Conversation rayée

Elle a repéré son siège côté fenêtre, mais lui l’occupe déjà, endormi contre la vitre. Oh c’est insignifiant, elle lira aussi bien côté couloir que côté fenêtre. Il s’éveille vaguement, un beau jeune homme d’un noir 85% cacao pur, et il lui sourit, à elle, d’un large et aimable sourire qui est à la fois une publicité pour le charme, tous les dentifrices du monde, et Black is beautiful. Il lui demande en anglais si elle veut récupérer sa place et elle répond en anglais que non, il est mieux installé là pour dormir, et il pense alors qu’elle est Hollandaise… L’accent vous voyez, et elle dit que non, elle est Belge francophone et donc hop ils passent au français. Car il est Français.

La conversation trotte, comme le Thalys. Et sans agressivité aucune elle fait un crochet inattendu à la case « racisme ». Il ne s’en plaint pas vraiment. Il insiste de lui-même : l’esclavage a été le fait des noirs, qui vendaient leurs frères aux arabes (ceux d’alors…). Il ne semble pas avoir jamais accepté de se laisser atteindreronger par ce « racisme ». Il a fait sa vie, né en France de parents venus de je ne sais plus quel pays d’Afrique noire, des gens pauvres, pas instruits mais déterminés, et il remercie la France qui lui a donné l’occasion de devenir architecte. Et celui de sa vie en même temps. Il lui montre une photo de son épouse, une jolie –très ! – Brésilienne, et de leur fils de deux ans. Et qui sait encore pourquoi le sujet du racisme avait surgi, sans aucune aura de colère ou ressentiment, il était juste là, comme un fait.

Elle dit qu’à son avis bien des comportements ne sont en réalité pas à imputer au racisme mais au classisme, parfois. Parce que souvent les derniers arrivés sont aussi les plus démunis, et que socialement on aspire à monter… que c’est un processus naturel. Peut-être pas bien noble mais naturel. Ou alors ça peut venir d’une prudence tout aussi naturelle. Ah bon ? demande-t-il… Oui, il lui semble normal que des parents ne sautent de joie au départ lorsque leur fille chérie leur annonce qu’elle veut épouser un noir par exemple. Il est un peu perplexe, trop poli pour s’indigner mais il l’est, avec civilité, tout en sentant qu’il n’y a aucune attaque personnelle.

Elle explique que le mariage est une entreprise si difficile que les parents préfèrent les données simples pour leur enfant, cette prunelle de leurs yeux, et qu’on n’épouse pas qu’un homme ou une femme, mais aussi toute sa famille. Là, il sourit et acquiesce. Puis conclut qu’il est presque d’accord mais pas tout à fait. Quelque chose ne passe pas…

La conversation continue de chattanooga-tchoo-tchho-er sur la voie, et a quitté les sphères raciales. Elle est agréable, entrecoupée de rires et sourires. Il parle avec une saine admiration de sa mère qui l’a si bien élevé, lui disait ceci ou cela, exigeait que… Et puis il enchaîne : quand j’ai voulu épouser ma femme, qui est Blanche, elle m’a juste dit :  « réfléchis bien, parce que les femmes blanches qui épousent des noirs, elles viennent en Afrique rencontrer la famille une fois, deux fois, et après elles disent vas-y tout seul, parce qu’elles ne s’habituent jamais à notre vie africaine »…

Et là elle lui a souri et dit : « vous voyez… c’est ce que je vous disais au sujet des parents qui mettent les freins devant certains mariages. Ce n’est pas du racisme mais du bon sens ». Et lui a eu un sourire détendu et heureux, une malice dans le regard, et a reconnu : « mais oui, vous avez raison »…

Noir et blanc

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51 réflexions sur “Conversation rayée

  1. celestine dit :

    Tous les ingrédients d’une histoire réussie…Le train (gros générateur de fantasmes et de rencontres exceptionnelles) deux personnages en quête de conversation, raffinés et à l’écoute l’un de l’autre, des sujets brûlants rendus doux grâce à une grande intelligence, et ce bon sens qui fait si cruellement défaut à notre société outrancière prête à déraper pour un rien…Un moment de pur délice. Et le verbe « Chattanooga–tchoo-tchoo-er » à conjuguer à tous les temps et tous les modes…Plus que parfait, ce récit !
    Grazie bella
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      Merci à toi! Je parle rarement dans le train, mais là c’était lui qui semblait vouloir être sociable, ou cesser de dormir, je ne sais pas en tout cas c’était délectable!

  2. eckatelefil dit :

    Un échange intelligent bien raconté…Dans le train ,je lis ,et ne parle guère…Je ne le prends pas souvent seule non plus….
    Amicalement Edmée.

    • Edmée dit :

      Moi aussi je lis ou je pense (comme le Rodin des trains) mais si on me parle, je réponds – sauf aux collants-dragueurs ou vantards! 🙂

  3. Armelle B. dit :

    C’était un sujet de conversation à haut risque mais, dès que l’on se trouve entre gens intelligents et objectifs, tout se passe agréablement. Nous avons une belle fille cubaine, il n’y a pas eu de soucis particuliers, c’est une question de compréhension réciproque. Et cela fait de très beaux enfants.

    • Edmée dit :

      Oui, des enfants magnifiques. Beaucoup de mariages inter-raciaux chez moi aussi, et en effet quand les gens s’entendent c’est un réel « plus », de la beauté, de l’ouverture d’esprit, et le sens de l’avenir!

  4. Angedra dit :

    La vie, les rencontres entre humains, rien que de très normal et qui pourtant devient presque « exceptionnel » !
    Pourquoi ? Parce que chacun respecte l’autre et surtout sait l’écouter et comprendre le véritable sens des mots sans vouloir les détourner.
    Très belle conversation.

  5. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Trop mal au dos pour épiloguer !
    Petite nouvelle de mœurs (et presque d’actualité), comme tu sais si bien les écrire !
    Demain, je mets mon blog en pause avec la dernière étape de notre balade ligérienne !
    Gros bisous et bonne semaine !
    Florence

    • Edmée dit :

      Alors repose-toi bien ma chère Florence, je viendrai visiter ton blog et faire la promenade demain, bien volontiers!

      Gros bisous à toi aussi…

  6. Il n’aurait point fallu que je Chattanooga–tchoo-tchooasse, que tu Chattanooga–tchoo-tchooasses, qu’il Chattanooga–tchoo-tchooât, etc. :)) C’est beau la langue française, quand même !

  7. bizak dit :

    Charmant début d’un beau roman, dont tu as les secrets Edmée pour nous entraîner à continuer à vivre cette histoire, même si à la station d’arrivée, d’un des deux passagers ou même des deux ensemble, personne ne descend, préférant i donner coûte que coûte une suite enivrante e merveilleuse à cette belle rencontre…Non monsieur le contrôleur, je continue ma route, je paye le supplément.. et pour moi et pour madame!!
    Bisou Edmée

    • Edmée dit :

      C’est vrai que ça ferait un bon début pour un roman. J’aime ces rencontres rares mais certainement pas anodines qui, quand vient le moment de se séparer, on sait qu’on ne se croisera plus jamais mais qu’une partie de nous rencontrera cette partie de l’autre bien souvent désormais…

  8. Tania dit :

    Un récit qui me rappelle « Devine qui vient dîner » et la discussion animée avec mes parents, au retour du cinéma.
    Belle « conversation de train » !

  9. blogadrienne dit :

    oui… mais quand mon amie belgo-tunisienne m’affirme que ses filles épouseront un (belgo-)tunisien (point barre) je ne peux m’empêcher de penser que si une mère belge affirmait que ses filles épouseront un belgo-belge (point barre) elle appellerait ça du racisme 😉
    (il y a quelqu’un qui a réussi à suivre? bravo :-))

    • Edmée dit :

      Je suis au sens propre et au figuré. Le « racisme » est un mot souvent mal employé, trop pour certains et pas du tout pour d’autres. Aux USA les noirs sont parfois détestables et racistes avec les blancs, sans autre raison que parce qu’ils sont blancs J’ai été attaquée, insultée, traitée d’idiote, de salope blanche 🙂 J’aurais osé répondre par une connasse noire… qu’est-ce que j’aurais pris 😀

  10. Anne Renault dit :

    Le compagnon de ma fille unique est demi martiniquais, et assez foncé – et très beau – . Quand elle nous l’a présenté, nous n’avons eu aucune pensée négative (et même presque le contraire : « black is beautiful »). MAIS je lui avais recommandé de ne jamais choisir comme compagnon de vie un homme d’une autre culture, africain, arabe ou catho intégriste, ou texan, ou mormon…, tout cela se vaut. Car tout simplement il y a des différences de culture que l’on ne peut supporter, même par amour. Avec son compagnon de père martiniquais et de mère polonaise, les différences qui existent dans sa belle-famille, non seulement ne gênent pas mais sont enrichissantes.

  11. sandrinelag dit :

    Plutôt « classisme » que « racisme », bien vu. On bien continuer cette conversation intéressante qui promet des développements plus intéressants encore. La ligne Thalys est trop courte!!!

  12. gazou dit :

    très bien raconté…C’est un bonheur ces rencontres imprévues mais si enrichissantes

  13. Ce sont ces rencontres du hasard qui sont les plus belles; teintées de spontanéité, juste avec l’autre, elles nous dirigent bien souvent, tel le train, vers de nouvelles et belles réflexions. Un très beau sujet embellit par ta plume qui me ravit à chaque fois que je te lis. Merci Edmée

  14. Colo dit :

    Quelle belle rencontre!; c’est rare de trouver des gens intéressants, qui ont pris une certaine hauteur par rapport aux problèmes culturels, religieux, « petits-esprit » dans les trains…et ailleurs!!!
    Je me souviens de mon prof d’espagnol à Louvain qui me disait: « faites attention, mariez-vous avec votre espagnol si vous voulez, mais n’allez pas vivre là-bas, les hommes y enferment leurs femmes » haha!

    • Edmée dit :

      Et tu ne l’as pas écouté 🙂 Mais c’est vrai que bien souvent ces problèmes culturels peuvent être très envahissants et il vaut mieux en être informés et pouvoir en parler avant! Tout est possible (et d’ailleurs tout est difficile et les problèmes culturels sont également présents entre gens de même nationalité mais de milieux différents…) mais il faut se donner les meilleures chances!

      • Colo dit :

        Tu as raison, mais souvent on ne mesure pas vraiment la taille de ces difficultés.
        Comme je donne des cours d’espagnol à beaucoup d’étrangers adultes, je remarque par exemple qu’il est plus facile pour une personne de culture latine de comprendre celle des allemands que celle des anglais…qui eux-mêmes s’adaptent peu et mal. Juste une constatation.
        Bonne semaine Edmée.

    • blogadrienne dit :

      très drôle, Colo 🙂

  15. Alain dit :

    Une belle rencontre. En ce moment, beaucoup d’allers et retours jusqu’à Toulouse. De temps à autres, en train, quand la fatigue devient lourde. Dans cet « Intercité » comme on les appelle ici, pas de « Chattanooga–tchoo-tchoo-er ». Ni au présent, pas davantage au passé. La majorité des personnes que je croise sont comme hypnotisés devant leurs tablettes et Smartphones. J’ai l’impression d’être sur une planète où la parole s’efface devant le virtuel. Il y a quelques années, François Dupeyron avait réalisé un film « Drôle d’endroit pour une rencontre ». Précisément sur une aire qui borde l’autoroute quand je suis en voiture. Qui sait ? C’est peut-être le bon endroit, dans la région, pour couper le voyage et « Chattanooga–tchoo-tchoo-er » sur le chemin… juste pour le plaisir ! Merci Edmée pour ce bon moment.

    • Edmée dit :

      Les rencontres inattendues sont les plus belles et celles qui souvent laissent un souvenir et même une marque. Combien de conversations eues ainsi avec des gens assis un jour près de nous, jamais connus, jamais revus, et qui nous ont apporté, confirmé, modifié une pensée… Tout comme le plus grand amour ne sera pas forcément celui qui nous côtoye le plus longtemps, les rencontres importantes peuvent être des rencontres éclair!

      Merci pour ta visite, Alain!

  16. Pâques dit :

    Belle rencontre ! Cela me donnerait envie de prendre le train ! ( je rigole). 🙂
    Un dialogue très constructif entre deux personnes intelligentes et attentives à l’autre.

    • Edmée dit :

      J’ai aimé le fait que j’ai senti pouvoir parler « librement » et que même si ça pouvait heurter, il saurait qu’il n’y avait aucun mauvais aspect recherché. Il était lui même très ouvert et avait abordé le thème de lui-même…

  17. saravati dit :

    Une conversation entre deux inconnus rencontrés par hasard et qui ne verront sans doute plus jamais. C’est comme ça que l’authenticité s’installe le temps d’un trajet et c’est bien agréable de s’écouter ainsi et de se comprendre

    • Edmée dit :

      Vrai que ces bulles de temps, où on est enfermés à deux avant que la bulle n’éclate au terminus, c’est un instant de vérité…

  18. laurehadrien dit :

    J’avais un ami africain, congolais. Nous nous étions connus sur les bancs de l’université. Il venait à la maison. Mes parents disaient : « Dommage qu’il soit noir, tu aurais pu l’épouser sinon… ». Merci Edmée pour ce récit qui m’a rappelé cet ami trop tôt disparu.

    • Edmée dit :

      J’ai une amie Ougandaise adorable qui est une vraie princesse sur un pois. Elle n’aime pas se promener si elle sait qu’il y a peut-être des escargots, a peur des araignées, des chiens. Nous lui disions « mais enfin, tu es supposée être sauvage, toi » et tout le monde riait de bon coeur, elle aussi d’ailleurs!

  19. Nicole Giroud dit :

    « La conversation continue de chattanooga-tchoo-tchho-er sur la voie » cela me plaît beaucoup, cela pourrait presque mimer une comptine africaine!

  20. TooTsie22 dit :

    Histoire vécue
    Les inconnus de la vie…

    J’avais pris le TVG à Avignon pour Mantes la Jolie
    et naturellement ce jour là j’étais encore chargée comme un bourricot (« malle des Indes » vanity, sac à main et ordinateur)
    Un monsieur d’un certain âge qui n’avait qu’un sac à dos gentiment m’a aidée à mettre tout ce « barda » dans le coin à bagages…
    Sourires et remerciements polis (comme il se doit)
    Derrière lui je me rends à ma place que j’avais choisie dans le sens de la marche et louée bien des jours à l’avance pour avoir le meilleur prix… (radine je suis)
    Re sourires, ce même monsieur m’avait chipée ma place, il se déplace et s’assoit en face de moi
    Re sourires, ordi dans le filet au dessus de ma tête et je sors mon bouquin de mon sac à main…
    et roule ma poule pour 4 heures de traversée de la France de bas en haut (si je puis dire)…
    Regard vers ledit monsieur habillé en « trecking »… sourires à nouveau échangés…

    Mais voilà!! Pour moi 4 heures sans faire pipi c’est « case impossible »
    L’air dégagé, je me lève, me déplace, tangue dans l’allée (je n’ai pas le pied marin) et j’entre dans le réduit « plus que réduit »des toilettes où tu ne sais pas comment t’installer pour être le moins possible en contact avec… tout en fait…
    le Pont d’Avignon.jpgLe sac à main entre les dents, je me libère de mes eaux… Ouf!! ça fait du bien!!…
    J’essaie de me laver les mains tant bien que mal et je sors du « archi mini coin » …. (le sac à main toujours entre les dents)…
    Bigre et Zut !! le même monsieur attendait derrière la porte… (bonjour la discrétion)…
    Mais bon!! je reprends mon sac à main dans ma main et direction le wagon restaurant (qui n’a franchement plus rien du confort de l’Orient Express de naguère entre nous soit dit) en tanguant dans les allées…
    Je commande un Orangina (j’aime bien ce soda à l’orange synthétique) et je m’appuie sur une tablette le long de la vitre…
    Et devinez!!… le monsieur arrive … sourires encore et je sirote ma boisson à même la bouteille avec une paille en pensant:
    -Ça va encore me donner envie de pipi mais tant pis j’avais une de ces soifs pas possibles »…
    Et je retourne à ma place et le monsieur revient ….
    pardon, merci, lire, regards, sourires…et le voyage se poursuit à la vitesse vertigineuse…
    Arrêt du TGV à la gare de Massy Palaiseau… Le monsieur récupère ses affaires et sourit une dernière fois… -« Au revoir Madame » … -« Adieu Monsieur »…
    Petite annonce dans la gare… -« 1/4 d’arrêt pour incidents sur la voie » (naturellement)…
    Et que vois-je revenir le Monsieur d’un âge certain et qui me dit avec une flagrante timidité:
    -« J’aimerais bien vous revoir Madame R…. (encore un curieux qui avait dû lire mes étiquettes de bagages pour savoir mon nom)
    Surprise, je n’ai rien répondu et je n’ai même pas eu ce sourire qui me vient si facilement d’habitude (mais pourquoi suis-je si sauvage, nom d’un chien!!)…
    Le Monsieur est redescendu du train l’air déçu…
    Et je n’ai jamais revu cet inconnu…
    Mais j’en souris encore quand j’y pense!!

  21. TooTsie22 dit :

    oups!! je m’aperçois que tu l’avais déjà commentée!!

  22. J’aime bien ces rencontres, comme ça, informelles. Souvent les gens disent vraiment ce qu’ils pensent. C’est assez riche. Et il ne saura même pas que tu as écrit ce billet..

    • Edmée dit :

      Il ne saura pas tout le bien qu’on pense de son intelligence et ouverture d’esprit…Il la peut-être un autre blog où il raconte la même histoire, ha ha ha!

  23. éric dit :

    Brève mais belle rencontre, illustrée en conséquence. Le contraste ma fait penser à la chanson de Lavilliers… https://www.youtube.com/watch?v=NRdEFI2eVII&nohtml5=False

  24. Belle rencontre! Je crois t’avoir déjà raconté ma plus belle rencontre dans le train. De retour de la Foire du Livre de Bruxelles où j’avais loupé la séance de dédicaces d’un de mes auteurs préférés Colette Nys-Mazure, le train s’arrête à Hal pour je ne sais plus quel problème sur la ligne Bruxelles-Mons. Enervé, je prends le premier train de la ligne Bruxelles-Tournai qui arrive, je m’assieds à la première place qui tombe sans trop regarder….et je me retrouve à côté de Colette Nys-Mazure! Je lui raconte ma mésaventure, elle pose son livre et me parle pendant tout le trajet. Quel chouette souvenir et quelle coïncidence!

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