s’éterniser, mais si on est jeune, le bonheur d’avoir vécu un tel amour peut aussi être une raison de vivre pour le célébrer et en témoigner!

  22. Tania dit :

    Pas de recette pour l’amour, mais l’épreuve ou les preuves du temps.

  23. Beaucoup de choses ont déjà été dites avec lesquelles je suis d’accord : ne pas tirer de généralités, l’évolution des sentiments avec le temps, l’influence aussi de son éducation et du modèle de couple de ses parents, notamment. Vaste sujet sur lequel on n’a pas encore fini d’écrire… Bonne semaine Edmée (elle est déjà à 1/2 mais bon).

    • Edmée dit :

      On aura toujours à découvrir et accepter sur cet immense sujet. Tout est dit, peut-être, mais chaque chose déjà dite a plus d’un angle sous lequel regarder!

      Bon week-end cher Petit Belge puisque nous y arrivons!

  24. Philippe D dit :

    Comme tu le dis, il n’y a pas de recette quoique… Il faudrait que chacun y mette du sien car je pense que, dans les années qui viennent, il n’y aura plus beaucoup de couples qui vont tenir.
    Bonne fin de semaine.

    • Edmée dit :

      Pas dit puisque tout se trouve sur un balancier éternel. On va sans doute en arriver aux bons vieux compromis d’antant… parce que ceci est un chaos total!

      Pas de recette mais surtout il ne faudrait pas attendre « tout » du mariage, et puis.. quel que soit le contexte, qu’il semble bon ou mavais aux yeux des autres, s’il est satisfaisant pour ceux qui le vivent… pourquoi pas?

      Bon week-end!

  25. Alainx dit :

    Dans les commentaires, il est souvent fait état qu’il ne faut pas catégoriser l’amour. L’amour serait… l’amour… et puis basta…
    Si cela pouvait être aussi simple…
    Ton billet parle d’amour fusionnel, c’est à dire la disparition de l’un des membres du couple dans l’autre. Autrement dit la domination de l’un, la soumission de l’autre. Sinon c’est autre chose que l’amour fusionnel…
    Bien souvent, à ne pas vouloir nommer les choses par leur nom on entretient une confusion néfaste à l’amour. Un chat n’est pas un chien. Une poule n’est pas un homme. L’amour fusionnel n’est pas un amour libéré, mais on peut y trouver son compte… Pour un temps.
    Il m’a semblé aussi que l’on entretenait la confusion avec l’amour passionnel qui lui peut être libre et durer très longtemps. Il s’agit évidemment d’avoir la passion du bonheur de l’autre Plus que du sien. Et souvent, alors, l’on reçoit le bonheur au cœur même de la relation à la fois libre et unifiée.
    Je ne parle pas « En théorie ». Je parle d’une expérience de 45 années la vie avec la même personne… et nous sommes de plus en plus heureux ensemble. Cela n’empêche pas chacun d’avoir sa vie personnelle et ses engagements. Bien au contraire.

    • Edmée dit :

      J’aime beaucoup l’apport que tu es venu ajouter. Oui je parlais d’amour fusionnel (je pense, du moins…) au sujet de mes grands parents. J’ai connu pas mal de gens de cette époque qui vivaient ce type de relation quelque peu disparu, et on peut effectivement parler de soumission et domination, mais en fait ça se passait en douceur, avec un consentement de l’épouse. (Ou de l’époux chez une soeur de mon grand-père : on disait ironiquemen de lui qu’il était mort depuis des années mais ne le savait pas 🙂 ). Mais ces gens ont été, pour la plupart, heureux. Enfin, comme tu dis, ils « y ont trouvé leur compte » et ne se sont pas étiolés en vieillissant.

      J’ai encore connu ça dans la génération suivante. Epouse soumise, époux qui décide de tout, mais heureusement dans les cas que j’ai connus, une grande entente sensuelle qui leur a créé leur « chez eux secret ». Peut-être pas très sain, mais il a vraiment eu une forme de bonheur chez ces gens (ceux que j’ai connus).

      Mais j’adhère à 100% avec cette idée de l’amour passion, de cette passion du bonheur de l’autre plus que le sien propre, mais sans pour autant disparaître. J’aime énormément cette définition, et y souscris (mais je n’en ai pas une longue expérience 🙂 )

      Merci !

  26. Armelle B. dit :

    Les avants me semblent encore meilleurs que les après, mais de toute façon l’amour est enfant de Bohême et aucun n’est semblable à l’autre.

    • Edmée dit :

      Si les gens sont heureux (pas sur un nuage mais que leur vie s’épanouit et répand du bonheur…),au fond peu importe s’ils sont en cage, privés ou gorgés de sexe, indépendants furieux, partageurs ou muets à deux… Ils savent et sentent. Mais j’ai du mal à leur pardonner s’ils sont renfrognés et se laissent éteindre en se plaignant – avec des mots ou des longues mines. Parce que ça va se transmettre à leurs enfants…

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