Le paradis… est pavé de mauvaises intentions

Une vie sans péché… Vraiment ? On peut, ne l’oublions pas, pécher par pensée, par action, par parole, et par omission… Bref, on est cernés d’occasions. Encerclés par des péchés qui dansent en gloussant. Si on vit, on pèche abondamment, et finalement je préfère de loin les péchés qui se voient et s’entendent que les péchés que l’on cache, même à soi, même à son examen de conscience, que l’on enfouit sous la pierre du silence tombal, sans épitaphe et anonyme.

Notre pire juge et bourreau n’est autre que nous. Et si on pèche en catimini, on « se ronge » on ne sait de quoi. On n’ouvre plus la bouche de peur que la chose ne s’en échappe, bruyante et sournoise. On se racrapote sur l’inavouable, qui n’est devenu tel que parce qu’un mensonge (celui qu’on ne dit pas avec des mots…  celui qui fait qu’on finit d’être qui on fut) en appelle un autre et puis un autre. En fin de vie… la couche est multiple et inexpugnable. Et donc elle ronge, elle rogne, elle grignote, recroqueville sa victime, confite dans une « perfection » apparente et factice.

Sophie Gengembre Anderson - Fée

Sophie Gengembre Anderson – Fée

Or on peut pécher et pécher encore sans avoir rien de bien grave à se reprocher. Et comme on le dit souvent, faute avouée est à moitié pardonnée. Si pas entièrement.

Parfois il ne s’est agi que d’imprudences, de désobéissances spontanées, comme les premières cigarettes, les cuites ridicules, copier en classe, lire un roman-photo (oui, fut un temps où c’était considéré comme l’antre du vice, ces photos d’acteurs qui s’embrassaient… un long arrêt sur image sur lequel on craignait que l’on ne rêve trop…), aller à la messe non pas pour prier mais pour regarder les filles ou les garçons, ou picoler un peu du vin de messe… Sans ces petits péchés… comment aurions-nous lâché les mains parentales, pris notre vie pour la mener sur notre voie, quitte à la malmener ? Comment aurions-nous compris que certains de nos tours pendables ou stratagèmes nous avaient mis en réel danger, ou ne représentaient que la peur de nos parents, ou avaient fait plus de mal qu’on n’en voulait ou même…  que d’un mal un bien pouvait jaillir ?

Les meilleures amies qu’un jour la jalousie nous fait stupidement désaimer, les points que l’on vole à la surveillance des enseignantes en trichant, les livres interdits de la bibliothèque familiale dont on se repait en cachette et sans trop comprendre, les vacheries faites ici et là, les secrets trahis pour une vengeance à l’amère saveur, le fiancé que l’on « trompe » d’un simple baiser d’adieu donné à un autre, l’argent de poche qu’on dit à un parent distrait ne pas avoir reçu, les mauvaises blagues dont on réalise plus tard qu’elles ont fait mal, le mari pas si mauvais que ça qu’on assomme un jour en lui disant que l’on veut être seule, les mensonges adroits pour gagner un entretien d’embauche… Tout ça nous emmène en enfer ou au paradis… selon qu’on en fait bon ou mauvais usage.

Car ce n’est qu’en cédant aux tentations que l’on comprendra mieux ceux qui eux aussi, ont failli. Que l’on apprend tout ce qu’il y a de grand dans le pardon, dans l’amour qui n’existe pas sans pardon. Celui qu’on accorde, celui qu’on accepte avec simplicité.

On ne peut jamais revenir en arrière, ni réparer, mais qu’il est bon d’aplanir les faux plis et d’abandonner derrière soi des fardeaux inutiles. Ou de reconnaître que ce qui nous a fait tellement mal un jour fut une des  chances de notre vie.

Quant à ceux qui semblent avoir été trempés dans la potion magique du bouillon anti-péché, ils connaissent une vie longue comme une interminable lutte contre un bataillon de démons, et n’apprennent qu’une chose : si le sacrifice leur promet le paradis, leur vie est un enfer qui ne mérite pas le nom de vie. Et le péché, bien qu’invisible, est encore plus venimeux. On ne quitte pas un conjoint, pas plus qu’on ne le trompe, mais on attend sa mort « pour avoir quelques bonnes années ». On ne connaît pas les excès sauf ceux de la parcimonie et du jugement d’autrui. On ne dit pas de mal, mais on évite de dire le bien avec l’accent de la conviction. On proscrit la liberté, cette alliée du péché. La vie n’est qu’une longue prison où rien ne s’apprend sauf l’habitude du renon.

Je ne sais pas pourquoi le prêtre de ma paroisse ne m’a jamais demandé d’écrire ses sermons, maintenant que je me relis…

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51 réflexions sur “Le paradis… est pavé de mauvaises intentions

  1. dieudonné dit :

    En hébreu, pécher signifie « rater sa cible »; un footballeur qui ne marque pas commet donc un péché; mais le gardien de but en commet un s’il n’attrape pas le ballon. Le péché des uns fait la grâce des autres. De Grâce -Berleur à Grâce de Monaco, on n’a pas toujours la pèche.

    • Edmée dit :

      Le péché est en effet tout relatif… et je ne m’en fais pas trop pour les miens qui sont « des péchés mignons » (à mes yeux, ha ha ha)

      • Georges dit :

        Un grand éloge de l’abondance du péché, à la mesure du pardon qu’on mérite.

      • Edmée dit :

        N’abondons pas trop, en tout cas soyons mesurés… Le trop nuit en tout, n’est-ce-pas 😀

  2. Une vie réussie n’est elle pas le résultats des expériences bonnes et/ou mauvaises acceptées d’être vécues ? Des leçons de vie riches d’enseignements pour quiconque accepte de se remettre en question. A nouveau, une bien belle réflexion Edmée. Merci. Amitiés.

  3. éric dit :

    Un petit éloge du péché délicieux à souhait et qui, développé un brin, pourrait figurer dans la collection de chez Folio. (J’ai vérifié, il n’y en pas encore sous ce titre.)

  4. Florence dit :

    Oh Edmée, tu préfères les péchés qui se voient aux autres ? Moi, je trouve que les petits péchés cachés ont une saveur !!! Mais bien-sûr, les petits péchés qui ne rongent pas, ceux que l’on savoure en cachette, qui n’ont jamais fait de la peine à quelqu’un ! Finalement, ceux qui ne sont pas vraiment des péchés ! Et puis, que serait la vie sans tous ces petits péchés que l’on cache, qui sont notre jardin secret ? Une bien triste chose. On a bien assez à se ronger pour ce que la vie nous fait endurer, sans encore en rajouter avec de grosses vacheries ou de grosses fautes commises. Il y a des petits mensonges, des petites tricheries… qui ne font de mal à personne et qui sont le sel de la vie ! Surtout que je ne sais pas si il y a un au-delà ! alors essayons de profiter un maximum de cette satanée vie qui n’est pas souvent rose, en péchant un peu, sans faire de mal aux autres !
    Gros bisous et bonne fin de semaine !
    As-tu reçu la NL de mon nouveau blog ? http://avecflorence.skynetblogs.be
    Mon ancien blog existant toujours
    Florence

    • Edmée dit :

      Je comprends ce que tu veux dire.Mais si je pense aux péchés principaux que j’ai pu faire (une mauvaise blague, une dispute pas très noble, un verre ou deux de trop…) ils se sont vus en général. Il y en eut d’autres aussi insignifiants dont je ne me suis pas vantée et qui, en effet, sont restés secrets mais ça ne serait pas bien grave s’ils étaient soudain sous les feux des projecteurs… Par contre, les choses qu’on ne peut avouer… là c’est grave et ça ronge, ce ne sont pas des jardins secrets mais des cimetières secrets 🙂

      • Edmée dit :

        Comme tu le dis, ce sont des expériences bonnes et mauvaises, même celles que nous avons provoquées. Actions bonnes ou mauvaises, qu’en faisons-nous? Merci pour ta visite

  5. blogadrienne dit :

    parfois aussi in confond péché et plaisir 😉
    à partir de quand le plaisir de manger devient-il péché de gourmandise, par exemple?

    • Edmée dit :

      Je m’en absouds de toute façon, ha ha ha! Franchement, si on nous prive du paradis pour ça, on s’est trompées de religion 😉

  6. Lauriza dit :

    Avec toi on aurait envie de pêcher mais je crois que personne ne t’a attendue. Les seuls pêchés critiquables sont ceux qui portent atteinte à autrui et encore, je ne suis pas du genre à tendre l’autre joue, alors je rends souvent en paroles, jamais corporellement ou par indifférence, c’est ce qui paye le plus. Maintenant, il faut faire la différence entre péché et plaisir. Quand on pèche par excès ce n’est plus du plaisir. Je crois que chacun à sa définition du péché. Un péché qui a le goût du bonheur n’est pas un péché.
    J’ai particulièrement bien aimé ton dernier paragraphe si réaliste.

    • Edmée dit :

      Merci Lauriza… Je plaisante un peu, puisqu’ayant « subi » une éducation catholique où Dieu ressemblait au père fouettard et était prêt à punir tout le temps, je me suis vite méfiée et ai d’ailleurs vérifié: j’ai fait un péché mortel délibérément pour voir si c’était vrai qu’alors on mourait sur le champs, et je ne suis pas morte. Comme tu dois te demander ce que c’était, j’ai fait la chose la pire que je pouvais alors imaginer: un signe de la croix sur mon derrière avec de l’eau bénite.

      🙂

      Merci d’apprécier le dernier chapitre, en effet je trouve que les austères purtains donneurs de leçons ont souvent bien plus à se reprocher, et pèchent beaucoup trop par intention en tout cas!

      • Lauriza dit :

        Si je m’attendais à cela ! Je ne sais pas si j’aurais osé car trop peur d’aller en Enfer. La mort dans mon enfance, je n’y pensais pas, mais l’enfer il fallait s’en méfier, c’était pire !!!! J’ai bien ri ce soir je ne pensais pas qu’on pouvait absoudre un derrière !!!!!!!

  7. sandrinelag dit :

    Pour une homélie à la Edmée, je signe tout de suite! D’abord, on comprend tout, on vit tout, le sermon nous parle jusqu’au fond du coeur et de la bonne/mauvaise conscience, comme un rayon laser qui scannerait notre intérieur. En plus, c’est un sermon qui, une fois bouclé, résonne encore au fond de soi.
    Un vrai sermon, efficace.
    J’ai fini par me dire, après toutes ces années, que le péché est le fonds de commerce des pourfendeurs de péchés justement, et que ce n’était plus mon affaire. Qu’ils se débrouillent entre eux dans leurs classifications! Moi, j’ai jeté l’éponge! 😉

  8. capitaineecho dit :

    oui je rejoins ta dernière pensée.Ainsi ce serait plus interessant quoique notre prêtre est pas mal sur ce sujet
    Bisous
    PS( je veins de lire ta reponse ds le sujet des lamentations pour attirer le regard et hop me voilou chez toi

  9. Pâques dit :

    Tu prêches une convaincue, la perfection m’ennuie !!!

  10. Philippe D dit :

    Le prêtre de ta paroisse a vraiment manqué quelque chose!
    Je pense que l’on peut pécher tant que ça ne nuit pas aux autres. C’est parfois agréable,non?
    Bon weekend.

    • Edmée dit :

      Oui, tout à fait. Et parfois ça nuit aux autres aussi mais ils s’en remettent, et c’est une leçon. Le tout est de ne pas donner de coup de grâce… de la mesure en tout!

      Bon week-end aussi…

  11. gazou dit :

    Je te vois bien en train d’aider le prêtre à écrire son sermon
    ta façon de parler du péché est assez savoureuse

  12. Alainx dit :

    Le péché ???
    ça existe encore ça ??
    Pour ma part ça fait belle lurette, des lustres et des annuités qu’il a disparu de mon vocabulaire et de mon paysage….
    « pécher » suppose d’appartenir à une religion ou certaines sectes….
    Et même … je rappelle aux « croyants » qui passeraient par ici que, pour ce qui concerne Jésus-christ, l’apôtre Jean (qui fait particulièrement autorité chez les cathos!) a dit de lui : «  »Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » (Jean 1:29)
    Autrement dit : Finito le péché depuis 2000 ans….
    C’est l’église, les papes et les curés qui ont ramené ce vieux machin pour dominer les esprits et les consciences et faire obéir manu-militari et menaçant des enfers (*) la troupaille des ouailles biens pensantes et peu baisantes !!
    :-))
    ——–
    (*) qui n’existent que dans la tête de ceux qui y croient encore comme ils croient aux promesses des politiques …

    • Edmée dit :

      Ha ha.. que tu as raison! Je n’y croyais pas non plus après vérification (voir ma réponse à Lauriza: moi je vérifiais ce qu’on me disait, et ai pris les nonnes en flagrant délit de fariboles 🙂 )

      Je pense aussi que les « bien-pensants » sont des mal pensants, et en effet, l’ardoise des péchés du monde est effacée!

  13. obni dit :

    Les petits péchés de nos jeunes vies sont comme un apprentissage de ce que l’on sera. Puis, il y a des choses que l’on garde pour soi parce qu’elles sont nos petits secrets, ce qui donnent la texture à nos personnalités et à notre façon de voir les autres et le monde. Ces petits péchés là, il ne fait pas les révéler et les garder au fond de soi comme des nuances des couleurs que l’on révèle à notre entourage.

    • Edmée dit :

      Oui, inutile de tout dire… quand je parlais de ceux qui cachent, ce sont surtout ceux qui affirment vivre dans la plus belle des rectitude et qui, au contraire… 🙂

      Petits péchés souvent ne deviennent pas grands si on leur prête vie…

  14. Alain dit :

    Un vrai régal. Je retiens et approuve qu’ « il est bon d’aplanir les faux plis et d’abandonner derrière soi des fardeaux inutiles. » La vie est trop précieuse pour s’arrêter à ces croyances qui perdurent depuis trop longtemps sans aucune autre utilité que celle d’effrayer les plus faibles. Avec un autre but, et non des moindres, celui d’accorder une prétendue supériorité à ceux qui s’autorisent de dicter des interdits. (en terme de péché, bien entendu). En cela, le commentaire précédent d’ « Alainx » correspond parfaitement à ce que je pense. Vivre avec ses envies, sans nuire à quiconque reste, à mes yeux, l’essentiel. Quant à écrire des sermons pour le prêtre de ta paroisse ce serait, certainement, le meilleur moyen de remplir les églises pendant les offices. Mais si cela était, ne laisse pas tes lecteurs dans le silence. Ce serait une grande punition que tu nous infligerais et que nous ne méritons pas. Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      D’accord avec toi, même si à mon avis il est impossible de ne jamais nuire ici ou là à quelqu’un. Je veux dire que quitter quelqu’un qu’on n’aime plus, ou dire « non » à quelqu »un que l’on a habitué, hélas, à notre complaisance, devoir avouer des secrets qui feront de la peine etc… Mais le but premier dans ces actes n’est pas de nuire, ce qui est très important. En plus… très souvent les gens sont capables de supporter ce qu’ils ont dit ne jamais vouloir supporter, ha haha! On est plus forts qu’on ne croit, et sans blessures de guerre on n’apprend rien, pas vrai?

      Je vais songer à proposer mes services pour écrire des sermons, mais je suggèrerai alors aussi au prêtre d’abuser un tantinet du vin de messe, de ne pas se limiter à la gorgée officielle… 🙂

  15. Angedra dit :

    J’ai moi aussi fréquenté une école religieuse et contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, je n’ai pas pour cela perdu ma liberté de penser. Bien au contraire, j’ai vu tout comme toi certaines dérives chez ceux qui nous enseignaient la vertu et la vie sans péchés, mais cela m’a fait comprendre que l’être humain est très imparfait et même sous l’habit religieux il reste imparfait et doit continuellement s’améliorer.
    J’ai donc très tôt compris que ma foi ne se nourrirait pas de toutes les croyances que l’on nous » apprend ».
    Tout le monde a des croyances qu’elles soient religieuses ou non, mais sans doute que tout le monde n’a pas la foi ,qui elle aussi n’est pas uniquement religieuse.
    Cela pour dire que ce que les uns appellent pêché, peut se nommer aussi liberté de conscience tout simplement.
    Alors oui j’ai péché comme tous les enfants avec toutes sortes de petites fautes, petits mensonges, mais en tant qu’adulte j’avoue sans aucune honte avoir savouré avec délectation de bien plus gros péchés et certains resteront connus que de moi seule. Cela est une histoire entre mon coeur et moi et ils continueront à saupoudrer ma vie de beaux souvenirs.
    Ma conscience m’a donné cette liberté de saisir ces pêchés qui donnent le goût du bonheur comme le dit si bien Lauriza.
    Cela fait parfois du mal autour de soi, mais rien de mortel, alors justement sachons profiter avant que notre vie devienne mortelle.
    Très beau billet qui porte à discussion sur différents sujets.
    C’est toujours un plaisir de te lire.
    Bon weekend de Pentecôte….. religion ou non pour l’instant cette fête religieuse figure encore sur notre calendrier

    • Edmée dit :

      Voilà… je te rejoins dans ce commentaire (et d’autres, souvent 🙂 ) parce qu’en effet, c’est la capacité de « remettre » en question, quelle que soit le degré de l’autorité au-dessus de nous, qui nous rend fort ou fait de nous des moutons. Forts, pas spécialement rebelles, mais avec un recul et ses ressentis.

      Bon week-end de Pentecôte aussi. Je n’ai rien contre l’idée de la religion, mais beaucoup contre la manière dont elle est souvent appliquée et représentée. Mais c n’est pas nouveau et n’est pas près de s’arrêter 😀

  16. Adèle Girard dit :

    Une réflexion intéressante sur la notion de péché, toujours sur un ton badin et positif. J’aime beaucoup!

    • Edmée dit :

      Si on suit la Sainte Bible à la lettre, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur ce brave Dieu: il crée Adam à son image et ressemblance et le met dans un paradis après lui avoir donné son joujou, Eve. Elle, pauvre créature, n’est pas à son image ni ressemblance, et naturellement le démon n’en fait qu’un bouchée et lui conseille de partager sa bouchée de pomme avec Adam.

      Dieu leur avait bien dit de ne pas toucher à l’arbre, non non non. Mais il sait tout d’avance. Donc il sait qu’Adam a un défaut de fabrication, écoutera cette imparfaite d’Eve et désobéira, et alors, ha ha hahaaaaaa, vengeance, hop hors du paradis et au boulot….

      Même petite ça me semblait très très faux jeton, d’avoir mis cet arbre là!

  17. Ceci est un essai pour poster un commentaire.

  18. Olé, ça marche. Le péché mignon est doux. Il se roule dans notre mémoire et s’incruste dans chaque coin. Je m’en délecte, vraiment. Car lorsque je me remémore quelques instants de ma vie, ce sont ces moments-là qui me font tout de suite signe.

    • Edmée dit :

      Comme tu as raison…. il y de tout dans un péché mignon: le « je m’en fiche si c’est « mal », j’en ai bien envie », le « au fond ça ne peut pas être si mal que ça de s’amuser », le « au moins je ne mourrai pas idiote » et tant d’autres. Un peu d’exploration, un peu tâter les limites de l’interdit, un peu se donner le droit de décider soi même de ce qui sera la base de notre santé morale. Et on s’en sort plutôt bien!

  19. colo dit :

    Tu connais cette phrase de Marivaux? « Toutes les dévotes se dédommagent des péchés qu’elles ne font pas par le plaisir de savoir les péchés des autres; c’est toujours autant de pris… »
    Comme toi, je préfère les commettre ces péchés plutôt que…hé hé.
    Merci pour ce texte délicieux!

    • Edmée dit :

      Maintenant je la connais, la phrase, mais nous connaisssons tous et toutes les dévots confits qui arrivent à la mort sans avoir vécu et comptent sur un paradis qui leur sera certainement refusé pour avoir craché sur la vie et ceux qui l’aiment 🙂

  20. Celestine dit :

    Qu’est-ce que je fais ? Un copié-collé du comm d’Alain X ?
    Nan parce que c’est exactement ce que j’allais dire.
    Le mot péché est tellement connoté que je ne l’emploie jamais.
    Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une ligne de conduite ! Mais franchement, le  » faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais et vous aurez le paradis  » des Tartuffes de tout poil me hérisse le mien depuis toujours. J’ai adoré l’épisode de la croix sur le derrière.
    Cela m’a rappelé qu’à onze ans, j’avais dit à ma cousine de mettre dix francs sur le balcon,  » si Dieu existe, il viendra les chercher ». Au matin, il y eut deux mécréantes de plus dans cette vallée de larmes.
    Baci Sorella

    • Edmée dit :

      Je dis parfois que « c’est un péché » de ne pas aimer la vie, de ne pas s’assouplir, de ne pas rire, de ne pas savoir pardonner. Un péché contre soi. Mais les autres ont aussi un devoir: se désengager des rêts sournois des ternes, insipides, envieux et autres démons anthracite.

      J’aime aussi beaucoup ton expérience de mécréante… je vois que nous nous serions décidément entendues!

  21. Nadine dit :

    La première fois que j’ai été confrontée au mot « péché », c’était à confesse avec le curé. Il m’avait expliqué au préalable le sens du mot et même pris soin de donner des exemples. Pourtant, j’ai dû me creuser la cervelle pour lui fournir quelques péchés qui pour moi n’en étaient pas vraiment. Je crois même que j’ai dû en inventer (alors là, j’ai vraiment péché en mentant au curé !). Pas ma faute, j’étais une petite fille sage et on me demandait de me transformer en pécheresse !

  22. claudecolson dit :

    Peccare humanum est ; non peccare diabolicum ? Et puis il y a les péchés qu’on ne commet pas dans l’enfance ou la prime adolescence par peur du péché instillée par une religion bêtement ritualisée… et qu’on regrette toute sa vie…

    • Edmée dit :

      Le péché n’existe pas. Je n’y crois pas… comment évaluer l’intention, le résultat d’un acte, l’état d’esprit de qui le connaît? Mais ce qui est mal, c’est d’emprisonner ou de s’emprisonner. La vie est le don de la liberté. Chaque liberté s’exprime par son chant…

  23. amandine dit :

    AAAAAAAAAH LA FAUTE INAVOUEE COMMISE AVEC DELICE Edmée

  24. Armelle B. dit :

    Pécher, n’est-ce pas d’abord s’éloigner de soi ? Ne plus être en accord avec notre conscience, nos exigences. On se trahit alors et le mal-être s’installe. Car faire mal aux autres, c’est se dévaluer fatalement. La faute nous touche en premier ; elle nous abaisse bien davantage qu’elle n’abaisse l’autre. Dire du mal, trahir, tromper, tricher, c’est avant tout se trahir, se tromper et nous le savons d’autant mieux que la blessure est plus profonde chez nous que chez l’autre. Je partage votre réflexion Edmée et trouve que vous avez une belle prêche, chère amie.

    • Edmée dit :

      Une bien belle définition… s’éloigner de soi! C’est si vrai. On guérit de la méchanceté des autres, pas de la sienne. Merci pour l’appréciation sur ma prêche 😀

  25. BARROT dit :

    Ton article est superbement bien fait, les commentaires en disent bien long aussi, je ne saurais donc quoi rajouté ici.
    Juste que je te souhaite un très bon dimanche.
    Amitiés

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