Das boot ist voll

Petits auteurs et petits éditeurs.

Grands auteurs et gros éditeurs.

Argent et parfois aussi talent, argent et folamour de l’argent.. contre pas d’argent, amour de l’écriture et parfois aussi talent, et asbl ou tout autre chose pour l’amour de ce qui se lit et s’écrit…

Bien sûr, il y a des grosses pointures qui sont des monstres du talent. Et d’autres très mauvais. Mais voilà, certains aiment leur personnage, leur look, leur message-mantra, le monde qu’ils ont créé et qui garantit à leurs lecteurs un retour dans une atmosphère aimée. Peu importe. Et qu’en plus ça les rende riches, pourquoi pas ? L’envie ne changera rien pour eux et nous donnerait des problèmes gastriques dont on se passe volontiers.

Mais… ce n’est pas un monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, loin de là. Das boot ist voll. On le sent bien. Les narines qui se ferment avec prudence rien qu’on évoquant notre nom, ou précisant « c’est un auteur très local, n’est-ce pas ? Publié chez un petit éditeur, non ? »… La fausse générosité joviale avec laquelle, dans certains salons, on nous accueille. Parfois on a même droit à une tape dans le dos et un biscuit. Bien entendu, nous permettons de remplir les angles morts, d’amortir les frais de chauffage et de faire d’honnêtes figurants dans le rôle de la foule tandis que dans l’espace grands, les dieux de l’Olympe se congratulent gaiement avec leurs adorateurs, et clic que je fasse un selfie avec Apollon, et clic un autre avec Héra, et puis une petite parlotte avec Déméter car je vois du coin de l’œil la TV qui s’approche. Et la peur qui pue et sort de leurs lèvres sentencieuses, condamneuses, quand en ajustant leur toge et leur fibule ils nous qualifient de rédacteurs malhabiles et imbus d’une illusion ridicule, des gens qui écrivent comme on peignait le dimanche pour accompagner la famille en pique-nique, des malheureux scribes besogneux voués à l’échec et au fond, plus vite on nous tapera sur les doigts avec les rames pendant que nous nous accrochons à la coque, mieux nous nous en remettrons.

Les journalistes, tenant à leur chronique BCBG, font chorus avec une louable ferveur. Ils veulent se trouver du côté des gagnants, après tout ils ont des enfants à nourrir et éduquer, des traites à payer, parfois ils ont un frisson quand un reproche bien senti les touche mais bon… eux d’abord, que les autres se débrouillent comme eux : un peu de courbettes et flagorneries valent bien la sécurité de l’emploi et la solidité de la signature en bas d’un article qui ma foi, fut facile à écrire : il suffit de savoir pour qui on l’écrit…

Et donc, il nous reste les découvreurs, nos lecteurs qui un jour se sont risqués, ont aimé. Que ce soit vraiment bon, ou que ce soit une détente agréable, ou un type d’écriture aimé. Peu importe, il y a eu bon, de l’excellent, du médiocre, du commercial, de la poudre aux yeux, du radotage… tout comme dans l’Olympe ! Et ce serait si « juste » qu’avant de nous condamner parce que de toute façon personne ne nous connait – et hop ! un coup de rame sur la main qui s’obstine à tenir le rebord de la barque, là ! Hop hop et hop ! Rien de pire que qui ne veut comprendre… – et donc forcément… nous ne pouvons pas être si bons que ça. Sans ça… n’en doutons pas, avec leur flair et leur grande défense de l’art, de la liberté, du beau… ils nous auraient accueillis en grande pompe.

Je ne doute pas. Et vous ?

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49 réflexions sur “Das boot ist voll

  1. severinebaaziz dit :

    Joli coup de gueule, Edmée ! Merci !
    Le petit auteur, au moins, à force de ramer, se retrouve avec de biens jolis bras… Et la force de continuer, parce que sur sa barque, les personnes qui l’accompagnent sont peut-être peu nombreuses mais d’autant plus précieuses…
    Moi, ce qui m’exaspère le plus, c’est que nous nous accordons toutes et tous à défendre les librairies indépendantes, alors qu’elles ne s’inscrivent que bien rarement dans la défense du petit monde du Livre. Et je pense surtout aux librairies qui ont pignon sur rue et peuvent se permettre ce risque-là. Ne serait-ce que par curiosité…

    Excellent premier jour de décembre à toi, Edmée !
    Qu’il soit tout blanc ou pas 🙂

    • Edmée dit :

      Il est blanc en hauteur, et gris fumé en vallée pour l’instant 🙂

      Vrai que les libraires ne font pas toujours ce qu’ils devraient non plus. Moi j’en ai un qui m’organise une séance de dédicaces à chaque sortie de livre, et je suis ravie… Il le fait pour les auteurs locaux et finalement je pense que c’est rentable car ils amènent leurs proches et lecteurs!

  2. Armelle B. dit :

    Ah oui, Edmée, la comédie de la célébrité perdure. Mais la célébrité passe comme tout le reste. Alors que l’émotion et l’attention de quelques lecteurs persistent. Elles ont été notre fleur au fusil.

    • Edmée dit :

      Très bien dit… Nous gardons le plaisir d’écrire, de transmettre ce que nous désirons transmettre, sans les censures et exigences d’une « célébrité » qu’on a peu de perdre!!!

  3. Célestine dit :

    Un monde frelaté, n’en doutons pas…Ou le « fils de » et la « fille de» a toute sa place pour écrire ses « mémoires » écrites à la va-vite et sans style, où l’on accueille à bras ouvert quiconque se réclame de la pensée unique si prisée dans les médias…et on ne peut même pas en parler sous peine de se faire traiter de complotiste…
    Comme disait Coluche, « les milieux autorisés, vous y êtes pas. C’est un milieu où les gens s’autorisent des trucs…qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ? Je sais pas, je vais peut-être m’autoriser un truc…»
    Bref, le talent n’a évidemment rien à voir avec le portefeuille et la notoriété. Alors embrasser Hera ou Apollon sur la bouche…Moi j’y ai juste risqué le bout d’un orteil, et ça m’a un peu dégoûtée de ce milieu des « grands qui se la pètent grave et des petits qui sont bien braves et à qui on donne un biscuit et une tapette amicale, comme tu le dis si bien»
    Les manuscrits que l’on envoie imprudemment aux grands éditeurs ne sont pas perdus pour tout le monde, et sont une mine d’idées pour les auteurs qui publient au kilomètre
    Mais c’est pareil en peinture, en musique, dans tous les arts siphonnés par le dieu fric. Le monde est plein de gens talentueux qui n’intéresseront jamais les medias officiels et ne seront jamais reconnus…
    Mais après tout, qu’est-ce qu’on s’en fout ?
    Pour moi, tu es une grande, Edmée.
    Et ton écriture est magnifique, bien plus que celle d’un Levy ou d’un Musso. Alors le reste…ce n’est que lie et ratures.
    Baci bella ragazza
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      Merci ma chère et encourageante sorella…

      Oui, nos manuscrits ne sont pas perdus pour tout le monde, en tout cas certains d’entre eux, j’en suis convaincue aussi. Et comme disait un musicien chanteur que j’ai interviewé récemment, le succès c’est comme demander à un artisan ébéniste s’il veut travailler chez IKEA…

      Je préfère être lue par peu mais que ça rend heureux, que par une multitude d’imbéciles qui ont acheté un chat dans un sac qui portait ma « griffe » 😀

      Baci!

    • emma dit :

      Célestine a raison, c’est pareil partout… les éditeurs croulent sous les manuscrits, et selon le figaro un français sur 3 aurait un roman plus ou moins terminé, qui dort dans un tiroir. Pour être remarqué il faut sortir du lot, par un talent extrême et de bons « sponsors » ; sinon, être extravagant ou extraordinaire, sortir de taule, être footballeur, star du JT, raconter sa vie sur le trottoir… Lech Walesa disait que pour être élu (ce qui est un peu la même chose) il faut être le plus…quelque chose, qu’importe la nature du « quelque chose », le plus gros, le plus grand buveur de vodka, ça fait l’affaire… il faut avoir acquis une notoriété quelque part. (il y a quelques années, un chewing gum mâché par Britney Spears a atteint plus de 10000£ aux enchères sur ebay)
      alors la solution passe sans doute par internet, lorsque les sites de publication en ligne seront aussi visibles et performants que ceux qui permettent l’envol de chanteurs en dehors des circuits classiques par ex, je ne sais si ceux qui existent proposent le format epub, pouvoir télécharger un livre pour liseuse est une piste qui évite les frais d’impression et court circuite l’édition traditionnelle

      • Edmée dit :

        Oui, le coup de « se faire remarquer » marche toujours, et au fond… on comprend un peu. Au public, après tout, de remarquer quelque chose qui lui apporte vraiment du plaisir et pas juste la sensation d’être « comme les autres qui ont remarqué aussi » 🙂

  4. Je rejoins l’avis de Célestine sur ta qualité d’écriture, CDL et tes lecteurs sont très gâtés.

  5. Belle chronique très réaliste. On voit que tu reviens de quelques salons 🙂 Pour le reste Célestine m’effraie quand elle dit que nos manuscrits serviraient à donner des idées aux écrivains célèbres. Elle m’effraie mais je me suis déjà posé la question.

    • Edmée dit :

      Oui je reviens de salons où certains ont déclaré la coupe pleine, comme certains sont « pleins d’eux-mêmes » (full of themselves)…

      Et hélas je suis certaine que nos manuscrits qui ne correspondaient pas à la ligne éditoriale de la maison (quand on a eu une réponse…) ont fait la joie de certains!

      • J’ai comme cela un manuscrit que j’avais envoyé autrefois aux grandes maisons (quel naïf j’étais à l’époque !) et qui a évidemment été refusé car ne « rentrant pas dans le cadre de leurs collections »; J’ai cru qu’il était mauvais mais l’autre jour j’en ai relu trois chapitres et je n’ai pas eu du tout cette impression. Je crois que je devrais le corriger un peu et le proposer à mon éditeur actuel..
        Tout cela pour dire que j’ai retrouvé de nombreux éléments de ce roman dans un livre qui a obtenu le Goncourt. Je me suis dit pour me rassurer que l’imagination de l’esprit humain n’est pas inépuisable et que forcément chacun revient broder sur les mêmes thèmes et emploie les mêmes images, le même vocabulaire. Mais qui sait ?

  6. Le fond du problème, c’est de savoir comment monter dans la barque .Une fois que vous êtes dedans, ça va. Vous serez marin ou capitaine, selon votre talent et vos appuis, mais vous serez reconnu. Pourtant tous ceux qui se trouve aujourd’hui dans cette barque ont bien dû y monter un jour. Pourquoi ont-ils été acceptés ? Quel fut le critère ? C’est là un grand mystère.

    • Edmée dit :

      Pour certains, ce furent uniquement le nom et les connexions. Rien à voir avec le talent mais l’élitisme.

      D’autres ont eu du talent, mais une fois dans le système ont dû le troquer contre les délais et la productivité. Ou ont eu peur de tomber du piédestal et ont cédé aux astuces peu glorieuses pour y rester…

  7. Lauriza dit :

    La gloriole, la reconnaissance, l’argent, voilà 3 mots que la plupart des humains aimeraient au moins une fois toucher du doigt car il faut bien le reconnaître, chacun à son égo à satisfaire.
    Il faut être réaliste. Pour arriver au firmament, ce ne sont pas toujours ceux qui ont du talent qui grimpent facilement. L’homme n’est pas le roi de l’impartialité et de la justice et préfère de loin les combines et l’argent pour arriver à ses fins. Certains acceptent mais la gloire ne rend pas toujours heureux. Il vaut parfois mieux rester dans la sphère de sa famille et des amis et rester libre plutôt que dépendre de gens qui vous font des risettes des tapes dans le dos et qui n’auront aucuns scrupules à vous laisser à la première occasion si vous ne leur apporter plus rien. Finalement, la gloire c’est de l’esclavage.

    • Edmée dit :

      J’aime beaucoup ta conclusion : la gloire c’est de l’esclavage. Je n’en veux évidemment pas, d’autant que la gloire est aussi quelque chose de démesuré.

      Ce qui n’empêche pas de regretter la vacuité de ces salons littéraires entre chouchous, qui s’allient pour tenir les talents à l’écart. Mais de ça aussi ils sont esclaves : car quand on se fait geôlier, on doit camper devant la porte de prison…

  8. charef dit :

    Bonsoir Edmée. Pour répondre à ta question je dirai: sans aucun doute.
    Quand j’ai vu l’image de la barque avant de lire l’article j’ai pensé que tu allais parler des migrants. Finalement je me reconnais dans ton article. A défaut d’être publié chez moi je le fais en France. Francophone je suis bien accueilli mais pour les ventes le nombre ne dépasse pas celui que j’achète à titre personnel. Quand je vois que le prix Concours a tété discerné à une écrivaine qui n’a écrit que deux livres et qui est entrée par la grande porte dans la cour des grands je ne peux qu’être d’accord avec toi.

    • Edmée dit :

      Oui, ils gardent jalousement les spots des caméras, les passages au micro et les bons emplacements pour eux… des fois qu’un meilleur qu’eux leur soufflerait la vedette…

  9. AlainX dit :

    Lorsque j’ai vu que l’éditrice que j’avais contactée voulais que je refasse « à sa sauce » parce que ce serait plus vendeur et commercial… j’ai aussitôt dit : — au revoir est pas merci !
    Et puis je me suis tourné vers l’auto édition qui m’a donné parfaitement toute satisfaction et qui en plus n’a pas coûté un euro de plus que ce que j’ai décidé d’imprimer et d’acheter au fur et à mesure. J’assure la promotion et le prix de vente je le choisis. Je ne cède aucun droit d’auteur… et je vends mes livres… ( salons, conférences, etc.) notamment le premier… Je ne sais même plus combien j’en ai vendu… 500 exemplaires ? Quelque chose autour de cela… sans compter les achats directs sur Internet.
    Évidemment, l’argent ne m’intéresse pas. Je donne mes modestes profits à une association de défense des « vieux polios » comme moi…

    Et pour rien au monde je ne retournerai voir un éditeur, moi qui ne suis qu’un petit écrivaillon et bien heureux d’être ainsi.
    l’auto édition c’est pour les nuls et ceux qui ne savent pas écrire ?
    Bah qu’est-ce que j’en ai à batte ! Moi je sais pertinemment la valeur de ce que j’ai publié, si je me réfère aux échos que j’ai…

    • Edmée dit :

      Voilà, c’est tout à fait le parcours que nous connaissons tous, nous ceux sur les phalanges desquels on tape à coups de rame : le bateau est complet 🙂

      Heureusement que c’est le plaisir d’écrire et d’être lus qui nous motive et pas le besoin des projecteurs et vivats!

  10. La Baladine dit :

    Je ne sais pas quoi dire. J’ai des manuscrits plein mes tiroirs, il ne m’est jamais venu l’idée d’envoyer ça à une maison d’édition…
    Je ne suis pas stupide non plus, enfin pas trop, et je sais qu’éditer un bouquin, ça a un coût. Ce qui s’est perdu je crois, c’est le goût du risque chez les éditeurs. L’idée de soutenir un jeune auteur (jeune dans l’écriture, s’entend) parce qu’ils sentent qu’il(elle) est prometteur(euse) se perd. Peut-être faudrait-il des investisseurs multiples, comme pour les films…
    J’dis ça…

    • Edmée dit :

      Je ne pensais pas me faire éditer non plus, j’ai écrit mon premier roman juste « pour voir », pour le plaisir. Une fois terminé, je me suis dit « pourquoi pas? » et j’ai eu beaucoup de chance car vivant alors aux USA, tu imagines si j’avais une idée très vague de comment ça fonctionnait en Europe. J’ai écrit à 4 éditeurs belges (je voulais rester Belge…) et le 4ème a accepté. Pas de coût puisque c’est à frais d’éditeur, mais honnêtement… pas de rentrées non plus dans le sens où non l’entend. Je n’ai pas de quoi acheter ma cadillac avec chauffeur 😀

      Mais j’avoue qu’être lue hors de mon cercle proche est un plaisir aussi… un partage. Tu devrais essayer!

  11. bizak dit :

    Quand l’art, la littérature et tout le bataclan sont soumis au règne de l’argent, le talent, la compétence, la valeur n’ont plus droit de cité. Ils deviennent encombrant et ne permettent pas de distribuer les gratifications à ceux et celles que la maison avait « déjà »choisis dans le secret de Dieux.
    Je t’invite à lire ce qu’écrit une blogueuse ayant pignon sur rue dans cet univers de l’édition: http://bazarkazar.com/2017/08/24/cliches-stereotypes/
    Bien à toi, Edmée, bisous.

    • Edmée dit :

      Je vais retourner sur le blog de ton amie dont l’article est révélateur en effet mais je dois sortir… alors je veux me le savourer en paix!

      Ce n’est plus une surprise pour nous les « petits auteurs » mais je reste stupéfaite quand des connaissances me croient riche, ou pensent qu’ils vont trouver mon livre chez le libraire du coin… Comme quoi ça reste top secret pour les non-initiés!

  12. blogadrienne dit :

    merveilleusement mordant, ton billet du jour 🙂
    il me permet de voir et de sentir l’ambiance de ces sortes de salons du livre, ambiance que je devinais déjà telle et qui ne m’attire pas du tout… j’écris dans mon coin, tout à fait anonymement et pour mon plaisir personnel mais j’admire énormément ceux qui comme toi ont le courage de proposer leurs écrits à des éditeurs!

    • Edmée dit :

      Il ne s’est pas agi de courage, mais d’inconscience, ha ha ha. Et je suis bien tombée, j’adore ma petite maison d’édition! Mais les salons, c’est une farce. Je dois jouer le jeu, car très bêtement les « gens » (ces êtres qui parfois nous lisent…) pensent que si on nous voit à des salons, nous existons. Autrement nous sommes en chute libre 😀

  13. Quel texte! Glups… Monde de faux-semblants et de faux amis, comédie amère, théâtre d’ombres. Encore un milieu qui nécessite d’avoir le cuir solide. Surtout qu’il y est truffé d’imposteurs… Bravo à toi de braver, la tête haute, cette mer des Sargasses…

    • Edmée dit :

      Tu sais, j’ai de la chance, je m’y attends et observe : ça me donne du matos pour mes personnages 😀

      Et puis leur place, je ne la veux pas, que du contraire… On dira que je n’ai pas d’ambition, si c’est ce qu’on appelle l’ambition, mais je ne pense pas que mes livres doivent toucher et bouleverser le monde, juste toucher ceux qui s’en trouveront vraiment bien… C’est mieux!

  14. A souligner que dans notre petite maison qui n’est pas dans la prairie, il y a un tas de points positifs que n’ont pas les autres petites maisons d’édition qui sont elles peut-être dans la prairie. Les auteurs se connaissent entre eux, il y a des contacts entre les auteurs et l’équipe éditoriale, nous avons la possibilité de prester des séances de dédicace en Salons, nous avons un forum qui nous tuyaute, une webtélé, etc. Et tous ces avantages n’existent pas nécessairement si vous êtes édités dans une grande enseigne (Ralbin Mitchell, Trollimard, Rapt Sud, etc) et que vous restez le petit auteur de merde au fond du panier.

    • Edmée dit :

      Tu as bien raison de le souligner, nous sommes des vernies! Rapt Sud, ha ha ha 🙂 Mais en effet, nous sommes devenues amies grâce à notre « petit éditeur », preuve que tout le monde ne se tire pas dedans, au contraire…

      • Pâques dit :

        Je rejoins Carine-Laure, dans notre petite maison ( qui n’est pas dans la prairie) il y quand même de belles rencontres et des partages.
        C’est le plus important c’est que finalement on s’amuse 😉

      • Edmée dit :

        C’est bien ça qui fait que notre « talent » (à prendre dans le sens de don offert par la grâce du destin) nous rend heureuses et, espérons-le, touche aussi nos lecteurs. Le reste, l’industrie du livre… ce sont des transactions financières et rien d’autre!

  15. angedra dit :

    Je ne connais pas le monde de l’édition, mais ce que tu en dit ne m’étonne pas. Combien de fils de… ou de politiques écrivent avec simplement quelques passages « croustillants » sur leurs parents ou anciens amis… et eux trouveront immédiatement un éditeur même si le talent y est absent ! Le sensationnel, les ragots et autres poignards que l’on plante dans le dos du voisin, cela est porteur !!

  16. Dédé dit :

    Coucou genre dame. Ce que tu décris du monde de l’édition se retrouve dans tous les domaines artistiques. Que penser en effet de ces enfants chinois qu’on met devant un piano tout petit et qu’ on élève pour en faire des machines à jouer, sans âme mais avec une technique irréprochable. Alors que tant d’amateurs ravissent de petits cercles d’auditeurs avec des concerts privés mais tellement sympathiques et vivants. C’est terrible de se dire que l’art est soumis aussi à l’argent et au diktat d’une société qui se dit bien-pensante.

    J’aimerais bien monter dans la grande barque. J’y songe depuis longtemps mais je ne sais comment faire. Alors quand je te lis je me dis que ce n’est peut-être pas une bonne idée. Je vais réfléchir sérieusement à la question. En tous les cas tu sais me ravir avec tes textes. Et je suis heureuse d’avoir fait « ta connaissance ».
    Bises alpines.

  17. Edmée dit :

    Je ne suis pas dans la grande barque, tout juste dans le petit canot qui suit de son mieux 🙂 Mais si on ne s’attend à rien d’autre que ce que je décris on s’amuse « entre soi » à observer ces grands manoeuvres dégradantes sur le pont du grand paquebot 😀

    Oui, l’art fait de l’argent pour les uns, du plaisir pour les autres. A chacun de mettre son talent au service de l’un ou l’autre. Tu écris magnifiquement et je pense que le plaisir d’être lue vaut compense celui de ne pas être acceptée dans la cour des grands (où ils se cassent la gueule à la récré d’ailleurs 😀 )

    Vas-y!

    Bises liégeoises…

  18. Des citoyens avaient organisé un salon du livre dans ma commune cette année. J’étais évidemment présent comme d’autres auteurs locaux. Pour 2018, la bibliothèque communale voudrait être associée au projet, ce qui semble pertinent et intéressant. Le problème c’est que d’office il faudra miser sur des célébrités. Et de dire « il nous faut de vrais écrivains et pas de simples « écrivants » et d’ajouter qu’il y a quelques années Améle Nothomb avait été invitée à faire une conférence qui avait eu du succès.

    Certes, je comprends, mais si la bibliothèque de ma propre commune fait de la pub pour Amélie qui n’en a pas besoin et néglige les auteurs de la cité, c’est un peu dommage.

    • Edmée dit :

      C’est tout à fait dommage! Et ridicule. Qu’ils choisissent un auteur méconnu et émergeant, par exemple, ou quelques-uns (j’imagine hélas aussi le pugilat pour faire partie du groupe, les journalistes « amis » mis à contribution pour faire de beaux articles sans avoir lu le livre 🙂 ). Mais en effet Amélie a sans doute l’impression d’aider à la notoriété du salon et on viendra pour ses chapeaux et des selfies et les auteurs locaux feront de la figuration…

  19. claudecolson dit :

    En attendant…rien ou quelque chose…, écrivons et cela déjà nous donne de grandes joies.

  20. Vaste débat avec en toile de fond un constat (triste mais réel) : on vend de moins en moins de livres (excepté les bandes dessinées). Aussi toute la chaîne du livre (éditeurs, journalistes, libraires, bibliothécaires) va miser sur des vedettes pour tenter de « sauver les meubles » sur le plan économique. Le coup de pouce à un nouvel auteur passera après.

    En ce qui concerne les salons, ce n’est pas un endroit où un auteur peu connu va vendre des tas de livres. Par contre, ça permet des nouveaux contacts (pas toujours fructueux mais il y a une prise de contact), de voir des proches venus en soutien, et de faire des photos à poster sur les réseaux sociaux.

    P.S. Une petite pensée pour l’auteur français Jean d’Ormesson qui nous a quittés aujourd’hui. C’était une des stars de la littérature française actuelle. Et à plus de 90 ans, son charisme crevait l’écran à chaque passage télévisé.

    • Edmée dit :

      Nous ne perdons pas Jean d’Ormesson, nous le collectionnons déjà, et il sourirait sans doute.

      Oui, je ne sais pourquoi certains salons favorisent au moins le contact et d’autres pas. Je suis allée à deux salons ou personne, pas une âme, pas une souris, ne ralentissait devant notre table. Donc on faisait vraiment de la figuration de remplissage. Pourquoi je ne sais pas. D’autres salons apportent au moins le contact, c’est vrai. Mais je crois que l’esprit de « petit clan » n’est pas une nouveauté, tout ça a toujours existé, les coteries, les copinages etc… Tant de peintres de renom sont inconnus parce qu’ils n’ont pas eu l’heur de rencontrer un marchand, comme les autres qui ont percé et peut-être n’étaient pas les meilleurs…

      Le filtre du talent reconnu est encore à analyser 🙂

  21. Alain dit :

    Je n’imaginais pas les salons du livre, tels que tu les décris. Les « clans » dont tu parles, à peine davantage.
    « Se trouver du côté des gagnants » … Qui sont-ils ?
    En ce qui me concerne un livre doit m’emporter, me faire rêver, me rendre HEUREUX. Loin de tous salons ou publicité abusive, deux « rencontres » via le net m’ont procuré un réel bonheur. Armelle et toi.
    J’aime l’élégance de votre plume. Cette façon personnelle de transporter le lecteur au travers de vos mots.
    Chaque semaine tes billets se transforment en rendez-vous. Sans « courbettes et flagorneries », en te lisant, je me sens bien.
    Je persiste, je signe, je remercie, aussi.

    • Edmée dit :

      🙂 Oh tu sais, l’homme reste l’homme et l’égo reste un de ses défauts majeurs. « Artiste » ou pas. Finalement le quidam pense que les artistes sont « moins comme ça », mais pourquoi? Et on est dans une culture de succès = argent. Talent = argent. Une équation qui finalement les enchaîne eux-mêmes, qui ainsi vivent dans la crainte de celui ou celle qui pourrait les poignarder dans le dos. All about Eve 🙂

      Merci pour ta fidélité en tout cas… Je préfère mille fois (et plus encore, mais il ne s’agit que de zéros tout compte fait 😉 ) des lecteurs comme toi et mes visiteurs et visiteuses, qui n’hésitent pas à lire des inconnus parce qu’ils y trouvent plaisir et pas un sujet de conversation de salon bobo…

  22. PHILIPPE D dit :

    J’ai déjà découvert de petites pépites dans les « inconnus ».
    Tu crois qu’on nous voit vraiment comme ça? Pas très régalant !
    Bonne fin de semaine.

    • Edmée dit :

      Les lecteurs nous voient comme ils le veulent : d’obscurs inconnus ou de bons auteurs qu’ils ont découvert et suivent, ou soutiennent, ou dont ils parlent.

      Les autres auteurs nous voient comme d’obscurs inconnus qui veulent monter à bord alors qu’il n’y a pas de place sauf pour eux, des collègues, des gens qui ont quelque chose à dire ou pas… Ce n’est pas uniforme, heureusement.

      Bonne fin de semaine pour toi aussi Philippe!

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