Délivrez-nous du mal… de l’attente

Il y a ce qu’on doit attendre, qui demande une saine patience et dépend de presque certitudes, du fruit de nos actions ou de la logique. On aura normalement un prochain anniversaire, oui. Si on attend un enfant, il y aura une naissance, oui. Si on a fait une demande de prêt on aura une réponse, et si on a passé des examens on saura ce qu’ils auront révélé de notre savoir.

Attendre le Prince charmant donne peu de résultats. Attendre qu’il ou elle change aussi.

Quand on attend des choses hypothétiques qui dépendent souvent elles aussi de faits hypothétiques, tout ce qui est compris entre la naissance du souhait et sa très improbable réalisation est vécu dans l’indifférence délibérée du maintenant parce que toute l’énergie est tournée vers « quand… ». Ce quand devient le point de départ d’une multitude de choses … qui seront, on ne veut pas en douter, douces comme une promenade en forêt par une belle journée d’été. La notion du bien-être est en suspens, suspendue à cette éventualité, ce mirage dans le désert peut-être, que l’on a transformé en oasis que l’on va atteindre, c’est certain.

Edward Hopper - midi - 1949

Edward Hopper – midi – 1949

Quand il aura compris qu’il m’aime. Quand elle cessera de trop dépenser. Quand les parents auront admis que je ne suis plus un enfant. Quand j’aurai une augmentation. Quand…

C’est une illusion qui ronge la réalité du quotidien et efface des jours et mois de notre vie.

Un jour il faut faire face : on n’a pas le contrôle sur l’hypothétique, et l’utiliser comme point de départ d’un bonheur décidé d’avance engendre surtout une dangereuse amertume.

Lâcher prise, accepter que les choses sont comme elles sont et que nous ne pouvons pas prévoir leur évolution… C’est aujourd’hui qui est la merveilleuse certitude de tous nos avoirs et de tout notre devenir.

Aujourd’hui nous sommes riches d’un jour entier. Ne le subissons pas, ne l’insultons pas en décidant qu’il n’est pas aussi beau que le jour où enfin… embrassons ses bienfaits !

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39 réflexions sur “Délivrez-nous du mal… de l’attente

  1. Lécriteur dit :

    j’ai beaucoup aimé ça… sans doute parce que ça prêche un converti mais aussi parce que c’est superbement tourné !

  2. Colo dit :

    Ah, oui, bien loin du « Ça ira mieux demain »!

    Que tu dis bien cette éventualité qui laisse en suspens le quotidien!
    Tiens, juste devant ma fenêtre un avocatier balance ses fruits presque prêts à sauter dans mon assiette…j’en oublie les résultats prochains et redoutés d’un scanner!
    Tu vois. ça marche déjà, merciiiiii.

    • Edmée dit :

      Pas drôle comme attente… mais tu ne peux l’esquiver! Moi j’essaye alors toujours de me dire que rien ne sert d’imaginer tout à l’avance, et qu’il vaut mieux vivre « le plus normalement possible » jusque là. Qu’alors, il sera temps de mettre mon plan de bataille au point.

      Mais les recettes « zen » ne sont pas toute puissantes malgré tout, je sais!

      Je t’embrasse…

  3. Angedra dit :

    Bien entendu nous ne pouvons éviter certaines « attentes », mais comme tu le dis si bien nous nous devons de ne pas « attendre » pour vivre aujourd’hui.
    Difficile pour le malade de ne pas penser aux résultats de ses analyses dont le cours de sa vie dépend… mais il n’oublie pas de profiter de la journée qui est présente.
    Mon compagnon a eu cette merveilleuse façon de profiter de chaque instant que la vie lui offrait, même si parfois ceux-ci l’obligeaient à le faire en pointillé.
    Nous nous comprenions parfaitement sur ce point : vivre le moment présent en prenant le meilleur de chaque jour.
    N’attendons pas…

    • Edmée dit :

      Ceci dit, c’est je crois un don.Mais malgré tout, les pessimistes sont souvent « mis en garde » affectueusement par les autres: « tu vas te faire tu tort à penser ainsi, vois le côté positif, etc… » et ils s’acharnent pourtant… Je n’attends pas non plus…

  4. Armelle B. dit :

    Tout de sagesse et de vérité ce joli billet … Savoir aimer l’heure qui vient, ne point attendre mais simplement se réjouir et savourer.

  5. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Oui, tout en espérant que demain sera meilleur, il faut savoir prendre tout le bon côté que le piètre présent nous donne quand-même de temps à autre. En y étant attentif, on se rencontre qu’il nous offre, grâce à Dame Nature, de quoi supporter son mauvais côté. La nature est si belle qu’elle nous console de bien des choses. Bien-sûr, il y a des gens plus ou moins vernis ! Moi qui suis loin d’être une privilégiée, j’ai quand même la chance de pouvoir voir et apprécier les beautés de la nature !
    Gros bisous et bonne semaine Edmée !
    Florence

    • Edmée dit :

      Quand aujourd’hui n’est pas bon,il est humain d’espérer que demain sera meilleur. Mais aujourd’hui est une richesse, et apporte ses petits trésors aussi. il ne faut pas les négliger…

      Gros bisous et bonne semaine à toi aussi ma Florence!

  6. gazou dit :

    oui, ne pas attendre, c’est maintenant qu’il faut vivre

  7. sandrinelag dit :

    Essayer de vivre le plus possible dans la réalité… la réalité du présent. Bien-sûr, c’est difficile surtout quand ce présent ne donne aucune satisfaction. Mais projeter sa vie (dans cette attente) est comme se positionner dans ce qui n’existe pas, dans l’irréalité. Et l’on passe à coup sûr à côté de sa vie. Le mieux, quand vient l’heure du bilan, est peut-être de ne pas s’en être rendu compte…

    • Edmée dit :

      Bien sûr quand on est dans une phase très moche, il faut regarder loin devant et se dire que ça sera mieux. Qu’on s’en sortira. Car c’est probable, si c’est ce qu’on veut. Mais trop décorer le rêve est une perte de temps et une dangereuse illusion. Mieux est déjà magnifique…

      Quant aux « rêves » ou « buts à atteindre » qui seront le point de départ de mille et une choses, certains sont uniquement des conditions que l’on s’invente, parce qu’on a le soupçon qu’on ne fera jamais rien. On se cache alors derrière ces choses hypothétiques qui auraient tout résolu mais ne sont pas arrivées…

  8. blogadrienne dit :

    je passe ma vie à attendre le chauffagiste, le plombier, l’électricien 😉
    déjà six rendez-vous manqués rien qu’avec le chauffagiste, je deviens une pro de l’attente (à côté du téléphone ;-))
    mais tu as raison, bien sûr, et tu dis des choses très justes…

    • Edmée dit :

      Mais… mais… que lis-je? Le prince charmant travaillerait? il est plombier, chauffagiste, électricien…Avec sa jolie barbotteuse et ses poulaines il n’hésite pas à sillonner les routes avec sa boîte à outils… 😀

      Bref… on l’attend toujours…

  9. Lauriza dit :

    Ah ! toutes ces hypothèses, tous ses « SI » qui ne sont bien souvent que de faux espoirs ou de fausses illusions mais qui parfois aident à vivre quand ils sont positifs. On constate bien souvent que les gens aiment faire des hypothèses avec l’emploi du « SI » quand ils ont des pensées négatives : « Tu te rends compte, si je fais ci, il va m’arriver ça » ou bien un simple petit incident devient un accident et la conversation dévie à se faire peur :  » S’il avait été plus vite … je ne serai peut-être plus là …. ». Pourquoi inventer des choses étant dans l’ignorance du futur. Oui vivons le présent et la réalité et faisons face le moment opportun. Lâchons prise et arrêtons de nous torturer l’esprit pour un futur hypothétique. Les princes charmants n’existent pas. Quant à espérer que les esprits changent, même si certains s’améliorent il ne faut pas oublier que  » chasser le naturel, il revient au galop ».

    • Edmée dit :

      Oui, tu as raison, je connais aussi les gens qui se délectent à prendre de l’âge et des maux en nourrissant leur imagination avec les horribles « si »… « tu te rends compte, il aurait pu me TUER! » « Et si j’étais sortie de chez moi une petite minute plus tôt, c’est affreux d’y penser, je serais aplatie comme une crêpe »…

      Ha ha ha!

  10. Françoise dit :

    Ici et maintenant, tout à fait d’accord avec toi, Edmée. Attendre n’est que perte de temps et aussi d’énergie.. Alors vivons, puisque nous avons la chance d’être en vie ! 🙂

    • Edmée dit :

      Et ça… c’est une certitude. Gaspiller aujourd’hui parce que ce n’est pas un jour parfait est une grosse erreur, une ingratitude… Merci, Françoise!

  11. Alain dit :

    Bonjour Edmée. Une parution qui correspond tout à fait à « ma philosophie » de vie actuelle. Pas toujours facile avec des obligations assez lourdes, je prends toutefois chaque jour comme un cadeau. Le temps passe, et c’est tant mieux. Oui, le présent est notre seule richesse. Ne jamais le négliger et apprécier ce qu’il nous offre de plus précieux, la vie. Bouger, manger, lire, voir des films, des amis quand il en reste. Et même prendre le temps de ne rien faire. Juste pour le plaisir d’écouter cette petite musique qui existe en nous. Penser aussi à ceux qui sont privés, par la maladie ou un handicap physique de toutes ces libertés dont nous pouvons jouir naturellement. Je crois me souvenir de l’un des tes précédents articles « Today is the day », qui lui aussi, m’avait particulièrement touché. C’est peut-être dans tes pages que j’ai lu qu’il faut agir sur le présent pour qu’il puisse devenir un passé inoubliable. Je m’applique à le faire. Merci chère Edmée. Tes lignes sont porteuses de vérités que chacun devrait prendre le temps de méditer. Des mots attachés à la vie, que ton talent d’écriture et ta générosité nous offrent régulièrement. Très bon Dimanche et surtout … Profite !

    • Edmée dit :

      Le temps passe et « arrange des choses », parfois simplement en les mettant derrière nous, subtilement. Il nous appartient de nous faire aux arrangements du temps, et rarement de les arranger nous-mêmes. Soyons donc amis avec le temps, avec cet aujourd’hui qui est un cadeau, qui contient des pépites – bien discrètes parfois – et oui, tu as raison, n’oublions pas que certains ont encore moins que nous quand nous pensons être à plaidre!

      Notre dimanche est presque terminé, il fut superbe ici… un véritable cadeau. Me suis promenée… dans un magnifique cimetière, rutilant de l’or des arbres et parcouru d’écureuils!

      Bonne semaine Alain, qu’elle ne soit pas trop lourde…

  12. Alainx dit :

    Une fois encore tu dis des choses essentielles avec l’art poétique et littéraire qui te caractérise : et cela n’en a que plus de poids.
    Tu as raison, il n’y a qu’un antidote à ce poison de l’attente : Revenir au réel de l’instant, rien d’autre n’existe que maintenant. Et chaque « maintenant » peut-être havre de paix….

    Et, juste histoire d’un peu d’humour dérisoire, rappelons cette histoire de l’homme qui tombe du 56 ème étage, et, passant devant la fenêtre du 25ème, crie à la femme qui le voit chuter : « Jusqu’ici tout va bien ! »….

  13. celestine dit :

    Tu fais bien de distinguer les attentes « normales » comme par exemple attendre une guérison, parce que cela fait partie de la thérapie d’espérer à un lendemain meilleur, et les attentes chimériques dont certaines personnes empoisonnent leur vie. Le voir aussi superbement écrit me fait du bien. Je vais envoyer ton texte à deux ou trois personnes de ma connaissance, sans forcément attendre que cela change leur vision négative, ou les fasse réfléchir sur leur procrastination, mais je pourrai me dire que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir. Vivre, c’est maintenant.
    (Ça ne m’empêche pas d’attendre avec des étoiles dans les yeux le plaisir de parler de tout ça de vive voix. Mais sans nous passer a rate au court-bouillon, puisque j’en suis persuadée, on se rencontrera.)
    baci di cuore, sorellita

    • Edmée dit :

      Bien sûr qu’on se rencontrera, ça on peut l’attendre très raisonnablement 🙂

      Je me souviens d’une histoire gnangnan qu’on nous avait racontée à l’école, celle d’une reine qui avait un fils infernal (genre violeur, fainéant, sale, mal embouché, impie, cruel… un festival de défauts…) et qui priait tous les soirs sans faillir, toute confiante dans sa foi et son chapelet; Elle demandait la métamorphose de son fils en gentilhomme, rien de moins. Et, au bout de 40 ans; bingo, elle fut exaucée. Pendant ces 40 années elle s’était donc désespérée, accrochée fanatiquement à sa foi, son chapelet, ses jeûnes et pénitences, et la voilà perclue de rhumatismes, les grains du chapelet incrustés dans les paumes, toute heureuse et prête à mourir en paix.

      Je trouvais cette histoire débile. Je me rends compte que ces mauvais cours de religion m’ont en fait beaucoup aidée dans la vie 😀

      Baci sorellita!

  14. Béa de C dit :

    Mais surtout apprécier ce que l’on a à portée de main….
    De gros bisousss…

  15. Pâques dit :

    C’est drôle je pense comme toi, c’est à dire vivre normalement sans craindre le lendemain et lorsque la bataille se présente il est encore temps de faire ses plans et de rester courageux et digne !

    • Edmée dit :

      Exact. ON passe tant de temps à s’en faire « à l’avance » et donc souvent pour rien. Je sais que j’ai les ressources pour affronter ce qui pourrait arriver de moche, que je trouverai, alors, quel chemin prendre. Et il est inutile de me préparer à mille et une sornettes qui n’arriveront jamais 🙂

  16. Je vis de plus en plus dans le présent. La maturité sans doute. Profitons de ce bel été indien. 🙂

  17. Martine dit :

    Très joli texte, bien écrit et bien pensé. Je suis sous le charme !

  18. amandine dit :

    lol tout est dit déjà bravo l’artiste

  19. Edmée dit :

    Oui… on a tous et toutes connu ces attentes-là. C’est alors qu’on comprend … qu’il ne faut pas attendre!

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