Folle et méchante

Oui, c’est sans doute l’impression que j’ai laissée à mes « clients » américains, ceux qui eurent la malchance de franchir le seuil du copy printing shop que je gérais dans le New Jersey. Mais moi… je suis du Vieux monde et eux ils sont du Nouveau n’est-ce pas, un nouveau monde où trop souvent l’argent est roi, empereur, tyran, dictateur, effaceur de toute noblesse. Celui que l’on paie pour un service, est souvent assimilé à celui qui est moins que celui qui paie puisqu’il a « besoin de cet argent », et on oublie qu’on a besoin, en revanche, de ce qu’il sait faire, que c’est un échange équilibré d’offre et de demande, qui devrait instaurer une relation de respect mutuel. Il n’en est rien, très souvent. Surtout dans la « classe moyenne » où il est tellement agréable de se sentir supérieur pour quelques billets bien sales et chiffonnés.

Dans l’ensemble, j’ai détesté mes clients. Vraiment.

Des exemples ?

Le type qui me fait faire des cartes de visite où il spécifie « free estements ». Estements n’existe pas, il voulait dire estimates. Je corrige, et il m’engueule : je suis une étrangère qui ne sait même pas parler l’anglais, j’ai pris sur moi de corriger quelque chose qui était juste en me croyant mieux que lui parce que je suis « française » (ben non…) etc etc…

J'ai quand même vraiment l'air gentille là, non?

J’ai quand même vraiment l’air gentille là, non?

La jeune noire (et ne croyez pas que le racisme ne soit que dans un sens, j’ai eu droit à tout dans ce rayon…) qui vient pour me faire dactylographier son cv en urgence. Oui, ils paient pour ça. Bon. Normalement on n’accepte qu’une ancienne version dactylographiée, et on ajoute ce qu’il faut, car leur orthographe et écriture attendent encore un décodeur. Mais mademoiselle avait gribouillé tout le cv sur un vieux papier et en avait besoin le jour même à trois heures. Je lui dis de venir un peu à l’avance car j’aurai certainement des mots mal lus ou mal compris. Elle me verse des arrhes, et je me lance dans la description idyllique de ses talents : Infirmière psychologique, elle a une patience remarquable. Précise, douce, disponible, enfin elle a tout pour elle. Lorsqu’elle revient, je lui dis « ah je suis contente que vous soyez à l’avance car j’ai deux ou trois points à vérifier avec vous (on ne parlera pas de l’orthographe… apocalyptique). Et la douce jeune fille me dit, les yeux haineux « je le savais que je ne devais pas venir chez une blanche, vous êtes une idiote et n’y connaissez rien ». J’ai été tellement prise de court que j’ai pris son cv, l’ai déchiré, lui ai rendu son acompte, et ai dit « bonne chance pour votre entretien ». (Mon mari se cachait soigneusement derrière la grosse machine offset… ). Elle m’a jeté à la figure tout ce qui se trouvait sur le comptoir, folle de rage, et est sortie en hurlant qu’elle allait me botter le train. Ravie je lui ai dit «ha ha ha… infirmière très douce et patiente… »

Le monsieur qui vient pour des cartes de visites, de celles qu’on sous-traitait. Il y avait donc un album où choisir le papier, la police, la taille, les couleurs etc. Comme il n’y en a jamais eu un seul qui soit assez intelligent pour remplir le formulaire, et que comme des enfants ils demandaient que je les aide, il m’a tenue au moins un quart d’heure, se créant une chose monstrueuse, avec des polices et tailles différentes, des italiques et des caractères gras ici et là, et deux couleurs. J’avais beau lui dire que ça serait moche, monsieur pensait être un artiste créatif, et insistait. Bien entendu, quand il est venu les chercher… il m’a regardée d’un air désolé et m’a dit « Oh… je ne les aime pas. Que pouvez-vous faire pour rendre votre client heureux ? »  Tiens donc, ça n’a pas tardé : « Rien ».

La fille, noire elle aussi mais rien de raciste, ceci dit la parfaite emmerdeuse qui paie et donc a droit au tapis rouge et l’orchestre discret dans un coin de la pièce. Elle voulait UNE copie de son CV exceptionnel sur beau papier. Qu’avez-vous ? Beige, bleu clair, blanc, gris. Je peux voir ? Me voici sortant toutes les boites. Elle hésite longuement, il est vrai que toute sa vie professionnelle en dépendait ainsi que celle des nations sans doute, ou de la planète. Elle finit par opter pour une couleur. Je lui fais donc la copie, et elle déclare que c’est un peu pâle, puis-je augmenter la tonalité ? Or c’était parfait. Je fais donc semblant de changer le setting, et recommence, et elle me déclare que maintenant c’est parfait. J’ai passé dix minutes pour gagner 5 cents… Comme elle voit que je suis pressée d’en finir, elle me dit « mais… vous ne voulez pas que votre client soit content et revienne ? » Je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire, « non ».

Le type qui arrive de nulle part dix minutes avant la fermeture et a besoin avec la plus grande urgence de cartes de visites pour ce soir. Je lui dis que nous fermons, que ce n’est pas possible (en fait, comme il n’était pas question de sous-traiter dans l’urgence, il aurait fallu se mettre d’accord sur le type-setting, les imprimer, attendre que l’encore soit sèche avant de couper sinon ça offsette, et il y en avait au moins pour trois heures ou plus. Pour 50 dollars. Il insiste « et si je vous donne 50 dollars en plus ? » « Non, désolée, ce n’est pas faisable… » « Oh, il y a bien des gens qui seraient d’accord de travailler plus tard pour un extra de 50 dollars »… Eh bien pas moi, et ne pas revoir ces imprévoyants qui mettent la charge de leur stress sur les autres, ça valait 50 dollars !

Ils sont souvent payés à la semaine, ce qui les rend en effet imprévoyants puisqu’ils n’ont que des fins de semaine difficiles, n’ayant pas à planifier pour un mois. Les super marchés sont ouverts 24h/24, et donc là non plus, pas besoin de prévoir. Et tout est en faveur du client, qui ainsi est devenu capricieux et insupportable, irresponsable, comme Clément, un Nigérien avec qui pourtant j’ai fini par devenir amie mais qui avait eu le toupet de me dire que c’était ma faute s’il n’avait pas eu des affichettes pour sa cérémonie à l’église (il était pasteur) parce que j’avais refusé de les faire, là aussi il était venu en dernière minute. Je l’ai enguirlandé, lui expliquant que c’était sa faute, uniquement la sienne, et comme il s’est excusé une fois qu’il a compris, je lui ai dit « mais Clément, ne t’excuse pas, change ». Ravi il m’a dit plus tard qu’il avait reservi ça à ses ouailles à l’église : ne vous excusez, pas changez. C’est peut-être maintenant en lettre d’or à l’entrée de son église, qui sait ?

Josef, un Russe abominable, méchant avec sa femme, fraichement arrivés de Russie. Sa femme était charmante, et lui immonde. Dès qu’elle a eu sa nationalité américaine, elle l’a largué (bien fait !) et lui a échoué à la dictée. Trop difficile pour lui : I have a little brown dog. Je me demande comment il a trouvé moyen de l’écrire pour échouer. Mais j’avais pris la bonne habitude de lui répondre, ce qu’il détestait et lui faisait froncer ses abondants sourcils roux sur des petits yeux furieux. Don’t be grumpy with me, Josef. Et il n’avait pas le choix sinon je refusais de le servir. Et on le virait partout…

Dzon’, un Grec tout aussi immonde qui pensait s’appeler John mais se présentait fièrement comme Dzon’. Toujours en maladie, en dispute avec ses voisins, polémique, désoeuvré, mal ici et mal là et en tout cas toujours trop mal pour travailler. Un jour dans le magasin, il a pris à partie des clients en vociférant contre les noirs et tous ces gens bizarres qui arrivent ici, et qui changent la race, car lui, il espérait bien que dans 40 ans… les gens seraient encore tous comme lui, et pas de toutes les couleurs. L’autre cliente et moi avons eu du mal à ne pas passer par… toutes les couleurs et tous les fous-rires : il était affreusement laid…

Les flics locaux qui me demandaient si j’offrais une réduction aux policiers (jamais… pourquoi ?), qui venaient photocopier de faux diplômes, pas gênés pour un sou, avec des collages où ils ajoutaient leur nom. Et puis ils venaient pour collecter pour leurs collègues « morts en action » alors que s’ils étaient morts en action, ça devait être d’indigestion au Willie’s Diner où ils avaient leur QG, toujours à se goinfrer de cafés et des doughnuts. Rien ne les décollait de là. On pouvait d’ailleurs faire une « donation » vivement conseillée à la police et on recevait un sticker qu’on mettait fièrement sur sa voiture, je soutiens la police de ….  et en échange, eh bien on nous fichait la paix lors des infractions légères… Je ne voulais pas de ce laisser-passer… et ainsi ils ne venaient pas chez moi, youpidou !

Par contre, comme je l’ai dit, certains clients, les gentils, les bien élevés, les stricts et honnêtes, ils m’aimaient beaucoup. Je vois encore cette dame qui était en pleine déprime à la mort de son mari et que j’avais prise dans mes bras… elle revenait chez moi parce que j’étais si gentille… (Vous voyez bien !). L’autre petite dame âgée noire adorable, sortie d’un cartoon de Walt Disney, maigrelette et en tailleur pimpant avec un drôle de chapeau rouge sur lequel dansait une grosse fleur dressée. Elle avait un problème pour marcher : elle cavalait (ne savait pas marcher normalement) mais ne pouvait redémarrer si elle devait s’arrêter pour ouvrir une porte ou franchir un obstacle (une bordure une marche etc…). Je la voyais et sortais toujours pour l’aider et pourtant, c’était une très « petite cliente » qui ne venait que pour des billets de tombola de sa paroisse. Magdalena, une autre noire, toujours bien mise et polie, mais enlisée dans des dettes, à qui je faisais payer moitié prix pour les fax qu’elle était obligée d’envoyer chez son usurier qui lui prêtait de petites sommes à 174% d’intérêt. Oui ! Sonia, une Russe fraichement arrivée qui m’embrassait et m’a apporté un gâteau pour les fêtes…

Ou mes clients-dépanneurs d’ordinateur, Al et Kasai « du magasin d’en face »… Leur rendre visite et vider mon sac nous faisait bien rire et me remettait d’aplomb.

Al

Kasai

Kasai

Bien entendu, ces clients-là… c’étaient des pépites, et sans eux j’aurais sans doute commis un meurtre. Ou deux. Je serais devenue une serial killer.

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43 réflexions sur “Folle et méchante

  1. Dédé dit :

    Coucou Edmée. Tout d’abord, permets-moi de te présenter mes voeux pour cette nouvelle année. Je suis encore dans les temps non? Je te souhaite une belle année 2018 pleine de douceurs avec des petits bonheurs tous les jours et des grands aussi. 😉
    Ton texte m’a fait bien rire. Travailler en contact avec des gens n’est pas toujours simple. C’est un condensé de la société qui se presse dans le magasin, qui exige, rouspète, vocifère ou alors sont doux et gentils. J’ai aussi vécu des épisodes épiques avec des clients dans mon bureau, tellement désagréables que je les faisais sortir et je ramassais en retour une bordée d’injures et à l’entretien suivant, ils étaient doux comme des agneaux.
    Vivre en société, c’est parfois ou même souvent faire le poing dans sa poche. Accepter certaines choses sans pour autant se faire marcher sur les pieds. Et pourtant, je ressens de plus en plus le besoin de fuir certains de mes congénères, n’ayant plus cette patience… La montagne devient refuge, bientôt je serai ermite. Et on viendra me voir pour me demander des conseils sur la vie. :-)))

    Je t’embrasse et te souhaite une belle fin de semaine.

    • Edmée dit :

      Oui, il y a un moment où le plaisir qu’on peut avoir en ayant gardé son calme ne suffit plus, le besoin de respect se fait pressant. Et on tolère moins la manipulation… Moi j’aime la ville est les contacts, mais je sens vite quand on me tourne autour pour satisfaire des jeux de domination ou manipulation et je descends la herse 🙂

      Une très bonne année à toi aussi, j’ai passé de l’une à l’autre au ralenti mais c’est quand même… une nouvelle année à accueillir! Bises citadines

  2. SPL dit :

    Ton texte est extraordinaire. Il balaie tout le spectre de l’humanité dans ce qu’elle a de meilleur et de pire avec, en prime, des moments où l’on pouffe tellement c’est drôle, grotesque, pathétique, dérisoire. Et l’on reconnaît des gens, les types universels, les mêmes profils aux quatre coins de la planète! Tu as dû en avaler, des couleuvres! Et comme tu as dû rire aussi! J’adore. 🙂

    • Edmée dit :

      Oui j’en ai avalées, des couleuvres. Hélas je dois dire que le nombre des immondes dépassait celui des charmants et que mon humeur et ma santé en ont pris un coup. Je devais aller tous les mercredis pour me faire « craquer » le dos chez le chiropracteur. Le jour où nous avons vendu l’imprimerie… je suis allée chez lui et il m’a dit « mais enfin… vous n’avez plus rien, que vous est-il arrivé? »

      La liberté, docteur Fanizzo, la liberté! 🙂

  3. claudecolson dit :

    Oui, la société de consommation présente bien des dérives. Quand les gens sont décevants, un refuge : la nature… tant qu’on nous la laisse…

  4. Florence dit :

    Coucou Edmée !
    Il y a des fous partout et « malheureusement » pas qu’aux USA. Mais c’est vrai que là bas, ils voient tout en grand et que parfois c’est « gratiné » ! (°v°) !
    Bises bretonnes pour une bonne journée !
    Florence

    • Edmée dit :

      J’ai quand même connu le choc des cultures, je dois dire. Quand on est élevé dans l’idée que le client n’est pas seulement roi mais vous possède parce qu’il est du bon côté de l’argent, on développe une étrange notion de pouvoir…

      Bises liégeoises

  5. Armelle B. dit :

    Article épatant et très drôle. Je savoure votre humour. Oui, la société n’est pas roulée dans du papier de soie.

  6. Ca donne envie d’ouvrir le même genre de magasin. Vu la faune qu’on y rencontre, c’est une mine d’or pour un romancier.

  7. blogadrienne dit :

    je ne sais pas comment tu fais pour nous écrire un texte à la fois hilarant et consternant 🙂
    bravo!!!

    • Edmée dit :

      Heureusement j’arrivais à rire d’eux, parfois ça me prenait deux ou trois jours, le temps que la colère soit passée, mais je retrouvais ce plaisir caricatural de les revisiter en pensée.

      Merci…

  8. emma dit :

    emm.. sans frontière ! merci pour cette alerte et savoureuse galerie de portraits

    • Edmée dit :

      J’imagine que dans un métier plus glamour, on a des clients plus fortunés qui peut-être ont parfois de meilleurs manières. Mais là… c’était horrible 🙂

  9. Célestine dit :

    Avec le recul, ce fut une expérience de vie tout à fait enrichissante, ne dis pas le contraire ! Car sur le plan de la connaissance de l’âme humaine, tu as fait fort, et tu as dû progresser comme jamais sur les splendeurs et les noirceurs (sans mauvais jeu de mots) de notre engeance.
    C’est ça la vie : des gens adorables et puis de gros lourdingues qu’on aimerait aplatir d’un coup de tapette à mouches.
    Mais il est une arme bien plus subtile que la tapette à mouches, et tu la manies avec une dextérité qui frise le génie.
    Elle s’appelle l’humour !
    Baci sorella
    ¸¸.•*¨*• ☆

  10. pâques dit :

    J’adore !
    Quel humour et vraiment bien observé.
    Je souriais en te lisant et j’imaginais les répliques etc…

  11. colo dit :

    Comme si on était là, avec toi, dans ton échoppe!
    Tu y mets tant de talent, qu’on les connaît tes grognons et tes adorables.

  12. Très chouette texte plein d’humour et belle analyse sociologique! J’ai pensé à toi hier soir en apprenant le décès de notre connaissance commune : Luc Beyer de Ryke. Bon week-end et à bientôt.

  13. La Baladine dit :

    Tout un échantillon d’humanité, du pire et du meilleur! Tout ça saupoudré d’humour, ce qui ne gâte rien 🙂

    • Edmée dit :

      Heureusement que j’en ai, sans quoi je pense que je serais encore aigrie de cette affreuse expérience aujourd’hui 🙂 Par contre le meilleur fut délicieux, peut-être encore plus parce que rare et exceptionnel, et j’ai appris à avoir un grand respect pour, en général, ces femmes noires d’alors la soixantaine, qui avaient la fierté d’avoir un fils devenu médecin ou avocat, au prix de leur éducation stricte et de leurs sacrifices quotidiens. Elles portaient leur fierté comme un chapeau, lumineuses et gentilles…

  14. angedra dit :

    Mais oui tu as tout à fait l’air gentille… et certainement pas seulement l’air !!!
    Les métiers en contact avec la clientèle sont souvent plein de surprises, dans le bon sens comme dans le mauvais.
    Je ne peux parler concernant les américains, mais pour la France j’ai pu constater au long de mes années professionnelles que les gens devenaient plus agressifs, toujours mécontents et de plus en plus désagréables.
    De plaisants souvenirs tout de même que tu nous fait partager, puisque tu as bien su faire le tri et rencontrer des personnes attachantes.
    Agréable dimanche chez toi avec je l’espère l’énergie retrouvée.

    • Edmée dit :

      J’étais gentille, je le suis… mais là, on a sorti le diable qui sommeillait en moi, sauf les autres personnes gentilles que j’aimais rencontrer et soutenir, encourager. Rien de tel que le personnel, le un par un, dans un commerce, quand on le peut. Je me suis d’ailleurs fait deux couples d’amis qui le sont encore, rencontrés dans ce petit enfer du New Jersey 🙂

      Merci pour tes voeux d’énergie, oui ça revient, je prends mon temps! Un très bon dimanche à toi aussi!

  15. Alain dit :

    Un vrai régal que cet article.
    Tes comparaisons me font penser à certaines personnes que j’ai eu à côtoyer pendant mon activité professionnelle. Celles et ceux qui tenaient le haut de l’affiche n’étaient pas les plus difficiles. Les autres, qui naviguaient en dessous, étaient bien souvent exigeants, désagréables et d’une incroyable prétention.
    Sans avoir vécu de longues périodes aux États Unis j’ai reconnu au travers de tes lignes quelques travers qui existent aussi chez nous.
    Savoureux portraits.
    Glacial, mais ô combien drôle.
    Merci Edmée.

    • Edmée dit :

      Oui, une fois sortie de cette fosse aux serpents j’ai vu ce que ça avait de drôle mais sur le coup…

      J’ai un jour lu une réflexion d’un éditeur qui disait que les bons auteurs sont modestes et accommodants, tandis que les médiocres et mauvais se prennent pour des divas et sont arrogants. Je confirme pour ce que j’en sais… ce qui rencontre ce que tu dis 🙂

  16. Visiteuse dit :

    Quelque soit la boutique : en vente assise ou debout, la typologie du client reste la même.
    Il veut le plus, le mieux (même en apparence), le plus rapide et pour pas cher. Avec la fausse gratuité d’Internet c’est encore plus vrai aujourd’hui.

    Malheureusement, les gens confondent toujours prix et valeur.
    En effet, le prix n’est pas la valeur, or, tout le monde a tendance à mélanger ces 2 unités de mesure. Il y a le prix qui est la valeur d’échange et la valeur d’usage qui est la valeur “pour soi”.
    Un grand prospectiviste Marc HALEVY relate dans un de ses bouquins l’anecdote suivante :
    Son oncle tenait une boutique de vêtements pour dames. Une cliente rentre dans la boutique et flashe sur une robe rouge qu’elle essaie.
    “Elle prend “sa” robe sous le bras et vient vers mon oncle :
    – Monsieur que vaut cette robe?
    – Ce qu’elle vaut, madame, je n’en sais rien. Cela dépendra de la grâce avec laquelle vous la porterez et, surtout, des yeux qui vous regarderont. Par contre, je peux vous dire à quel prix je vais vous la vendre.
    Immense leçon de commerce…. et d’économie”…

    Cela étant dit, le vrai Luxe reste encore de pouvoir choisir son client, c’est ce que visiblement vous avez réussi à faire. Bravo ! C’est une grande leçon de liberté qui elle n’a pas de prix donc reste souvent hors de portée du consommateur lambda.

    • Edmée dit :

      Je suppose que ce qui m’a « sauvée » si on peut dire, c’est que n’ayant pas été formatée dans ce genre de relations, je résistais. Je n’arrivais pas à trouver ça normal. Magnifique la réponse du propriétaire de boutique pour dames…. Il y a des gens qui gardent la notion du réel 🙂

  17. gazou dit :

    Un texte plein d’humour…Merci Edmée !

  18. bizak dit :

    Folle et méchante, gracieuse et douce, à chacun pour son compte ! Le client est roi jusqu’à ce qu’il perde sa couronne par manque d’égard, de courtoisie, de réserve. La maison n’accorde pas de crédit aux discrédits, sinon on met la clé sous le paillasson, pardi !
    Très joli exposé sur la façon de commercer chez les amerloques.
    Bien à toi Edmée

    • Edmée dit :

      Tu as raison, au fond : chacun reçoit le traitement qu’il « offre » et j’ai mis la clé sous le paillasson… Ce fut un cauchemar, et si je regrette bien des choses américaines, certainement pas cette non-éducation!

      Bises, Bizak!

  19. AlainX dit :

    J’adore la manière merveilleuse dont tu racontes !
    un vrai régal non commercial !
    Et ce concept qui me semble très développé chez les Américains : du moment que je paye largement le prix, j’ai droit de tout exiger !
    (Enfin c’est l’idée que je m’en fais, qui je crois ne pas être si éloignée que cela de la vérité… sans pour autant faire une généralité)
    bon : pour cet excellent commentaire tu me dois 50 $ !

    • Edmée dit :

      😀

      Oui, l’argent justifie tout, et là, on sait ce qu' »en avoir pour son argent » veut dire… 🙂

      • Visiteuse dit :

        D’où l’intérêt évident du compromis dans une négo. Comme le disait si brillamment Ambroce BIERCE :
        « Compromis : Sorte d’ajustement d’intérêts divergents qui consiste à donner à chaque adversaire la satisfaction de penser qu’il a eu ce qu’il ne devait pas obtenir, et qu’il n’est privé de rien, sinon de ce qui lui était véritablement dû. »…

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