Malades et mal aidés

Ce n’est pas un secret, je ne regrette pas tout de ma vie là-bas mais il serait injuste de dire que tout y fut mauvais.

J’y ai approché des « Indiens » dans leur quotidien, et ce fut une précieuse expérience qui m’a libérée de deux images aussi fausses l’une que l’autre : le noble sauvage écolo et le débris humain alcoolique. J’ai mangé dans leurs maisons, en ai vu de farouchement anti blancs, anti autres tribus, anti alcool, anti civilisation, anti cheveux courts, anti mariage, anti travail, anti Dakota, anti Oklahoma, anti touristes, anti cérémonies religieuses etc… Finalement… ils sont comme nous mais pas anti les mêmes choses. J’en ai connu des gentils, des méfiants, des très  dangereux/ses, des beaux et des vraiment très moches.

J’ai aussi été émerveillée – et ça ne me quittera jamais – de la beauté des paysages et oui, c’est une terre sacrée où il fait bon se promener pieds nus.

Il y a de l’histoire, même si pas aussi ancienne en vestiges que la nôtre, mais au fond la piste de Santa Fe est encore habitée par le souvenir de ces troupeaux interminables de Long Horn suivis  et précédés de cow boys poussiéreux, bagarreurs et coureurs de pauvres filles en corset happées par les bordels. Le lac Otsego abrite les âmes de John Fenimore Cooper et de son Dernier des Mohicans. Hyde Park offre son silencieux refuge à ce qui reste de terrestre de Theilard de Chardin ainsi que  la résidence de Franklin Delano Roosevelt – et j’ai vu en ligne que grâce au ciel et une personne de goût on l’a enfin repeinte car quand je l’ai vue sa teinte vert billard m’a presque donné une syncope.

Il y a la nourriture, légendairement inexistante ou presque en termes de « cuisine » mais pas aussi décevante qu’on le dit si on cherche un peu. Le T Bone et le Porterhouse steaks sont des péchés de viande à découvrir et refaire aussitôt. Les fiddleheads aussi, en saison. Et Dieu veuille que vous ne goûtiez jamais ma tarte aux cranberries-whisky-clous de girofles et pâte feuilletée car vous ne vous en remettriez pas. Oubliez cette tentation !

J’ai adoré New York – ce qui, pour moi, se limitait surtout à Manhattan comme pour presque tout le monde – et le boucan du pont de Brooklyn, et le métro si moche, et Central Park et même la Trump Tower et tout le mauvais goût qui y règne. Et le petit zoo de Central Park, et un immonde minuscule « restaurant » mexicain à Battery Park où j’ai mangé des burritos explosifs.

Il y a beaucoup de belles et bonnes choses, incomparablement belles et bonnes aux USA. Et j’ai eu de la chance d’y vivre, d’y avoir accès, et de savoir un peu de quoi je parle quand j’évoque ce lieu légendaire, l’Amérique.

Mais en ce qui concerne les soins de santé, parce que je réalise que personne ici n’y comprend rien (et je n’ai pas toujours compris non plus…) je vais « éclairer votre lanterne » du mieux que je le peux. Maintenant, d’un Etat à l’autre, d’une entreprise à l’autre, les choses sont légèrement différentes. Je ne parlerai que de ce que j’ai vécu, moi, ou sais de manière certaine. Et pas des rumeurs. Et ça reste un casse-tête pour tout le monde là-bas aussi…

Je parle aussi d’avant Obamacare, qui n’a pas changé grand-chose en réalité, à part le fait que les personnes qui autrefois n’avaient pas d’assurance – parce qu’elles ne travaillaient pas et que personne de leurs proches ne travaillait – en ont une à présent, et qu’il a fait cette prouesse en… faisant payer plus cher ceux qui payaient déjà, et non en obtenant des réductions des lobbies pharmaceutiques ou du corps médical et hospitalier comme on s’y serait attendus… Ceci dit, suite au commentaire d’Anne K qui vit aux USA (11 mars ) il faut quand même préciser que l’Obamacare permet au parents d’assurer leur progéniture jusqu’à l’âge de 26 ans et d’empêcher les compagnies d’assurances de refuser d’assurer quiconque souffrant d’une maladie chronique ou « précondition ».

Pour le reste, j’ai vécu sur l’Obamacare pendant deux ans, et n’ai vu aucune différence – sauf que je payais encore plus cher, lalalère !

Tous les employeurs ne sont pas tenus d’offrir une couverture médicale – ni de congés payés mais ce serait un autre sujet – à leurs employés. Et c’est donc en général un rêve utopique pour la coiffeuse du salon du coin, la petite vendeuse de la boulangerie, l’apprenti plombier etc… bref, les milliards de petits boulots. Quand les patrons ont les moyens d’offrir cette couverture, ils y participent pour un bon pourcentage, et choisissent la compagnie d’assurance qui leur convient. Chaque assurance a son propre fonctionnement, couvre et ne couvre pas certaines choses, certaines sont plus efficaces dans les cas d’hospitalisation imprévue (quand j’ai dû être hospitalisée d’urgence, l’hôpital devait d’abord appeler l’assurance pour vérifier qu’elle couvrirait les soins, et une idiote « brain-dead » de plus a persisté à dire – le chewing-gum en bouche et la diction nonchalante – que je n’étais pas assurée chez eux. Or j’avais ma carte, et l’employée dont le cerveau fonctionnait aux admissions de l’hôpital soupirait, levait les yeux au ciel et  gémissait que c’était toujours comme ça. Finalement un troisième coup de fil l’a mise en contact avec un être normal qui m’a tout de suite trouvée dans le fichier. Mais on avait perdu une demi-heure et j’étais en danger…).

Pour le service « mutuelle » des médecins ou hôpitaux, c’est un casse-tête puisque chaque assurance a ses propres règles et leur niveau conditionne aussi celui du paiement opéré sur place par le patient. Tout ceci génère, on s’en doute, de fréquentes erreurs.

L’employeur offre, en général, l’accès à l’assurance (pour l’employé et, pour un supplément par personne,  les membres de sa famille) au bout de six mois pour s’assurer que tout se passera bien au niveau travail. Lorsqu’on perd son travail, on perd immédiatement son assurance aussi, pour soi et les proches qui sont assurés. C’est une détresse supplémentaire et une grosse responsabilité quand on a des enfants ou un conjoint malade par exemple. La prime est assez élevée et il y a une franchise assez élevée aussi. Les médicaments en général sont très chers, mais pas mal de médicaments courants sont en vente libre au drugstore, comme l’aspirine par exemple qui ne coûte rien et se vend par petits bocaux de 100, 150 comprimés…

Mais j’ai pris un médicament là-bas que je prenais déjà en Belgique et était fabriqué en Grèce. Pour un mois il me coûtait la même chose que pour six mois en Belgique. C’est tellement vrai que dans les Etats du nord, pendant tout un temps des groupes privés affrétaient des bus pour des voyages organisés afin passer la frontière et acheter les médicaments au Canada, où les prix était plus normaux. Pareil pour les Etats du sud qui eux allaient au Mexique. Une des Busherie de Bush fut de rendre de tels voyages illégaux.

Les soins médicaux et d’hospitalisation sont à donner le vertige. Mon cousin a eu, en 2008, un accident de voiture dans le Queens et donc on l’a transporté dans l’hôpital du Queens. Je suis allée l’y voir et pour vous donner un aperçu de l’ambiance réconfortante il y avait des flics en faction assis devant certaines chambres, et il partageait la sienne avec une sorte de mafieux de dryade chinoise du plus bel effet, avec des cheveux jusqu’au creux des genoux et tellement tatoué qu’on aurait dit un collant de dentelle, un peu déchiré car il avait aussi une belle collection de balafres de toutes longueurs. Quand mon cousin est arrivé, complètement à l’ouest dans cette chambre double, on lui a fait signer un papier selon lequel il était bien informé que ça lui coûterait $ 3 500 par nuit (sans les soins) et que si son assurance ne payait pas, il payerait.

J’ai connu un fonctionnaire de la ville qui vendait sa maison pour payer « le cancer de sa fille » car l’assurance cessait de payer, ça durait trop longtemps !

Les « pauvres », qui avant l’Obamacare n’étaient pas assurés, vivaient une situation atroce. Bien entendu pour les choses graves ils étaient soignés, on ne pouvait le leur refuser. C’est d’ailleurs ainsi que les directeurs d’hôpitaux expliquaient, la bouche en cœur, le prix exorbitant des soins facturés à ceux qui payaient : il faut bien qu’on se couvre pour ceux qui ne paient pas. Mais depuis que tout le monde paie (avant que Trump ne supprime tout de nouveau…) ils n’ont naturellement pas baissé leurs tarifs !

Mais dans le cas de l’accueil des « pauvres », pour s’assurer au mieux d’être payés malgré tout, des hôpitaux leur faisaient apporter une copie de leur testament en gage, et ainsi savaient qui allait hériter en cas de décès avant que la note soit payée, et donc qui priver du peu de choses que le malheureux laisserait. L’hôpital faisait signer « un papier » et avait priorité. Bien entendu, il ne s’agissait pas de « mansions » ou de diams, mais parfois d’une vieille maison rongée par les termites qui abritait la famille depuis deux ou trois générations, et sous la maison… il y avait un terrain, capital plus intéressant. Peu à peu, n’est-ce-pas, avec ce système infaillible, on obtient tout le quartier… Ceci n’est pas une simple rumeur, car dans mon imprimerie j’ai été amenée souvent à photocopier ces testaments pour l’hôpital. Je voyais arriver de vieilles dames noires étonnantes de dignité, réchappées d’une vie de travail où la seule joie était celle de la famille, et qui devaient subir une grosse opération. Elles partaient avec leur petite valise et copie de leur testament. Priant pour rentrer chez elles avec une dette qu’on pourrait peut-être se répartir dans toute la famille – souvent ces courageuses mamas avaient conduit un fils à l’université, pas Havard ni Yale, mais une petite université sans panache qui en avait fait, de ce fils prodige, un « docteur » en quelque chose, qui pourrait peut-être aider…

La Health Insurance est un cauchemar au quotidien, dans un pays dont les films parlent d’une insouciance très illusoire…

 

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52 réflexions sur “Malades et mal aidés

  1. Armelle B. dit :

    Maintenant il n’y a plus guère de chance que j’aille vivre aux Etats-Unis mais j’ai entendu des choses absolument semblables de la part de nombreux amis et de mon fils. Donc moins de regret de ne jamais être allée là bas bien que le pays ne manque pas de paysages fabuleux et de musées que j’aurais adoré visiter.

    • Edmée dit :

      Pour le tourisme, au fond… c’est bien un monde merveilleux et surprenant, et je sais que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir décidé d’y vivre et d’y être arrivée. Mais pour le reste, pour le quotidien et ses tracasseries, ça faisait peur en effet!

  2. Dédé dit :

    Ce que tu décris fait un peu froid dans le dos… Mais comme dans tout pays, il y a des choses bien et des choses moins bien. Sauf que le système de santé est quelque chose de primordial pour assurer un certain bien-être dans la population. Et les écarts se creusent toujours plus entre les riches et les pauvres.
    Et ce n’est pas avec l’olibrius qui est maintenant président que les choses vont aller dans le bon sens.
    Quel avenir pour ce pays qui prône haut et fort un certain nombre de liberté alors que si on creuse un peu, ces libertés ne sont accessibles qu’aux plus nantis.
    Oui, tout cela fait réfléchir. Heureusement qu’il reste les beaux paysages que j’aimerais une fois voir. Mais j’avoue que tout le reste me laisse un goût amer.

    Belle fin de semaine et bises alpines.

    • Edmée dit :

      Voilà… il y a le côté éblouissant de la grande « Amérique » et puis le sordide du day by day. Et il m’est arrivé d’être très déprimée en pensant que moi, je rentrerai en Europe mais qu’eux n’avaient … howhere to hide!

  3. blogadrienne dit :

    c’est tout à fait aberrant (de mon point de vue, bien sûr, mon opinion n’engage que moi ;-))

  4. Angedra dit :

    Ayant de la famille franco-américaine, j’ai une certaine vision de ce pays. Mais je crois bien entendu que si nous comparons les pays en fonctions de nos avantages français… Cela peut en effet nous paraître aberrant, mais nous n’avons absolument pas la même histoire en tant qu’européen.
    Ce pays est bien souvent assez incompréhensible de notre point de vue de français. Notre étonnement face au retard pris sur certaines les infrastructures !! Même avec les projets en cours, Obama ayant relance le train à grande vitesse, le pays manque de lignes de trains… (contrairement aux avions) incroyable de voir les fils qui survolent les rues, on se croirait revenu des dizaines d’années en arrière……
    L’Amérique est un pays qui participe à de nombreuses aides militaires par le Monde, notamment une aide énorme envers Israël. Est-ce ceci qui explique cela ! Bien entendu, que les Etats-unis ont leurs raisons pour aider ainsi ( grande influence économique, diplomatique, etc) , mais en effet comme tu le dis, le pays manque cruellement de protection pour ses habitants et cela nous étonne et nous interpelle. Mais les américains ont une image des français qui nous surprendrait également.
    Chaque pays a une politique différente.
    Bel article qui nous fait partager quelques unes de tes découvertes. Beau week-end que je te souhaite aussi chaud que dans mon Sud.

    • Edmée dit :

      Tu as raison, et j’avais presque oublié les trains vétustes et lents. Mes amis Américains qui sont venus pour Noël étaient stupéfaits de voir nos trains et leur rapidité, la propreté aussi. Et oui, tous ces câbles qui pendouillent partout dans les rues, et les bus qu’on ne voudrait peut-être pas à Calcutta 😀 …

      Ils ont, en effet, une effroyable image des européens, mais ils ne connaissent pas/ Leurs vacances sont courtes et se font au pas de charge, tout ce qu’ils constatent c’est ce qui est plus cher ou plus petit, ou qu’on met moins de glaçons dans le coca 🙂

      Bon week-end aussi. Beau soleil sur la Belgique prévu…

  5. Article plus intéressant et plus fouillé que ce qu’on lit dans nos journaux!!! On ne se rend pas toujours compte de la chance qu’on a de vivre en Belgique, en particulier pour les soins de santé (tant pour leur couverture par les mutuelles que pour le niveau médical) qui sont quand même très bons (même si tout n’est pas parfait) par rapport à d’autres pays européens .

    J’avoue ne pas comprendre comment un type comme Donald Trump a réussi à se faire élire. Tout au long de la campagne, j’étais persuadé qu’Hillary Clinton n’en ferait qu’une bouchée.

    • Edmée dit :

      Les Etats Unis sont très forts pour nous montrer une insouciance incroyable dans leurs films, et on ne peut pas imaginer ce qu’est le vrai quotidien des gens moyens, ceux qui vivent de leur salaire et on peut-être un petit magot pour leurs vieux jours. Le petit magot ne tient pas le coup longtemps en cas de maladie, de perte de boulot etc… Tout est très provisoire et fragile. Illusoire aussi…

  6. anne7500 dit :

    C’est glaçant, effarant ! (Les fameuses séries médicales américaines font parfois percevoir cela mais vraiment très peu par rapport à la réalité, elles sont donc trompeuses…)

    • Edmée dit :

      C’est réellement effrayant. Moi je ne m’étonne pas que, dans un tel contexte, des gens désespérés en viennent à tuer pour l’assurance vie… Les nantis s’en sortent souvent (encore que les crimes dans les hautes sphères et pour les mêmes raisons ne soient pas exceptionnels – après tout les dettes sont gigantesques !) mais les gens qui rament ne peuvent se permettre d’être malades ou de perdre leur boulot…

  7. Binh An dit :

    Merci, Edmée, bel article, précis et riches de renseignements sur la « vraie » vie aux USA. Ma grande famille vit là bas, donc j’y vais souvent, et aussi pour le travail. Je n’ai jamais été soigné là-bas, mais je connais des histoires dans les hôpitaux analogues à ce que tu racontes. Notre communauté vit en Californie, car le climat y est clément, mais personnellement, je n’ai jamais l’idée d’y vivre. J’aime cependant beaucoup New-York (comme touriste)

    • Edmée dit :

      Je te comprends, le tourisme à New York est vraiment… something! Mais la situation du Healthcare est pire que le pire des films d’horreur!

  8. Bien intéressant. Merci pour ce petit cours :))))

  9. Célestine dit :

    C’est vrai qu’il y a quand même un gros hiatus entre le rêve américain et la réalité…et ce depuis très longtemps…
    C’est un pays qui fascine encore notre imaginaire, tant qu’on n’y vit pas comme tu as eu la chance (ou pas ? mais je crois que oui) de le faire.
    Un pays de contrastes, plein de richesses culturelles et naturelles magnifiques, mais en pleine dégénérescence sociétale, avec je ne sais plus combien de millions d’obèses bourrés jusqu’à la glotte de coca et de Mc Do…
    bref, ce que tu en dis ne me donne pas envie d’y aller, sauf pour quelques jours à arpenter quelques lieux mythiques.

    Baci sorellita mia
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      Les lieux mythiques sont tellement étonnants qu’on ne peut être déçu. C’est, absolument, un autre monde. J’ai eu du mal à y fonctionner, mais j’ai fonctionné quand même. Mais les codes y sont vraiment différents…
      Baci sorellita ❤

  10. sandrinelag dit :

    Ce que tu dis est très intéressant et ouvre des abîmes de réflexion. Souvent, là-bas, les bonnes choses comme les mauvaises semblent bénéficier d’un coefficient démultiplié dans tous les domaines. A titre d’exemple, il y a une trentaine d’années, je me souviens d’un petit supermarché au fin fond de l’Illinois avec, au rayon culottes, des tailles fantastiques; j’en étais restée sonnée, je n’avais jamais rien vu de tel. On aurait dit des culottes pour éléphants, j’étais fascinée. On dirait qu’aux Etats-Unis, quand c’est mieux, c’est cent fois mieux et quand c’est pire, c’est cent fois pire. Ce n’est jamais normal…
    Cela étant dit, on se rend compte qu’en Europe, nous suivons à peu près le même chemin – mais peut-être avec un coeff. plus bas. Par exemple, ici en Suisse, un tiers de la population est surendetté à cause de l’assurance-santé obligatoire, vendue par des compagnies privées dont le lobby, avec l’industrie pharmaceutique, est extrêmement puissant. Pourtant, à entendre tout le monde, il paraît que les Suisses vivent insouciants, dans l’aisance, la facilité, l’hyper-propreté, etc. Les clichés ont la vie dure.
    Rien de tel que d’aller sur place et d’observer par soi-même.

    • Edmée dit :

      Tu m’as fait rire avec les culottes d’éléphants, mais c’est si vrai! Et les portions dans les assiettes… des assiettes de la taille d’une roue de chariot 🙂 . Et les employés de la compagnie du téléphone qui se piquaient aux toilettes pendant leurs heures de service et me laissaient du sang partout et raccordaient tous les fils à l’envers. Et les flics qui avaient trafiqué des diplômes qu’ils me demandaient de photocopier car ils allaient encadrer la photocopie. Oh… rien n’était comme ailleurs; ça c’est sûr!

  11. griseldis dit :

    Intéressant. J’adhère au commentaire de Un Petit Belge, nous ne sommes pas si mal lotis, pourvu que cela dure. Dans les années 50, mon grand’père, travailleur indépendant retraité qui n’avait jamais cotisé à la sécurité sociale, a subi une intervention/hospitalisation qu’il a entièrement assumée. Une de ses filles me disait que lecoût équivalait à 30 000€ de maintenant. Et elle savait compter… cela me laisse rêveuse.

    • Edmée dit :

      Quelle horreur! Cauchemardeuse tu veux dire 😦 … Au moins nous pouvons nous permettre ça maintenant, même si ça reste une dépense qu’on ne souhaitait pas. Mais quand en plus ça met toutes les économies familiales en danger, je suis quant à moi convaincue que certains se laissent mourir pour ne pas plumer leurs enfants…

  12. Anne K dit :

    Excellent article. Bien que je vive aux USA depuis 29 ans, il y a certains faits mentionnes qui m’etaient inconnus. Juste une petite precision sur Obamacare. Cette loi permet au parents d’assurer leur progeniture jusqu’a l’age de 26 ans et d’empecher les compagnies d’assurances de refuser d’assurer quiconque souffrant d’une maladie chronique ou « precondition ».

    • Edmée dit :

      Bonjour Anne K 🙂 Oui l’Obamacare a été bénéfique, et c’est vrai que je n’avais pas souligné ce détail très important, tout simplement parce que pour moi, ça a représenté une contribution plus importante. Attention, je n’étais pas opposée pour autant (quand même pas 😉 ) mais j’aurais aimé que le bras de fer se soit fait contre les lobbies concernés et pas contre ceux qui payaient déjà bien trop cher…

      • Anne K dit :

        Je l’avais bien compris Edmee. 😉 Simplement ces deux points sont tres importants car cela n’existait pas avant. Maintenant… la « House of Representives » a fait connaitre le remplacement ce qui fait de nombreux mecontents. Nous verrons ce qui va se passer.

      • Edmée dit :

        J’ai d’ailleurs ajouté ta précision dans le texte car en effet elle était d’importance. Oui je sais que « ça barde » pour le moment… Espérons pour le mieux… Quant à dire ce que le mieux peut être… je ne sais pas 😉

  13. Lauriza dit :

    Le rêve américain a vite fait d’engloutir tous ses sous si on tombe malade alors rêvons un peu moins et bénéficions du système Français qui lui soigne sans distinguo de ressources y compris ceux qui ne travaillent pas qu’ils viennent de nulle part ou de toute part. Les Français sont toujours entrain de se plaindre. Qu’ils aillent aux U.S., ils en reviendront. Ton texte a parfaitement illustré que la vie là-bas n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Aller en touriste, oui, les paysages sont parfois à couper le souffle, les coutumes diverses et variées selon les états sont parfois surprenantes et puis le dépaysement est grand mais pour y vivre, restons sur le plancher de nos vaches.

    • Edmée dit :

      Quand on visite, on ne voit que ce pour quoi on est venus, et on fait le bilan très superficiellement : ceci est moins/plus cher, les gens sont plus/moins cool, ce sont des couche-tard ou des des gens de dortoirs, ils sont goinfres ou ne mangent rien, leurs maisons sont plus/moins/mieux etc… Mais on ne sait rien « de l’intérieur », car la fleur ouvre ses pétales un par un, et parfois le centre est une plante carnivore ou d’autres fois une merveilleuse découverte 🙂

  14. Florence dit :

    Coucou chère Edmée !
    Oui, je sais que tu as eu de bons moments dans ta lointaine Amérique et même certains inoubliables, comme toutes ces rencontres avec les Amérindiens, les animaux sauvages et familiers et tant d’autres…
    les Etats-Unis d’Amérique sont « en démesures » il y a l’exceptionnel et le sordide, il faut faire avec.
    (Notre sécurité sociale est loin d’être parfaite !!!)
    Bises bretonnes et bonne fin de semaine Edmée !
    Florence

    • Edmée dit :

      De toute façon on n’a pas trop le choix… moi je me disais qu’au moins je pourrai rentrer pour mes vieux jours dans la vieille Europe. J’ai mes amis qui comptent émigrer en Pologne pour leurs vieux jours, car elle est de Varsovie et ils y ont un appartement. Mais ceux qui n’ont pas le choix, ils s’en arrangent, que faire d’autre? Bises Florence!

  15. Alain dit :

    J’ai eu la chance de parcourir ce pays. Pour le travail, mais aussi en vacances. J’y ai encore aujourd’hui des amis qui ne renieraient pas une seule phrase de ton article.
    Peu de films actuels donnent un véritable reflet de la vie de beaucoup d’américains. Certains reportages davantage. New York, Chicago, Reno et Las Vegas (plastic city comme la nommait une amie qui me recevait) San Francisco, Boston, Seattle avec des jours et des jours d’une pluie continue. De grandes et belles villes, riches d’endroits culturels, mais fréquentés par les plus nantis.
    Cela ne peut pas faire oublier le reste de ce pays.
    Mes souvenirs sont toutefois nombreux et restent prégnants. Les paysages grandioses, je le reconnais volontiers. Je pense à Lake Tahoe. Le Grand Canyon, parait-il, aussi. Survolé deux fois pour ne rien voir, tant le brouillard restait épais. Mais l’envers du décor existe bel et bien avec tout ce que tu décris parfaitement.
    Quand nous avions des professionnels américains dans le spectacle, leur étonnement face au système de santé dont nous bénéficions, était pour eux, INCROYABLE.
    Personnellement, je n’ai jamais compris quelle pouvait être, pour celles et ceux qui peuvent se permettre de payer les cotisations, la meilleure assurance.
    Comme tu le mentionnes, il en va de même avec certains médicaments, inaccessibles. La vie de Ron Woodroof reste édifiante quand le Sida a fait son « apparition ». Le film du Canadien, Jean-Marc Vallée, Dallas Buyers Club reste, pour ma part, un parfait et rare exemple.

    Bon week-end, malgré tout, Edmée …

    • Edmée dit :

      Comme toi je reste « soufflée » par la beauté de tant de choses vues là-bas, j’ai vu le Grand Canyon avec un couple d’indiens Creek et leur petit fils, et encore aujourd’hui je pense que c’est un des plus beaux cadeaux de la nature, on se sent délicieusement insignifiant là! Je n’ai pas vu le film dont tu me parles, j’avais vu A Long Time Companion en revanche, mais je dois dire que le thème me déchire. J’ai un couple d’amis gay ici qui ont accompagné plusieurs de leurs amis … sur le seuil dirons-nous, et ça les avait marqués ainsi que moi car j’étais très proche d’eux (et le suis encore 🙂 )

      Bon week-end Alain!

  16. M-Noëlle Fargier dit :

    Eh oui « L’habit ne fait pas le moine » Merci Edmée, très intéressant. Je partage.

    • Edmée dit :

      Merci 🙂 Je voulais surtout mettre en évidence le contraste, une « Amérique » que l’on imagine riche et cool, et l’angoisse que « le spectre de la maladie » ajoute à celle d’être malade : on sera ruiné en plus!

  17. Que dire en lisant tout ça? On se doutait de cet aspect affligeant des States, tu nous décortiques tout ça au mieux. Quel stress cette attente aux urgences! La morgue se situe à deux pas? Ah ben non, si pas d’inscription…

  18. Pâques dit :

    J’espère que ce système ne viendra jamais ici … car petit à petit beaucoup de nos privilèges sont amoindris …Nos ancêtres se sont battus pour cela !!!

    • Edmée dit :

      Mais là, les ancêtres ayant quitté des pays où ça n’existait pas encore, ils se sont battus pour devenir riches, et rien d’autre 🙂

  19. charef dit :

    Merci pour cet article plein d’enseignements et d’information. Un contact avec l’Amérique ancestrale si proche de la nature qui n’a rien changé au comportement humain. Et puis la de ouverte de cette réussite de façade ou le commun des hommes galère pour mourir à petit feu.
    Amitiés.

    • Edmée dit :

      Je crois qu’il n’y a rien de nouveau hélas, mais c’est maintenant plus répandu parce que pour rester parmi ceux « qui ont réussi » aux Etats Unis en l’occurence, il faut avoir de l’argent pour le prouver. Beaucoup d’argent. Sans quoi on est un « petit médecin »… un « petit dentiste »… et dans un pays qui vénère la grandeur… ça va pas 🙂

  20. Adèle Girard dit :

    « L’hôpital qui se fiche de la charité! » Une expression que ma belle mère aimait beaucoup utiliser pour marquer son indignation dans certaine circonstance et qui était pour elle une évidence. Mais voilà, cette expression avait tout son sens lorsque l’hôpital était là pour accueillir les pauvres et qu’il était aux mains des religieuses qui s’y dévouait. A présent la santé est devenue un moyen de faire du profit, Il suffit de voir les salaires de certains professionnels de la santé ainsi que les laboratoires pharmaceutiques

    • Edmée dit :

      Oui… et on met dans la tête des gens que riche = bon. Ce qui est souvent impossible. Les riches pensent à leurs sous, et ceux qui pensent aux malades par apostolat se soucient peut d’en faire de l’argent, tout au plus désirent-ils en vivre puisque c’est le talent qu’ils ont reçu!

  21. Tania dit :

    Merci, Edmée, de nous expliquer tout cela : tant de moyens pour la défense et si peu pour les plus faibles ! Ton billet montre bien qu’il faut vivre et travailler un certain temps dans un pays pour en découvrir toutes les facettes, alors que le tourisme n’en montre que le décor. Et malgré tout, les Etats-Unis continuent à attirer du monde.

    • Edmée dit :

      Oui, et sans doute parce qu’au fond, on se dit… « ils y arrivent, c’est donc qu’on peut y arriver »… mais beaucoup en réalité n’y arrivent pas, travaillent jusqu’à 85, 90, voire 100 ans pour payer (oui, bien que ce ne soit pas la norme évidemment, j’ai vu un vieux noir qui fêtait ses 100 ans et a annoncé que… il cessait de travailler! 🙂 ). Tous les pensionnés qui ont vécu simplement de leur salaire et n’ont pas d’enfants bien nantis pour les aider se trouvent dans de telles difficultés qu’ils travaillent… Mon cousin livre des pizzas et fait le « crossing guard » (il fait traverser les enfants devant les écoles…).

  22. colo dit :

    Merci de commencer par des choses positives!
    En Europe nous sommes gâtés, super gâtés…il est bon de se rendre compte à quel point!
    Merci d’avoir pris la peine de nous raconter….j’ai beaucoup aimé tes illustrations!;-))

    • Edmée dit :

      Je pensais que les illustrations, ne venant pas de moi, démontreraient le propos : les Américains en plaisantent comme ils peuvent, mais savent que la situation est tragique!

  23. AlainX dit :

    L’Amérique ne m’a jamais fasciné. Peut-être « la musique américaine » quand j’étais plus jeune… Les films et séries américaines véhiculent le plus souvent une « morale détestable » et l’adoration pour le Dollar. Une mes filles a eu l’opportunité d’aller là-bas « en touriste », tous frais payés… Elle a adoré le grand canyon et autres paysages grandioses. Elle a détesté New York.
    En revanche j’ai eu l’occasion de travailler avec des gens de bien des nationalités différentes, dans le cadre d’un organisme international.
    Je me souviens de cet Américain jovial et sympathique qui devait affleurer les 150 kg. Il eut un « incident cardiaque » à son arrivée à l’aéroport. Transporté en urgence dans un hôpital parisien, il fut totalement sidéré non seulement qu’on ne lui ait pas réclamé sa carte bancaire et vérifié son cash, mais qu’en plus il n’a rien eu à payer du tout, alors qu’ils l’ont gardé 48 heures en observation.
    « C’est ça la France » que je lui ai dit !
    Il m’a ensuite raconté ce que tu expliques ici du système de santé.
    il avait ajouté : « Surtout gardez toujours votre système de protection, cela vaut de l’or, nous on n’aura jamais ça ! » ( C’était il y a 25 ans environ)

    En revanche, il râlait, parce que la voiture qu’il avait louée n’avait pas de boite automatique et était bien trop petite pour lui…

    • Edmée dit :

      150 Kgs n’est pas rare là-bas. Tous mes amis qui venaient me rendre visite étaient effarés : comme ils sont gros. Et c’est hélas vrai. Et quand on voyage à côté d’eux en avion, on se sent dans un presse-papier.

  24. bizak dit :

    Comme quoi il y’a l’Amérique qui fait rêver qu’on voit au cinéma et l’Amérique de la réalité qui bouffe son homme, surtout s’il n’est pas friqué. Je me demande ce qu’ils font avec tout leur pétrole ! En fait là-bas , le pétrole est une affaire des privés et ce n’est pas étonnant que Trump se remet à pomper encore le sous-sol. Merci Edmée pour ton texte, qui m’en a appris des choses.

  25. gazou dit :

    Ne nous plaignons pas de La France et de son système de santé,, cela remet les pendules à l’heure

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