Des serments d’hypocrites ?

On accuse souvent les générations précédentes d’hypocrisie… Moi aussi, dans le monde noir ou  blanc de la jeunesse qui n’a rien vécu, je l’ai dit, clamé même. Le secret ou la discrétion étaient vus comme hypocrisie, tout comme l’étaient les compromis.

Mais c’est un peu facile…

J’ai relu le livre de l’écrivain montois Charles Plisnier, Mariages, qui avait hérissé le système pileux de toute la population à l’époque, la fin des années 30. Ceci dit… ça s’était très bien vendu, et lu avec avidité. Il y démonte les mécanismes de la vie bourgeoise de l’époque, principalement les mariages de convention.  A un des personnages féminins, sur le point de faire un de ces mariages-contrats  et qui se plaint à son oncle de ce que le fiancé a déjà une liaison connue, il fait répondre par l’oncle que ça ne la regarde pas et qu’elle devrait avoir honte de s’en occuper.

Est-ce, finalement, hypocrite ?

N’apprenons-nous pas, dans d’autres domaines, à nous occuper de ce qui nous regarde sans nous sentir hypocrites pour autant ?

Ces femmes – et hommes -, qui acceptaient un tel mariage, le faisaient « en toute connaissance de cause ». Chacun y trouvait quelque chose qu’il recherchait et qui le rassurait sur son avenir. Bien entendu, personne ne peut prévoir quelle sera sa soif ou son dégoût de l’amour et/ou du mariage sur la durée, et donc, personne ne pouvait raisonnablement garantir que son « choix » lui plairait dans la pratique. Mais ces mariages, tout comme les mariages arrangés avec intelligence, avaient sans doute autant d’atouts en leur faveur que les mariages d’inclination réelle, inclination qui était souvent basée sur des éléments moins solides.

 

Mariage, Harlson Fisher - 1875-1934

Mariage, Harlson Fisher – 1875-1934

On dira « mais tout le monde se trompait et était cocu ». Oui, beaucoup trompaient et étaient trompés. Encore qu’il n’y a vraie « tromperie » que quand on ment, finalement. Une fois qu’on est « découvert »… on ne trompe plus puisque l’autre sait et « accepte », même si c’est en hurlant.

Il y avait à cela mille raisons et mille tentations. Le divorce était une mise à l’écart de la vie sociale, une scission des biens matériels, et donc  il était rare. Alors les gens s’arrangeaient. Ça amenait des tristesses sans doute, mais pas de longs drames. La vraie tristesse était venue sans qu’on l’appelle, d’ailleurs : il y avait une faille, qui avait cédé passage à un élément intrusif dans le mariage. Une faille insidieuse mais bien présente. C’était ça, l’origine de la véritable tristesse.

Et les tristesses d’une vie sont loin d’être l’apanage des époux infidèles : il y a les enfants qui choisissent un destin différent de ce qu’on aurait voulu, les parents indignes ou trop envahissants, les amitiés brisées, les santés qu’on aurait désirées plus fermes… Ceux ou celles qui se traînaient ensuite sous le poids de ce drame dont ils ne se remettaient jamais ne se seraient pas remis de bien des choses de toute façon, et celle-ci en était une qui au moins avait le mérite de mettre le blâme sur autrui. Vive le victimisme qui trouve toujours sa porte de sortie…

Mais pour ces larmes ou angoisses conjugales à affronter, les autres membres du « clan » étaient là et soutenaient comme ils le pouvaient sans verser dans les cris indignés ou une compassion infantilisante. Ils avaient connu ou vécu la même chose. Et parce que le mariage était plus indissoluble qu’aujourd’hui, les époux s’efforçaient de trouver leurs points d’entente et d’en protéger la texture.  La politesse et l’affection restaient de mise, ainsi que les apparences, et on évitait les discussions lourdes devant les enfants. Qui savaient, que l’on ne s’y trompe pas, les enfants sentent ce qui ne se dit pas, mais finalement, ils découvraient aussi que rien n’était simple et qu’une famille était autre chose que le seul sentiment amoureux.

Quant aux époux qui étaient absolument incompatibles, ils en faisaient le constat avec civilité, et s’arrangeaient également. Deux de mes arrières-arrières-grands-parents n’habitaient pas ensemble, par exemple. D’autres ont toujours eu plaisir dans leur vie, restant heureux dans l’enveloppe du mariage, et le type de leurs arrangements ne nous est pas parvenu, mais il y en eut probablement ici ou là. Je sais qu’une de mes arrière-grands-mères aimait et était aimée d’un de ses cousins, qui pour je ne sais quelles raisons n’a pu l’épouser. Ils ont pleuré un jour. Mais elle a ensuite épousé mon arrière-grand-père, en a eu 5 enfants, et chacun sans doute avait ses doux regrets secrets. Mes grands-parents maternels n’habitaient pas ensemble non plus, sans être ennemis mortels. Mes autres grands-parents s’adoraient, comme beaucoup de membres de ma famille paternelle.

Carte postale mariage, environ 1920

Carte postale mariage, environ 1920

Aujourd’hui on se sépare ou divorce, et c’est une bonne chose à certains égards… mais c’est souvent une solution trop rapide et égoïste.

Naturellement je ne parle pas ici des couples infernaux, des coups et blessures et drames conjugaux. C’est tout autre chose.

On peut, oui, aimer d’amour la personne qu’on épouse, et pour toute sa vie si on s’y attèle. Mais sait-on ce qu’il y a dans le noyau d’un couple ? Quelle sont les substances indispensables à chacun et qu’il attend de son conjoint, et sans lesquelles il devra … chercher ailleurs ou lentement dépérir ? On ne sait pas. On ne sait pas non plus ce qui, en dehors de l’opinion publique si prompte à ériger des normes, est supportable, souhaitable, négligeable pour chacun. Et dans les couples qui gardaient alors le don du dialogue, il restait une chance pour qu’ils comprennent, et consentent à certains types d’arrangements. Ce n’était ni hypocrite ni lâche, mais un choix intelligent qu’ils faisaient entre deux situations désagréables : le compromis ou on casse tout. Ou encore, autres alternatives on se rend malade de frustration, ou on fait de la vie de l’autre une longue histoire très morne et bardée du mot « devoir ».  Barbelée, même…

A chaque époque et société ses subterfuges pour se conformer à la norme, et à chaque personne les siens pour naviguer au mieux entre ce qu’il faut faire en surface, et comment y survivre sous la surface.

Finalement, alors que la phrase « il/elle a réussi son mariage » continue de signifier bien souvent « il/elle n’a pas divorcé », il me semble qu’un mariage « réussi » est un mariage heureux, soit parce qu’il s’agit d’un mariage qui reste amoureux, soit que le couple a eu l’intelligence de ne pas jouer incubat-succubat toute la vie ! Dans ce dernier cas, ils ont déclaré forfait avant d’être exsangues, ou ils se sont accordés sur les libertés que, respectueusement, ils reconnaissaient devoir s’accorder.

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31 réflexions sur “Des serments d’hypocrites ?

  1. Lauriza dit :

    Y-a-t-il une norme pour vivre à deux ? non ? Il faut s’adapter et prendre l’autre tel qu’il est ou bien comme dans le temps on faisait des arrangements et des compromis en toute connaissance de cause et chacun y retrouvait son compte même si la tristesse était présente on n’en faisait pas un drame. Maintenant au moindre petit faux pas et pas forcément d’adultère, on jette comme un kleenex. Le mariage devient un bien de consommation au moindre petit défaut on le remplace par un autre. Plus d’hypocrisie de sentiments, il faut vivre au grand jour et tant pis si le drame est du côté des enfants. Maintenant le devoir à fait place à l’égoïsme et je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien qu’avant mais ce que je sais c’est que le mot « mariage » ne veut plus dire grand chose.

    • Edmée dit :

      Et mon billet te donne raison… Je suis pour que le divorce existe (j’ai d’ailleurs divorcé!) mais pas pour qu’on en fasse l’unique recours, et que l’on fasse de l’adultère, forcément, une « trahison »… Je veux dire que si on épouse un dragueur ou un homme public, on doit s’attendre à certaines choses, tout comme si on traite mal son conjoint… la « trahison » est à apprécier par chacun et pas par les autres, et les arrangements et compromis ne regardent que le couple. Le divorce est à la mode, comme s’il n’y avait pas d’autre alternative…

  2. Françoise dit :

    « Les arrangements et compromis ne regardent que le couple. » C’est exactement cela, Edmée, et personne n’a le droit de juger. Ce que tu dis dans ton billet est tout à fait juste. Sauf dans les cas extrêmes que tu évoques, personne n’est emprisonné, chacun a le choix, chacun y trouve son compte. L’hypocrisie est de se plaindre d’être malheureux dans son couple, et de ne rien faire pour changer cela. Et qui ne fait rien, n’est pas vraiment malheureux. C’est mon avis. 🙂
    Belle fin de semaine à toi.

    • Edmée dit :

      Tout à fait! Ou a peur de vivre et d’empoigner quelques risques, ceux du changement, alors fait le « compromis » de s’y faire… Mais comme tu dis… dans ce cas, c’est immonde de se plaindre…

      Bonne fin de semaine aussi!

  3. Angedra dit :

    Je vais aller sans doute à contre courant, mais je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de mieux à rester mariés mais avec chacun sa vie de son côté ou bien dans une union de politesse. Non pour moi ces mariages arrangés sans amour ne sont que des contrats de « mise aux enchères d’une femme » car il s’agissait toujours de la jeune fille riche qui est livrée à un homme avec un nom… ou bien une jeune fille sans dot que les parents « casaient » avec un homme aisé financièrement.
    Bien entendu ces arrangements donnaient des enfants (bien souvent c’est ce que l’on attendait de la femme sans lui demander son avis).
    Mais à cette époque peu de femmes se rebellaient contre cette soumission et la famille n’était là que pour faire comprendre à la femme qu’elle n’avait qu’à se taire et faire comme les autres femmes de la famille avant elle.
    J’ai tout de même plus de compassion pour ces femmes et je leur trouve plus d’excuses que celles qui à notre époque vivent dans le même genre de couple et qui restent par peur de l’inconnu, de se retrouver seule, de devoir se prendre en charge ou d’abandonner sa maison.
    Mais là encore, il y a beaucoup de chemin à faire par les femmes pour « choisir » leur vie sans se laisser emprisonnées justement dans ces arrangements, cette tristesse et ces compromis qui encore aujourd’hui s’appliquent plus à la femme qu’à l’homme.
    J’ai des exemples de couples restés « pour les enfants » !!! Résultat, les enfants ne sont pas épanouis puisqu’ils ressentent le manque d’amour entre leurs parents, et la femme a raté sa vie et se retrouve à la retraite avec des regrets.
    Rien n’est parfait, à chacun de trouver ce qui lui convient mais comme tu le dis…. sans se plaindre, surtout devant ses enfants.

    • Edmée dit :

      Non tu n’es pas à contre-courant, je dis simplement ici que ce n’est ni mieux ni pire, chacun sa formule.

      Je suis comme toi, je ne pense pas que je serais jamais restée ni pour des enfants, de l’argent ou une planque, mais il s’agit de moi, de mes forces, de mes énergies, de mes limites. Il y a aussi tant d’éléments à considérer… Ce que je n’aime pas et trouve tout à fait hypocrite, ce sont par exemple ces conjoints qui « restent » mais se trouvent le droit de le faire payer à l’autre à jamais. Ils s’emprisonnent dans la peur de changer de vie et mettent l’autre aux fers, en quelque sorte. Et je n’aime pas non plus ceux qui « s’en vont » mais là, également, le font payer à l’autre de mille manière…

      Je connais des couples qui ont fait « leur compromis », discrètement, en ayant une relation amicale qui leur convient dans leur mariage. S’ils s’en trouvent bien, c’est que la recette leur convient, à eux…

      La dignité et le respect… Comme tu dis… rien n’est parfait et il faut trouver ce qui nous convient. Vrai que tout ce qu’on fait « pour les enfants » est la plupart du temps, une erreur et un poids que l’on met sur leur dos et qu’ils n’ont pas demandé!

  4. Il y aurait beaucoup de réflexions à apporter à ton billet Edmée. Je me contenterai de dire que « chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a à vivre ». Je dirai toutefois que je suis assez d’accord sur le fait que certain(e)s par égoisme, par lâcheté ont volontairement ou non gâché la vie de l’autre. Cet autre rempli de bonnes intentions, qui un jour, sans compter qu’il soit confronté à une réalité douloureuse, se voit contraint de vivre à côté d’un(e) lâche soucieux(se) de son image d’homme ou femme parfaite. Qui peut savoir ce qu’il va vivre quand il tombe amoureux(se) ?
    Amitiés.

    • Edmée dit :

      On ne sait pas… Personne ne sait. Une chose est certaine: même si on désire que ce qu’on éprouve dure toujours, on n’a pas de contrôle sur ce point. Pour certains ça va de soi, pour d’autres c’est impossible. D’autant que les deux amoureux d’un jour vont changer, chacun. Se développer, prendre confiance ou accentuer leurs peurs. Il est bien difficile de rester sur le même chemin sans faire des compromis. On se fait mal, mais souvent c’est sans l’avoir cherché. L’horreur étant quand on se venge, ou veut égaler les coups…

      Amitiés et bon week-end!

  5. Philippe D dit :

    Quand je vois ce qu’il se passe aujourd’hui, je pense que plus aucun couple ne subsistera d’ici peu (quelques exceptions peut-être) et ce sont toujours les enfants qui en souffrent. L’amour est devenu interchangeable!
    Bon weekend.

    • Edmée dit :

      Je pense que les enfants souffrent si les parents ne s’entendent vraiment pas, et souffrent s’ils se séparent dans le chaos. Ils souffrent aussi s’ils se séparent tout court mais sont aidés par des parents ex conjoints qui ont l’intelligence de rester solidaires dans leur séparation.

      Mes parents ont divorcé – mal. Oui j’en ai certainement souffert, et ça a influencé ma vision du mariage. Mais soyons justes: nous avons tous des décors dramatiques dans nos vies, et il nous appartient de faire notre propre chemin…

      Bon week-end aussi!

  6. sandrinelag dit :

    « C’est mon droit! » a tourné en slogan incantatoire dans la religion de l’individualisme; vaste conséquence d’une société de consommation où tout doit être obtenu facilement et sans effort, comme tout peut être jeté, renversé, rasé, sans rendre de comptes. « C’est mon droit, c’est mon choix ».
    Peut-être n’insistons-nous pas suffisamment sur les devoirs des époux lors de la préparation du mariage. Cette préparation, loin d’être désuette ou obsolète, pourrait peut-être responsabiliser et ancrer davantage les jeunes (ou moins jeunes) mariés sur les notions d’engagement et de responsabilité envers ce que l’on a décidé de créer: un foyer.
    D’un autre côté, je suis d’accord avec toi, le divorce (le désengagement) peut être salutaire. Combien de femmes (ou d’hommes) promènent une pauvre tête de victime parce que leur ménage est un caveau ou une torture quotidienne? Leur vie est devenue une enclume qui écrase aussi leurs proches.
    Alors, l’hypocrisie d’autrefois existait assurément, et tournait parfois en duplicité dégoulinante et poisseuse mais reconnaissons que le plus souvent, cette comédie était pleine de bon sens et arrangeait tout le monde, la société comme la parentèle.
    (et je ne m’étendrai pas sur le business juteux des avocats et autres boutiquiers du divorce, des conflits et des spéculateurs de biens…)

    • Edmée dit :

      Oh combien d’accord avec tout ce que tu dis ici… Vrai que c’est un business. Le mariage sans aspects sordides (en dehors des cas dramatiques que l’on ne pouvait prévoir, naturellement) provenait aussi d’une bonne éducation, de la notion de respect que l’on se devait l’un à l’autre. On ne s’étentait alors pas plus inutilement sur le goût d’un époux sur les jolies filles que sur la ligne que perdait l’épouse au fil des ans… On n’avait, comme tu le dis, pas cette horrible notion de droits que l’on a… »parce que je le vaux bien ».

  7. Florence dit :

    Voilà ma Edmée qui a enfourché son meilleur cheval de bataille !
    Je crois que nous sommes tous plus ou moins « hypocrites », car la vie serait infernale si nous ne l’étions pas. il faut bien faire des compromis, des cachotteries, des petits mensonges etc… si non, bonjours les cris et les hurlements ! Il faut bien aussi mettre certaines choses dans sa poche avec son mouchoir par dessus, donner un coup d’éponge et ne pas en venir à la rupture. Mais cela s’apprend en vieillissant, car lorsqu’on est jeune, on a assez tendance à partir en claquant la porte. Il faut savoir pardonner, même si l’on ne peut pas oublier, et je ne pense pas que ce soit de l’hypocrisie.
    Bonne journée sous le soleil avec de bons bisous !
    Florence

    • Edmée dit :

      Eh oui… mais est-ce que garder les choses pour soi est forcément hypocrite, finalement? Doit-on piétiner ouvertement tout le gateau parce que la cerise du dessus est tombée? Nous devons aussi vivre avec décence nos difficultés, et les jeter sur la place publique ne fait que les amplifier, leur donner un premier rôle que souvent elles ne méritent que provisoirement…

      Bonne journée ensoleillée et embisoutée à toi aussi, chère Florence!

  8. Hécate dit :

    Bonjour….Je viens de lire ton texte ( je reviens très lentement sur les blogs, encore épuisée des suites de mon hospitalisation.)
    Même dans un mariage d’amour, avec le temps , les êtres changent, cela arrive, alors, s’écroule ce bonheur que l’on croyait tenir. Je me souviens qu’enfant ,mon père m’avait dit : on tombe amoureux, c’est un piège que la nature nous tend. Après, la famille demande quelles intentions on a . On nous force à se marier.  »
    Je n’écris pas plus , excuse-moi. Je tenais à passer ici. Mes amicales pensées.

    • Edmée dit :

      Surtout repose toi, et merci pour cette visite que tu as dû me rendre au prix d’un effort malgré tout!

      Oui, les êtres changent. S’ils se sont aimés – vraiment, pas juste désirés – et ont chance et patience, ils peuvent rester assez complices et amoureux (je connais des exemples réels) mais autrement, encore une fois s’ils se sont aimés… il n’y a qu’en respectant que l’autre prenne un chemin qui parfois ou souvent s’éloigne que l’on peut « sauver son mariage ». Respect de l’autre, mutuellement. Parler, accepter ce qui n’est plus, et chérir ce qui est encore. Ou rendre et prendre sa liberté, civilement…

      Forcer à se marier est une abomination. Jamais ça ne débouche sur du bonheur. Une jeune fille qui a « piégé » un ,jeune homme ainsi se demandera toujours s’il l’aurait épousée si… Même question pour lui. Des regrets et de l’amertume pour la vie….

  9. Alain dit :

    Sacré texte. Dans ma prime jeunesse j’aurais réellement souhaité que mes parents divorcent plutôt que d’entendre ce que certains se permettaient de chuchoter sur leur vie respective, et qui n’était, d’ailleurs que la stricte réalité. Des mots que je n’avais pas envie d’entendre. Ils avaient choisi « le compromis à la place du casse tout ». Je suis allé voir ailleurs et trouvé chez mon oncle, ma tante, et mon grand-père adoré, l’amour que mes parents n’ont pas pu me donner. Au finish, j’y ai beaucoup gagné. L’indépendance en premier. Vivre comme bon me semblait ensuite. Je n’ai pas connu le « dégout » de l’amour mais ses plaisirs partagés. Je l’ai magnifié avec la chance de le rencontrer, moi, le fils qui n’était pas désiré. Aujourd’hui je reste avec un questionnement « maman c’est sûr, papa peut-être », mais au moins ce que je fais, c’est uniquement parce que je le veux bien, et la vie des autres ne me regarde en rien. Merci pour cette belle réflexion et ces photos toujours judicieusement choisies. Très bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      Je constate que ce genre de billet amène, chez les lecteurs/lectrices qui ont du vécu aussi, des réflexions sur leur propre vie. C’est souvent une bonne chose même si en fin de compte on décide qu’on n’est pas d’accord avec moi…

      Ce qui est finalement dommage, c’est de penser qu’il « n’y a qu’à »… que la recette qui fait merveille chez le couple A rendra le couple B aussi serein. Compromis, je dis oui si c’est fait avec intelligence et honnêteté, et non si l’un devient l’otage de l’autre, ou qu’on ne fonctionne plus qu’en reproches, menaces, surveillance etc… Tout casser, je suis d’accord aussi, encore une fois si c’est nécessaire et « bien fait ». On ne fait pas l’omelettes sans casser d’oeufs, mais au moins que l’omelette soit crémeuse… 😉

      Et comme toi je pense, qui ai dû m’adapter à la décision de mes parents et la souffrance de ma Lovely brunette de mère qui a longtemps gémi, je me dis qu’au fond… ils faisaient leur vie et moi j’avais toute la mienne devant moi pour faire de ce que j’avais reçu du bon matériel pour tracer mon chemin. Ce que j’ai fait… 🙂 Liberté chérie!

      Bon week end cher Alain!

  10. Tania dit :

    Une réflexion passionnante à lire, chère Edmée, et qui renvoie bien sûr chacun, chacune à sa propre vie. Sur le mariage, qu’ajouter ? C’est un engagement mutuel et il faut être deux à vouloir le poursuivre : ce n’est pas rien de partager sa vie avec quelqu’un, jour après jour, et peu importe la formule, tu as raison, à condition que chacun dans le couple continue à se sentir respecté.
    Qu’on ne doive plus mentir et souffrir pour ne pas être mis au ban de la société est un progrès. Ce qui m’étonne le plus, ce ne sont pas les divorces, mais les remariages à répétition.

    • Edmée dit :

      Je dois dire que ça me hérisse aussi, à croire que les gens ne peuvent se concevoir « seuls »… or il n’y a que si on sait s’en sortir seul qu’on peut être un bon compagnon (à mon avis 🙂 ). Ceci dit, j’ai péché moi aussi car je me suis mariée plus d’une fois… pour « faire plaisir », pour prouver que mes intentions étaient solides. Elles l’étaient mais on ne peut faire du solide sur du sable, le mariage n’y change rien 😀

      • Tania dit :

        Je l’ignorais, Edmée. « Faire plaisir », un principe d’éducation qu’on a davantage inculqué aux filles qu’aux garçons, il me semble.

  11. Célestine dit :

    De toutes façons, à moins d’épouser un homme beaucoup plus jeune, on finit toujours toutes seules, par le simple fait des espérances de vie différentes. C’est à dire que le mariage, n’est absolument pas une assurance vieillesse…Ils nous quittent au moment où on aurait le plus besoin d’eux. Ironique, la vie, non ?
    baci sorella
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      C’est tout à fait vrai! Cette crainte de « finir seul/e » est absurde. Il n’y a qu’à voir les homes, ces gens qui ont été mariés, ont eu des enfants, et que personne ne vient plus voir… Rien dans la vie ne nous garantit rien, aussi il faut… vivre, surtout!

      Baci a te sorella 🙂

  12. Armelle B. dit :

    Je crois que notre époque est la plus hypocrite qui soit avec sa main sur le coeur, son goût de la victimisation, ses leçons de morale à tout va. On prend pour hypocrisie, ce que vous expliquez très bien Edmée, un certain art de vivre » bourgeois », ce dernier mot toujours prononcé avec un brin de mépris, qui était de garder pour soi ses désagréments, de ne pas étaler ses états d’âme et de sauvegarder, autant que faire se peut, sa dignité. De toute façon, l’hypocrisie est l’attitude la mieux partagée au monde et à tous les niveaux de la société. De nos jours, ce sont les homosexuels qui se plaisent à se marier ; pour les autres, se pacser suffit amplement. Même plus besoin de divorcer, ce qui est toujours un déchirement, surtout pour les enfants. Et puis, la famille n’a plus la côte comme par le passé. Foin de la famille et de la morale. C’est le temps du bon plaisir.

    • Edmée dit :

      Oui chère Armelle, foin du bon plaisir, des arrangements dans la dignité, des chagrins que l’on contournait avec bravoure, et de l’essentiel que l’on respectait. Maintenant on veut tout, tout de suite, et on appelle « franchise » les coups de gueule, de tête, de blues et de grossièreté. Oh je suis pour que le divorce existe, mais tout comme le mariage, ça doit être une solution d’intelligence.

  13. Pâques dit :

    Il n’y a pas de recette pour un mariage heureux car le bonheur est différent pour chacun de nous …
    Mais c’est vrai que le chemin est beau quand il est partagé, même si parfois on s’égare !
    Il y a une chose très juste que tu soulignes et que je partage tout à fait : pour être heureux à deux il faut d’abord savoir être heureux seul.
    Attendre trop de l’autre est une erreur, il faut s’assumer et respecter la liberté et les passions de son partenaire, ne pas vouloir qu’il soit notre copie conforme, au contraire c’est un enrichissement, une découverte.

    • Edmée dit :

      Oui, il faut savoir rester « soi ». Encore faut-il savoir qui est « soi ». Il y a tant de gens qui ne se définissent que par rapport aux autres: fils ou fille d’untel, mari ou épouse d’untel… père ou mère d’untel. Ils semblent ne pas exister en dehors de ces définitions. Ce sont donc des boas constrictors dans leur relation… Au secouuuuuuuuuurs! 🙂

  14. amandine dit :

    un fameux débat en tous cas…….. et bisous Edmée

  15. gazou dit :

    Je suis d’accord : pour être heureux à deux, il faut savoir être heureux seul…ne pas attendre que l’autre nous apporte le bonheur sur un plateau, sinon, on est sûr d’être déçu

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