Les bons et les mauvais

La lutte de la lumière contre les ténèbres. On nous la mentionne dès l’enfance, et il ne faut pas longtemps pour en sentir le déplacement d’air. On est en plein dedans.

Raphael Sadeler - Dieu le Père sépare la lumière et les ténèbres

Raphael Sadeler – Dieu le Père sépare la lumière et les ténèbres

Ça commence doucement avec le petit frère qui systématiquement vous accuse de tout ce qu’il casse, perd ou abime. C’est pas lui, c’est vous. Avec ce regard sournois que vous lisez parfaitement : ils me croiront et pas toi. Et comme il est petit, mignon, qu’en prime peut-être on ne l’attendait plus mais qu’il a rabiboché le mariage des parents, eh bien c’est vous qu’on accuse d’être méchante. Jalouse (l’accusation passe-partout qu’on offre aux femmes pour leur rabattre le caquet : tu es jalouse…).

Et si ce n’est pas le petit frère, c’est la petite cousine qui a eu la méningite et que depuis on gâte et entoure à outrance, et qui a découvert son savoureux pouvoir : elle pleure avec une mine pathétique en arrivant avec vous pour le goûter et tout de suite on vous demande ce que vous avez encore fait à la pauvre petite Ludivine qui est si courageuse. Et le regard de Ludivine a un éclair luciférien que seule, vous voyez. Mais vous êtes une enfant et savez qu’il ne sert à rien d’en parler car… ils ont des yeux et ne voient point, même Jésus l’a dit. Par contre ils entendent les gnangnanteries de Ludivine, ça oui !

Les Ludivines et petits frères grandissent ainsi que tous les autres monstres en devenir, et leur pouvoir s’affirme, que ce soit tout simplement dans un cercle privé (pauvre famille otage…) ou bien parce que leur ambition les place sur quelque siège important. Ils ne pleurent plus, bien sûr, leur goût du mal et de la manipulation jouit d’un autre savoir-faire, plus mûr. Bien que ceux qui se limitent à la famille et les proches utilisent encore volontiers la larme et la litanie de reproches. C’est pour mieux vous culpabiliser, mon enfant. Un reproche lâché au bon moment équivaut à une faveur aisément conquise.

Mais les grands méchants – les grands méchants loups – sont plus assertifs, et plus directs : les « autres » (ceux qui ne sont pas comme eux) sont des cons, n’ayons pas peur des mots, et c’est à cause d’eux que tout va mal. Donc, en avant les « malins » (et finalement, oui, le malin n’est pas loin…) pour rectifier les choses sous leur commandement éclairé.

Mais je sais aussi que, aussi mal qu’insultes, dols, traitrises peuvent faire, le bien qu’un sourire, un toucher de la main, une bonne action exercent est plus puissant parce qu’il allume un monde entier dans le cœur. Les bonnes pensées sont peut-être (peut-être…) moins nombreuses que les mauvaises, mais leur pureté les rend suffisantes pour garder la lutte active : les ténèbres ne s’installeront que sur le versant sombre, le soleil de l’amour viendra ensuite l’illuminer tandis que la lune des fureurs ramènera le combat. Sans cesse.

Il n’y aura, à mon avis, jamais de paix durable ou complète, jamais de justice profonde, jamais de monde idéal, jamais d’équilibre tel que nous le rêvons. Mais il n’y aura jamais non plus un chaos installé sans résistance, une résistance douce mais persistante. Et quand on me dit que les couvents ne servent à rien, je réplique détrompez-vous, peu importe leur foi et la langue de leurs cantiques, et peu importe aussi combien y sont pour le service de leur foi ou simplement pour une vie à l’abri, ceux et celles qui prient retiennent eux aussi les ténèbres, avec la force de l’amour.

saint-michel-archangeLa méchanceté, le mal humain, c’est une maladie. On l’a dès la naissance ou on peut aussi y basculer avec l’âge. Bien qu’alors ce ne soit qu’une expression d’agressivité de surface, déconcertante mais pas réellement dangereuse. Il est plus facile d’être « mauvais ». C’est le chouchou qui veut le rester ; c’est celle qui hait autrui pour être plus gai, talentueux, beau, vivant ; c’est celui qui attend des autres, avec des exigences impérieuses et un manque de satisfaction cent fois affirmé, qu’ils lui rendent la vie agréable et simple et lisse et indolore… Celle qui se grise du pouvoir de la manipulation-séduction. Ils nuiront toute leur vie, à grande ou petite échelle. Et en face d’eux certains se briseront, et d’autres auront l’armure de l’innocence.

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44 réflexions sur “Les bons et les mauvais

  1. Nous pouvons commencer par nous imprégner de paix pour la diffuser. Si chaque personne consciente s’y attelait… c’est comme dans l’histoire du colibri

  2. blogadrienne dit :

    ah la tyrannie exercée par le tout-puissant et tant aimé petit frère (essayons d’en rire ;-))
    et justement ça me touche particulièrement aujourd’hui, ce thème de la justice, à cause de choses qui se sont passées à l’école et pour lesquelles je me bats déjà depuis lundi… pour que les non-coupables n’aient pas à pâtir des actes des coupables!
    (bref, Madame est un peu énervée ;-))

    • Edmée dit :

      Je comprends Madame… Oui ça commence à l’école et on se demande pourquoi certains adultes refusent d’ouvrir les yeux. Bien entendu quand il s’agit des parents, comme leur progéniture est une extension d’eux-mêmes, s’ils ont des problèmes d’égo ils ne vont pas admettre que peut-être, oui, il y a un problème…

  3. Armelle B. dit :

    Tout est dualité en ce bas monde : c’est le jour et la nuit, le froid et le chaud et, bien entendu, le bien et le mal. Que serait l’un sans l’autre, le blanc sans le noir, le beau sans le laid et que deviendrait notre libre-arbitre s’il n’était pas en permanence sollicité par les extrêmes. Cette dualité répond de notre liberté. A nous d’en user à bon escient. Oui, nous aurons toujours à batailler avec nos contraires, à tracer notre route au milieu des écueils.

    • Edmée dit :

      C’est bien ça, Armelle. Il faut les deux, et s’indigner que le monde entier ne soit pas « bon » est tellement peu réaliste. Et d’ailleurs ce qui est bon pour nous… etc etc… (vieille rengaine sur un air connu 🙂 ). Notre libre arbitre, oui, et notre chance de nous développer et de peut-être… comme le disait Ralph Waldo Emerson, « partir en laissant le monde un peu meilleur, soit par un enfant sain, un parterre dans le jardin, ou une amélioration sociale. Savoir que même une seule vie a mieux respiré parce que nous avons vécu »…

  4. sandrinelag dit :

    Très joli texte, très juste, qui évoque les subtiles et puissantes mêlées des forces contraires en action dans nos vies. Et l’on « sent » le bien et le mal s’affronter dans une lutte, parfois flagrante, palpable, parfois invisible ou abstraite.
    Ce qui est formidable, universel, atemporel, c’est notre connaissance intuitive, libre de tout raisonnement, du bien et du mal. Lorsqu’on « fait le mal », on le sait au fond de nous, c’est une onde pertubante que l’on tente d’étouffer mais qui vibre dans nos entrailles. Lorsqu’on « fait le bien », la satisfaction et la paix nous comblent moralement et physiquement.
    Notre espèce est née à peu près libre de ses choix. C’est notre libre arbitre en toute connaissance de cause.
    Je crois qu’il n’y a pas vraiment de zone grise, indéfinie – sauf jugement altéré par la maladie ou la drogue. Il y a l’ombre et il y a la lumière. C’est à nous, hommes libres, de faire nos choix.

    • Edmée dit :

      Oui.. Je porte le poids de toutes les mauvaises actions que j’ai faites délibérément. Car bien entendu j’en ai faites, par facilité en général (je n’ai pas une nature intéressée et donc ce défaut-là ne m’a jamais alimentée, merci à tous les saints du ciel 🙂 ). Oui je savais mal faire. Et je l’ai fait. J’avais un choix…

      Choix qui se renouvelle sans cesse mais qui, ,je pense, avec l’âge, s’affirme dans son « état naturel ». On est honnête ou pas. On a désormais la force de ne pas craindre les conséquences et donc on choisit très librement d’être dans l’ombre ou la lumière.

  5. Adèle Girard dit :

    Il me semble que les petits tyranniques, deviennent souvent des grands tristes dans l’intimité de leur cœur.

    • Edmée dit :

      Ça ne peut pas rendre heureux, et les conforte dans l’idée qu’ils n’ont pas de chance. Mais en réalité ils choisissent l’ombre et s’étonnent d’y avoir froid…

  6. laurehadrien dit :

    eh non je ne crois pas aux théories rousseauistes de l’homme naturellement bon, j’ai vu trop de petits enfants méchants. Dieu merci, j’en ai vu de gentils et sensibles, mais souvent les premiers « bouffent » les seconds, qui doivent se forger leurs armes.

    • Edmée dit :

      Ah moi non plus je ne crois pas à cette bonté originelle, j’ai vu trop de monstres en culottes courtes 🙂 Et c’est vrai qu’il faut s’armer sinon on est happés dans la gueule de Moloch…

  7. Angedra dit :

    Ombre ou lumière se projettent en nous dès l’origine, certains se sentiront à l’aise dans l’ombre et évolueront avec volupté et en toute connaissance. Ils ne pourront même accepter ceux qui apprécient la lumière, les rejetant avec dédain en essayant de les atteindre par leur nuisance.
    Ceux qui ont besoin de lumière suivent leur chemin, enjambant plus ou moins allègrement les trous noirs qui jalonnent la route. Deux forces s’affrontent, à chacun d’aimer ou de détester la vie !

  8. Pas très optimiste les deux dernières phrases. Pas dénué de bon sens non plus. Moi je pense qu’en fait ce sont les parents ou adultes qui sont le plus à blâmer. Mais au fait peut être qu’ils se reconnaissent dans ces diablotins. Dans ce cas là……….

    • Edmée dit :

      Il y a des parents qui sont les victimes de leurs monstrets dès le départ… Les monstrets « sentent » où sont les failles et foncent dedans… Maintenant… c’est la vie, après tout! 🙂

  9. celestine dit :

    Tu as raison, certains êtres cultivent le Mal d’autres le Bien, mais ce sont des archétypes. Moi qui ai un cerveau en étoile, je lutte contre ce manichéisme trop culturel, qu’on nous instille à coup de bible et de croyances, de westerns et de guerre des étoiles, selon lequel il n’y aurait que deux engeances, et qui ne laisse pas trop de places à l’infinie palette des sentiments humains, nuancés. Sommes nous bons ? Sommes nous mauvais ? Ou un savant mélange des deux qui varie en fonction de notre histoire personnelle, de nos rencontres, de l’humeur du moment ou de la personne que l’on a en face de nous ?
    Je sais,je suis un peu spinozienne, aujourd’hui.
    Cela n’enlève rien à la grâce de ton billet qui une fois de plus révèle la profondeur et la finesse de ton regard sur le monde
    Baci sorella
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      J’ai quand même l’impression que pour beaucoup on voit les prémices dans l’enfance 🙂 Maintenant, du « haut de mon âge », les monstrets que j’ai connus enfant sont devenus des monstres adultes. Je ne parle pas des enfants difficiles ou imprévisibles, bagarreurs ou pleurnichards, mais de ceux qui avaient déjà la méchanceté qui opacifiait leur regard. C’est resté. 😦

      Baci sorellita!

  10. Florence dit :

    Il ne faut pas être trop bon car on se fait manger la laine sur le dos. Pour les petits chouchous, il convient de les attaquer les 1ers, car ainsi ils auront une vraie raison de se plaindre. Que tu leurs fasses ou non quelque chose, de toute façon, ils t’accuseront ! La plupart des humain sont vraiment des sales bêtes !
    Bises bretonnes chère Edmée et bonne fin de semaine !
    ( j’ai vu la grosse lune ce matin en plein jour !)
    Florence

    • Edmée dit :

      Les chouchous sont insupportables et souffrent, mais j’ai peu de compassion je l’avoue. Parce qu’au lieu de tirer profit et de se calmer, ils dérapent encore plus 🙂

  11. Lauriza dit :

    Je ne pense pas que nous naissons foncièrement bons ou foncièrement mauvais. C’est ce que nous allons vivre d’abord avec les parents qui va nous forger un caractère et l’éducation reçue dès le plus jeune âge compte beaucoup. Il faut apprendre aux trop bons à ne pas se laisser faire et aux plus mauvais les reprendre et leur montrer que ce qu’ils font ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse. On ne vit pas dans un monde de bisounours on vit dans une jungle où il faut apprendre très tôt à déjouer les pièges. Je trouve que l’indifférence est une arme excellente pour être tranquille. Le méchant s’épuise tellement quand rien ne rebondit ou que le mur ne parle pas qu’il cherche ailleurs une nouvelle proie.

    • Edmée dit :

      Bien entendu, les tendances initiales peuvent être amplifiées ou canalisées mais dans une même fratrie on a des relations différentes en fonction du caractère du bébé. Moi par exemple j’étais toujours de bonne humeur, on devait peu s’occuper de moi, alors que mon frère ameutait la cavalerie pour un bobo… C’étaient nos natures qui étaient différentes. Et bien sûr, les relations vont s’organiser autour des tendances naturelles qu’on a, ceci « marchera » et ceci pas, et on développe. Il y a des choses qu’on peut contrer ou apaiser, mais pas le fond, je pense!

  12. gazou dit :

    Nous sommes tous capables, à certains moments, de manipuler ou d’agresser l’autre,certains un peu plus que d’autres et il vaut mieux ne pas se laisser faire évidemment, être assez lucides pour déjouer leurs manoeuvres…mais nous sommes tous capables de nous améliorer…sauf si nous sommes totalement inconscients…
    Merci pour cet article si joliment écrit et qui, de plus, provoque notre réflexion et merci pour tes commentaires toujours intéressants

    • Edmée dit :

      Oui nous avons tous en nous cette dualité, moi aussi j’ai « rusé » quelque fois, et j’ai menti. Mais le sentiment de honte était lourd, pas par rapport au petit Jésus ou à la sainte vierge qui serait en larmes, je ne croyais pas que ça les intéressait, mais par rapport à moi: je trouve que mentir n’est pas digne, pas courageux. Je me le pardonne quand il est pour protéger quelqu’un d’autre pour son bien à lui. Un pieux mensonge. Mais… je n’aime pas.

      Oui nous pouvons tous nous améliorer, heureusement. Si nous le voulons.

  13. Alainx dit :

    Ce que nous tentons… et peut-être vainement… c’est d’organiser le chaos qui préside à l’univers… nous qui sommes des purs produits des étoiles désordonnées…
    Si un monde parfait pouvait exister, avec les millions d’années, on l’aurait sûrement vu apparaître…
    Autrement dit j’aime beaucoup ton réalisme, la seule attitude qui permet de progresser… lentement… je me méfie toujours des optimismes rêveurs qui attendent que… « tout ça » arrive par enchantement…
    et puis que serait le jour s’il n’y avait pas la nuit, le bonheur s’il n’y avait pas de malheur, l’espérance il n’y avait pas de désespoir, la joie s’il n’y avait pas la peine, l’amour s’il n’y avait pas le désamour et même parfois la haine, etc.
    autrement dit il faudrait-il sans doute abandonner « la recherche de l’idéal » qui n’a jamais fait progresser grand-chose, pour le principe de réalité qui offre des marges de manœuvre.

    Sinon à propos de l’enfant en difficulté auquel on donne une plus grande attention… je suis un exemple vivant… C’est sans doute pour ça que mon frère me déteste depuis toujours !
    dans une autre vie je ferai pas pour polio ! Je prendrai plutôt l’option frère valide, c’est quand même mieux pour vivre !

    • Edmée dit :

      Oui, il y a aussi l’enfant qui a besoin de plus d’attention et provoque ainsi la jalousie de l’autre. Ou celui qui remplace un autre qui est mort avant lui, porte même son nom comme s’il devait le remplacer. Tant de situations sont…ingérables, finalement, et seul nous pouvons nous « y faire » avec le temps, avec des remises en question et une autre lecture des choses!

  14. Colo dit :

    Un sujet de beaucoup réflexions bien intéressantes!
    Comme tes autres commentateurs ont déjà parlé des enfants, je mettrai de ce passage retrouvé dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes » d’ Albert Jacquard
    « Pour ne pas mourir de faim, je pêche un poisson et je le tue pour me débarrasser d’un homme qui me gêne, je l’attaque et le tue. Ces deux actions peuvent être regardées indépendamment de tout jugement de valeur. Elles sont le résultat de ma liberté, l’aboutissement de séries causales qui se sont déroulées selon leur propre logique. Elles ne sont, en elles-mêmes, ni bonnes ni mauvaises elles sont.  »

    Ceci dit les petits monstres « m’insupportent » autant que toi!
    Bon week-end Edmée.

  15. Edmée dit :

    Finalement ce que je trouve dangereux et vénéneux, c’est la perfidie, la manipulation. Je porte moins de jugements également sur le crime, un criminel n’est pas forcément une mauvaise personne, un mari ou une épouse infidèle ne l’est pas forcément non plus… Par contre ceux qui s’amusent et fonctionnent en utilisant les autres de manière malveillante sont… méchants. Nuisibles.

  16. félicia dit :

    très intéressée par les réflexions des unes et des autres.

  17. K dit :

    Oui, perfidie, manipulation, malveillance, instrumentalisation, utilisation, c’est bien cela qui est à « haute teneur toxique » !
    Et aussi, être vigilant, ne pas devenir ou être un poison, ou encore un « monstre » qui s’ignore…

    • Edmée dit :

      Ah oui! Mais là… je suppose qu’il n’y a que la mauvaise habitude et que comme disait ma mère… « les habitudes sont faites pour en changer »… On peut s’amender et évoluer…

  18. kakushiken dit :

    Bonjour,
    Pour ma part ce n’est pas aussi simple… La dualité lumière ombre me rappelle trop les sermons d’église, un point de vue bien étroit… La vie étant en constant mouvement, un caractère n’est pas figé… Comme le jour et la nuit qui se mêlent à certains moments au point où on ne peut définir si c’est lumière ou ombre…
    L’enfance est un apprentissage. Il n’y a pas d’inclinaison naturelle vers le mal ou le bien…
    Ce sont les organismes plus anciens qui inculquent ce concept aux jeunes organismes, et les laissent s’imprégner de ce mode de fonctionnement.
    Ensuite, le jeune organisme prend la relève par son autonomie intellectuelle et comportementale… selon sa lucidité, il va alors renforcer ou défaire l’influence du groupe…
    Bref, c’est bien « le groupe » qui influe l’individu dès son départ de vie… Ensuite, c’est une question de lucidité et de capacité…
    Mais même le plus perfide est amené à agir dans la lumière, parfois…
    la condamnation est alors hâtive et bordée de mal…
    😉

    • Edmée dit :

      C’est en effet difficile de « savoir » avec exactitude ce qu’il en est. Mais un enfant « dans le ventre » n’est pas l’autre. Sans qu’on puisse évidemment dire qu’un est méchant et l’autre gentil 🙂 Mais leur comportement est différent, peut-être simplement dû en effet à leur santé, aux circonstances de la grossesse, à ce qui se passe dans la famille à ce moment-là et que l’enfant perçoit.
      Mais assez vite l’enfant perçoit aussi comment il veut naviguer dans tout ça (une fois « sorti » 🙂 ). Nous manipulons tous, et ça va des degrés tendres, adroits, intelligents, jusqu’au machiavélisme.. Nous faisons tous « le bien » et « le mal » (pour ce que ça veut dire, parfois c’est très flou comme différence).
      Le caractère ne devrait pas être figé, là tu as raison, mais certains ont peut (de bien des choses) y-compris de changer. C’est sans doute là que commence la dérive…

  19. Tania dit :

    Innée ou acquise, cette façon de se plaindre et d’accuser avec constance est destructrice dans une famille. Sujet douloureux à vivre.

  20. Alain dit :

    « Leur goût du mal et de la manipulation jouit d’un autre savoir-faire, plus mûr. » Tout à fait exact chère Edmée. Voilà un premier point qui rentre dans mon présent.
    Pour continuer : « Le soleil de l’amour viendra ensuite l’illuminer tandis que la lune des fureurs ramènera le combat. Sans cesse. » Certes. Face à des cons, tu sais à qui je pense, l’indifférence a été, pour ma part, un rempart suprême et salutaire.
    Pas de traitement miracle contre la méchanceté ou la manipulation. J’en arrive à plaindre ces êtres qui n’ont trouvé comme seules armes que ces travers pour nuire. À mon avis, ils sont souvent bien souvent les premiers à en souffrir sans s’en rendre compte. Ils sont nés, et mourront comme ça. Brutti, sporchi e sattivi, comme le titre du film de Scola.
    Si je n’ai guère la possibilité de trouver du temps pour venir sur mon blog, rien ne me privera de la lecture de mes blogs favoris. Et cet article, tombe à pic !
    Bonne semaine Edmée.

    • Edmée dit :

      Le seul « traitement » s’adresse à nous: se détacher dès que possible; soit tout à fait soit au moins psychologiquement. Nous ne pouvons pas les aider, qu’ils s’aident s’ils le peuvent, sans plus se nourrir de notre patience, de nos frustrations, de leur pouvoir sur nous. Vade retro satanas, c’est vraiment ça. Tu existes mais je te prive de ton pouvoir sur moi.

      Et tu as raison; ils souffrent, et eux… ils n’ont pas la possibilité de s’éloigner d’eux-mêmes. Ils sont emprisonnés dans leur méchanceté. Nous… nous pouvons nous en libérer; en tout cas partiellement.

      Bonne semaine aussi, Alain!

  21. Pâques dit :

    Belle réflexion, très intéressante comme toujours, car tu es une fine lame dans le duel des esprits …
    Mon mari avait aussi un frère qui suite à la polio était resté plus fragile, il recevait des plus beaux cadeaux de ses parents et de la famille, mon mari qui était le petit frère ne comprenait pas et était un peu jaloux …
    Aujourd’hui ils s’entendent à merveille, le temps a arrangé les choses 🙂

    • Edmée dit :

      C’est que ton mari n’a pas l’étoffe d’un jaloux dans le fond… Moi j’avais une cousine (ma Ludivine à moi 😉 ) qui avait aussi eu la polio et était gâtée pourrie et avait un caractère ignoble, qu’elle a trouvé moyen d’empirer avec les années 😀 Mais je n’étais pas jalouse (et je n’ai pas de mérite car je n’ai pas ça en moi non plus…) car… personne à part son père et sa grand-mère ne la supportait 🙂

  22. bizak dit :

    Ton texte Edmé est d’une netteté absolue. Ce que tu décris, qui ne l’a pas vécu en famille,et même parmi les amis, parfois ?. On le souffrait particulièrement quand on était en bas âge, car on le ressentait comme une terrible injustice. Je l’ai vécu personnellement avec une petite cousine orpheline de père et c’est le mien qui me rappelait à l’ordre pour le moindre appel et réclamation de cette féline. Avec le temps, le confort s’étant installé en elle, comme une place acquise définitivement; On n’a eu jamais raison avec elle. Le temps faisant, passant, et chacun de nous prenant son autre chemin de vie, les choses s’étaient tassées , et ne restent que quelques menues stigmates de ne pas avoir su dire ce qu’il en était. Comme on dit, « laissons le puits avec sa chape  » .

    • Edmée dit :

      Oui, certains de ces insupportables chouchous s’amendent avec le temps, d’autres ne guérissent jamais de ce traitement de faveur. L’aiment trop. Et ne se sentent à l’aise que dans ce rôle de « pauvre enfant » qui devait être temporaire et les accompagne toute la vie…

  23. Je suis d’accord avec beaucoup de commentaires, mais il y a aussi le facteur de l’hérédité qui entre en compte. A trois générations d’intervalle, mon frère, mon père et mon grand-père paternel ont exactement le même caractère, les mêmes défauts et qualités. On en rigole d’ailleurs en famille en les appelant « Léopold II » et « Léopold III ». Et leur éducation et leur parcours de vie (pourtant bien différents) n’a rien changé.

    • Edmée dit :

      C’est un point intéressant que tu soulèves, et je suis d’accord. deux membres de ma famille sont rongés par la jalousie et « la mauvaiseté » mais leur oncle était pareil or il ne les a pas élevés. Et un autre membre de cette famille, un peu plus éloigné, a hérité de ces gènes insupportables aussi 🙂

      J’adore votre lignée de Léopolds 🙂

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