A vue de nez… rien à signaler

L’instinct est une chose, la raison une autre. La raison fait taire l’instinct, lui explique qu’il faut de la patience, de la volonté, de la prudence, de la charité, de l’entraide, et souvent hélas aussi le goût du martyre…

C’est ainsi que les femmes battues le restent trop longtemps, battues. L’instinct, elles lui ont rabattu le caquet lors de la rencontre, soit qu’elles étaient trop amoureuses pour lui prêter attention, soit que déjà la raison s’est mise à caqueter : au moins ceui-ci, il est travailleur (succédant à un autre qui avait non pas un poil mais une brosse entière dans la main…) ; tu auras une vie confortable avec lui ; il est fou de toi, tu seras gâtée-pourrie-du-sort ; cette jalousie délicieuse est la preuve qu’il t’aime… Hélas le chant des sirènes optimistes opère, et personne n’est là pour ficeler la future victime à un mât le temps que passe la nef… Et puis pendant un temps chaque accalmie, accompagnée de promesses et de câlineries, est prise pour un signe vers le changement. Et donc on cache soigneusement ce qui se passe à l’intérieur des murs car ce qu’on désire pardonner ne le serait pas par l’entourage… Et ce qui se passe chez nous doit rester chez nous.

Mais vous le savez bien… une fois qu’un fauve a goûté au sang, il y revient comme on revenait à la chicorée Pacha dans des temps et circonstances plus sereins…

Il y a bien, oui, le chant contrastant de ceux à qui l’instinct dicte « mais dis-le lui, enfin, dis-le lui ! Arrache-lui ces œillères géantes » mais ce chœur est discret et étouffé par bien d’autres voix, et ne souhaitant pas perturber le bonheur, il commence aussi à timidement raisonner. Et à croiser les doigts : pourvu que…

Le rituel des doigts croisés ne marche jamais, qu’on se le dise… et si le sacrifice extrême se comprend, ces actes d’héroïsmes qu’on ne peut programmer et dont on est porteurs ou pas, le sacrifice quotidien pour rendre heureux quelqu’un qui ne sait comment l’être et sait juste comment serrer les chaînes pour garder sa proie dans l’illusion d’un amour, ce martyre-là est inutile et mène au drame.

« Regarde ce que TU me fais faire, il faut vraiment que je t’aime pour supporter que TU me mettes dans un tel état que je te tape dessus, moi qui suis un agneau partout ailleurs…. ».

Les Thénardier. Illustration Gustave Brion

Les Thénardier. Illustration Gustave Brion

Et que dire aussi de ceux qui ont toujours été là, membres de la famille ou proches, des intimes… ? On n’a aucun instinct. On les connaît, on a grandi à l’ombre de leurs terrifiants caprices, de leurs mensonges éhontés. Leur mauvais caractère est légendaire, tout comme leur parade un tantinet parano (vous êtes encore tous contre moi comme toujours !!!…). On en rit. On apprend aussi à esquiver plus ou moins, on s’y attend, ça fait partie du personnage et des rencontres avec lui. On dit « tu sais bien comment elle est, il faut juste éviter un millier de sujets délicats ; tu le connais, depuis le temps, il vaut mieux lui laisser croire qu’il a raison pour avoir la paix… ». Mais on n’a jamais la paix et il semble toujours qu’on n’en fasse pas assez…

Et sans y avoir pensé, on est entrés dans le jeu : on cherche bien, au fil des années, à remettre « les pendules à l’heure » de temps à autre, mais à la fois lassé et amusé, parce que ça n’a rien changé depuis le tout début du début. Ou surtout, on laisse tomber. C’est tellement banal qu’on ne le remarque plus vraiment.

Or un jour… quelqu’un qui n’a pas le nez juste dessus vous dit « mais enfin… ce n’est pas normal de se comporter ainsi ! » et « bardaf ! » comme on dit en bruxellois, on accepte de penser ce qu’on ne voulait pas penser. On additionne les épisodes, on les met bout à bout et on a « the whole picture »… et c’est ignoble. Les années ont passé, ancrant les comportements d’une manière telle qu’ils ne s’extirperont pas sans aide professionnelle mais, par-dessus-tout, nuisent autant aux uns qu’aux autres, sans jamais rien améliorer.

Il faut alors mettre fin à un « lien »  qu’on a laissé devenir le jeu du chat et de la souris, par une innocente ignorance faite de patience et complaisance « pour ne pas faire d’histoires ». Il y a bien l’épine judéo-chrétienne qui nous accuse d’abandonner un être en souffrance qui peut-être ne saurait agir autrement, mais il s’agit d’un être qui s’est abandonné il y a longtemps, tout seul, et est tellement déterminé à souffrir qu’il mord toute main qui se tend. Mensonges, chantages, manipulations, vols, calomnies, tout est bon pour détruire. De ça, il a besoin : de victimes, d’auditoire, de compassion même si feinte. Pas d’amour, il ne sait qu’en faire. L’auditoire, les victimes… entretiennent le processus d’auto destruction.

Aussi, retrouver et donner la paix, c’est dire « ça suffit. Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ».

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40 réflexions sur “A vue de nez… rien à signaler

  1. Armelle B. dit :

    Ce qui est regrettable, chère Edmée, c’est qu’il existe, dans la nature humaine, les spécimens qui se plaisent à souffrir et les spécimens qui se plaisent à faire souffrir et, fatalement, ils sont tôt ou tard attirés l’un vers l’autre. C’est le diable qui se mord la queue.

  2. laurehadrien dit :

    Lorsqu’il s’agit d’enfant maltraité il n’y a pas de  » choix », mais souvent les filles maltraitées par leurs parents choisissent des partenaires qui sont des bourreaux. Quel destin !

    • Edmée dit :

      Parce qu’elles ne connaissent pas d’autre type de relation d’une part, et ensuite parce que le bourreau se présente comme un sauveur. Presque divin… C’est ce qu’on appelle tomber de Charybde en Scylla!

  3. ninannet dit :

    Ma mère disait toujours « on ne tape pas une femme même avec une fleur »… J’avais une huitaine d’années, une voisine se faisait tabasser tous les matins par son époux avant qu’il aille au travail et en partant il criait à la volée pour que tous les voisins entendent : « bonne journée ma chérie, fais bien attention à toi, je t’aime »… et il la couvrait de cadeaux qu’elle exhibait. Ma mère voyait bien les bleus et un jour elle lui a posé la question « pourquoi la fais-tu souffrir comme ça, un jour tu vas la tuer ». Il a répondu (j’étais là) mais elle aime ça les coups, sinon elle m’aurait dit d’arrêter et j’aurais arrêté ». Ma mère est allée trouver la voisine et lui a posé la question « c’est vrai que tu aimes les coups et l’autre de répondre en baissant la tête « si je lui demande d’arrêter il frappe encore plus fort »… C’est compliqué…

    • Edmée dit :

      C’est horrible, horrible!!! Oui, la relation devient tellement perverse que le tourmenteur en vient à décider que l’autre aime ça… J’ai connu un homme battu, oui. Il n’est jamais parti. Il se plaignait discrètement en lieux sûrs, où on lui disait de la laisser tomber, mais elle avait coupé tous les ponts autour de lui, il avait eu des enfants d’un premier mariage qu’elle avait éloignés, elle lui interdisait de voir sa mère et sa soeur, et ses petits-enfants. Quand il est mort il n’y avait qu’elle aux funérailles, personne de son côté à lui. Repos éternel, enfin!!!!

  4. Célestine dit :

    il y a aussi (et ils sont encore plus dangereux) ceux qui ne touchent jamais à un seul de nos cheveux, mais nous détruisent à coups de petites phrases et de petits actes assassin(e)s…
    Et ceux-là, je les connais, si tu savais…je sors d’une de ces relations bien pourries. Bien perverse.
    Et je sais combien on peut être aveugle dans ces cas-là.
    Merci d’enfoncer le clou une nouvelle fois.
    Grâce à une thérapie, je suis en train de m’en sortir.

    Baci sorellita
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Edmée dit :

      Oui, je les connais bien, et j’en parle ici, nos tourmenteurs quotidiens que personne ne remarque, ou dont on dit « oh, ce n’est pas bien grave ». J’en ai virés deux de mon entourage aussi, dont un très récemment.
      On n’enfoncera jamais assez ce clou, parce que cette fichue « tolérance-patience » qu’on nous recommande d’avoir est parfois mortelle…
      Baci-baci, sorellita!

  5. SPL dit :

    Pour qu’il y ait pardon, il faut qu’il y ait justice et dans ces histoires de manipulateurs, de pervers narcissiques, de violents et autres spécimens, la justice est un peu compliquée à mettre en oeuvre.
    Cela dit, il y a aussi des gens qui n’existent qu’en souffrant – c’est terrible mais c’est une réalité. Parfois d’ailleurs, les deux extrêmes s’attirent et font la jonction. Aller régler la chose quand cela dégénère pour de bon est presque mission impossible.

    • Edmée dit :

      Je sais… c’est bien un des terribles aspects qui complique tout. Finalement… sauve qui peut – et qui veut. On ne peut rien pour les autres. Ni pour leur tourmenteur.

  6. blogadrienne dit :

    la première fois que ton mari te frappe, il te dit: c’est de ta faute, tu m’as poussé à bout!
    et tu te dis c’est vrai, si je n’avais pas refusé/discuté/… il ne se serait rien passé.
    la deuxième fois que ton mari te frappe… (etc)
    après combien de fois fais-tu ta valise? et qu’est-ce que tu es obligée de laisser derrière? et à quelle vengeance peux-tu ‘attendre?
    non, ce n’est pas par goût du martyre qu’on reste!

    • Edmée dit :

      Ah. non… j’ai connu ça aussi. Tapée, battue, mise en demeure d’admettre que c’était ma faute. Pas d’enfants pourtant, mais la peur de ce qui se passerait si je me rebellais. Le jour où je l’ai fait d’ailleurs, j’ai dû signer une lettre disant que tout était ma faute… sous la menace d’une carabine. J’aurais déclaré volontiers que j’organisais des messes noires, et j’aurais signé cinq fois, rien que pour partir!!!

  7. bizak dit :

    Rien n’est plus insidieux et dangereux que de croire que tout va bien quand tout va mal. On s’invente alors mille excuses et trouvailles pour laisser passer la tempête, surtout quand les parents et autres conseilleurs à tout va mêlent leur cacaillement . Dans tout comportement qu’en soit la cause, où on laisse pourrir la situation par notre silence trop bruyant ,en faisant comme l’autruche de croire que cela ne nous concerne pas, un jour on paye l’addition… de toutes nos turpitudes passées. Non, le fer il faut le battre quand il est chaud, même si parfois faut raison gardée mais pas trop !
    Bises Edmée

    • Edmée dit :

      Tout à fait… mais on nous apprend trop à faire silence. Ou a hurler pour rien aussi d’ailleurs 🙂

      Oui on paye l’addition, et en plus on réalise que ce qu’on a enduré n’a servi à rien ni à personne, pas même au tourmenteur qui ne trouve là que des moments de domination, qui ne le rendent pas heureux.

      Enfin… on ne va pas le plaindre, en plus! 😀

  8. charef dit :

    Bonsoir Edmée. Je crois que je suis le seul à aimer. J’aime les idées qui se dégagent de ton article. J’y ai pensé toute ma matinée. J’ai improvisé un poème que j’ai intitulé « La mue » que j’ai posté sur mon blog..
    http://klakcharef.wordpress.com
    Bonne nuit Edmée. Pensées très amicales.

  9. Florence dit :

    Chère Edmée , que commenter ?
    On fait le dos rond tout en attendant le bon moment pour se barrer. Selon les circonstances ce peut demander du temps.
    Un mot de trop, l’appuis d’un ami… bien des choses finalement peuvent faire tout basculer et nous libérer, mais pas forcément d’un conjoint, une mère aussi, par ex., peut nous pourrir la vie.
    Mes meilleures bises bretonnes. Kenavo et… Joyeuse Pâques chère Edmée !
    Florence

    • Edmée dit :

      Les mères qui pourrissent la vie sont bien connues aussi… ou les pères. Ou les frères. Prédateur et victime est un jeu très ancien, comme gendarmes et voleurs 🙂

      Joyeuses Pâques à toi aussi chère Florence! Bises ensoleillées

  10. emma dit :

    et si tout simplement la vie quotidienne en couple était une aberration ? le huis clos cristallise tout et le pire couvre vite le meilleur

    • Edmée dit :

      Il y a des couples heureux, et des couples qui s’arrangent. Ce n’est pas forcément l’enfer, si on ne cherche pas à se posséder l’un-l’autre. Mais il y a surtout des gens « mal finis », mal dans leur peau, qui ne se sentent bien qu’en déversant sur un autre leurs échecs intimes. Il y en a beaucoup, malheureusement…

      J’ai vu bien des mariages paisibles, certains très heureux, d’autres sachant que la clé de tout ne se trouve pas là où on n’est pas comblé.

  11. bernie dit :

    @ Edmée : des mots, des phrases justes,en plus bien « tournées » pour dire non seulement la souffrance des femmes « battues », bafouées, ignorées, « ad-néant-ies » , mais aussi ce cercle infernal d’amour/dépendance/soumission qui se perpétue…Il faut briser la loi du silence des agnelles…car le processus n’est jamais disruptif.Bonne et joyeuse fête de Pâques= qu’un seul Agneau, une seule agnelle, sauve toutes les autres….et en parler, c’est se libérer, (se) sauver…un peu…
    Merci pour vos textes.

    • Edmée dit :

      C’est très dur de se sortir de ça. Car les tourmenteurs prennent soin de se les attacher par des enfants, des dettes communes, ou le « témoignage » d’amis de beuverie et d’idiotie qui seront en leur faveur si nécessaire. Rien ou très peu ne transpire à l’extérieur. Et comme signalé, il n’y a pas que les coups, il y a la destruction systématique par les mots, les haussements d’épaule, les « tu ne comprends jamais rien », « tu n’es pas à même de… », « qu’est-ce qui m’a pris de croire que tu saurais le faire? », « on a de la chance que les gosses tiennent de moi parce qu’autrement… »…
      Merci pour votre intervention 🙂

  12. angedra dit :

    La vie m’a persuadée que seule la personne concernée peut décider d’arrêter de subir.
    J’ai voulu aider des amies à comprendre que cela n’était pas de l’amour (pas vraiment des coups, mais des coups de torchon, des bousculades, des pincements et surtout des brimades, des colères, des injures) Résultat, je servais moi et ma maison de refuge pour un soir, puis on me reprochait d’en parler !!!
    Moins grave physiquement il y a aussi celles qui se plaignent de leur conjoint qui les empêchent de vivre avec leurs colères, leur mauvais caractère, leur besoin de commander et de tout décider dans le couple… même interdire de voir les enfants…ou certaine amie mais qui un jour coupe les ponts avec moi pour faire plaisir à monsieur qui n’a pas apprécié les bulles (!!!) et surtout la femme indépendante !!!
    Alors, merci mais ce genre de femmes je ne veux plus les écouter je préfère ne pas donner suite à leur « amitié ». Pas de temps à perdre avec ces personnes aux multiples visages.
    C’est celle qui est battue, injuriée ou contrôlée qui doit prendre conscience et s’en sortir par elle-même.
    Passe de très agréables fêtes de Pâques

    • Edmée dit :

      Je te rejoins tout à fait, j’ai aussi aidé deux « amies » à s’en sortir, le mari de la première m’a assomée d’un coup de poing et elle a pris parti pour lui (un géant saoul, il avait vraiment besoin de compassion…) et l’autre, après que je l’aie aidée à tout empaqueter, est retournée et a repris des coups.
      Mais ces deux-là, je les soupçonne d’avoir aimé la relation toxique telle qu’elle était.
      Ce n’est pas toujours le cas, mais je crois que le mieux est de faire comprendre qu’on est là et qu’on aidera si… elles s’aident en premier, non?
      Très joyeuses Pâques à toi aussi chère Angedra

  13. Je connais une personne qui dans sa vie sentimentale, a l’ « art » de tomber amoureuse d’hommes dominants et persécuteurs qui l’ont battue, insultée, dénigrée, ou ont profité de son argent. Elle reste 3-4 ans avec eux, puis a le courage de s’en aller….mais elle reprend un homme du même genre. Elle a beaucoup de qualités mais tant en amour que dans le boulot, elle se lance toujours dans des situations compliquées.

    Bon week-end de Pâques Edmée.

    • Edmée dit :

      Effectivement il y a des personnes (hommes et femmes) qui reproduisent inlassablement la même situation, c’est étrange et les rend peu à peu incapables d’en vivre une autre. Elles ont le sentiment de « savoir fonctionner » ainsi et de plus, ça sert leur idée de « les hommes/les femmes sont tous les mêmes ».
      Il y a d’ailleurs des gens qui ont cette idée préconçue et donc, pour lui donner du poids, inconsciemment cherchent des partenaires qui vont confirmer…

      Un très beau week-end de Pâques à toi aussi Petit Belge. Si seulement la pluie voulait s’en aller où on en a besoin, ce serait bien!!!

  14. colo dit :

    Ma fille travaille dans un bureau municipal de placement où, comme elle est sociologue et éducatrice, on lui donné le service aux femmes maltraitées. Celles-là ont dénoncé mais ne sont pas à l’abri pour autant. Il s’agit de leur trouver un travail « loin des yeux » pour ne pas être vues ni retrouvées par leurs ex.
    Poste délicat s’il en est, elle me raconte des histoires à pleurer pour l’éternité…
    Bonne fin de week-end Edmée, soleil ici. je t’en envoie.

    • Edmée dit :

      Je le crois sans effort…On en parle mais ce n’est que la pointe de l’iceberg qu’on aperçoit…

      Merci pour le soleil et les bons voeux de Pâques et cocognes. Ici ce fut maussade et venteux, friquet, mais les chocolats ont su faire la différence 🙂 Joyeux lundi de Pâques!

  15. gazou dit :

    Etre assez lucide pour ne pas reproduire les mêmes erreurs etne passe plaire dans des souffrances que l’on peut éviter…savoir choisir le chemin qui nous mène vers plus de liberté qui nous permet d’être le plus authentique, le plus soi-même….

    • Edmée dit :

      Oui, c’est la voie bien entendu… mais certaines (ou certains) ne savent plus fonctionner autrement. Pour d’autres, elles se savent que faire d’une liberté jamais eue, et donc ne la cherchent pas avec assez de force. Il y a aussi celles que personne n’aidera, ou qu’on menace de tuer…

      Tous les scenarii existent. Mais il reste une constante : la violence verbale ou physique est toujours, toujours à condamner!

      Joyeuses Pâques Gazou 🙂

  16. jill bill dit :

    Bonjour Edmée… des mariages pour le pire sans le meilleur, ou pas longtemps, si l’on savait à l’avance le seule mieux vaut que mal accompagnée, ah oui alors !! Mais voilà, on croit aux contes de fée nous dites les faibles femmes… et vive notre Manneken-pis ,-) JB

  17. La Baladine dit :

    C’est un peu comme si en toute femme (ou presque) veillaient une esclave (qui ne sait/peut pas dire non) et une coupable (à la fois Eve tentatrice et qui ne fait jamais assez, assez bien). Tant d’entre nous ont été éduquées à coups de menaces, de punitions et de châtiments, de jugements et d’à priori. Va donc t’en défaire du jour au lendemain quand l’homme que tu aimes te frappe avec toujours, forcément, une bonne raison, toi l’esclave coupable…
    Rien de plus difficile que d’essayer d’ouvrir les yeux des autres, ils les referment la plupart du temps tout de suite, par déni, par peur de la vérité, par crainte d’une punition… divine?
    Je suis toujours effarée de constater la quantité de gens qui se mentent à eux-mêmes…

    • Edmée dit :

      Moi aussi… surtout avec « l’âge ». Et toutes ces femmes qui disent « être restées pour les enfants » (pour qui c’est très bon de voir des disputres interminables et des coups, n’est-ce-pas) au lieu d’admettre qu’elles sont restées pour des raisons bien moins nobles et défendables. Peur de devoir se débrouiller seule, de ne dépendre que d’un seul salaire, de ne plus jamais « rencontrer l’amour » (oups!)…
      Les enfants ont bon dos souvent, et portent ensuite une culpabilité bien encombrante…
      Mais certains proches n’aident pas, c’est vrai. J’ai connu une amie italienne qui, se plaignant à sa belle-mère du fait que son mari ne cessait jamais de la tromper, s’est entendue répondre « ma fille, je l’ai supporté, tu le supporteras aussi… » Pas un mot de compassion, non, c’était une geignarde qui ne méritait pas qu’on y attache d’importance!

  18. Pâques dit :

    Je n’ai pas eu de fille mais si j’en avais eu une je lui aurais fait prendre des leçons de self défense, c’est toujours utile !!!
    Et aussi lui inculquer la dignité, le respect de soi.
    Ma mère bien que d’une autre génération m’a toujours donné le bon exemple, ce n’était pas une femme soumise et mon père la respectait 😉

    • Edmée dit :

      Les enfants pardonnent difficilement à une mère d’être soumise. Ils ne veulent pas une harpie, mais une femme qui sait où elle est et quels sont ses droits. Une mère soumise est aimée mais on lui en veut de ne pas avoir donné un exemple, et de n’être qu’une « pauvre femme » quand elle aurait pu être… une femme.

  19. Dédé dit :

    Coucou ma chère. Je suis un peu en retard sur ton message, tu me pardonneras. Dans mon précédent travail, je suivais une femme qui avait des problèmes d’alcool, qui avait eu un père violent, un mari violent et elle se retrouvait, encore une fois, avec un compagnon violent. Elle tentait maladroitement de me raconter les chutes qu’elle faisait en tombant de son échelle pour soi-disant faire la poussière sur son étagère. Je n’en croyais pas un mot, je le lui ai dit, et j’avais l’impression, en le lui disant, de la trahir… C’était terrible. Un jour, on m’a appris son décès. Elle avait pris la dose d’héroïne de trop… cela me désespère encore maintenant. Et pourtant, je lui avais proposé toutes les solutions possibles pour s’en sortir. Elle a toujours refusé…

    Et il y a les hommes qui rabaissent les femmes sans les frapper mais juste avec des mots… là aussi, c’est terrible cette relation de dépendance qui peut s’instaurer et qui est si difficile à briser.

    Bises alpines et belle semaine.

    • Edmée dit :

      Je vois ce que tu veux dire, c’est terrible de n’avoir su aider quelqu’un dont on identifiait les problèmes mais qui, en fin de compte… ne voulait pas s’en sortir. La mort semble la seule sortie : comment vivre sans un homme, comment se redéfinir sans la violence (existera-t-on encore?), comment se débrouiller? Mourir, ah mourir et dormir à jamais sans aucun souci…

      Oui on peut détruire quelqu’un par les mots, ça se voit tout le temps. Des femmes aussi, d’ailleurs. Je connais une femme qui battait son mari comme plâtre, lui interdisait de dire ceci ou cela, lui interdisait de parler à d’autres femmes (sans même qu’il y ait drague ou quoi que ce soit), et qui l’obligeait à faire tout ce qu’elle voulait. Depuis qu’il est mort, la légende est née : un couple merveilleux, un homme intrépide certains jours ou un pauvre couillon qui avait bien de la chance qu’elle lui fasse découvrir le monde à d’autres…

      Bises liégeoises un peu grisouillettes mais pas trop moches 🙂

  20. Alain dit :

    Je pense aussi à la manipulation et ses derniers assauts. Quand l’âge te laisse sur le bord de la route et qu’il ne reste à la personne que ce seul moyen pour tenter de se prouver qu’elle existe encore. Un dernier espace de liberté qui peut blesser mais qui finit par tomber à côté.

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