Satire et malotru

J’avais 16 ans. On m’avait mise en pension, une pension tenue par des carmélites d’où nous partions toutes le matin pour nos différentes écoles et où nous revenions le soir. J’y étais très mal, et sous haute surveillance puisqu’il m’était interdit de dire que mes parents étaient divorcés : on ne m’avait acceptée que par pure charité chrétienne, une charité qui n’était qu’un mot dans une phrase. Pareil pour l’esprit chrétien, d’ailleurs.

C’était mon premier éloignement longue durée de chez moi, ma première expérience d’une discipline autre que celle en vigueur chez moi, et la réassurance que non, tout le monde n’est pas égal. Car si l’argent de mes parents sonnait et trébuchait avec la même gaité dans le coffre de la Mère Avare que celui des autres, mon traitement de fille de grands pécheurs était d’une autre teneur : j’avais une chambre au troisième étage avec une fenêtre qui fermait mal, un linoleum gondolé qui menait gentiment l’eau de pluie d’un creux à l’autre jusqu’au pied de mon lit, un couvre-lit troué et un robinet dont la pression anémique ne m’apportait pas l’eau chaude.

On ne s’étonnera pas que cette année j’ai donc été punie d’une bronchite et de l’apparition de douloureuses névralgies dues au froid.

Bref, en dehors d’une ou deux amies qui osaient braver l’interdit de trop m’approcher, je fus donc la proie – relative – de la campagne de séduction d’un satire. Dont l’impatience a causé le dysfonctionnement de ses pièges, même si d’autre part je sais que ce qui le faisait rêver n’a jamais fait rêver que lui car je n’ai jamais été dans le rayon « Sugar Daddy ».

Le satire était un ancien ami d’armée ou d’école de mon Papounet, qui vivait alors en Afrique, où ils s’étaient revus je ne sais trop à quelle occasion. Etant un manipulateur-né il offrit alors à mon Papounet “de me sortir” un peu à Bruxelles, en père. Bof… qui se méfie de son vieux pote d’école ou de régiment?

Voici donc le satire qui se présente au parloir de la Mère Cerbère et lui montre une autorisation de Papounet à me distraire et me cultiver pendant mes loisirs.

Une aubaine pour moi. J’aimais me faire un peu gâter, me sentir importante. Il m’emmenait à la laiterie du bois de la Cambre et m’offrait glaces et chocolats. Cafés dans des endroits chics. Restaurants à l’ambiance feutrée. Nous circulions en taxi uniquement (“Les gens vraiment riches à Bruxelles circulent en taxi et pas en voiture”). Ça faisait très Breakfast at Tiffany’s. J’ai vu Jacques Brel à l’ancienne Belgique avec lui.

C’était un vantard, un affabulateur-né, un escroc. J’ai su bien longtemps après qu’il avait un gang et volait chez ses relations… il a “fini en tôle” avec panache…

Mais alors il avait encore des amis – ceux qu’il n’avait pas encore dévalisés et ne le soupçonnaient pas – et faisait même de timides incursions dans la politique car le journal satirique Pan en avait fait une caricature. Qu’il m’avait montrée naturellement. J’étais impressionnable, qui ne l’est pas à 16 ans? Et 16 ans d’alors… c’était l’enfance! Il me persuada même de dessiner une affiche électorale pour lui, qu’il prit et dont il m’assura qu’il la soumettrait à son organisateur de campagne.

Un jour nous sommes allés au bois, et “discrètement” il m’a montré un revolver qu’il “cachait” dans sa poche, me disant qu’il y en avait qui voulaient lui faire la peau mais qu’il était prêt. C’était même très probablement vrai, le club des cambriolés devait s’agrandir peu à peu… Moi j’avais l’impression d’avoir glissé dans un film avec Humphrey Bogart, je n’étais pas loin de m’acheter un trench et des lunettes noires. Peur? Mais non, pas le moins du monde, juste délicieusement inquiète d’entrer ainsi dans le monde “de la politique”… comme dans un bon Hitchcock.

Je n’étais pas non plus dans la séduction ou la romance. Mais je croyais avoir une magnifique amitié avec un homme qui se comportait paternellement et me consacrait beaucoup de temps. Entre deux cambriolages sans doute, car je suppose qu’il ne faisait rien d’officiel.

Il me parlait de son ami (cambriolé depuis?), bourgmestre d’une ville rupin toute proche, et me disait que nous serions bientôt invites à une soirée chez ce dernier, qu’il me présenterait plein de gens et qu’on logerait sur place. Je pense que c’est là qu’il comptait ferrer la petite sirène idiote. Moi. Qui ne me rendais pas compte que je n’étais pas dans un polar mais bien dans une nouvelle version de Baby Doll.

Mais vinrent les vacances d’été, et la fatidique soirée n’avait pas encore eu lieu. Il avait très peur de ce qui allait bien pouvoir m’arriver durant ces deux mois d’été loin de ses jalouses attentions et… il vint me voir en train – 130 kms de déplacement, son affolement devait être grand! – après avoir su que ma Lovely Brunette de mère était partie en vacances en me confiant la maison. Je n’exclus pas non plus la visite de repérage, il devait être champion au jeu d’une pierre deux coups. La sirène était donc seule à la maison, pensait-il, haletant dans le train…

Que nenni, le diable arriva mais la bonne Sibylla était venue prendre la relève pour veiller sur sa petite Puce avec son époux Herman, et il s’en alla bredouille – je me souviens qu’il pleuvait à seaux, en prime… Bredouille et trempé, ayant perdu son temps, les sabots glissant sur le trottoir.

La Mère Cerbère, quant à elle, m’avait renvoyée, ayant découvert que j’avais osé dire que mes parents étaient damnés pour l’éternité en ayant divorcé, et ma rentrée eut donc lieu dans un autre pensionnat – un délice de pensionnat, celui-là, avec des “chères soeurs” gaies et bonnes.

J’en informai le satire, puisque moi, je n’avais encore rien compris à ses projets. Lovely Brunette par contre ne les imaginait que trop bien et nous avions eu de grandes disputes (l’ado déchainée contre la mère dépassée) à son sujet. Mais peut-être alors ai-je eu une sorte de méfiance inconsciente aux aguets.

Et surtout… notre satire se sentait trop près du but à présent et a fait le faux pas qui ne pardonne pas.

Il m’a envoyé “anonymement” une lettre ridicule intitulée Les 10 commandements de l’amour. Evidemment vulgaire, salace, grossière et d’un niveau peu édifiant. Et, en prime, truffée de fautes d’orthographes. Horrifiée de découvrir que Lovely Brunette avait raison, que le père charmant avait les pieds fourchus et des papattes recouvertes d’une folle toison, j’ai montré que j’étais déjà bien qui je suis encore : j’ai entouré toutes les fautes d’orthographe en rouge et lui ai renvoyé la lettre. Sans commentaires.

Le faune mordu, Jef Lambeaux -1903

Le faune mordu, Jef Lambeaux -1903

Quelques jours plus tard, alors que je sortais de mon nouveau pensionnat, il “passait justement devant” et s’arrêta, surpris, avec un “oh, c’est ici que tu habites maintenant? Je ne m’en rendais pas compte… Quel hasard!”. Froide et dédaigneuse je lui ai reproché sa lettre et il a d’abord nié en être l’auteur puis, a finalement admis qu’il me l’avait envoyée par erreur et qu’elle était destinée à une amie.

Mais du coup je n’étais plus la gentille, naïve et polie adolescente de bientôt 17 ans, mais la déesse de l’indignation elle-même, un comment osez vous, vil pervers de bas-étage ? dans un phylactère jaillissant de mes lèvres scandalisées.

Ceci dit… drôle de copain pour les politiciens de l’époque!

 

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37 réflexions sur “Satire et malotru

  1. sandrinelag dit :

    Quelle horreur! Après le « vil pervers de bas étage » (tordant!), le personnage a dû disparaître illico, toute honte bue, de ton champ de vision! Il y a de ces types!
    Je crois que si j’avais eu des filles, sachant tout ce que nous rencontrons sur notre chemin à cet âge, mon angoisse aurait été perpétuelle.
    Cela étant dit, te placer chez les carmélites devait probablement rassurer tes parents (drôle d’idée tout de même, les carmélites sont tout sauf des foudres de psychologie et d’éducation avec les ados… 😀
    J’imagine très bien le contraste: le grand frisson avec cet aventurier devait être total!

    • Edmée dit :

      Mes parents étant séparés, il y avait peu de concertation profonde entre eux. Et à l’époque on ne parlait pas de psychologie, mais de préserver la précieuse vertu des filles, leur dot la plus attrayante (ha ha ha).

      Moi aussi si je fais le compte de tout ce qui « aurait pu m’arriver » d’horrible, je suis contente que mes parents ne l’imaginaient pas, ils n’en auraient pas dormi. Mais nous avons bel et bien un Ange gardien, ça je n’en doute pas. Le mien garde très bien 🙂

  2. Armelle B. dit :

    Oui, cela fait frémir. Il y est certain que je reproche aussi à mes parents de ne pas avoir su m’avertir plus tôt des dangers que toute jeune fille court, car j’ai échappé également à plusieurs histoires qui auraient pu très mal tourner. Il faut croire que chaque enfant a tout de même un radar qui l’avertit intérieurement du danger. Mais votre récit fait vraiment froid dans le dos.

    • Edmée dit :

      Oui… et je sais qu’il a eu des ennuis avec un « père » dont il s’était trop bien occupé de la fille de 15 ans! J’ai souvent été à deux doigts de vivre de très sales expériences et ai été sauvée par surveillance divine sans doute. Mais je pense que les parents croyaient avoir pris soin de tout en nous conseillant de ne pas accepter de bonbons des étrangers. Ici, le satire était connu – superficiellement – de mon père, qui donc n’imaginait pas que… 🙂

  3. celestine dit :

    Ton récit se boit comme du petit lait, avec ton écriture toujours aussi fluide…J’ai aimé l’apparition furtive de Sibylla… Enfin, comme du petit lait qui serait mélangé à un peu de ciguë…
    Tu m’as rappelé un souvenir que j’avais évoqué en quelques lignes sur mon blog des cent mots
    http://encentmotscommeenun.blogspot.fr/2015/07/un-defile.html
    J’en ai gardé une certaine méfiance pour les « bons amis » de mon père ^^
    Baci mia sorella

  4. gazou dit :

    C’est un plaisir de te lire , tu as l’art d’égrener tes souvenirs et même quand ils sont déprimants et tristes à souhait, tu sais les rendre drôles…Pauvre pauvre type…passer à s’avilir de la sorte…Comme tu le dis, ton ange gardien te protège bien

    • Edmée dit :

      Oui, le satire devait être bien malheureux, mais je crains qu’il n’ait eu le temps de décevoir bien du monde avant d’être mis au frais 🙂

  5. blogadrienne dit :

    ton histoire est très bien racontée (et par là même fort plaisante à lire) mais boudiou de boudiou, « naître que femme », c’est toujours courir ce risque, quels que soient le pays, le milieu social ou l’époque…

  6. eckatelefil dit :

    Ta vie est un roman Edmée !!!!
    Pluie toute la journée en Touraine. Amicalement.

  7. Colo dit :

    Deux histoires, magnifiquement écrites, de morales si éloignées!
    On pourrait imaginer un roman où le satyre jette son dévolu sur des carmélites…je blague bien sûr, mais…
    Il semble en effet que nous soyons en danger depuis la naissance, aussi développons-nous, avec l’âge une méfiance (certaine ou grande, selon)

    • Edmée dit :

      Oh oui, dommage qu’il n’ai pas tâté de la Mère Cerbère au passage… (que nous appelions; ma mère et moi, « Zeke » de Zeke le loup (les trois petits cochons) tant elle était aimable…).

      En effet la vie est un parcours dangereux, plus vite on comprend et mieux c’est, sinon nous sommes l’oiseau pour le chat!

  8. Pierre dit :

    J’ai trouvée très drôle la « réponse » que tu as fait à sa lettre en corrigeant ses fautes d’orthographe 🙂

    Et j’imagine bien le décalage de perception qu’il pouvait y avoir entre la naïveté d’une jeunette de 16 ans et les idées malsaines d’un satire…

  9. Nadine dit :

    Tu l’as échappé belle ! Ce souvenir m’en a rappelé un : celui d’un vieux monsieur de mon village chez qui, m’a soeur et moi, laissions nos vélos avant de prendre le bus pour nous rendre au collège . Un moment redouté car il avait les mains baladeuses. Autant de te dire que nous avions vite fait d’enfourcher nos vélos et de nous sauver !

    • Edmée dit :

      Ce qui est bizarre finalement, c’est que nous en avons tous et toutes connus, dans notre entourage, voisinage… Beaucoup s’en sont sorti(e)s sans dommage, mieux averti(e)s sans doute, et puis hélas il y eut les autres…

  10. Tania dit :

    La peste soit des vieux satyres, et des jeunes malotrus ! Des souvenirs marquants, en effet, qui nous valent un récit très vivant comme tu en as le secret.

  11. Visiblement le Dieu des Carmélites t’a protégée, tu n’es pas entrée dans ce pensionnat pour rien :))))))
    Mais j’ai bien ri quand j’ai vu qu’à force de lire les lettres de satires illettrés tu avais toi-même mis un « s » au mot « orthographe » :)))

  12. Pâques dit :

    Quelle histoire ! J’ai bien ri …
    Tu as eu de la chance d’avoir échappé à ses funestes projets.
    Un drôle de satire !!!

    • Edmée dit :

      J’en parlais hier soir avec des amies… et toutes sans exception avions été – à des degrés différents – victimes de satires… Les satires sont parmi nous, comme les vampires 🙂

  13. Alain dit :

    C’est monstrueux. Trahir l’amitié d’un « ancien ami d’armée ou d’école » et par dessus tout, l’attention que ton innocence lui accordait. Comme le mentionne l’un de tes lecteurs, ton sens de l’humour arrive à transformer le pire en dérision. Au finish tu as gagné. Depuis bien longtemps j’ai laissé l’indifférence étouffer la colère, sûrement par égoïsme. Ou confort de ma petite personne. Mais de tels témoignages sont loin de me laisser de marbre. Sachant, qu’aujourd’hui encore, de tels pervers continuent de frapper. En revanche « ta mère cerbère » m’a fait penser à certains films. Je me suis amusé à imaginer des actrices pour endosser le personnage. Selon moi, Joan Crawford aurait été parfaite ! Bonne semaine Edmée.

    • Edmée dit :

      Joan Crawford en Momie Dearest avec une cornette, parfait! Oui, c’était monstrueux de tromper ainsi la confiance de mes parents.. Ma mère est même allée le trouver à Bruxelles (à l’époque c’était une heure et demie de train), ils avaient rv à la gare et il n’est naturellement pas venu. Elle devait être affolée, la pauvre, car moi c’est elle que je ne croyais pas, nous passions une période difficile – mon premier éloignement d’elle à longue durée. Il a été bien puni en tout cas, par pour ça mais pour ses cambriolages, et j’espère qu’alors ,un père ou l’autre lui aura « rectifié le portrait » en passant 🙂

      Bonne semaine, Alain!

  14. saravati dit :

    Ta famille disloquée ou pas a de bien étranges fréquentations !
    Mais ça permet de découvrir le monde et ses perversités.
    Un bien joli récit pour celle qui aurait pu devenir une Lolita avant l’heure 🙂 mais qui n’était pas née de la dernière pluie, en elle, somnolait déjà, la future écrivaine que nous connaissons et qui sait si bien lire entre les lignes et les pensées !

  15. saravati dit :

    Je pensais que le satire avait boycotté mon commentaire car ton blog refusait de fonctionner …ouf c’est passé

    • Edmée dit :

      Le satire doit être réduit en poussière à l’heure qu’il est; et je ne le regrette pas! Mais tu sais, mes parents ne le fréquentaient pas, c’était quelqu’un qui datait des jeunes années et rien de plus. Et tu sais comme moi que ces satires, justement; sont souvent issus du milieu proche, insoupçonnés!

      Je peux remercier ma bonne étoile en tout cas! 🙂

  16. C’est amusant de voir lorsqu’on regarde en arrière, comme notre vie est romanesque. Tant d’anedotes et d’aventures incroyables me sont arrivées…je n’ose pas écrire la mienne!

    • Edmée dit :

      Je pense que c’est normal, les vies réelles et les vies officielles (version pour les parents) sont différentes. Ou alors c’est qu’on n’a jamais rien osé transgresser, risquer etc…

  17. Marie dit :

    Bonjour, pas trop le temps en ce moment de passer te voir, je me rattraperai plus tard promis. Merci pour tes visites chez moi. A plus
    Marie

  18. Angedra dit :

    Comme tu le dis, nous avons toutes connues de telles personnes et avons mis le temps avant de comprendre le sens de leurs attentions. Heureusement sans doute avions-nous tout de même un radar qui finalement nous faisait sentir les mauvaises ondes de tant d’amitié !!
    Mais en tant que femmes, adultes et bien averties de ces ruses nous avons dû continuer à subir ces intrigues de la part de patrons, d' »amis » de la famille et même d' »amis » du mari…
    Nous apprenons sur le tas à démêler ces fils qui essaient de nous enserrer sous couvert d’amitié, copinage, bon collègue etc.
    Comme dis plus haut, si l’on n’a pas connu ce genre de situation c’est que l’on n’a jamais osé vivre plus librement.
    Belle fin de semaine et toujours aussi agréables à lire tes anecdotes, même lorsqu’elles ne sont des plus joyeuses pour toi (!!).

    • Edmée dit :

      Tu as raison, ces attentions nous poursuivent très longtemps, et il est souvent difficile de comprendre dans quel jeu exactement on se trouve… Beaucoup de « malentendus » nous dit-on (c’est toujours, évidemment, notre faute 🙂 ) comme lorsqu’un collègue m’a sauté dessus au bureau (nous étions seuls) et puis s’est fâché sur moi alors que, surprise et surtout furieuse, je lui ai dit que pourtant je lui avais toujours dit non. « Mais on sait que les femmes disent non et pensent oui » fut la réponse courroucée de l’imbécile 😀

      Bonne fin de semaine aussi…

  19. Lauriza dit :

    Un satire essaie toujours de s’attirer les bonnes grâces. Malheureusement, parfois, ça tire aussi. Il faut très tôt apprendre aux petites filles les perversités d’un satire. Ceci dit, ce n’est pas à toi que l’on va raconter des histoires et le plaisir de lire cette satire fut très agréable.

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