Saint Nicolas…

Je venais de promettre que je serai sage... Bien sûr, que j’y croyais ! Je ne trouvais même pas ça bizarre, ce vieux monsieur aux habits tellement peu pratiques circulant sur un âne étrillé et bouchonné de frais, bravant le vive le vent, vive le vent d’hiver, ne craignant pas de finir dans une glissade tragique sur les toits d’ardoise. Que passer dans la cheminée l’aurait grillé et noirci je n’y pensais pas. C’était un miracle et donc ça n’avait pas besoin d’être plausible. Et au fond… de quelle naïveté peut-on parler, puisqu’on me demandait bien aussi de croire au « bon Dieu », à Moïse qui ouvrait les eaux d’un geste de gourou, à des pains multipliés, du vin inépuisable, des anges venant à tire d’ailes apporter de bonnes ou terribles nouvelles, une lyre ou une palme entre les mains manucurées…

L’avantage de Saint Nicolas, c’est que lui, il avait une incidence sur ma vie. Oh je n’aimais pas trop qu’il vienne à l’école et qu’il lise devant tout le monde que je bavardais en classe (« dissipe ses compagnes »), ce qui semblait figurer dans l’énorme registre de l’actif et du passif de ceux qui étaient alors l’avenir d’une nation qui se remettait de la guerre. Je trouvais aussi qu’il était un peu coquet et futile, car sa robe à l’école n’était pas celle qu’il mettait au Grand Bazar, pas plus que la barbe d’ailleurs. Avait-il un coiffeur pour barbe qui la lui bouclait ou la lissait, voire lui donnait un aspect d’étoupe un peu rustique ? Au Grand Bazar c’était de charmantes jeunes filles déguisées en pages qui l’aidaient, alors qu’à l’école c’étaient les sinistres religieuses (oui je sais, j’ai une dent contre elles, mais elles m’ont assez mordue et maintenant c’est mon tour…). Au Grand Bazar il acceptait bien volontiers mes affirmations sur le fait que j’étais gentille et travaillais bien et il me donnait alors le cliquet infernal, horreur des parents, que l’on enfouissait en poche en croyant atténuer le clic-clic-clic, alors qu’à l’école, eh bien… avec le registre traître que les chères sœurs lui apportaient, il ne me restait qu’à promettre de faire mieux et repartir avec un petit filet aux mailles rouges rempli de pièces d’or en chocolat.

Le cliquet, terreur des parents

Le cliquet, terreur des parents

Mais à la maison, ah ! Notre jardinier Léon enfilait une paire de gants  blancs, et Mademoiselle (Sibylla, qui avait le béguin pour lui) veillait à ce que nous soyons bien dans la chambre à jeux à une heure dite, de bonne humeur, et pas en train de nous disputer, mon frère et moi. La porte s’entrouvrait brusquement et, merveille, miracle, magie, splendeur, la main gantée lançait avec force des nic-nacs et des petits caramels. Une fois, deux fois, trois fois même ! J’étais hystérique, persuadée d’avoir vu une apparition aussi impressionnante que Sainte Thérèse de Lisieux ou Saint Antoine de Padoue. Si pas plus. Si, plus ! Car si j’avais rencontré le saint ou la sainte, j’aurais dû me prosterner en prières, m’inonder d’eau bénite, et peut-être, peut-être, promettre d’entrer dans les ordres pour leur faire plaisir. Ici, la joie pure et aucune autre promesse à faire que, si jamais il nous l’avait demandé, celle d’être bien sages. Mon frère et moi nous précipitions sur les bonbons – après qu’il ait hurlé d’effroi… Mademoiselle, toute à la joie d’avoir entrevu la main gantée de son bien-aimé, nous rappelait à l’ordre : comment, on ne remerciait pas ??? Aussi hurlions-nous comme des cheminées d’usine… Merci Saint Nicolaaaaaaas !

J’imagine notre bon Léon redescendant l’escalier en hâte, souriant et pensant – avec son accent wallon – que nous étions bien mamés asteure.

Ma grand-mère – Edmée, l’autre – m’avait certifié avoir vu le Saint sur le toit du Grand Bazar. Avec l’âne, la hotte pleine de jouets, la belle soutane et tout et tout. Une preuve de plus, pensai-je alors ! Si Bonne mammy l’a vu, alors… Elle expliquait même, avec un bel aplomb, que si les gens ne le voyaient pas, c’est qu’ils ne regardaient pas en l’air, or il était évident que les cheminées ne se trouvaient pas sur les trottoirs…. Elémentaire, ma chère Edmée.

Une année, elle s’était arrangée avec lui – étaient-ils en correspondance ? – pour qu’il vienne déposer les cadeaux dans son salon pour ses trois petits-enfants. Chez elle, il agissait autrement que chez nous où souvent il nous offrait un vêtement dont nous n’avions pas tellement envie mais qui allégeait élégamment les dépenses de ma mère puisqu’il paraît que nous n’en finissions pas de grandir. Et il se limitait à un ou deux « beaux » jouets amusants. Alors que chez Bonne-Mammy, pour le prix de deux beaux jouets on avait 50 horreurs qui nous faisaient gémir de joie. Tout était cassé endéans les deux jours mais quel plaisir ! Et cette année-là, elle avait acheté de grands sacs de gaze  bleue, qu’elle avait remplis (enfin… que le bon Saint avait remplis…) de multiples ancêtres des jouets made in China 20 pour 1 Euro. Et, absolument ravie, je me suis exclamée : « Oh ! Des sacrebleus ! »

On voit le genre de « jurons » que l’on employait chez moi….

Mais le bonheur, ah le grand bonheur que c’était que de descendre de nos chambres le matin et d’aller voir dans le salon de ma mère s’il était passé. Devant la cheminée de briques rouge était tapi un petit poêle à charbon replet de fonte noire, avec des pieds griffus et des fenêtres de mica derrière lesquelles dansaient les braises. C’était sous son ventre que nous déposions nos pantoufles, et sur lui – éteint pour la nuit – que nous avions déposé l’assiette avec la carotte et la tranche de pain pour le cher âne. L’émotion m’étreignait en ne trouvant plus que des miettes… j’imaginais combien l’âne avait dû être content par ce froid d’avoir une belle tranche de pain blanc et une carotte. Et dans nos pantoufles, la récompense pour une gentillesse qui s’était prolongée aussi loin que possible : une petite pomme de massepain cru, rose et jaunâtre, ou une carotte pimpante, orange et un peu ridée, ou encore quelques pièces d’or en chocolat. Un cœur dentelé d’arabesques en massepain cuit, typique de notre région liégeoise (pour les malheureux qui ne savent ce qu’est ce délice, je vous conseille ce détour qui vous dira tout ou presque). Ou un charbon si la gentillesse n’avait pas émergé la veille. Que je remettais fièrement dans la huche à la cuisine, imaginant que ma mauvaise humeur allait procurer 5 minutes de chaleur malgré tout. .. A quatre pattes et en pyjama, mon frère et moi nous faufilions derrière le poêle pour enfiler nos têtes dans l’ouverture de la cheminée, et lancions un Merci Saint Nicolas si sonore que nous aurions pu briser les vitres.

Casse-noixEt le bonheur d’avoir des mandarines, des noisettes, des noix que l’on ouvrait avec le casse-noix en forme de gouvernail. Les dates farcies au massepain… Et les figues et raisins secs… Tout évoquait un long et mystérieux sommeil qui allait saisir la région au sortir des fêtes, le sommeil de l’hiver. Les flammes dans les feux ouverts et les poêles, celles des bougies, les fausses capturées dans les réverbères qui éclairaient notre retour à la maison en quittant l’école. Arrivait le temps des petits déjeuners de porridge qui brûlaient la paroi de l’estomac, avec cette blonde cuillerée de cassonade ; les œufs au lard ; les vieilles pommes de terre infectes à la teinte morne; le bouillon et la biscotte de 4 heures. Dans la chambre à jeux, mon frère et moi hésiterions longtemps avant de manger ces séduisants Peter Pan ou Blanche Neige de massepain que l’on aimait trop regarder. Et puis on cédait. La tête de nos héros fondait contre nos palais ingrats.

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50 réflexions sur “Saint Nicolas…

  1. Je ris car mon mail vient de croiser ton article…Ah tous ces heureux souvenirs! Tu sais que moi vers quatre ans je ne croyais plus au grand saint? Ma maman travaillait à Priba et les enfants du personnel étaient convié à une fête. Distributions de cadeaux, les enfants montaient sur la scène chacun à leur tour. Misèèèèèère quand vînt mon tour, je reconnus le visage et surtout ses yeux qui louchaient de celui qui avait revêtu la robe rouge, c’était le boucher du magasin et je le voyais presque chaque fois que j’allais rechercher maman…..Il a vu que je le reconnaissais et quelqu’un m’a prise dans ses bras car je voulais tirer sur sa barbe. Tu parles d’une aventure….

  2. Florence dit :

    Comme tu nous as bien raconté « Tes » St Nicolas !
    J’aime aussi tes photos ! Tu étais toute mignonnette avec le vieux monsieur, qui était peut-être tout jeune, va savoir ! Et ton casse noix, que tu as gardé, une merveille !
    C’est curieux, je n’ai jamais comparé la croyance de ces fêtes de fin d’année avec la croyance divine ! Evidemment, pris comme ça …!!!
    Enfin, moi qui était croyante, je n’ai jamais cru en St Nicolas ou au Père Noël ! J’ai su tout de suite que ce n’était pas vrai. Ce qui n’a en rien nuit à la magie de Noël ni à la fête du 6 décembre où nous avions quelques gourmandises. Comme j’étais malade (et oui, déjà !) et que je n’avais jamais faim, même pour les sucreries, je ne mangeais pas les fruits et légumes en massepain ni les sous en chocolat, mais j’avais beaucoup de plaisir à les recevoir, ils me servaient pour mes dînettes ou pour jouer à la marchande. Oui, tout ce que tu racontes, me reporte dans ma tendre jeunesse, dans la grande maison familiale ! Années qui ont sans doute été les plus belles de ma vie, mais je ne le savais pas !
    Merci Edmée pour cette jolie évocation des fêtes de l’Avent, avec ce bon vieux St Nicolas !
    Il fait de plus en plus froid, et chez toi, ce doit être pire !!!
    Bonne soirée avec de bons bisous chaleureux !
    Florence

    • Edmée dit :

      😉 Je crois que le vieux monsieur était réellement vieux car il a des pantoufles bien confortables… et peut-être des caleçons longs sous la belle robe!

      Dommage que tu étais déjà malade mais ainsi tu n’avais pas mal au ventre de faire bombance avec les sucreries!

      Non, on ne sait pas combien certaines périodes sont belles, sauf quand elles sont passées. Et alors, heureusement, on a les souvenirs et on peut s’émerveiller d’avoir vécu tout ça!

      Bons bisous à toi aussi chère Florence, et bonne fin de soirée

  3. SL dit :

    A Paris, saint Nicolas était le Père-Noël (le produit marketing de Coca-Cola). Sa barbe était majestueuse, ses habits douillets quand nous passions sur le boulevard Haussmann. Parfois, ailleurs, devant des supérettes à la périphérie, il ressemblait à un pauvre hère et faisait pitié à tel point qu’on se demandait s’il n’était pas plus raisonnable qu’ils gardent les cadeaux et les revendent pour se procurer des bottes plus chaudes. C’est dire si nous étions déjà perplexes. Le coup de grâce a été donné lorsqu’une copine nous a fait écouter un enregistrement audio (une cassette) du Père Noël. Celui-ci faisait des recommandations pour l’année à venir (bien faire ses devoirs, ranger sa chambre, manger de tout, etc.). Le problème est qu’il avait un très fort accent du sud-ouest de la France… Nous avons tout de suite compris la supercherie et cela nous a irritées. Nous étions déçues… non pas déçues qu’il n’existe pas mais déçues d’avoir été bernées de manière aussi grossière… Et nous n’avions que 6 ans!

    • Edmée dit :

      C’est vrai que les enfants pensent d’une façon bien personnelle et n’aiment pas être dupés. Mon amie n’a plus cru à St Nicolas parce qu’à l’école – chez les mêmes horribles « chères soeurs » que moi – il a refusé, devant tous les autres enfants, de lui donner un cadeau parce qu’elle a promis d’essayer d’être sage mais pas d’être sage tout court. Elle a trouvé qu’il ne pouvait pas être un « saint » en étant aussi injuste et irréaliste…

  4. fred dit :

    Tes récits sont toujours harmonieux et tout en pudeur et douceur! Nous en France c’est un autre Nicolas que nous venons de remercier quelques mois à ,peine, mais il était un peu plus « glin glin  » que le tien et surtout bien plus vulgaire!

  5. Philippe D dit :

    Eh oui! saint Nicolas, c’était le retour des mandarines! C’était aussi le moment de déguster des Chokotoff et de recevoir de nouveaux légos.
    De bons souvenirs d’enfance. Regard nostalgique sur le passé.
    Bon dimanche.

  6. Bizarrement, je n’ai pas de souvenirs marquants de Saint-Nicolas, ni négatifs, ni positifs. Oui, je me souviens que j’allais le voir au magasin, que j’avais des cadeaux, mais ce n’est pas quelque chose qui m’a marqué. Ni Noël d’ailleurs. Et devenu adulte, je participe aux fêtes mais sans plus (je pourrais m’en passer aussi).

    Bon dimanche malgré la grisaille.

    • Edmée dit :

      Mais c’est bizarre, ça! Les cadeaux, sucreries… ça excite tout le monde, pensais-je! Tout au moins pendant l’enfance, car maintenant, j’attends que Noël passe et me fiche la paix 😉

  7. Pâques dit :

    Nostalgie !
    Comme c’est bien raconté, Très juste – ..  » dissipe ses compagnes « . 🙂
    Pour moi ce fut une énorme déception de savoir qu’il n’existait pas, j’avais sept ans et c’est une amie qui me révéla cette terrible nouvelle, j’étais effondrée, maman me consolait, tu auras encore des jouets etc..
    Mais le monde sans cette part de magie me paraissait bien terne !
    J’ai du attendre mes 13 ans et le premier amour pour retrouver cet émerveillement…

    • Edmée dit :

      Ne me dis pas que tu obliges Marlon à porter un pyjama de Père Noel… rassure-moi 😉

      Mon frère et moi nous sommes empressés de dire « la vérité » à notre petit voisin de la façon la plus burlesque: « Saint Nicolas, c’est ta maman! ». Il a pleuré aussi, et la maman, qui était Russe et roulait de terribles RRRRR, est venue comme le tonnerrrrrrrre pourrrrr bien nous tirrrrrrer les orrrrrrreilles!

  8. JMB dit :

    Chez nous, laïcité de mon grand père obligeant, pas de père noël mais des cadeaux au 1er de l’an. De plus les jouets apportés par le père Noël aux enfants de « la commune libre » du Mollard étaient fabriqués par les hommes du quartier dans l’atelier de mon père…Donc je ne me souviens pas avoir cru à ce conte, par contre je n’ai jamais trahi cette légende, trop fier d’être dans le secret des « grands », je me sentais très important à faire semblant d’y croire à l’école….
    Et après les adultes expliquent aux enfants qu’il ne faut pas mentir 🙄

    • Edmée dit :

      🙂 Il y a mentir et inventer, ha ha ha! Mais bon, on nous nourrit de légendes, que ce soit celles des évangiles ou celles des frères Grimm… et on a beau ne pas être certains que tout soit vrai… on aime y croire!

      Je croyais à Peter Pan et laissais le rideau entrouvert pour qu’il puisse entrer, et croyais à mon « ange gardien » pour qui je laissais une petite place sur ma chaise (il devait être vieux et fatigué de me suivre partout 😉 )

  9. jeanne dit :

    moi j’y croyais
    même à la poupée recyclée qui avait un doigt cassé
    maladroit le père noel me disait ma mère
    j’ai aussi cru aux chateaux en espagne
    à quoi d’autre ?
    à l’amour toujours
    je souris !!
    belle journée

    • Edmée dit :

      Mon frère a eu « le même tricycle que moi » mais… dans une autre couleur. Moi… je n’en avais plus, devenue trop grande. Mais oui… on croyait à tout ça!

      Bonne semaine….

  10. gazou dit :

    Comme tu les racontes bien tes souvenirs d’enfance !
    Il ne me semble aps avoir des souvenirs aussi précis de ma petite enfance

    • Edmée dit :

      Je t’avoue qu’au début, je me souvenais de moins de choses. Mais une fois que je me suis mise à écrire, c’est comme si une couche en enlevait une autre… et tous les souvenirs se présentent, intacts!

  11. Je n’ai jamais eu de Saint Nicolas chez moi mais ce que tu racontes évoque mes souvenirs du Père Noël ou plus exactement du Petit Jésus, car chez moi , on ne parlait que de lui!

    • Edmée dit :

      Oui…. c’était partagé. Ma famille n’était pas trop attachée à Jésus et donc c’était ce bon vieux Saint NIcolas, et d’ailleurs je ne comprenais pas du tout comment des enfants pouvaient croire qu’un bébé apportait tous ces cadeaux ;-)…

  12. Claude Danze dit :

    Et mon frère et moi avons feint longtemps d’encore y croire, des fois qu’avec la foi ne disparaissent les cadeaux.

  13. Edmée dit :

    Allez, on va croire à tout ça, c’est bientôt sa fête, au pauvre vieux…

  14. Nadine dit :

    Quel bonheur de lire tes souvenirs d’enfance et quelle petite fille délicieuse tu étais ! Tes écrits nous replongent dans notre propre passé. Dans ma région natale, on ne connaissait pas Saint-Nicolas, c’était donc le Père-Noël que mes cinq frères et soeurs et moi attendions avec grande impatience chaque année. Notre famille était modeste, néanmoins, nous avons toujours été gâtés. Je te souhaite de passer de bonnes fêtes Edmée.

  15. Adèle Girard dit :

    Il y eu d’abord la crédulité et vient ensuite la réflexion. Le passage s’est fait en douceur. Je mêlais sans problème Saint Nicolas et le petit Jésus, après tout ils venaient tout les deux du paradis et devaient avoir des accords. Mais que de douceurs dans ces souvenirs de notre petite enfance ou tout était si simple et où nos cœurs étaient ouverts tout grands au bonheur et au merveilleux. Merci Edmée pour nous replonger dans nos souvenirs!

  16. Lauriza dit :

    Chez nous on parlait du Père Noël jamais de St-Nicolas. Je sais que j’ai eu de très beaux Noël, malheureusement les souvenirs se sont estompés et j »aimerai bien, comme toi, qu’ils reviennent au fil du temps de l’écriture.

  17. blogadrienne dit :

    que de souvenirs semblables aux miens, y compris la photo aux côtés du grand Saint 🙂
    et bien sûr, élevées comme nous l’étions, avec tout ce « merveilleux » biblique, nous y croyions..; aussi longtemps que les grandes personnes nous confortaient dans cette foi 🙂
    mais ces cliquets, tu vois, j’avais oublié!
    merci pour ce bon moment plein de souvenirs du temps passé 🙂

    • Edmée dit :

      Eh oui, on y tenait, à notre photo avec Saint Nicolas (qui n’avait jamais la même tête d’une année à l’autre…), et on n’était pas pressés de ne « plus y croire » car alors… finis les cadeaux du bon Saint, on était grands!

  18. Françoise dit :

    Le matin de Noël, mon frère et moi, nous étions fous d’impatience l’un et l’autre. Nous nous attendions pour être sûrs d’ouvrir la porte ensemble et de pouvoir crier de joie et nous émerveiller devant les cadeaux laissés dans les chaussures (il n’y en avait pas autant que ce que les gamins ont maintenant, mais cela nous suffisait amplement). Et toutes ces papillotes aussi ! J’ai de très bons souvenirs moi aussi de ces instants, et ton récit me les fait resurgir d’un coup. Quel bonheur ! 🙂
    Bonne soirée, Edmée, et bon week-end.

    • Edmée dit :

      Moins de cadeaux en effet, mais nous les adorions… Et c’est vrai qu’il y avait une telle émotion, une joie à mélanger le réel et l’irréel dans un seul élan….

      Bon week-end aussi chère Françoise!

  19. PHILIPPE D dit :

    Ah oui ! c’est vrai ! il apportait des mandarines ! Ça m’étonnerait qu’il en apporte encore maintenant.
    Je vais te dire : moi, j’y crois encore. Je dis cela pour qu’il m’apporte des cadeaux. Chaque année, j’espère, mais il oublie ma maison…
    Bon weekend.

    • Edmée dit :

      Laisses-tu l’assiette avec une carotte et une tranche de pain pour l’âne? Car c’est peut-être lui qui a une dent contre toi 🙂

      Bon week end aussi Philippe!

  20. Alain dit :

    Grand saut dans les souvenirs. À quatre ou cinq ans, j’ai également eu ma photo, mais avec le Père Noël, » le vrai, bien entendu ». Elle est restée longtemps sur le manteau de la grande cheminée chez mon grand-père. Mais le souvenir particulier que je garde bien en mémoire, c’est mon premier train électrique. Et la passion qui est née avec. À partir de celui-ci, tous les ans, des trains et les rails qui allaient avec complétaient les précédents. Des gares miniatures, les feux de circulation, les ponts, les petites maisons et les montagnes en carton-pâte. La collection devenait considérable et mon oncle avait cloué l’ensemble sur une grande planche. Le nombre d’heures que j’ai passé à faire circuler ces trains, allumer les feux, déplacer les maisons, les embellir aussi. Il ne m’en fallait pas davantage pour m’évader. C’est peut-être de là qu’est venue le goût des voyages. Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      Mais oui, les trains électriques! Mon père a gardé le sien très longtemps, et si je ne jouais pas, j’adorais le regarder ainsi que le « moderne » que mon frère a reçu, avec des petits accessoires qu’on ajoutait, comme toi, au fil des ans: des vaches, des fermes, des arbres en fleurs, des paysans au travail… c’étai un merveilleux travail d’imagination, et comme tu dis, il suffisait de peu pour nous emporter!

      Je ne t’oublie pas mais suis très occupée et enrhumée en prime 🙂 Atchoum quand même 🙂

  21. celestine dit :

    Ce qui me surprend toujours, c’est la précision de tes souvenirs, et notamment olfactifs et gustatifs. Il paraît que les odeurs sont les souvenirs les plus prégnants pour le cerveau.
    Chez toi c’est de la dentelle, de l’orfèvrerie, et tout un monde de gourmandise et de friandise qui jaillit de ta plume gourmande pour nous faire découvrir ces traditions nostalgiques.
    Saint Nicolas…je me suis dit déjà ? mais je vois que certains commentaires datent de décembre d’une autre année. j’ai été surprise de revoir jmb, notre garde champètre qui a disparu corps et biens de la blogo.
    Quant à ta photo tu es tout simplement à croquer dans ton petit manteau.

    Baci sorellita
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      Oui, j’ai re-publié un article de 2012… car déjà on voit les « gâteries » de Saint NIcolas dans les magasins, que j’adore (surtout le massepain cuit!). Et en effet, ça permet de revoir des blogueurs qui ont disparu…

      Baci sorellita!

  22. Colo dit :

    La fête qui m’a le plus manqué, car elle n’existe pas en Espagne, c’est bien cette Saint Nicolas!
    Que de souvenirs tu as et évoques chez moi, des choses oubliées comme les adorés et infernaux, c’est vrai, cliquets, puis les nic-nacs, l’excitation, tout y est. je lis que c’est en écrivant que beaucoup de souvenirs te sont revenus, quelle belle voie de la mémoire que l’écriture!
    Merci, bonne soirée.

    • Edmée dit :

      Exact, c’est comme si on déroulait une pelote de laine, quand il n’y en a plus il y en a encore, et tout surgit, tout se met en place…

      Bonne soirée aussi! 🙂

  23. Comme Célestine, la précision de tes souvenirs m’impressionne car j’avoue que moi, je n’en ai pas trop au sujet de St-Nicolas. Et au rayon gastronomie, on a parlé ci-dessus du massepain et des mandarines, mais n’oublions pas le St-Nicolas en speculoos ! Bonne semaine Edmée.

    • Edmée dit :

      Vrai qu’il existe aussi en Spéculoos mais je n’aime pas le spéculoos, donc on n’aurait pas osé m’en offrir 🙂 Massepain un jour, massepain toujours 🙂

      Bonne semaine à toi aussi!

  24. claudecolson dit :

    Eh oui, ce genre de choses a forgé les êtres que nous sommes devenus. Et même si ça ne devait servir qu’à nous procurer de doux souvenirs, l’âge venant, c’était bien innocent, d’où notre nostalgie.
    Chez nous, dans le Nord de la France, durant les années 50, il n’y avait aucun lien avec le père Noêl. Ça se fêtait fin novembre et début décembre pour la Ste catherine (comme preuve !) et il ne restait que ces personnages en pain d’épices recouvert d’une vague photo du saint qu’on trouvait je ne sais plus où. En revanche c’étaient surtout les prémices de la drague : nous, les garçons envoyionst aux filles de notre connaissance (et bien appréciées) des cartes postales d’alors (aujourd’hui surannées : rose et sépia, avec des paillettes kitch et parfois – comble du bon goût – un parfum entêtant et bon marché). délicate attention qu’elles nous retournaient à la Ste Catherine, comme de juste. Cela suffisait à notre bonheur de toute jeune personne.

    • Edmée dit :

      Je n’ai pas connu ces riantes coutumes du nord de la France 🙂 Mais Saint Nicolas n’a rien à voir non plus avec Noël pour nous. On avait des cadeaux aux deux fêtes mais Saint Nicolas était essentiellement pour les enfants,, il avait son cortège, ses pages, tout un folklore très amusant. Ensuite venait Noël et chez nous, (dans ma famille), bien qu’il y avait la crèche et le sapin, nous n’avions pas vraiment le sens d’une atmosphère religieuse. Mais au réveillon on mangeait des « bouquètes » (crêpes de farine de sarrasin) et on buvait du vin chaud, puis on ouvrait les cadeaux et allait dormir. Et le lendemain c’était la fameuse fête familiale avec la dinde qui n’en demandait pas tant…

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