Une mort lente certes, mais pas le bon poète !

Martha Medeiros … vous la connaissez sans la connaître. C’est elle, et non Pablo Neruda, l’auteur de « A Morte Devagar », soit Il meurt lentement. Et elle mérite bien la maternité de ce beau texte sain et insufflant la vie, la passion de la vie, son appétit…

Martha Medeiros

Martha Medeiros

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d’émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés

 

Mais oui, et comment ! Malheur aux tièdes. Ce n’est pas vraiment nouveau !  Diderot avait une haine pour les âmes molles et ordinaires dont il faut dire qu’il n’y a pas assez d’étoffe pour faire des honnêtes gens ou des fripons. Et il rappelait qu’il est dit dans l’Evangile « Malheur aux tièdes car le Seigneur les vomira ! ». Pauvres êtres qui ne vivent que la vie diminuée des ombres, concluait-il. S’il ne faut pas être dépendant de la passion et des émotions fortes, les craindre et les même repousser est refuser de vivre et donc  oui… mourir lentement.

 

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu’il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n’a fui les conseils sensés.

 

On ne peut pas accepter d’être malheureux si le changement n’attend que nous. Si on traîne la jambe dans un métier qui nous fait vouloir rester au lit le matin, on fait du tort et à l’employeur et à nous même : on ne peut travailler bien en métronome sans joie. Si on traîne la jambe dans une relation, c’est pareil : on ne donne plus que son « devoir » et un attachement qu’on s’efforce de nommer amour pour l’anoblir. Au lieu d’affronter la chose et de peser les solutions qui existent, on dit je suis bien avec la voix et on pleure avec le cœur – et fait pleurer.

 

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd’hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d’être heureux !

 

Mourons quand la vie est terminée, pas avant ! Pablo Neruda aurait été d’accord lui aussi…

 

Pablo Neruda

Pablo Neruda

Publicités

30 réflexions sur “Une mort lente certes, mais pas le bon poète !

  1. Marie-Noëlle Fargier dit :

    Alors là !!!! Certes, Pablo Neruda aurait été d’accord.

  2. anne7500 dit :

    Je ne savais pas que le vrai auteur n’est pas Neruda. Ca n’enlève rien à la force de ces vers mais merci de rendre justice à leur auteure.

    • Edmée dit :

      Bien entendu je l’ai su par hasard mais depuis je trouve triste qu’on l’attribue à Neruda, ce qui est un hommage peut-être mais… qui fait un détour 🙂 Rendons à Martha ce qui est à Martha!

  3. K dit :

    A te lire, je fais un rapprochement peut-être inapproprié avec…
    « Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît. Tu risquerais de ne pas t’égarer ».
    Rabbi Nahman de Bratslav.
    C’est l’incipit de « l’Intranquille » de Gérard Garouste.

  4. Edmée dit :

    Et je ne connaissais pas cette citation mais… qu’elle est bonne! 😉 S’égarer… quelle découverte!

  5. blogadrienne dit :

    il est même inutile de se forcer puisque – paraît-il – nous avons tous un grain de folie 🙂
    (en néerlandais on dit: « doe gewoon, dan ben je al gek genoeg » 🙂 la vie dite « ordinaire » est déjà bien assez folle :-))

  6. Angedra dit :

    Oh comme je suis pleinement dans cette façon de voir la vie ! Cela a été, et est encore, ma façon de vivre. J’ai déjà tout abandonner, tout quitter pour suivre un rêve… qui est devenu réalité. Je me suis également brulée au feu de la passion, que cela était bon, merveilleux, beau, et difficile en même temps. J’ai vécu de très belles folies au sein d’amours extraordinaires.
    J’ai vécu sans tiédeur, j’ai pris des risques, et j’ai toujours cette folie de la vie en moi.
    Tu rétablis la vérité sur l’attribution de cette poésie de l’amour de la vie. Rien d’étonnant que ce soit une femme qui ressente cela.

    • Edmée dit :

      Je suis heureuse pour toi que tu aies su suivre les appels du bonheur, du courage d’être heureuse. de risquer de faire une folie et d’en garder la lumière quoi qu’elle soit devenue, cette folie.

      Oui, cette femme a un message bien féminin, audacieux et serein à la fois…

  7. Florence dit :

    Cet écrit n’est pas répertorié dans la liste de ceux de Neruda !
    Je ne connaissais pas cette femme !
    Il y a, malheureusement, beaucoup de gens qui sont des morts vivants, et de plus en plus. A par les travailleurs indépendants qui choisissent d’exercer une activité qu’ils aiment, les autres prennent souvent ce qu’il trouvent sur le marché, que ça leurs plaise ou non. Même les études aujourd’hui, ne garantissent plus toujours de travailler dans le domaine choisi. Les gens prennent ce qu’ils trouvent et « traînent la jambe » tous les matins pour aller gagner le pain quotidien de leur famille. Je connais bien des femmes qui aimeraient rester chez elles, mais ne le peuvent pas, car elles doivent apporter leur part de revenu. Autrefois, les parents donnaient une dote à leurs filles, et maintenant elles doivent, comme leurs frères, avoir une situation, que cela leurs plaisent ou non.
    Non, pour le commun des mortels, la vie n’est pas toujours agréable et il ne fait pas toujours ce qu’il veut, car il faut bien manger, se loger, et payer les charges imposées par l’état. Malgré la maladie qui ne m’a pas permis de vivre pleinement ma vie, j’ai quand-même eu de la chance d’être née avec de multiples dons artistiques et la possibilité de pouvoir créer. Le temps que mon corps me l’a permis, j’ai vécu la vie que j’aimais, cela n’est pas donné à tout le monde.
    Il ne faut pas être trop dur avec les gens, beaucoup font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, et cela n’engendre pas forcement le bonheur, loin de là ! Je ne suis dure, et même intraitable qu’avec les méchants ! Tu me diras qu’il y en a beaucoup, et c’est vrai ! L’homme est trop souvent une vraie saleté !
    Bises bretonnes chère Edmée pour une bonne fin de semaine.
    Et aussi : Paul et moi te souhaitons un bon mois d’octobre !
    Florence

    • Edmée dit :

      Merci pour vos voeux de bel automne, Paul et Florence!

      Bien sûr, nous sommes nombreux à travailler pour vivre et pas par passion. Ce fut mon cas toute ma vie, j’ai fait les arts déco, adorais l’écriture et l’histoire de l’art et me suis retrouvée à me prendre le nez avec des gratte-papiers de toute sorte, des chef(fe)s de bureaux aigris, des discussions humiliantes pour simplement garder ma place que quelqu’un d’autre convoitait etc…Ça m’agaçait mais ne m’a pas rendue malheureuse.

      J’ai eu ce que j’ ai pris, on ne me l’a pas donné sauf de rares et précieuses choses (mes parents, quelques rencontres merveilleuses…). J’ai voulu être heureuse et vivre, et je l’ai fait.

      Bises liégeoises un peu bruineuses, chère Florence!

  8. Armelle B. dit :

    Sans passion et sans quelques folies, la vie serait bien banale. Seulement, elles se font payer cher et exigent de nous une âme forte et une indéniable vitalité. Et c’est bien qu’il en soit ainsi. Une vie doit avoir du…goût.

  9. sandrinelag dit :

    Même la médecine le dit : plus vous bougez, plus vous communiquez, plus vous réfléchissez, projetez, riez, exultez… pour faire court, plus vous vivez intensément et plus vous « risquez » de vieillir en moins mauvaise santé que les autres. 🙂

    • Edmée dit :

      Le simple bon sens… mais il y a les tièdes, les frileux, les trop prudents, et ceux qui ne veulent rien lâcher… Ils ne lâchent rien et se retrouvent accrochés à la cause de leur morosité et amertume!

  10. Je ne connais ni l’une, ni l’autre, mais suis d’accord avec le message! Pour rebondir sur le commentaire de Florence, il y a des gens qui font leur boulot juste pour gagner leur vie, mais qui arrivent à côté à consacrer du temps à leur passion ou à leurs rêves : ce qui permet ainsi un équilibre. Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      Je crois aussi que l’on peut donner plus d’importance au temps qui nous reste pour nous que d’amplifier à plaisir celui qu’on vit au service du devoir. C’est l’intensité qui compte…

      Bon week-end aussi!

  11. kakushiken dit :

    Ah ah ah, je suis mort de rire sur lesdits de Messire Diderot faisant appel jusqu’à la Bible pour fustiger ses ouailles… C’en est presque à se taper sur le ventre ! Je ne connaissais pas Martha Medeiros, non plus…
    En ce qui me concerne je préfère mourir lentement, afin de me rappeler comment était la vie…
    J’ai croisé de ces « torches humaines » brûlées au feu de la passion, sacrifiant tout et tous pour leurs plaisirs égoïstes…
    J’ai sondé leurs âmes et tu sais quoi ? Ils n’ont aucun regret d’avoir tué leur conjoint(e) du moment. Seul les intéresse leur petit plaisir sirupeux… (Par « tué », j’entends au sens propre et figuré.)
    Je me suis nettoyé après le contact de ces gens répugnants… Rien à faire, je préfère mourir lentement…
    😉

  12. Lauriza dit :

    Vivre intensément et mourir en paix voilà ce que tout être humain devrait avoir droit.

    • Edmée dit :

      Voilà aussi ce que tout être humain devrait « prendre », car je connais trop de gens qui geignent pendant 50 ans et puis disent que « de toute façon maintenant c’est trop tard »… 😦 Ils n’ont pas osé avoir respect d’eux-mêmes!

  13. Françoise dit :

    L’important est d’être en accord avec ses choix. Nous préférons parfois ne pas vivre une passion pour épargner nos proches, nous avons pris la décision, et n’avons donc pas à le regretter. Bien sûr que nous passons parfois à côté de personnes, de situations, qui nous apporteraient peut-être plus de satisfactions dans notre vie, mais si l’on choisit de ne pas le faire, c’est en toute objectivité. Donc sans regrets. Je ne sais pas si je suis bien claire… (sourire)

    • Edmée dit :

      Oui oui… Je pense que ne pas vouloir blesser ses proches en vivant une passion se justifie si ces mêmes proches sont dignes de ce sacrifice ou renoncement.

      Et alors en effet, on n’a rien à regretter.

      Par contre je défends le droit à l’amour d’autrui, et pas uniquement un « arrangement » qui en arrange un et prive l’autre. 🙂

  14. Alain dit :

    Je ne connaissais pas non plus, Martha Medeiros.
    Voilà de bien jolis vers à ranger dans le « tiroir en cas d’urgence ». À lire et relire dans les moments de doute pour ne jamais laisser passer la passion. Agir dans l’instant. Foncer quand elle se présente. Oser prendre de nouvelles directions, parfois en se trompant de routes, trébucher sur des obstacles ou les contourner, prendre des risques, pour ma part, ces expériences, pas toujours des réussites d’ailleurs, font partie de la vie. Et sont toutes porteuses de leçons, à apprendre et à retenir.

  15. Edmée dit :

    Je sais que tu ne sillonnes pas les mers de Facebook, où ce poème ne cesse d’apparaître en étant attribué à Pablo Neruda…

    Non, la passion ne s’ignore pas, et se tromper est moins grave que ne pas essayer… Nous apprenons toute la vie, sauf si nous n’osons pas ouvrir le livre des passions!

  16. PHILIPPE D dit :

    « Mourons quand la vie est terminée » ! Comme c’est bien dit !
    Bonne fin de semaine.

    • Edmée dit :

      Merci Philippe… En fait c’est ainsi que mon père avait expliqué la mort à mon petit frère : on meurt quand la vie est terminée. Ca lui avait enlevé sa peur car c’était logique 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s