Retour sur les lieux d’une autre vie…

Et voilà que je suis retournée en voyage à Turin. J’ai fait mieux que les mousquetaires puisque moi c’est 26 ans après. A l’époque, on faisait moins de photos, d’autant que je pensais rester à Turin jusqu’à ce que mort s’ensuive. Enfin, je n’avais pas de plan mais certainement pas celui d’en partir. Et puis j’ai bien dû le décider quand même. L’éternelle chansonnette selon laquelle on ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie, ou qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. En tout cas Ce que femme veut, Dieu le veut n’a pas fonctionné à cette occasion, et ce fut plutôt Ce que Dieu a décidé, femme s’y plie

Et voici donc que je m’y retrouvais… et que la première chose que j’aie faite fut de courir tout en bas de Corso Vittorio (Emanuele) pour apercevoir la muraille de collines tendres sur l’autre rive du Pô… C’était comme si je manquais d’air et devais absolument absorber une bonne bouffée de ce vert tiède et bruissant sous la brise, et en effet, la vision m’a apaisée. Quelque chose en moi était rentré chez lui.

Valentino - Panorama

 

Pzza Vittorio Veneto

Je me suis retrouvée dans le quartier où j’ai passé  ma première année turinoise. C’est cette année qui a fait pénétrer la ville dans ma peau, mon cœur et ma mentalité. C’est aussi cette année qui a forgé une bonne partie de ma personnalité. Car j’y suis partie seule avec ma valise et une malle. Avec quelques adresses qu’on m’avait données de gens qui allaient certainement m’aider, et assez de naïveté pour le croire. Sans les adresses et la naïveté, je n’aurais osé partir.

Oh il y eut bien, malgré tout, une aide qui m’arriva par un chemin très alambiqué : un Prince (oui, oui…) italien habitant Bruxelles avait un secrétaire originaire de Turin. J’ai reçu le numéro de téléphone du Prince par le secrétaire d’un ami (ça se complique déjà). Le secrétaire du Prince avait une sœur dont le petit ami (oui, je sais, il faut faire un schéma…) était Français et travaillait dans une école de langue. J’ai donc appelé le petit ami, l’ai rencontré avec sa fiancée, (la sœur du secrétaire du Prince, ceci pour tester si vous suivez bien) et il avait une copine qui travaillait dans une autre école de langue que lui et qui finalement m’a déniché quelques heures de cours privés dans l’école. On ne doute de rien quand on part à l’aventure, et voilà… Ce fut le début !

Mais alors que j’attendais ce premier travail, avec un petit pactole qui maigrissait chaque jour, je m’accordais le droit à ne pas stresser. Tous les matins je buvais un capuccino sur une balancelle d’un café au coin du Corso Vittorio et la Place Carlo Felice (et les volets de fer aujourd’hui sont baissées, parlant d’abandon…) ou bien, une fois le froid venu, j’allais dans une pâtisserie-bar pour un croissant et un capuccino. Elle est toujours là mais la dame qui disait buon di d’un ton si joyeux doit être pensionnée et n’avoir plus qu’à se soucier de son plaisir du jour.

Et là, pendant ce retour éclair et éclairant, tout était tel que je l’avais vu. Il est vrai que des avenues aussi majestueuses ne peuvent changer, pas plus que les jeux d’ombre et de lumière entre les colonnades. Les places spacieuses, le faste d’une ville qui, ne l’oublions pas, était une ville royale, nèh… (nèh est le « hein » piémontais). Il y avait toujours les ristoranti con dehors (jardin), les garçonnières je présume n’avaient pas disparu, les enfants criaient encore alé, et j’ose penser que quelques blagueurs étaient debout derrière un comptoir ou l’autre d’un bar, faisant concurrence à Marius, car en piémontais, les blagueurs sont les vantards. Sous les portiques de Piazza Castello des chanteurs de rue improvisés autour de deux musiciens s’amusaient à célébrer la Mala femmena, cette mauvaise femme briseuse de cœur chantée par Toto’…

Il y a 30 ans, sur la Via Roma

 Il y a 30 ans, Via Roma…

Portiques - Via Roma 1

Inchangée aujourd’hui…

 

Voici d’ailleurs enfin que Turin cesse d’être aux yeux des gens une « ville industrielle » d’où ne s’élèveraient que cheminées et fumées poisseuses, et qu’on vient pour en admirer l’incroyable beauté et savourer ce que contient la manne du Piémont. Parce qu’on est loin ici de « la cuisine italienne » que l’on croit connaître, on est au Piémont, et les vins nous arrivent des collines et de ce voluptueux Monferrato où dit-on, les femmes ont une beauté exceptionnelle que je n’ai pu vérifier, mais par contre les vins ont une robe et un toucher du palais qui forcent le passage d’un « mmmmmmmmmh » quelque peu sensuel entre des lèvres que l’on fait onduler de plaisir. Et honneur soit fait aux antipasti, d’une variété sournoise car on en mange toujours trop, gloire soit rendue à la viande, aux agnolotti, au robbiola, au chant de la table depuis l’apéritif au digestif…  et déjà autrefois j’aimais la carne all’albese, la bagnà cauda, la frittata di asparagi, il risotto al tartuffo bianco… Ah, la « grattata » de truffe blanche en saison, le luxe que l’on sait en être un ainsi qu’un privilège…

Portiques chanteurs de rue

Mala femmena…

L’élégance des vitrines, des étalages, et les cafés anciens décorés comme des pièces de palais royal, avec des miroirs, colonnes de marbre, plafonds à caissons, fresques, caisses enregistreuses ayant la ligne noble d’un objet d’art.

Et puis… regardez là, en haut… un appartement derrière les fenêtres duquel un plafond de chambre royale parle d’amour du très beau… un très beau qu’on ne voit que le nez levé.

Fenêtre ouvrant sur appartement de luxe

J’ai vécu dans pas mal d’endroits. Mais Turin s’est encastrée entre mes côtes, a pénétré ma peau et teinté à jamais ma manière d’être…

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56 réflexions sur “Retour sur les lieux d’une autre vie…

  1. sandrinelag dit :

    Très beau texte à la fois vivant et nostalgique; on y chemine avec toi dans l’espace et le temps.
    Je ne connais pas Turin mais elle m’a toujours semblé être une ville aristocratique (j’ai complètement occulté les Fiat des Agnelli et l’expansion industrielle) avec, comme sur tes photos, colonnades et somptueux plafonds à caissons, femmes élégantes, tables excellentes (j’ai découvert le délicieux chocolas turinois… en Suisse!) et le Saint Suaire!!
    J’imagine très bien ton émotion et tous tes sens en alerte se réaccordant au passé. Très joli texte. Merci!

    • Edmée dit :

      J’ai été très touchée par ce retour. Ce fut une des époques marquantes de ma vie mais aussi une des villes où j’ai compris que c’était un priviiège de vivre, même si ce fut court (5 ans quand même). J’ai été souvent alors dans la chapelle du Saint Suaire, mais cette fois il y avait des milliers de pélerins car on exposait « le vrai » et non pas la copie, entrer était une utopie!

      Merci à toi…

  2. sandrinelag dit :

    Chocolat avec un t… pardon!

  3. Lefort Françoise dit :

    Magnifique tu nous transportes dans toute cette beauté …la ville est si belle…mais avec toi nous avons l’odeur, le goût et tu as raison le Piémont n’est pas l’Italie c’est réellement un pays avec ses traditions, sa cuisines et oui ses femmes qui sont si belles

  4. colo dit :

    Toute la sensualité de la ville, de la région qui nous saute aux yeux, au corps!
    merci pour ce récit si vivant, si vrai.

  5. Adèle Girard dit :

    C’est décidé, j’irai!…Tu m’as convaincue!

  6. de très jolies photos, superbe blog.
    Amitiés.

  7. claudecolson dit :

    C’était aussi la jeunesse et le début du temps des merveilles, non ?

  8. Myosotis dit :

    cara mia, tu sais à quel point ce billet me touche en plein cœur. Moi aussi je retourne a casa fin mai et je sais déjà que je vais y vibrer comme toi.

  9. Nadine dit :

    J’ai vécu moi aussi à l’étranger, en Allemagne (3 ans seulement), et j’y suis retournée dix ans plus tard, me précipitant, comme toi, vers les endroits que j’avais aimés. Ton titre me parle car j’ai vécu là-bas une autre vie et j’ai même parfois l’impression que tout cela n’était qu’un rêve !

    • Edmée dit :

      Tu sais qu’au retour, j’ai eu du mal à re-démarrer avec la vie en français? Je n’en revenais pas… Il m’a fallu une bonne demi-journée pour absorber le fait que je n’étais plus là… Je comprends donc ton impression à toi aussi!

  10. Celestine dit :

    Tu sais parler a ma fibre italienne, cara sorellita, et l’on sent que ce séjour t’a particulièrement influencée.Ton billet est un chant très sensuel fait de gourmandise et d’éblouissement.
    J’aime beaucoup cela chez toi, cette façon magique de décrire, qui nous plonge directement au cœur des sensations et des parfums.
    Turin est une belle ville, je sais, la sœur jumelle de Nissa la belle que je connais bien.
    Quant aux photos, elles sont tout simplement parfaite pour faire rêver.
    Baci

    • Edmée dit :

      Comme toi, tu le sais, c’est ainsi que je vis: avec tous mes sens. Pourquoi les économiser? Si un venait à manquer sans que je m’en sois bien servie serait un crime…

      De la fameuse et spendide gare de Porta Nuova (en restauration pour l’instant) part une rue, la Via Nizza, qui conduisait à … ta Nissa.

      Baci!

  11. Florence dit :

    Coucou chère Edmée !
    Me revoici après ma longue absence et aussitôt tu me fais voyager.
    C’est très bien d’avoir pu retourner à Turin la savoyarde où tu as vécu autrefois, tu as eu du Pô !
    C’est vrai que l’Histoire est omniprésente dans cette ville piémontaise. As tu aperçu le beau Emanuele Filiberto di Savoia prince de Venise et du Piémont ?
    Tu sais bien décrire ce que l’on ressent lors de ce genre de pèlerinage. Tu n’as pas la pudeur stupide qui me bloque toujours dans mes écrits, car tu sais mettre ton cœur à nu pour nous faire profiter de tout ton ressenti. Nous goûtons avec toi tout ce que tu as savouré…
    Je remarque qu’il n’y a plus que des pantalons à se promener aujourd’hui, il manque cruellement de jolis jupons !!! Où sont donc les belles Italiennes d’autrefois ?
    Je te souhaite de pouvoir y retourner bientôt !
    Gros bisous et bonne fin de semaine à toi Edmée !
    Florence

    • Edmée dit :

      Oui Florence, Emanuele Filiberto caracole toujours sur son Caval ëd Bronz… et n’a pas pris une ride 🙂

      Je suis contente de te retrouver, et te remercie pour ton commentaire. Je n’ai pas de pudeur pour certaines choses, après tout la vie est ce qu’elle est, par contre je sais garder secrètes des parties que je juge vraiment personnelles.

      Tu as raison, bien des pantalons en effet…

      Gros bisous!

      • Florence dit :

        Je voulais parler du prince actuel que je trouve bien séduisant !
        (°v°)
        Florence

  12. Armelle B. dit :

    Je ne connais pas Turin. Mais ce témoignage vibrant et teinté de nostalgie me fait regretter d’être passée si près. J’ai commencé l’Italie avec les lacs italiens, Vérone puis Milan. Il manque Turin et alentours. Je ne savais pas que cette grande ville était si belle…il est vrai que les villes sont tellement belles en Italie.

    • Edmée dit :

      Je sais… Turin avait cette non-réputation de vraie Italie, ou alors la réputation de ville industrielle, que l’on imaginait peu attrayante. Or c’est un ,joyau! J’en suis vraiment amoureuse…

  13. Ah quelques instants avec toi dans ces rues parfumées sont délicieuses, ce samedi est gris et ce billet d’humeur le colore savoureusement. Je ne connais pas Turin. Heuu, je ne connaissais pas. grâce à toi, il y a réparation.

  14. blogadrienne dit :

    superbe! j’ai lu tout ça avec plaisir et avec le sourire, Turin est une ville où je vais passer une semaine (vers le premier novembre) cette année 🙂

  15. Alain dit :

    Quand je rentre, avant de découvrir tes billets, une question me taraude toujours. Vers quelle destination vas-tu nous embarquer pour enchanter ces moments réservés à leur lecture ?
    Aujourd’hui Turin. Un très beau moment agrémenté de belles photos. Au plaisir de la lecture vient s’ajouter le regret de ne pas connaître le Nord de l’Italie.
    « Peut-être qu’un jour ». J’aimerais recouvrer la liberté, qui a toujours été une alliée dans ma vie, en me permettant de faire ce que je voulais, quand je le désirais. C’est déjà une grande chance.
    Mais l’envie de vivre et de découvrir m’accompagne toujours. L’âge ne me calme pas. Et c’est tant mieux.
    Merci Edmée pour ces moments privilégiés.

    • Edmée dit :

      Dans un sens je suis heureuse que Turin cesse d’être la malconnue des gloires de l’Italie mais en même temps… j’espère qu’on ne va pas la perdre. Le tourisme et la notoriété sont des plaies, et tout comme les Romains désertent le Harry’s Bar et les lieux mythiques de la ville, passés dans de « mauvaises mains », je souffrirais de voir la même chose arriver avec le café où Cavour buvait son bicerin ou le San Carlo… que faire? Me souvenir de ce que c’était, et savourer ce qui est… les autres s’arrangeront, il le faudra bien…

      Si tu peux y aller… n’hésite pas, c’est tellement beau!

      Merci à toi pour tes commentaires toujours si clairs et patients

  16. Celestine dit :

    Tu as vu le billet d’Adrienne ce matin ?
    http://adrienne.skynetblogs.be
    ¸¸.•*¨*• ☆

  17. Mimi8 dit :

     » La vie par procuration  » dirait J.J.Goldmann ;les voyages en partage , je dirais; Merci pour ce dépaysement gratuit , ces lumières ,ces couleurs , ces odeurs …ces impressions , soleil couchant …Amusant le contraste entre les deux photos de la Via Roma , de la luminosité ,des couleurs ,des sourires ,de l’accueil , de la beauté et la deuxième plus sombre , des personnes de dos , les « fameux « pantalons …Et moi aussi ,peut- être ,retrouvant une certaine liberté …Mais faut-il l’attendre ou la provoquer ? Grave question ! Mais plus pour ce soir , (lol)! Restons sur ce petit voyage dont on rentre remplie d’une douce quiétude , convaincue de la possibilité d’une suite …

    • Edmée dit :

      Vrai que la Via Roma en avril 2015 est plus grise qu’en juillet 1986… j’ai remarqué aussi qu’alors il y avait des lustres sous les portiques et maintenant il sont à l’extérieur. Ils étaient plus « pom pom pom » alors… et alors que je marchais vers la caméra en 1986 je suis derrière en 2015… Mais en effet, je pense déjà à retourner!

  18. Béa de C dit :

    Je savais que nous avions beaucoup de choses, d’expériences et de ressentis en commun…
    J’ai vécu plus de la moitié de ma vie en dehors de notre petit pays (adoré!)…
    Mais toi, tu as les mots si justes, si beaux pour décrire tout: le début, le milieu et la fin…
    Plein de bisous, ma chère Edmée…

  19. Philippe D dit :

    Tu as vraiment beaucoup roulé ta bosse comme on dit!
    Bonne semaine.

  20. Tania dit :

    Je n’ai jamais mis les pieds à Turin, voilà un texte qui donne envie de combler ce manque illico.

  21. amandine dit :

    mais que de nostalgie dans tes mots et ce soupçon de malice toujours , bravo!!!!!!!! Bisous

  22. Lauriza dit :

    Je suis allée une fois dans le Piémont, justement à côté de Turin dont je ne me souviens pas, dans un petit village qui s’appelle Bollengo à côté d’Ivréa pour faire la connaissance des cousins de mon grand-père car mon arrière grand-père était Italien. J’étais jeune et à l’époque je ne savais pas trop ce que c’était « avoir des racines. » Maintenant je sais que du sang italien coule dans mes veines et mon nom de jeune fille est là pour me le rappeler.

    • Edmée dit :

      Il y avait une chanson piémontaise qui disait « ciao Turin, io vado via… vado lontan a travajé » (ciao Turin, je m’en vais. Je m’en vais loin pour travailler). Les Piémontais sont aussi connus lors de la révolution française,avec la fameuse danse « la carmagnole » qui vient de Carmagnola, près de Turin. La terre de carmagnola est connue pour faire des casseroles et leurs poivrons sont les meilleurs – dit-on… Bravo pour avoir ce sang-là!

  23. annerenault dit :

    Très bel hommage à cette ville, que tu me donnes envie de connaître…

  24. jeanne dit :

    je connais un peu l’italie
    rome et venise
    turin me tente !!!!
    amicalement

  25. saravati dit :

    Très joli texte sur une ville que j’ai découverte voici trois ans en hiver.
    Je ressens beaucoup l’atmosphère que vous décrivez.
    J’ai admiré le musée du Cinéma et le musée égyptien, photographié les innombrables graffiti et les conversations sous les arcades malgré la pluie récidivante, un enfant qui faisait ses premiers tours de bicyclette et des joggers qui affrontaient le froid au bord du Pô.
    On néglige souvent le Nord de l’Italie mais il reçèle des beautés tout aussi avenantes

  26. amandine dit :

    coucou un beau premier mai et non je suis plus USA ou pays du Nord lol 🙂

  27. manuela dit :

    je suis Turinoise, votre billet me touche particulièrement.
    A Paris depuis des dizaines d’années, je n’ai jamais guéri de Turin.
    Mon fils vivant à Grenoble, ville détestable, je me précipite à Turin à chaque occasion.
    Je bataille avec tellement de Français qui semblent douter de la valeur de cette ville,..
    Avez-vous vu la pub de Range Rover où une voiture se faufile via Roma, avec la gare en fond d’image, et un conducteur de tram soupirant d’envie en perd la maîtrise des pédales. Sur une chanson déchirante de Claudio Villa…

    • Edmée dit :

      On ne guérit pas de Turin, c’est vrai, et moi aussi je suis si frustrée de constater que les gens restent sur leur position… oh Turin, c’est des usines et des cheminées, c’est moche! Alors que nous… nous savons!

      Je viens d’aller voir cette magnifique pub… oooooh que ça fait du bien de voir Porta Nuova et la Via Roma!!! Merci!

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