Quand on coupait le cordon ombilical… quel délice!

Aller en pension, c’était s’éloigner de la protection et approbation familiale, apprendre à se faire des amies en-dehors du territoire habituel, ne compter que sur soi pour s’attirer des sympathies ou à se sortir des querelles.

C’était aussi, pour moi, sentir cette plénitude apaisante lorsque, le vendredi soir, le paysage vu du train devenait celui du berceau de mon enfance, rassurant et, semblait-il, immuable. Après ce tunnel malodorant il y avait la rivière qui ondulait sur la gauche, avec cette maison neuve sur la gauche, dans la courbe de la route. Et à droite le château de la folie juché sur la colline. Et puis la gare de Pépinster où je me levais pour enfiler mon manteau et descendre ma valise du filet, le coeur galopant de joie. Et le train ralentissait enfin, le long quai de la gare de Verviers venait à sa rencontre. Verviers ceeeeentrahl, Verviers ceeeeentrahl, annonçait une voix morne dans le haut-parleur, m’arrachant un petit sourire gêné. C’est que, voyez-vous, moi… je n’avais pas l’accent de Verviers, on en avait pris grand soin à la maison. Pensais-je! Car si je n’avais pas un accent verviétois trop rocailleux, j’avais le parler lent et articulé du pays de Liège, coloré ça et là, à mon insu, de mots wallons. Mais depuis que j’étais en pension à Bruxelles, ça se compliquait d’intonations un peu brèves et nasillardes, et d’expressions glanées en classe, comme aller acheter des gaietés, que ma mère a gardée pour le plaisir.

Mais quand le dimanche soir je reprenais le train en sens inverse, c’était un autre aspect de ma vie que je partais retrouver, et c’est à Bruxelles central que je me préparais déjà pour sortir à la prochaine station, Bruxelles-midi.

Je n’étais pas en pension, mais en pédagogie, en « péda », un home tenu par des bonnes-soeurs, où les jeunes filles dormaient et mangeaient, allaient à la chapelle quand elles ne pouvaient y  échapper, mais s’éparpillaient chaque matin de par les écoles de la ville, avec une heure « couvre-feu ».

Les soeurs de la première péda étaient beaucoup de choses, mais certainement pas bonnes. J’y ai été acceptée (tolérée est plus exact) à la condition expresse que je ne dirais jamais que mes parents étaient divorcés. La charité n’allait pas loin. La soeur portière était ouvertement traitée par les autres comme une sous-créature. Bien souvent j’ai surpris la soeur Claire, la lippe pendante et maussade, l’oreille collée à une porte, espionnant sans la moindre honte. Et les pauvres Suissesses qui faisaient la cuisine et le ménage, « menus travaux en échange du gîte, couvert et opportunité d’apprendre le français » étaient souvent en larmes dans les couloirs.

Mais l’année suivante on m’a changée de péda, et j’ ai eu deux années de bonheur dans ce nouvel endroit. Les religieuses y étaient gentilles et chantonnaient tout le temps, que ce soit en nous servant à table qu’à la toilette, ce qui nous amusait beaucoup. J’étais dans la toilette à côté de celle de Soeur machin, pouvait-on dire.

A quoi passions-nous le temps, quand nous ne faisions pas nos devoirs?

A faire des blagues. Comme les lettres anonymes brûlantes de passion que nous envoyions à « Pompon et Secrétaire », deux soeurs maussades de l’étage supérieur. Ou le nom de la porte de leur chambre que nous allions mettre sur celle de la toilette. Ou la soutane d’un infortuné prêtre brésilien trop beau pour autant de filles enfermées, qu’il avait déposée devant la chapelle pour enfiler son étole, et que nous avions cachée, Suzon et moi, dans le lit de Dominique. Ou Solange que nous avons, toujours avec Suzon, enfermée à clef dans sa chambre pour qu’elle ne descende pas goûter avec nous. Elle nous agaçait, fille unique un peu péronnelle, qui ne cessait de nous jeter de la poudre aux yeux en nous décrivant leur mobilier ancien et nous expliquant le lundi qu’elle avait été à un dîner « de gala ». A l’entendre elle ne mangeait que les mets les plus fins mais se ruait comme une désespérée sur tout ce que nous n’avions pas le courage de manger dans le réfectoire : salsifis tièdes, pommes de terre collantes, rôti de porc cartonneux, omelette verdâtre (mais sans « fines herbes »).

A parler des garçons. Bien sûr! A 16 et 17 ans, c’eût été malheureux si on n’en avait pas parlé! Certaines étaient déjà fiancées et exhibaient leur bague de fiançailles, nous toisant du haut de leur féminité triomphante comme si nous étions des gamines ridicules, des laiderons destinées à épouser de vieux garçons pâles et couverts d’eczéma. Je me souviens d’une, très gentille, qui nous faisait rêver mieux qu’un roman de gare sentimental ne l’aurait pu:  une fois mariés, son fiancé l’emmènerait dans la plantation de canne à sucre que sa famille possédait à la Martinique! Nous la voyions comme une sorte de Scarlett O’hara. Avec Slie, mon amie Hollandaise, nous sommes arrivées, pour ne pas être en reste, à brièvement faire croire à la fiancée la plus arrogante de la péda que nous, nous étions mariées. Futées, nous avons bien insisté: elle ne devait en parler à personne car les soeurs nous renverraient. Nos maris étaient Américains, et nos parents n’avaient pas osé l’avouer à notre grand-mère… Russe! Oui, nous étions devenues « cousines » et avions mis au point un accent très original (pour qu’elle ne puisse déceler que Slie, Hollandaise, n’avait pas le même que moi) que nous disions avoir acquis malgré nous lors de nos études dans le monde entier. Bien entendu, elle n’a pas gardé la confidence longtemps, s’est sentie ridiculisée et nous a détestées toute l’année. Des jeunes filles d’Argentine et du Pérou me montraient des photos de fiancés indiens aux pommettes larges et à la bouche tombante que je leur enviais beaucoup, mais elles étaient unanimes: le meilleur temps de l’amour, c’est pendant les fiançailles, aussi il faut les faire durer. Shahnaz, jolie Iranienne, nous parlait de Feri, celui qu’elle aimait en secret mais ne pourrait épouser. Lorsque ses parents lui ont écrit « reviens tu es fiancée », en larmes elle a renvoyé à Feri les bijoux qu’il lui avait offerts, et nous avons pleuré avec elle. Un an plus tard elle est venue voir les soeurs avec son mari, et dans son français approximatif a dit que son mari était très bon, très obéissant!

A faire des expériences de vie. Avec Monique nous dévorions des grimoires, des dictionnaires de démonologie, les contes de Claude Seygnolle. Au point que nous nous sommes terrées, livides de frayeur, dans notre chambre en entendant très tôt un matin les gémissements plaintifs d’une fille qui s’était évanouie dans le couloir. Nous pensions que c’était un artifice diabolique! Et les bougies qui dansaient derrière les fenêtres de l’escalier du musée en face, portées par d’étranges personnages coiffés de turbans et vêtus de longs peignoirs nous ont convaincues qu’on y célébrait des messes noires ou des rituels vaudous.

Toujours avec Monique, nous avons un jour décidé de… nous saouler. On voulait savoir. Nous sommes sorties acheter au Sarma le porto le moins cher, et deux cigares, les moins chers aussi. Ensuite, attablées l’une en face de l’autre dans ma chambre, nous avons procédé méthodiquement à l’expérience. Il nous semblait ne rien remarquer, mais nous riions beaucoup, de plus en plus. Plus tard, en allant à la toilette – et grâce au ciel les carrelages au sol me guidaient pour marcher droit! – j’ai vu Monique qui faisait de la gymnastique dans le couloir, en combinaison.

Avec Suzon, dont la chambre était un temple à Jacques Brel, Isabelle et Dominique, nous nous invitions réciproquement et faisions du thé ou du bouillon (de l’Oxo…), mangions des paquets de chips, décortiquions la vie sentimentale de toutes les malheureuses qui s’étaient confiées à nous. Nous écoutions Percy Sledge, James Brown, Scott McKenzie…

A travailler, aussi! Car nous étions en « Arts Déco », et avions des plans, lettres, découpages, études documentaires, illustrations et layouts publicitaires à faire, et nous y tenions. Ainsi que des analyses de textes en général très indigestes.

Ces années heureuses m’ont fait comprendre que j’existais aussi en-dehors de mon entourage d’origine, que j’existerai ailleurs et ailleurs encore. C’était une prise de conscience d’indépendance bien à l’abri des dangers de la vraie indépendance, qui serait à affronter plus tard, et par à coups. C’est là aussi qu’on découvrait quels vêtements nous seyaient le mieux, quel style nous ressemblait, sous la tutelle de toutes ces conseillères venues de partout.

Cette péda n’existe plus, pas plus que la première. Je ne sais même pas si le concept existe encore. Il y a les cots, maintenant. Et le cinéma a remplacé sans doute bien des confidences sur les premiers baisers! Mais alors que ma mère m’a annoncé « tu iras en pension à la rentrée » avec le ton qui annonce une punition sans égal… elle s’est révélée agréable et inoubliable!

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29 réflexions sur “Quand on coupait le cordon ombilical… quel délice!

  1. Armelle B. dit :

    Je n’ai été que demi-pensionnaire chez les dominicaines mais je retrouve tant de détails communs. Un vrai plaisir de lecture.

  2. Dédé dit :

    Alors je n’ai jamais été en pensionnat mais la lecture de ton texte me fait sourire. Les adolescentes d’aujourd’hui ne parlent sans doute plus de mariage et de fiancés mais de « mec ». Elles doivent échanger des messages chauds avec leur amoureux et en savent sans doute beaucoup plus sur des sujets qui étaient tabous. Mais elles partagent sans doute aussi plein de secrets avec leurs copines et gloussent à leurs bêtises. Finalement, les mecs restent le sujet de prédilection. 😉 Bises alpines

    • Edmée dit :

      Oh et je ris encore de toutes les idioties que nous disions à leur sujet. Fanette, une amie dans la première péda, me disait que les garçons aimaient les filles avec un peu de ventre car ça évoquait la maternité!!!! Ha ha ha. J’étais quand même perplexe sur ce point 😀 . Elle me disait aussi de ne pas tousser en rue sinon un homme qui m’aurait peut-être admirée au passage allait vite changer d’avis à l’idée que j’étais malade… 😀

  3. félicia dit :

    Vous avez eu bien de la chance de vivre aussi bien ce passage de votre vie.Autour de moi, personne ne veut revenir sur cette époque traumatisante pour toutes.C’ était dur, très dur.

    • Edmée dit :

      Si c’était traumatisant, ça ne devait pas ressembler à mon expérience (sauf à celle de ma première péda). Mais j’ai un souvenir affreux de l’école où j’ai fait mes primaires et ma 6ème latine, et s’il y a des anciennes qui me confirment que pour elles aussi c’était le bagne, d’autres ont du mal à comprendre que ce qui sema tant de beaux souvenirs pour elles a cette couleur pour moi 🙂

  4. gazou dit :

    C’est un plaisir de lire tes souvenirs tant tu les racontes avec humour

  5. sandrinelag dit :

    C’est fou comme les expériences, les ressentis sont les mêmes. Peu importe l’époque… et même le pays! On a l’impression que ces internats et ces camps sont immuables, les soeurs, les aumôniers, les pensionnaires identiques à mesure que les générations passent. Mine de rien, c’est un repère culturel solide, on y retrouve exactement les mêmes habitudes, les mêmes impressions et presque les mêmes souvenirs. A ceci près que c’est franchement moins strict aujourd’hui.
    Mon père par exemple, était chez les « jèzes » dans les années 50/60 à 800 km de chez ses parents, passait la plupart de ses week-ends dans une famille proche de l’internat et revenait chez lui qu’une ou deux fois chaque trimestre 😦 C’était vraiment à la dure. Ses soeurs en revanche étaient mieux loties, chez les Dominicaines près de la maison familiale. Il en a gardé une sainte horreur des internats (et une dent contre ses parents et l’Eglise…), surtout qu’à l’époque, on y passait toute son enfance et son adolescence, en dortoir, eau froide toute l’année, lever aux aurores, etc.

    • Edmée dit :

      Oui, ça reste un cap, et tout un apprentissage aussi. Ma seconde péda était menée rondement mais de manière bienveillante. La première était indulgente pour les jeunes filles de la haute société et du style carcéral pour toutes celles qui avaient été acceptées « par pure charité ». L’argent n’a pas d’odeur on le sait 🙂 Là… j’avais de l’eau froide et un chauffage défectueux (donc pas de chauffage 🙂 ) . Mais des hors d’oeuvres aux repas (je me souviens de petits toasts aux anchois et câpres…) car il fallait bien que l’on pense que nous étions toutes logées à la même enseigne…

      Ce n’était pas ma première rencontre avec des « chères soeurs » garces ni les étranges arrangements avec la charité que l’Eglise faisait, mais bon… j’ai aussi rencontré de délicieuses chères soeurs, et donc, ma conclusion, c’est que le mal a ses entrées partout,, comme le bien 🙂

  6. angedra dit :

    Un plaisir de te suivre dans ces histoires de filles pensionnaires. Je n’ai jamais connu la pension et… j’en suis très heureuse, autant sans doute que toi qui au contraire a été heureuse de l’inverse, cette séparation familiale et cette vie communautaire avec d’autres filles d’horizons divers.
    Chacune selon sa famille, son caractère, ses expériences retrouve ainsi avec plaisir ces souvenirs d’apprentissage de la vie, alors que d’autres n’en garde que de la tristesse, déception et même rejet.
    Mais je pense que tu as toujours su tirer parti de chaque expérience que la vie t’a donnée de vivre. C’est une force qui te fais garder le meilleur …

    • Edmée dit :

      Je n’ai pas grand mérite, je pense être née ainsi, ce qu’on ne peut éviter se vit,, et se vit au mieux. On lutte férocement pour le reste. Et c’est là, au contact d’autres filles de mon âge et d’horizons différents (il y avait pas mal d’étrangères aussi, qui venaient faire leurs études à Bruxelles : une Espagnole, des Sud Américaines, Slie la Hollandaise, une Iranienne…) que je suis devenue une « jeune fille » plus la petite de ma mère, ça a libéré ce qui n’était qu’à moi.Et ma mère se réjouissait de cette nouvelle fille qui la faisait rire (entre quelques disputes, car nous nous disputions pas mal à cette époque) à ses retours…

  7. Les deux dernières phrases du commentaire d’Angedra me semblent très justes à ton sujet. C’est l’impression qu’on a en tout cas en te lisant ou en te rencontrant. N’ayant jamais connu l’internat, je n’entrerai pas dans le débat des pour et des contre. Bon week-end à tous !

  8. Françoise dit :

    Je n’ai jamais été pensionnaire ni demi-pensionnaire, je le regrette un peu d’ailleurs, car lorsque j’entends des personnes parler de leurs années de pension, dont toi Edmée, cela me fait envie. Enfin, cela me fait envie maintenant, car lorsque j’étais jeunette, j’étais tellement sauvage et timide, que pour rien au monde j’aurais aimé être pensionnaire. 😉
    Beau week-end à toi. Bises.

    • Edmée dit :

      C’est difficile à savoir… Tu aurais lié connaissance avec quelqu’un un peu comme toi, ou qui avait besoin d’une compagnie telle que la tienne, parce que le pensionnat c’est ça aussi : on n’est pas chez soi, on cherche à se créer un environnement qui nous ressemble, puisque « chez nous »… c’est loin. J’étais timide aussi, et ai attendu que l’on m’approche, ce qui est arrivé tout de suite à la première péda, au premier petit déjeuner: une jolie fille très blonde m’a prise pour une autre (tiens-toi bien je n’ai jamais oublié le nom de « ma sosie » : Olenka de Putchinsky!!! Orthographe pas garantie, mais avoue que c’était flatteur…), et nous sommes devenues amies pendant toute l’année de cette horrible péda. Elle m’a beaucoup appris, ayant des soeurs, j’ai enfin découvert les soirées « filles » (jusqu’à 21 heures, sinon c »était sans doute le fouet au programme…), les conversations pleines de rires idiots…

      Bon dimanche Françoise!

  9. blogadrienne dit :

    mais qu’avais-tu donc fait pour mériter cette sentence maternelle, me suis-je demandé en lisant les dernières lignes… (ne réponds pas, ma question est indiscrète :-))

    • Edmée dit :

      Ha ha. D’une part c’était assez normal alors d’envoyer « étudier à Bruxelles » et donc le pensionnat ou la péda étaient la solution logique. Ensuite j’étais à l’âge où mère et fille s’éborgnent pour un oui ou un non : elle ne voulait pas me voir grandir, moi je voulais grandir, l’habituel scenario 🙂

  10. Alain dit :

    Lecture matinale enchantée. Rien de semblable pour moi juste un souvenir quand une amie d’enfance écrivait à l’un de nos surveillants pour lui déclarer « qu’il était le plus beau » et qu’elle voulait un mari qui lui ressemble. J’étais le « facteur » de l’envoi, sans jamais lui apporter de réponse. Bon Dimanche Edmée.

    • Edmée dit :

      Oh que c’est amusant… En même temps… quelle stupide idée du mariage on nous mettait en tête. Ma belle-soeur (une des mes…) m’a un jour stupéfiée en disant devant moi à sa fille qu’il fallait savoir « quel genre de mari on voulait », qu’elle avait toujours su qu’elle « épouserait un brun aux yeux verts d’un mètre 80″… Bref, elle est allée au magasin des maris, qu’avez-vous autour des 28 ans, 1,80 m, yeux verts, bleus à la rigueur?

      Bon dimanche, Alain 🙂

  11. colo dit :

    Pour la première fois avoir deux vies, dont une bien à soi.
    Merci pour ce récit si vivant. Bon dimanche Edmée.

  12. Célestine dit :

    Ton caractère positif et enjoué a su transformer la punition de la pension en un épisode inoubliable de ta vie.
    Et que tu racontes avec tellement d’humour et de talent…
    J’aurais tellement pu être amie avec toi, à l’époque, moi qui avais la même frénésie de vivre des expériences incroyables, une vraie boulimique !
    Toutes ces délicieuses blagues, ces bateaux que vous montiez pour épater les pimbêches, ah oui, je me suis régalée à les lire comme si j’y avais participé moi-même.
    Quant à ton visage de l’époque, il est d’une beauté parfaite. Un régal des yeux.
    Baci sorella mia !
    ¸¸.•*¨*• ☆

  13. PHILIPPE D dit :

    Je n’aurais jamais supporté la pension ! J’étais trop bien chez moi, dans une famille unie, dans un petit village tranquille.
    Tu en as gardé des souvenirs !
    Moi, je me souviens d’une retraite chez les nonnes. L’une d’entre elles cuisinait super bien ! J’y ai passé un agréable séjour…

    • Edmée dit :

      Je sais que c’était toujours vu comme une punition, une mesure d’éloignement. Ça l’était souvent au départ, l’éloignement ayant aussi de bonnes conséquences : on apprend à gérer l’attachement, cette fameuse crainte de l’abandon. Et on se découvre au milieu des autres autres qui eux aussi connaissent le même sentiment de désorientation au début.

      Pour moi ce fut une très belle expérience, sauf la première année : je rêve encore que j’erre dans les escaliers de cette immonde péda (on avait relié deux maisons je pense, pour la faire, et donc les escaliers se rejoignaient bizarrement, avec des niveaux et des sortes de « ponts » les reliant entre eux…) et que j’y suis perdue.

  14. Tania dit :

    Formidable évocation, Edmée. J’ai passé un an en pédagogie à Louvain en 1e candi – une expérience exécrable, tant les « dames religieuses » (pas de vraies religieuses, il me semble) étaient d’une rigidité sans pareille. Heureusement, à la fin de l’année, on m’a parlé d’un kot qui se libérait et là, j’ai savouré ma nouvelle liberté.

    • Edmée dit :

      Tu as donc connu ça aussi, la péda… et les gardes-chiourmes déguisées en charitables créatures, ces armées de sinistres choses asexuées et méchantes 🙂

      Comme tu vois, ma seconde péda m’a laissé des souvenirs magnifiques. J’ai même écrit, des années plus tard; une petite lettre à soeur Odile, la « soeur portière » à laquelle pourtant on jouait des tours pendables, mais… elle venait de mourir. On m’a aimablement répondu.

  15. jeanne dit :

    j’ai connu le pensionnat chez des sœurs
    le pensionnat st marie en haut de la blancarde
    et j’en garde un assez mauvais souvenir
    des contraintes
    peu de chaleur au propre et au figuré
    mais j’aime tes souvenirs qui appellent les miens
    et finalement j’aime bien m’en souvenir….

    • Edmée dit :

      Deux écoles catholiques, une tenue par des garces en habits de vestales de Dieu, et l’autre tenue par des vestales de Dieu. Et pareil pour les pédas. Match nul. Mais en effet se souvenir de « chères soeurs » haïssables et sensées incarner la charité, c’est saumâtre…

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