Les écrits vains…

Cet article circule. Et il va droit au but, cet article !

Et remet aussi quelques compteurs à zéro car on commence à murmurer que ces « milliers d’exemplaires vendus » sont, pour la plupart, une légende urbaine. Milliers d’exemplaires imprimés peut-être. Vendus c’est déjà bien moins évident, quant à lus… alors là… la barre descend dangereusement.

En ce qui concerne les « grands auteurs » qu’on nous impose (comme le grand cinéma block buster…), eh bien pour certains c’est une garantie d’ennui, de lire sans cesse la même histoire avec une autre sauce et même, dans certains cas tragiques, de constater que ça n’a même plus l’air d’être leur écriture non plus – et d’ailleurs… comment écrire en passant son temps dans les salons de France, de Navarre et des îles lointaines pour dédicacer son dernier « succès » ?

Et voici donc les écrivains de l’ombre, les nègres besogneux qui sauvent la mise et le temps qui passe. Et qui privent, à cause de la voracité de l’éditeur qui n’aime que les auteurs prolifiques, l’écrivain de son réel plaisir initial : l’écriture. Vous savez, cette écriture légendaire, avec la peur de la page blanche, le bloc-notes qui ne quitte pas le sac, les cigarettes (au temps où on pouvait) écrasées s’accumulant dans un cendrier couvert de nicotine, la bouteille de whisky, ou les longues promenades inspirantes en forêt avec un chien sans race… Tout ça : l’agonie et le plaisir de l’écriture. Ce qui fait qu’un auteur a besoin d’écrire.

Les gros éditeurs, pour leur part, se comportent en mafieux – qu’ils sont – et finalement, la vie chez les petits éditeurs est bien plus digne.

 

2016-06-09 16.14.25Pas de gros sous, mais au moins on tente de faire « de la belle ouvrage », on aime – d’amour – les mots et les phrases, on cherche à trouver quelque chose de nouveau, un nouvel angle, une autre écriture, ou de donner son expérience à aimer ou haïr. On vit les affres de la page blanche, de l’attente du verdict du comité de lecture, du whisky et cigarettes peut-être pour certains… sans oublier les p’tites pépées pour ceux qui se souviennent de la chanson et ont ce genre d’appétit.

Tout le monde est loin d’être bon et désintéressé, mais au moins comme l’argent n’est pas au rendez-vous en fanfare, si on enlève ceux et celles qui enfoncent les côtes des autres avec leurs coudes taillés en pointe – il y en a, oui oui -, il reste surtout ceux qui sont contents que l’on aime ce qu’ils ont écrit… même s’ils savent que ça restera peut-être trop local, médiatisé surtout par leur effort sans relâche, et s’étendra moins vite qu’une tache d’huile dans un garage.

Quand je vends un livre, je sais qu’il sera lu, et souvent encore prêté ou donné. Si mon éditeur me verse des droits d’auteur (car oui, mes deux chers petits éditeurs me les versent… et je connais des auteurs publiés par de « gros éditeurs » qui ne les ont jamais vus) sur 200 copies, on est loin des milliers de copies vantées chez les stars des gares et Fnac, mais c’est vrai, il s’agit bien de 200 copies. Imprimées, vendues et lues.

Je suis riche du plaisir du partage, et j’ai la chance immense de ne pas craindre le « stardom » qui me contraindrait à aller signer sous le clic clac des smartphones, de faire des selfies où je souris à côté de gens que je ne connais pas et qui peut-être un jour me dessineront des moustaches et des lunettes (ou une dent noire) sur la photo souvenir. Je ne dois pas aller me soumettre à la torture d’être descendue en flèche en direct sur un plateau par un pédant jaloux et irascible ou une autrefois célèbre actrice ou danseuse nue recyclée en critique littéraire. Je devrais sans doute aussi me créer un look et revoir ma diction… Me faire blanchir les dents pour avoir un sourire de squelette bien propre.

Dans le cinéma, il y a les block busters et le cinéma indépendant. Eh bien dans les auteurs et éditeurs aussi. On suit la masse ou on choisit dans l’individuel. On est dans le grand show ou dans l’émotion, dans la découverte tranquille.

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42 réflexions sur “Les écrits vains…

  1. « On est dans le grand show ou dans l’émotion, dans la découverte tranquille. »
    Inutile de dire où nous nous trouvons :)) Et ce n’est pas un hasard si je préfère le cinéma indépendant, tellement plus profond et sensible que les grads machins des salles commerciales.

    J’adore ta phrase « Me faire blanchir les dents pour avoir un sourire de squelette bien propre »

    • Edmée dit :

      😀 … Moi aussi j’ai toujours aimé le cinéma indépendant… et les bons acteurs ne s’y trompent pas: bien souvent ils s’offrent un voyage dans un petit film d’auteur, sachant que c’est là qu’ils donneront leurs preuves!

  2. Je me réjouis du succès de chacun. Si certains auteurs flattent leurs lecteurs, d’autres piquent notre curiosité ou notre envie d’apprendre, le succes n’ait souvent du talent. Pourtant tous n’ont pas la vivacité, l’intelligence et la génerosité d’Amelie Nothomb.
    Quant à la littérature de hall de gare a cela de bon qu’elle permet de plonger dans la lecture ceux qui ne le feraient pas autrement. Chacun son public.
    Je rejette celui qui se place au dessus des autres sous prétexte de rareté et
    j’ai remarqué que, dans tous les domaines, ceux qui n’ont pas de vrai succes critiquent ceux qui en ont.
    Allons, pas de mépris svp mon amie, ça frôlerait la jalousie. Ton sourire sur FB vaut bien celui des autres

    • Edmée dit :

      🙂 Je ne suis pas du tout opposée à la « littérature de gare ». J’en ai lu, et il n’est pas exclu que j’en lise encore, ça distrait… et même ceux qui aiment lire du « meilleur » peuvent avoir un grand plaisir à un roman à l’eau de rose par exemple. Pareil pour les films, il m’arrive de regarder un film que je sais idiot mais qui va me distraire…

      • Je n’ai pratiquement lu qu’un ou 2 de ce genre tellement vendu dans les gares et n’en suis pas amateur! Je veux dire que d’excellents écrivains ont une vraie notoriété immédiate même s’ils publient peu, et que beaucoup d’écrivains moyens les critiquent, ce qui n’est que jalousie cachée de cette notoriété. Tout écrivain qui publie cherche cette reconnaissance. Une très bonne amie, écrivaine de talent, a la franchise de le reconnaitre, contrairement aux autres que l’envie fait pâlir exactement comme tu l’exprimes dans ce billet 😉

      • Edmée dit :

        J’ai mentionné la jalousie, qui se rencontre autant chez les petits éditeurs qu’ailleurs, les artistes ayant souvent un égo imprévisible qui supporte mal la concurrence 🙂 . Mais ici je voulais surtout mettre l’accent sur le fait que l’on baptise « grands auteurs » des gens qui parfois n’ont eu que de grands pistons ou filons, ou qui sont surtout des filons d’or pour l’éditeur. Mais qui, sur le plan littéraire, sont médiocres. Et aussi sur les chiffres merveilleux de « ventes » phénoménales que l’on vante et qui seraient souvent à revoir… Si je trouve que faire lire reste une bonne chose, on pourrait aussi avoir l’amour de l’écriture et faire lire du vraiment bon, et ceci s’adresse surtout aux « prix » accordés.

        Personnellement – et c’est le cas pour plusieurs de mes co-auteurs favorites -, oui bien sûr on aime être remarquées (pour la qualité de l’écriture, s’entend 😉 ) mais aucun ne souhaite la célébrité: nous aimons notre vie, et qu’elle reste la nôtre.

  3. sandrinelag dit :

    Excellent article, Edmée, qui fait beaucoup de bien à lire!
    Entre l’impérieux besoin d’écrire – incontrôlable, douloureux et parfois jouissif – et l’infernale machinerie qui régente les auteurs, les écrase, l' »économie du livre » qui les réduit à presque rien alors qu’ils sont tout, il y a de quoi être désespéré.

  4. Armelle B. dit :

    Ah, oui j’adhère de tout cœur à cet article pour avoir partagé ces affres et avoir choisi, comme vous, les petits éditeurs qui aiment le bel ouvrage et y consacrent leur temps et leurs deniers afin de diffuser les mots qui vont droit à la pensée et au cœur. Bravo Edmée. On sait à quel degré de décadence se trouve l’art aujourd’hui et c’est affligeant.

  5. griseldis dit :

    Et toc! Quand je flâne entre les caisses poussiéreuses des bouquinistes, je suis surprise par le nombre de best sellers qu’il fallait avoir lu il y a 20 ans et dont les auteurs, vu et entendus sur toutes les chaînes, ont disparu, et leur souvenir avec eux. Vrai qu.un livre pleinement choisi chez un petit éditeur sera lu, partagé, conservé et, parfois, revêtu d’une belle reliure. A bon lecteur…salut.

  6. Angedra dit :

    Je ne me place ni dans l’un, ni dans l’autre groupe, n’écrivant que de petites choses sans importance donc je ne suis pas dans le même schéma qu’un écrivain. Je transcris mes émotions car j’en ressens le besoin et ensuite à chacun de venir lire ou non, aimer ou non.
    Par contre je ne suis pas contre toutes les sortes de parutions que nous trouvons aussi bien celles que l’on appelle à l’eau de rose, de romans de gare, polar ou autres …
    Je connais des personnes qui aiment ces livres et comme dit plus haut par Marie-Madeleine je trouve cela très bien, puisqu’ils donnent l’envie de lire !! Lire, s’évader et rêver sont déjà de belles missions que procurent ces simples livres.
    A chacun de trouver son plaisir de lire. Quant aux écrivains, eux aussi sont libres d’écrire en fumant et buvant, en s’enfermant dans une tour, en profitant de la nature ou de toute autre façon.
    Je ne vois rien d’affligeant à ouvrir la lecture à tous, de même que les enfants découvrent la lecture au travers des BD ou des contes… cela donnera le goût à certains de découvrir d’autres lectures plus tard.
    L’économie est partout, dans nos moindres actions et comme pour tout à nous de nous adapter tout en nous préservant de ce que nous n’aimons pas.
    Très beau week-end.

    • Edmée dit :

      Moi non plus je ne suis pas hostile à « certains types de littérature » facile, sous prétexte que ce n’est pas de la « belle écriture ». Ca distrait, ça fait lire (déjà un bon point…) et tout le monde n’a pas toujours envie de lire du sérieux. Donc tant qu’on lit, il y a du positif, et donc il faut effectivement des éditeurs pour ça aussi. Mais ici je pensais surtout à ces éditeurs de soi-disant « bons auteurs » (c à d… des sérieux, des littéraires etc…) qui sont médiocres mais leur recette marche et on nous sert tout le temps la même rengaine avec une couverture différente. Bien entendu,, le public n’est pas obligé de tomber dans le panneau, et certains ne le font pas. Mais ça dénature la culture et on ne parle que… d’argent et succès mais pas de réel talent. Et de bons auteurs vont rester tout à fait inconnus pour laisser la place à ceux-là. Bien entendu… en fin de compte… il n’est pas dit que ce soit un drame pour les « bons auteurs inconnus » qui ainsi gardent le plaisir de leur écriture.

      Bon week-end aussi Angedra

  7. Adèle Girard dit :

    Le problème principal dans cette histoire, c’est que nous, pauvres lecteurs, si nous n’avons pas eu la chance de découvrir ces petits éditeur de « trouvailles » nous nous voyons presque contraints à lire des ouvrages bien souvent décevants, tristes et plats comme des galettes, parce que sélectionnés, non pas pour leurs qualités littéraires, mais bien pour des raisons d’intérêts qui ne sont pas que financiers

  8. celestine dit :

    Se satisfaire de ce que l’on a et être fier de ce que l’on est, voilà qui est tout à fait sain et positif. Tu fais du bien à tes lecteurs, cela n’enlève rien aux cadors de l’édition, au contraire. Tout le monde sait que c’est une jungle inextricable et sauvage, où les motivations des uns et des autres ne sont pas toujours très reluisantes en terme de déontologie. J’ai vite compris que je n’étais pas faite pour ce monde-là…
    Le plus important pour moi, est de continuer à partager, à apprendre aux enfants, aux futurs adultes, à lire, à aimer la lecture et surtout à avoir l’esprit critique qui permet de choisir ses lectures. De faire vivre les livres, les petites librairies et les bibliothèques. Et ça, c’est un vrai combat à l’ère de l’image et du numérique ! Les futures générations enterreront le livre, ou le feront renaître de ses cendres. Et ce ne sera plus en notre pouvoir… Moi j’ai toujours dit à mes élèves (reprenant le vieux slogan électoral «Votez ! Votez pour qui vous voudrez mais votez! ») « Lisez ! Lisez ce que vous voulez, mais lisez ! »
    Heureusement en ce domaine, il nous reste la liberté de choisir. Si on évite les pièges du bourrage de crâne médiatique.
    Baci, sorellita
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      C’est surtout ce bourrage de crâne qui est à craindre, car en plus du fait que souvent ça aiguise le mauvais goût (;) ), ça colporte aussi des doctrines. Par exemple le cinéma nous donne l’image de ce qu’est la « famille heureuse », « l’homme fort », « la femme courageuse »… et c’est très insidieux. Une morale pour tous et fichez nous la paix, pendant ce temps là, nous, on travaille aux choses importantes (oups…)

  9. bizak dit :

    Je te rejoins entièrement Edmée, dans le sens même ,où il n’y a pas un domaine,pas seulement de livres, qui n’est touché par des vampires ou des gourous, sous forme de jury ou groupuscules au service du fric, qui ont mains basses sur tout ce qui bouge. Ton billet touche un point très sensible et qui ne date pas d’aujourd’hui. Qui se souvient de la grande écrivaine Hélène Bessette, elle qui avait laissé derrière elle, tellement de romans et dont je parie que beaucoup de nos jours n’entendent même pas parler, et pourquoi?? Parce qu’elle n’avait pas sa langue dans sa poche, Hélène Bessette termine sa vie femme de ménage et meurt en 2000, oubliée de la littérature, laissant derrière elle une œuvre considérable et unique en son genre.)
    Voici quelques liens intéressants:
    http://bartlebooth.over-blog.com/article-2762116.html

    http://www.lechangeur.org/event/priere-de-ne-pas-diffamer-ou-la-veridique-histoire-dhelene-bessette-de-chez-gallimard-2/

    • Edmée dit :

      Je vais lire cette histoire… bien entendu. Et je ne doute pas de la véracité de ces lamentables mésaventures. Je me souviens d’une chanteuse belge très talentueuse qui a soudain disparu. Lors d’une émission radiophonique du genre « que sont-ils devenus? » on lui a téléphoné pour avoir l’explication à cette disparition, et elle était hors d’elle, la pauvre, boycottée par son imprésario je ne sais plus pour quelle raison. Elle était excellente et avait même eu un début de célébrité.

  10. kakushiken dit :

    Ce sont les gens qui font le succès ou l’échec d’un écrivain, compositeur, réalisateur… Succès ou échec personnel. Mais la création est là, et peut être lu par quiconque. Que focalisons-nous : la qualité ou la quantité ?
    Pour ma part je n’ai aucune idée préconçue… Je « teste » selon mon envie, mon humeur, ma curiosité. Même lorsque je suis déçu par un auteur, je lui donne une 2e, voire même une 3e chance…
    Bien sûr, il y a les disqualifiés à vie au bout de trois échecs… Mais la proliférations de création nous laisse occupé à trouver…
    Alors continuons à être critique envers tout et tous, c’est ainsi que l’on trouve.

    • Edmée dit :

      Bien sûr, ce sont les gens mais aussi, malgré tout, les « puissants » qui arrivent à les convaincre que tel auteur, chanteur, acteur, est phénoménal. Là, c’est dommage. Mais bon… rien de vraiment nouveau sous le soleil!

  11. eckatelefil dit :

    De plus en plus dur l’indépendance ! Dommage,là sont les pépites des bonnes surprises !

    • Edmée dit :

      Je me demande si ça n’a pas, au fond, toujours été dur… Tant d’artistes ont été spoliés par leurs agents, leurs éditeurs etc… Tant d’autres sont étouffés et interdits de réussite parce qu’ils ne veulent pas coucher ou compenser d’une certaine manière… Alors oui, l’indépendance ne rend pas riche, mais elle rend libre… c’est peut-être beaucoup…

  12. blogadrienne dit :

    que ce soit pour les livres ou pour les légumes, le consommateur est « consomm’acteur », ses choix sont comme des bulletins de vote: est-ce que ce sera l’agro-alimentaire ou le petit fermier du coin?
    🙂

    • Edmée dit :

      Oui, tout à fait, et chacun est libre. Je déplore juste la main-mise des gros éditeurs ou gros distributeurs de films etc… qui appellent « art » quelque chose de commercial et plutôt indigeste, souvent!

  13. J’avais… bel et bien joint un commentaire à ton article, chère Edmée, mais je ne le vois apparaître nulle part. Il doit avoir disparu ! Il commençait par : Heureusement aussi, et entre autres grâce à toi, « l’écrit vint » ! Pour moi, c’est un véhicule essentiel de la culture humaine et de ses traditions. Et je ne partageais pas l’opinion de mes collègues Druides, il y a plus de 2000 ans, qui interdisaient les écrits en… la matière.
    « Tout cela » se passait sur le Plateau de Langres (ou de Langogne, comme on l’appelait encore il y a peu), le « jugum langonacum » dont mon nom de famille à consonance flamande est originaire. Comme Bastonia en latin a donné Bastogne en français, et l’adjectif latin bastonacum qui en marque l’appartenance, a donné Bastenaken en flamand…
    C’est beau aussi l’Histoire, HEIN !, avec un grand H ! Car les Langons ou Langonais (Lingones en latin, dont parle Jules César dans sa Guerre des Gaules) ont accompagné les troupes romaines alliées dans toute la Gaule, et ils donnaient aux lieux où ils s’installaient des noms qui rappelaient celui de leur origine. C’est pourquoi il y a tant de noms de lieu et de famille Langon, Langogne, Langenac, Langeais et autres en France. Et en Belgique Lanaken, en bord de Meuse, qui ne serait qu’une contraction, classique en flamand, de Langenaken !
    Car je… crois me rappeler aussi être venu à cheval, à l’époque et avec nos troupes, au pays des Eburons et avoir rendu visite à leur cher Ambiorix, avant qu’il ne s’en prenne aux régiments des généraux romains Sabinus et Cotta qu’il a réduit à néant, aux pieds de Limbourg et au bord de la Vesdre, prétendait notre professeur de latin en 4ème au collège SFX, le ‘De Bello Gallico’ à la main. Le Père Robert CLAUDE assurait en effet qu’il ne pouvait s’agir des environs de Tongres, comme des historiens le prétendent, et que Tongres n’était d’ailleurs pas la capitale des Eburons, mais celle des Tongres, ‘clients’ des Eburons dans le langage de l’époque.
    Lui disait que cela aurait pu être Limbourg. Pourquoi pas, pensé-je MOI, située qu’elle est tout près de Hèvremont, dont l’appellation dérive d’après moi du mot latin Eburoni, tout comme plusieurs autres noms de lieu du terroir, tels que… Herve, Herbestal, Herbiester !…
    Cela m’est venu à… l’esprit quand j’ai visité un jour Evreux (le pays des Ebroïciens, dans l’Eure, au sud de la Normandie), me rendant en Bretagne, où sur un site archéologique il était indiqué que son nom provenait de la présence jadis des Eburovici, une tribu gauloise du même type que celle des Eburons, qui avaient aussi l’if comme symbole (ce bois très utilisé dans les armes de guerre…).
    J’en resterai là, chère Edmée, en te félicitant pour ton bel article, qui a déclenché chez moi ces quelques réflexions et… souvenirs d’une de mes vies antérieures (pour ceux qui y croient !!!)
    Bisou,
    Jean

  14. gazou dit :

    Bien sûr qu’il y a de très bons livres chez de petits éditeurs et même il y en a qui ont un grand succès et peu importe que le livre que nous lisons soit celui dont parlent les médias…S’il nous parle à nous, s’il nous fait vibrer, s’il nous enrichit…alors soyons heureux

    • Edmée dit :

      Attention, je ne suis pas en train d’agiter ma bannière pour les petits éditeurs, mais moi je m’y trouve bien. La recherche est différente, bien sûr, de ceux qui cherchent le succès. Ceux qui le trouvent par hasard… tant mieux ou tant pis pour eux mais c’est aussi un autre discours 🙂 Mais j’aime bien faire mes petites découvertes chez d’autres petits éditeurs aussi – ou chez le mien!

  15. Florence dit :

    Je crois que ce que tu as écrit est valable pour tous les arts qui s’exercent au bout d’un stylo, d’un crayon ou d’un pinceau. Il y a des nègres aussi en peinture et, à mes débuts, on m’avait proposé d’en devenir un. J’avais répondu que mes tableaux je me les peignais et les signais moi-même et que jamais, même crevant de faim, je serais un nègre. Et j’ai tenu bon.
    Oui, on exerce loin des feus de la rampe, loin des grandes galeries etc…, mais on n’est plus tranquilles et certainement plus authentiques ! De s’enrichir par notre art, n’est pas notre priorité. Pour moi, avoir juste de quoi vivre était suffisant, si c’était où j’en avais envie et avec les gens que j’avais envie de fréquenter.
    Ah, la belle vie que la vie d’artiste dans ces conditions ! Et qu’il y en aurait à écrire !
    Et si j’avais été un homme pourquoi pas « cigarettes, whisky et ptites pépées » comme Eddie Constantine !!! Bien que moi j’aurais remplacé les cigarettes par la pipe et le whisky par du rhum !
    Bisous chère Edmée et bonne fin de semaine !
    Florence

    • Edmée dit :

      Eh bien Florence, pipe et rhum, et supplice de la planche pour les mauvais payeurs? 🙂

      Tu as eu raison dans ton choix de vie à mon sens… je n’ai jamais choisi l’argent non plus…

      Bonne fin de semaine aussi, Florence!

  16. Colo dit :

    Pas de moustache ni dent noire pour toi, ouf!
    Beaucoup de choses me dérangent dans ces relations écrivain-lecteur, éditeur.
    D’abord cette revendication des écrivains de pouvoir, dès leur premier livre, vivre de leur plume. De tout temps les romanciers avaient un travail Et écrivaient pendant longtemps avant de pourvoir, si c’était le cas, vivre de leur création.
    Tant de livres sont publiés qui ne seront lus par presque personne, un si grand nombre sont publiés chaque semestre, que le lecteur ne sait plus à quoi s’en tenir. Les éditeurs, là, ne font pas leur boulot correctement.
    Les lecteur/lectrices se fient des interviews radio-télé où passent les mêmes auteurs pendant 1-2 semaines et sont si souvent déçus!
    Mais heureusement, mais depuis pas si longtemps, il y a d’excellents blogs/livres.
    Et puis d’excellents écrivains qui font les bons choix. Comme toi bien sûr!:-))
    Bon dimanche Edmée.

    • Edmée dit :

      Tu as raison aussi.. les auteurs se prennent pour les footballeurs et croient que le manuscrit est une mine d’or et leur sera payé comme telle. Qu’ils deviendront des célébrités au visage connu et reconnu. Je me souviens d’un auteur débutant qui me disait qu’un éditeur acceptait de le publier (à compte d’auteur…) et que « pas question, il voulait au moins un dépôt d’autant (somme très corpulente 😉 ). Il n’était – et n’est – personne! Et il pensait détenir ce qui allait révolutionner le monde littéraire…

      Ego un peu surdimensionné, ha ha!

  17. Pâques dit :

    Je lis un peu de tout, il m’arrive souvent d’être touchée, emportée, c’est le but finalement ! Parfois par des auteurs (connus) mais aussi par les autres.
    C’est fabuleux que des petites maisons d’éditions existent et encouragent les auteurs !!!
    Comme Chloé des Lys par exemple.

    • Edmée dit :

      Moi aussi je lis « ce qui me chante », et j’aime tenter ma chance avec un auteur pas connu ou moins connu. J’ai souvent été… éblouie, et en plus… il y a ce sentiment d’avoir mis le doigt sur quelque chose de précieux sans qu’on me prenne la main pour le poser, ce doigt. Lire ce que tout le monde lit aujourd’hui pour être dans le vent, où est la recherche individuelle? On vous le colle en main et on vous dit « c’est super, croyez-nous » (car, comme les banquiers… votre argent nous intéresse…) 🙂

  18. Nicole Giroud dit :

    Bonjour chère(s) consoeur(s)!
    C’est vrai que l’écriture est à la fois une nécessité, parfois une douleur et tout le temps un commerce. Ce n’est pas nouveau, songez à Proust obligé de publier la Recherche à compte d’auteur…
    Ce qui est relativement nouveau, c’est que le système s’est durci: concentrations éditoriales, mainmise des grands groupes sur les petits éditeurs; il est intéressant de regarder les informations sur les maisons d’éditions, en France en tout cas, très peu sont réellement indépendantes.
    J’ai eu une très mauvaise expérience avec Grasset, alors je me suis tournée vers un éditeur dont je supposais qu’il était un petit éditeur. Cela justifiait sans doute le fait que la très grosse partie du travail de promotion me revienne. Pourtant, une simple visite dans son superbe immeuble tout neuf du canton de Vaud, en Suisse, m’a fait comprendre cette évidence que ma niaiserie avait occultée: on fait de l’argent dans le monde de l’édition, et celui-ci ne revient pas à ceux sans qui le système ne fonctionnerait pas, je veux dire les auteurs.
    Mais les gros? les incontournables? Ceux qui ont fait fortune? Il y a longtemps qu’ils sont devenus des produits. Je me souviens que Paul-Loup Sulitzer, bien oublié aujourd’hui mais autrefois star de l’édition, récupérait ses livres et l’éditeur l’obligeait à lire la fiche pour qu’il sache ce qu’il y avait dans son livre… Petite cuisine révélée par celle qui allait devenir son ex-épouse, c’est toujours comme cela que ça se passe.
    C’est dur, en tant qu’auteur, bien sûr. Nous avons tous un désir de reconnaissance, le besoin de partage, de nous dire que nous n’avons pas été inutiles, que nous avons aidé quelqu’un à sourire, à rêver, à se retrouver. Cela arrive plus souvent qu’on le croit. C’est en tout cas ce que je vous, que je nous souhaite: la littérature comme arme contre le malheur et instrument de solidarité humaine.
    Bonne journée à toutes et à tous!

    • Edmée dit :

      Je suis moi aussi tellement surprise de tout ce qu’on découvre en entendant une confidence ici et là… en les mettant ensemble on réalise à quel point le ciel est bouché pour les petits éditeurs et auteurs. Et notre seule consolation est que quand on nous complimente (en dehors de nos proches qui sont dans un schéma qui souvent leur interdit – voir les empêche – d’avoir éventuellement une réticence) on le fait sans flatterie mercantile. Et ça… c’est irremplaçable!

      Nous tiendrons le coup… sans nous enrichir de sous mais de contacts et de plaisirs bien!

      Merci pour cet apport!

  19. Alain dit :

    Un joli coup de griffe dans un gant de soie ! Je connais dans ma région, un « petit éditeur » qui publie de très grands et beaux livres, tous consacrés aux Pyrénées. Montagnes, piémont, villes et grands sites. Ils sont souvent riches et agrémentés de photos magnifiques. Il en publie d’autres, aussi, moins « touristiques ». Des témoignages, sincères, authentiques, simples mais pourvus de beaucoup de bon sens. J’ai abandonné depuis longtemps la tête de gondole et préfère fouiller. Pour mon plaisir je deviens un vieux grincheux qui tente, au cinéma, de fuir au maximum les blockbusters pour, bien souvent, plus de plaisir et de belles surprises avec les films produits par des circuits indépendants. Il en va de même pour mes lectures. Internet m’a gâté. Les publications d’Armelle, m’ont comblé. Il en va de même pour les tiennes. En plus d’une belle écriture, vos œuvres ont le grand mérite de transporter le lecteur vers d’autres horizons. Je l’écris et le pense sincèrement. J’ai lu plusieurs de vos livres pour des personnes privées de ce plaisir. Succès garanti. Je tiens à préserver ma liberté et mes goûts, mais plus que tout, fuir l’aspect commercial qui étouffe. Échapper à tous ces présentateurs, de prime time, qui prétendent avoir tout lu, tout vu, tout entendu. À croire que leurs journées durent une éternité. Avec leurs dents « trop blanches » et leur langue bien acérée, ils ne sont rien de plus que des représentants, pour tel éditeur, ou telle production, en échange, j’imagine, d’un quelconque avantage. Ici, on appelle ça des « ménages ». Certains ne ressemblent pas encore à des « squelettes bien propres ». À l’écran en tout cas. Pour une bonne et seule raison, ils sont maquillés comme des camions volés. Quelques vrais amoureux de beaux textes, partagent leurs émotions ressenties dans des émissions en troisième partie de soirée. Heureusement le replay permet de leur donner un peu plus d’audience. Mais ils sont devenus rares. Donc, précieux ! Bonne semaine Edmée.

    • Edmée dit :

      Oh que tu m’as fait rire… Mais c’est si vrai! Finalement ces « gros auteurs » (pas tous quand même) sont, sans le réaliser, devenus les représentants de leur éditeur. Ils ne travaillent plus pour exprimer leurs pensées mais pour exprimer ce qui fut leur pensée, a « marché », et qu’on leur demande de ne ,plus changer d’un iota. Et chaque livre est un replay des autres…

      Le diable ne s’habillait pas en Prada mais avait de juteux contrats…

      Bonne semaine à toi aussi, cher Alain!

  20. Moi qui te connais depuis presque une décennie (et oui, le temps passe…) et qui ai connu les débuts de ton blog où tu nous annonçais depuis le New Jersey la sortie de ton premier livre en Belgique, je mesure le parcours littéraire que tu as accompli depuis lors et je suis content de lire que tu en est satisfaite.

    Sur le fond du débat, comme Célestine, l’important est que les gens continuent de lire, car qu’on le veuille ou non, les ventes et prêts de livres diminuent car on consacre de plus en plus de temps à Facebook et autres réseaux sociaux. C’est du temps que certains consacraient autrefois à lire. Ce n’est donc pas facile pour le monde littéraire et je me réjouis en particulier du succès de nos auteurs belges, qu’ils soient publiés dans une grande ou une petite maison d’édition. Merci aussi aux blogs littéraires qui permettent de découvrir des auteurs qui n’ont pas accès aux plateaux télés (ce qui est d’ailleurs de moins en moins le cas, sauf dans des émissions où on t’invite pour faire le buzz avec une phrase sortie du contexte).

    • Edmée dit :

      Tu as tellement raison… J’ai une connaissance qui a été invitée à « une émission littéraire ». Elle a 90 ans. On lui a promis un quart d’heure au moins elle a poireauté une heure et demie que tous les autres invités plus connus se gargarisent vigoureusement et puis pratiquement on la voit cinq secondes au cours desquelles elle a bien du mal à terminer une phrase 🙂

      Bonne semaine Petit Belge!

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