La tendresse à la mer

L’autre jour je regardais un documentaire de Jacques Perrin sur la vie marine. La vie qui est née dans l’eau, l’a parfois quittée pour errer sur le sol, pour ensuite y opérer un retour, comme c’est le cas des mammifères marins.

Et bien entendu… on a beau être gros, maladroits sur terre, pourvus de moustaches qui piquent ou dépourvus de membres qui étreignent… oui, ils avaient, comme on le soulignait, apporté la tendresse à la mer.

Nautilius et Globulette protesteraient avec moultes démonstrations câlines : ils sont tendres, oui ! Et jouettes. Et sensibles. Et nous les croyons. Mais voilà, il faut admettre que la tendresse des mammifères est plus évidente et surtout mieux lisible pour nous, mammifères « sophistiqués ». Encore que … les oiseaux ont des comportements qui nous enchantent… et peut-être un jour un documentaire nous montrera-t-il la douceur des caresses des fourmis et la passion amoureuse des reptiles… Mais je m’en tiendrai aux mammifères… que les autres me pardonnent.

La tendresse, le dévouement, la patience, on trouve ça chez tous les animaux femelles. Celles qui ont charge d’âme. Celles qui protègent, aident, veillent, et lors d’une mort… connaissent leur moment d’hébétude chagrinée. Même le mâle sent quand il a affaire à un plus petit, parfois même que ce soit son espèce ou pas, et fait montre de patience et bienveillance. Il sait qu’il faut que jeunesse se passe et se laisse tyranniser sans trop sévir.

Les animaux connaissent la violence de la survie, parce qu’il n’y a pas de cruauté mais la faim et l’instinctive pulsion de transmettre ses gènes plus loin que la durée de sa vie éphémère. Le fauve, la bête sauvage, tue. Oui, il s’en prend aux moins rapides, au plus faibles, et donc bien souvent il arrache un petit à la vigilance et l’affection de sa mère. Les vieilles carnes sont moins bonnes et souvent malades… Les cris de douleur et d’angoisse, il connaît ça, tout comme il sent l’odeur de la peur née de la traque et de la mort annoncée, comme une aura autour de sa proie. Celle dont la mort lui assurera un jour de bombance ou plus. De quoi nourrir la progéniture, avoir l’énergie pour trotter assez longtemps pour trouver une femelle, ou celle de déjouer par la course la faim des prédateurs. Rien à condamner dans le besoin de cette lutte naturelle.

Achille Funi - 1921 - Maternité

Achille Funi – 1921 – Maternité

Mais ce qui me stupéfie c’est… comment se fait-il que certaines mères humaines soient indifférentes à cette intimité tactile avec leurs enfants ? Ce plaisir de connaître leur odeur, la souplesse de leurs bras, le rebondi de leur corps, le son de leur endormissement ? Même si elles ont été polluées par une éducation rigide, comment l’envie, instinctive, est-elle alors combattue avec autant de force ? Et comment, à l’époque des mariages si pas d’amour fou mais qui sont en tout cas pour la plupart des mariages que l’on a voulus, comment donc, si on tue son sens du toucher, peut-on aimer un homme autrement que comme… un mari, une sorte de patron qu’on s’est choisi pour la vie pour un boulot dont on ne peut démissionner ? Où est le compagnon du plaisir des rires et des moments intimes, dont on aime jusqu’à la forme d’un nez de travers parce que c’est le sien, et dont on se surprend parfois à chercher l’odeur sur un vêtement quand il n’est pas là ?

Ma Lovely Brunette de mère avait reçu une éducation « à la dure », à l’anglaise. Pas de dépendance, pas de sensiblerie. On éduquait des « braves », des enfants dont « on pouvait être fiers », et pas des gnangnans ou des pleurnicheuses. Très peu de contacts physiques gratuits. J’ai eu du mal à « toucher » pendant mes années de jeunesse. Je détestais ça, alors que j’étais chaleureuse en affection mais pas toucheuse du tout. Mais lorsque Lovely Brunette me prenait dans ses bras, ça avait encore plus de valeur, car le refuge de son étreinte était profond, loyal, spontané, intense. Elle ne m’avait pas coupée du monde tactile, mais on n’en abusait pas. Peu à peu d’ailleurs j’ai eu mes propres codes du toucher, et si désormais j’ai tout à fait libéré ce sens, il reste souvent limité aux intimes, même si je n’hésite pas une seconde à prendre le bras de quelqu’un ou le lui toucher dans la flamme d’une conversation, ou un besoin d’apaiser inconscient.

Et que je plains celles qui ont complètement muré ce merveilleux sens de l’intime, restant à jamais endormies à ce qui fait que la vie n’est pas qu’une discipline et une série de devoirs,  mais un univers chaud et tendre. Et en privent enfants et époux.

L’instinct… l’amour instinctif et naturel… merveilleuses choses !

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32 réflexions sur “La tendresse à la mer

  1. Armelle B. dit :

    Bien d’accord avec vous Edmée. J’ai connu également une enfance peu câline, assez semblable à la vôtre. Cela a eu des conséquences inévitables. J’ai eu du mal à transgresser cette réserve et une forme de timidité dans mes contacts avec le monde extérieur. Puis cela a passé et je crois avoir été plus chaleureuse ensuite, bien que l’épanouissement ait été long. L’éducation laisse une forte empreinte. Je vais transmettre à Globulette et Nautilius ce gentil clin d’oeil que vous leur consacrez.

    • Edmée dit :

      🙂 Ce qui s’apprend vite ne s’apprend pas.

      L’expression de la chaleur et de la tendresse se fait lentement si on a eu des barrières au départ, mais elle a besoin de s’épanouir, prend son temps pour s’affermir sur ce terrain inconnu. On continue d’apprendre toute sa vie, toute sa vie on guérit peu à peu de ce qui a été les mauvaises leçons du passé, qui sont différentes pour tous mais bien présentes.

  2. gazou dit :

    Moi aussi j’ai connu une enfance sans calins…Ma mère a su mieux montrer son affection à ses petits enfants qu’à ses propres enfants…Elle a donc appris …avec le temps. Mais elle avait tellement peu reçu elle-même…Il faut savoir être patient avec les autres comme avec soi-même

    • Edmée dit :

      Pareil pour ma mère! C’est sur le tard qu’elle et moi sommes devenues « touche-touche » l’une avec l’autre, et très expressives sur notre amour (ce qu’elle me laissait faire petite malgré tout… « Je t’aime jusqu’au ciel » était en vigueur quand j’étais petite, et est revenu les dernières années avec des surenchères « je t’aime encore plus haut que le ciel » 🙂 )

      Comme tu dis… il faut être patient et laisser surgir ce qui est là et n’attend qu’un peu d’arrosage et de soins!

  3. sandrinelag dit :

    Très joli texte plein de chaleur qu’il est bon de lire sous ce ciel maussade.
    Cela me fait penser au test du chaton. Apporte un chaton à une petite fille de 5 ans et elle le prendra dans ses bras, le câlinera, lui dira des mots tendres (« oooh! mon bébé! mon petit roudoudou »!). Fais le même essai avec un garçon du même âge et il lui tirera la queue, s’amusera à taper du pied pour lui faire peur, à le harceler. Et ça le fera beaucoup rire. A part de rares exceptions, cela se passe toujours comme ça. On pourrait dire que nos sexes respectifs nous ont programmés.
    Moi qui n’ai pas eu d’enfants (et je m’en porte bien), je sens la maternité comme partie intégrante de mon être. Elle se manifeste par mille choses et notamment dans mon engagement dans les soins palliatifs, l’accompagnement en fin de vie.
    Je crois que la biologie nous a fait un très beau cadeau avec cet instinct. Dommage que le vernis de certaines femmes n’ait pas encore osé craquer…

    • Edmée dit :

      Je n’ai pas eu d’enfant non plus, et dans mon cas ce fut aussi partiellement voulu. Mais comme toi je suis très maternelle et maternante, Pourtant je n’ai pas été embarquée dans les caresses et l’attention démontrée dès le début. C’est, comme tu dis… un instinct en cadeau!

  4. Damien personnaz dit :

    Ma mère Belge a été élevée à l’anglaise par des nounous anglaises. Privée d’affection toute sa jeunesse, elle s’était rattrapée depuis sans devenir la mama calabraise hystérique et tactile. Mais au-delà du toucher (elle était aussi parfois adepte de la gifle sonore et trébuchante assénée à ces trois fils turbulents), on sentait un amour intangible, et c’était le principal. Pas d’épanchement, mais des marques indélébiles de tendresse restées à jamais enfouies dans nos trois coeurs maintenant orphelins.

    • Edmée dit :

      L’affection passe aussi par les gilfes, ha ha ha! Mais quel bel équilibre puisqu’il semble que les trois turbulents ont eu leur quota d’affection, donnée sans possession ni distance…

  5. Adèle Girard dit :

    Mon père était bien plus caressant que ma mère, et mon mari bien plus que moi, ce qui me fait dire que les gestes d’affections ne sont pas l’apanage des femmes comme j’ai cru comprendre dans certains commentaires. Ceci dit, c’est vrai qu’il faut du temps pour se départir de cette retenue que l’on exigeait des petites filles, très tôt. Bon et beau texte!

    • Edmée dit :

      Je pense que c’est parce qu’au départ c’est parti de l’amour maternel… Mais en effet il est des hommes caressants, qui appelent les caresses en retour. Heureusement. 🙂

  6. annerenault dit :

    Toucher, renifler, prendre confiance dans le corps de l’autre, tout cela est essentiel à l’amour, mais demande, comme le font nos animaux, du temps et de l’apprivoisement.

    • Edmée dit :

      Oui, certaines relations (maternité par exemple) peuvent l’offrir spontanément, mais pour d’autres c’est en effet souvent le temps et l’apprivoisement…

  7. A ta question pourquoi, il suffit de chercher la réponse dans les engrenages psychologiques enfouis par des années de « petit soldat » combatif. Tous ceux qui cachent leur enfant intérieur bloquent leur souffrance. Le danger pour ceux qui intellectualisent et disent « je ne comprends pas »serait de devenir facilement juge face à cette souffrance inavouée. Si tu peux lire « un merveilleux malheur » de Cyrulnik, « ces enfants malades de leurs parents » d’Anne Ancellin, « Réveiller le tigre » de Peter Lévine, Alice Miller, Frédéric Lenoir, Christophe André,etc… pour avoir quelques réponses, tu comprendras mieux. Ce qui n’inclut pas l’acceptation bien sûr mais aide à trouver des explications

    • Edmée dit :

      Oui, j’en connais aussi bien entendu… ma mère fut bloquée ainsi, comme tant d’autres, comme sa mère l’avait été etc… On ne dorlotait pas les enfants et on évitait le tactile. Je le connaissais peu moi aussi mais je découvre que les animaux étaient le « truc », le réceptacle autorisé des caresses et « mamours » contenus. Et par eux, que ce soit ma mère, ou moi, ou d’autres, on arrivait lentement au toucher des autres humains. Certaines – et certains – n’y arrivent jamais. Mon père était très tendre mais pas du tout tactile, il avait même une sorte de peur devant les excès d »émotion, sauf quand il a su qu’il n »était plus notre guide en tout, que nous étions nous. Alors il a relâché beaucoup de chsoes lui aussi…

  8. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Chez les mammifères, l’humain est vraiment une sale bête. Bien-sûr il y a des exceptions et j’en connais heureusement.
    Maintenant, chez les humains, je connais des hommes beaucoup plus câlins et maternel que des femmes. Ils ont peut-être un petit côté efféminé, mais pas forcement. Egalement, certains ont reçu beaucoup de tendresse et de câlins et n’en donnent pas pour autant, alors que d’autres qui on peu reçu en donnent beaucoup. Il ne faut pas généraliser, c’est avant tout une question de caractère, de tempérament. Il semble que l’éducation dans un certain milieu belge n’était pas tendre, mais ce devait être un peu pareil en France, surtout chez ceux qui copiaient les manières anglaises.
    Pas facile tout cela !
    Je te souhaite une bonne fin de semaine avec mes meilleurs bisous !
    Florence

    • Edmée dit :

      Tu as raison, on ne peut pas du tout généraliser. Certains ont eu une éducation froide et rigide mais font tout pour libérer leur « chaleureux moi » envers et contre tout. D’autres reçoivent des marques de tendresse auxquelles ils sont imperméables. Et tu soulignes ce que souligne aussi Adèle ici plus haut: certains hommes sont très caressants et câlins.

      Et ces éducations distantes qu’on avait effectivement dans certains milieux (et il ne faut pas trop idéaliser les autres milieux finalement car là, c’était le trop d’enfants, de travail de de soucis qui usait le temps d’une mère) n’ont pas fait que des descendants froids et incapables d’aimer…

      Bon week end et gros bisous à toi aussi Florence, et bonjour à Paul notre vaillant chauffeur!

  9. Alain dit :

    Sacrée réflexion ! Quand on n’a pas connu des enfances câlines et bordées d’amour il faut du temps pour apprendre à donner et accepter de recevoir, aussi. Cette expérience ne se fait pas sans douleurs, mais donne dans le même temps une grande force. Celle d’être son propre « décideur » sans avoir recours à quelques sempiternels conseils, tels, « il faut faire ci, » ou « pas faire ça ». Ça été mon cas. Je me suis fracassé sur des écueils, connu de grands moments de bonheur, d’autres aussi, beaucoup plus douloureux. Mais avec un avantage, celui d’être « né » à mon émancipation pour parcourir le chemin, à mon gré. Jeune homme (à l’époque) j’étais libre de choisir et de mener la barque à ma guise. Quand on découvre la chaleur de l’amour, l’acceptation des différences, le besoin de donner et le bonheur de recevoir la vie devient belle.

    • Edmée dit :

      Je lis ton parcours avec intérêt. Et oui nous sommes plusieurs sur ces commentaires à admettre que ça se construit, ce n’est pas toujours inné ou spontané, ou en tout cas accepté comme une chose dans laquelle on est « à l’aise ». Et puis comme tu dis, en effet ça rend libre aussi… La vie devient de plus en plus belle lorsqu’on apprend à savoir donner et surtout… accepter avec grâce ce que l’on nous donne!

  10. Nadine dit :

    Quand mes fils sont devenus ados, j’ai regretté de ne plus pouvoir leur faire de câlins. Puis, ils ont tous les deux pris leur envol et j’ai compris ce qu’était le syndrome du nid vide. Pour combler le manque, mes petits devenus grands ont eu la bonne idée de m’offrir… Chaussette. Je peux donc de nouveau me livrer à une débauche de tendresse. Oh, mais qu’est-ce que c’est bon !

    • Edmée dit :

      Aaaaaaaaaaah! Chaussette, le jolie chaussette (ou jolie?) J’ai vu sa photo sur ton blog, et voilà, c’est ton sac à tendresse, bravo de la part des fils!

  11. Moi, c’est mon papa qui a du mal avec le tactile, et çà remonte, lui aussi, à son éducation assez militaire avec sept enfants (et avec le recul, je me rends compte que malgré le peu d’attentions, mes grands-parents paternels ont réussi à ce que leurs sept enfants soient équilibrés, réussissent leur vie et…leur soient attachés). Papa ne comprend pas que tout le monde veut s’embrasser alors que lui s’en passerait très bien, même à nous ses enfants. Même pour une photo de famille, il a du mal de mettre la main sur l’épaule de ma maman ou de ses fils. On le charrie alors avec cela, il s’oblige mais ce n’est pas naturel de sa part. Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      Oui, il a sans doute une sorte de pudeur, ou même simplement il n’aime pas, qui sait…Mais il a eu de bons parents et au moins il a des enfants plus câlins que lui 🙂 Bon week-end à toi aussi cher Petit Belge

  12. Philippe D dit :

    Je me dis souvent que certaines mères devraient regarder comment font les animaux. Elles pourraient en prendre de la graine!
    Bon dimanche.

  13. jeanne dit :

    j’ai connu la douceur de la peau de ma mère
    son odeur
    sa chaleur
    et je me souviens des moments tendres avec mon fils
    l’odeur le toucher
    deux sens que j’ai développés
    oui parfois faut que je touche
    une main sur l’épaule
    un rapprochement de corps quand l’esprit s’en mêle
    beau dimanche

    • Edmée dit :

      La main sur l »épaule… je fais ça aussi, et parfois même des caresses sur les joues dans les moments de détresse… Une fois cette tendresse libérée, il est difficile de la contenir, même si je la réserve aux intimes… Ton écriture contient ce sens tactile 🙂 Beau dimanche aussi:

  14. Je n’ai pas d’enfant, par choix. Mais il me semble que je suis maternelle, j’aime prendre un enfant sur mes genoux, le câliner. Et dans l’intimité, heuuuu, oui, oui…Mais je suis assez pudique.

  15. Je reste aussi stupéfaite de constater que certaines femmes ne pratiquent pas ces sensations tactiles, c’est étrange.

  16. Ton texte Edmée me rappelle un souvenir encore si intense quand mon fils est né et le moment où la sage femme l’a couché sur mon ventre, quelle sensation merveilleuse ! L’éducation a empêché bien des moments de bonheur avec les câlins mais la tendresse maternelle était présente tout de même. Je pense à ces mères qui ne savent ou ne peuvent pas toucher, aimer leurs enfants comme il se doit. Comme je plains ces femmes ! Comme cela doit être douloureux de voir les autres mères donner et prendre tant de plaisir et ne pouvoir faire de même avec en plus, certainement, un terrible sentiment de culpabilité. Les animaux ont bien de la chance de ne pas être confrontés à ces mal-être.

  17. colo dit :

    Une question à laquelle je ne trouve, n’ai jamais trouvé de réponse Edmée. Ici, beaucoup plus qu’en Belgique, on se touche mais pas seulement. On s’enlace, se caresse, se fait des petits massages amicaux, bref le toucher fait partie de la vie quotidienne même s’il est des personnes qu’on préférerait que pas…!:-)
    Pour mes enfants qui ont maintenant plus de trente ans, c’est encore et toujours des mamours, des tendresses. Avec leur père aussi.
    Bref le Noli me tangere n’a pas cours ici et j’en suis comblée.

    • Edmée dit :

      Tu as raison, j’ai moi aussi découvert le touche-touche en vacances en Yougoslavie avec une copine qui vivait en Italie et qui me prenait le bras, les épaules, me complimentait sur ceci ou cela… c’était très inconnu pour moi en Belgique mais j’aimais! Et je réalise que le toucher aide à libérer la tendresse, il en vient de plus en plus!

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