Une chanson si gaie pourtant… Indépendance chacha

J’avais alors 12 ans, et ce que j’entendais était au-delà de mon imagination. Papounet s’était installé à Léopoldville, puis Elizabethville. Devenues ensuite Kinshasa (« Kin ») et Lubumbashi. Je ne sais plus du tout si je réalisais le danger pour lui. Sans doute un peu, parce que parfois Lovely Brunette évoquait certaines atrocités qui se passaient. Mais je remisais tout ça dans un recoin de ma mémoire sur lequel « Ne pas y penser » était étiqueté.

Deux ans plus tard, je suis partie à E’ville pour y passer l’été avec papounet et sa seconde épouse, Zaza, ainsi que leurs deux enfants (un troisième était en route!), Thierry et Corinne. Lovely Brunette n’aimait pas du tout l’idée de ce voyage, pour diverses raisons. Mais il faut dire que les préparatifs avaient eu de quoi l’inquiéter.

Nous avions dû nous rendre en train à Liège (mais peut-être était-ce Bruxelles…) pour mon visa.  Au consulat, une quarantaine de personnes attendaient déjà. Il faisait chaud, pas de sièges en suffisance pour tous. L’impatience se sentait, l’exaspération – et la transpiration! – aussi. Une dame excédée annonçait d’un ton hautain: « Je connais monsieur Tshombe personnellement! Appelez-le et dites-lui que je suis ici ! ». Des murmures évoquaient l’idée qu’on nous faisait attendre pour le plaisir… Soudain, une porte s’est ouverte avec décision, et un noir est apparu, en nage et en fureur. Dans ses mains tendues, il tenait une chemise tachée de sang séché. Beaucoup de sang séché… Il s’avançait, entre les larmes et la colère, ému par un souvenir qui le brûlait, vers le groupe de blancs soudain muet et compact, et criait: « Et ça! Vous voulez qu’on vous fasse ça aussi? Vous le voulez, ça? » Il indiquait son cou, à la base duquel bourgeonnait une cicatrice.

Comme nous ne nous étions pas mêlées au groupe en arrivant, Lovely Brunette et moi nous sommes senties isolées et fragiles devant cette apparition au regard rouge et luisant. Il s’est pourtant calmé en voyant reculer tout le monde, et a refranchi la porte en sens inverse. Lovely Brunette, bien ébranlée, m’a alors dit « on s’en va! » et malgré l’absurdité de cette décision (qui aurait nécessité notre retour un autre jour) elle m’a entrainée vers la sortie.

Mais une fois dehors, un des autres candidats au visa nous a rattrapées, disant qu’on venait de nous appeler. Bien peu enthousiastes nous avons fait demi-tour, pour tomber dans un autre film : le noir dont le cou avait été si mal arrangé nous a accueillies avec un grand sourire rassurant et des égards démesurés, me nommant « Princesse ». Des oeillades perplexes s’échangeaient entre Lovely Brunette et moi. Nous sommes entrées dans un bureau où un autre noir charmant nous a souhaité la bienvenue, s’est excusé de la chaleur, de l’attente etc… tandis que le premier tirait ma chaise pour m’y installer en sussurant « et voilà, Princesse! ». Lovely Brunette a dû signer un papier, le visa nous a été délivré, et il nous fut même annoncé qu’il avait été payé! Nous n’avons jamais su par qui, car ni Papounet ni Lovely Brunette n’ont jamais payé pour ce visa! Quoi qu’il en soit, nous avions été un peu secouées par toute l’affaire!

Mais je ne peux m’empêcher de penser que ce noir, lui aussi, avait sans doute perdu plus que du sang dans l’indépendance, et que la souffrance n’avait pas eu de camp!

Je devais voyager avec Sabena. Le jour avant mon départ, on nous a dit que mon avion était changé, mais que tout le monde à Elizabethville avait été informé. Dans l’avion, qui était principalement rempli de jeunes allant retrouver leurs parents pour les vacances, j’ai eu mon petit succès en prêtant mes deux exemplaires de « Salut les copains », le premier magazine pour les jeunes. Avec Dick Rivers en couverture, ce qui a fait pâlir mon père d’effroi, car pour lui on ne pouvait pas être chanteur ou musicien si on n’avait pas la coiffure de Chopin ou le smoking de Caruso. Et, disons-le, Dick Rivers avait une tête de tueur à gages. Nous avons fait une escale à Rome, et puis une autre à Léopoldville je pense. Nous y sommes sortis de l’avion dans la nuit noire et pendant qu’on marchait sur le tarmac pour arriver à l’aéroport où une petite colation nous serait servie, le soleil, immense, s’est levé, nous apportant le jour.

Alors que nous avions repris nos places à bord, il y a eu un grand remue-ménage dehors. Et par la petite fenêtre j’ai vu Joseph Désiré Mobutu (il ne s’appelait pas encore Sese Seko) qui arrivait avec sa cour. Aussi, à l’arrivée, nous avons tous dû rester assis jusqu’à ce qu’il soit accueilli avec force fanfafe et uniformes rutilants sous les acclamations. Alors seulement nous avons été autorisés à fouler le sol qu’il venait de parcourir. On nous a ensuite entassés dans une minuscule salle d’attente où une fois de plus les sièges n’étaient pas prévus en suffisance. On nous y a oubliés dans la chaleur pendant une bonne heure, à la suite de quoi les douaniers fouillèrent soupçonneusement nos bagages en les désorganisant du mieux qu’ils le pouvaient. Et c’est au bout de ces multiples émotions que j’ai constaté… que personne ne m’attendait à l’aéroport! J’ai donc attendu, attendu, attendu dans mes petites (trop petites, mammy tu aurais dû prendre une demi pointure de plus…) chaussures Bata cuir et toile qui s’étaient décousues sous la pression de mes pieds enflés. Finalement, une hôtesse s’est inquiétée et m’a confiée à un couple qui était venu prendre un verre à l’aéroport, les Fucciarelli. Ces malheureux ont eu la tâche ingrate de faire fonctionner le tam-tam européen pour savoir où se trouvait mon père!

Car… je n’avais que son nom et un numéro de boîte postale! Je n’étais même pas certaine de savoir où il travaillait, car ça avait changé! A la poste, on a refusé de nous dire où il habitait. Le règlement c’est le règlement et on n’avait pas le droit de divulguer ce genre d’information. Assise à l’arrière de la vespa de la soeur de Madame Fucciarelli, je découvrais une ville dont les murs étaient criblés de balles, et les magasins vides.

M’inquiétais-je? Non! Pas du tout! J’adorais la vespa, et les Fucciarelli. J’étais fatiguée après une nuit en avion et des heures d’attente ici et là, et j’avais mal aux pieds. Et honte de mes chaussures déchirées.

Finalement, au bout de 4 heures de recherches, mon papounet est arrivé. De son côté, il avait vainement essayé de me trouver car s’il était bien à l’aéroport au moment où j’avais atterri (avec Mobutu…) on lui avait alors dit que j’étais arrivée la veille! Comme on le voit, l’organisation avait des lacunes…

Nous ne sommes pas restés longtemps sur place : Papounet avait demandé des permis frontaliers pour que nous puissions aller en Rhodésie, et nous les avons eus au bout de quelques jours. Mais je me souviens d’une sorte de fanfare bigarrée et de voix jeunes qui chantaient Indépendance cha cha. De la recommandation qu’on m’avait faite de ne pas ouvrir si des militaires sonnaient (et un militaire a en effet sonné, et j’ai eu peur, cette fois-là!). De la journée où on attendait l’arrivée des marchandises pour aller choisir, au magasin, entre une robe rose ou la même robe en bleu. Du boulevard frémissant de bougainvilliers. De la piscine où venaient « les onusiens ». Du pain qu’on ne trouvait pas tous les jours et qu’on remplaçait, Marie-Antoinette aurait été ravie, par du cramique.

Nous sommes restés près d’un mois en Rhodésie. J’y ai acheté, toute seule et en anglais, une paire de pantalons corsaires bleus. A Bulawayo. Il me reste beaucoup d’images sereines de ce beau voyage. Les paysans nous saluant de la main et du sourire le long de la route. Les impalas sautant en vagues gracieuses par-dessus les herbes dorées. Les éléphants s’abreuvant à un point d’eau, dans le silence d’un monde loin de tout moteur (mais il y a aussi eu l’éléphant qui nous a chargés, pas du tout en silence, celui-là!) Le motel éclairé grâce à l’éolienne qui s’endormait la nuit avec le vent. Et le bar du même motel, qui était le lieu de retrouvailles des fermiers et broussards du coin. Une dame y jouait au piano en chantant des airs repris en choeur par l’un ou l’autre buveur fatigué. Au-dehors, alors qu’on regagnait notre case, les hyènes jappaient hystériquement. L’hôtel du Leopard Rock, dont les fondations étaient creusées à même la montagne. Le matin, les nuages étaient déposés sur la pelouse, et montaient lentement vers le ciel clair et immobile. Les dos et crânes boueux des hippos sur la Limpopo. Le barrage de Kariba où pour la première fois j’ai mangé sous une paillotte. L’hôtel des chutes Victoria, où le personnel travaillait nu-pieds et une chanson aux lèvres, et où j’ai eu la surprise de manger des bananes chaudes avec du poulet. Un troupeau de moutons dans les ruines de Zimbabwe en fleurs…

A notre retour, nous avons repris la route avec le convoi militaire. (La première photo montre les voitures, mais pas les camions militaires. Si je me souviens bien, les soldats étaient Ethiopiens et nous avaient interdit de les photographier. Notre voiture est la peugeot super chargée. La seconde photo me montre chargeant. La chaise percée de ma soeur est déjà bien arrimée. On me voit avec Zaza et Corinne, Thierry un peu à l’écart comme tout grand garçon de trois ans qui se respecte!. J’ai mis mon beau bermuda tout neuf acheté à Bulawayo! ) Et là aussi, j’ai mis dans le rayon « ne pas y penser » le fait que 3 camions de militaires armés jusqu’aux dents nous protégeaient d’un danger bien réel.

Indépendance cha cha 1

 

Indépendance cha cha 2

Et peu après, c’était la Rhodésie qui explosait. Nouveaux massacres, nouvelles larmes, nouveau sang. Et j’ai eu mal de penser que ces charmants Anglais qui nous avaient reçus dans les montagnes Vumba avaient peut-être péri pour avoir été là pendant que l’histoire prenait un de ses fameux « tournants »…

Dans l’avion qui me ramenait à Bruxelles, avec une nouvelle coiffure (ma mère avait fait promettre à mon père de faire couper « mon boubou ») et nouvelles chaussures, je feignais l’habitude du danger auprès de ma voisine de siège, une jolie jeune fille de 18 ans qui avait vu des Mau mau et en était encore très perturbée. J’acquiessais à son horreur et y allais de mon tourmenteur de poste frontière -car oui, j’avais risqué gros en passant la frontière vers la Rhodésie à cause d’un douanier qui n’avait pas de bonnes intentions. Mais tout ce que je cherchais, c’était à paraître grande et émancipée tout comme elle l’était. Je ne voulais toujours pas vraiment accepter la peur dans ma vie!

 

“Indépendance cha-cha tozuwi ye ! / Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi / Oh Table Ronde cha-cha ba gagner o ! / Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye !”

 

“Nous avons obtenu l’indépendance / Nous voici enfin libres / À la Table Ronde nous avons gagné / Vive l’indépendance que nous avons gagnée”
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30 réflexions sur “Une chanson si gaie pourtant… Indépendance chacha

  1. Angedra dit :

    Ton récit est captivant. Le danger semble toujours moins réel lorsque l on vit l instant que plus tard lorsque l on prend toute la mesure des événements.
    J imagine bien les nombreuses raisons qui inquiétaient ta mère a l idée de ce voyage. Mais aujourd’hui ces vacances sont un merveilleux souvenir que tu gardes de ton père qui en devient le héros.
    J ai aimé te suivre dans tes évocations de ce passé si mouvementé.
    Bon week-end sous un chaud soleil.

    • Edmée dit :

      Je dois dire qu’avec le recul je me demande comment je n’avais pas peur, puisque bien des choses étaient encore dangereuses. La fenêtre du living avait reçu la visite de balles de mitraillettes, les conversations tournaient autour de qui était arrivé tout nu en ville car les bandits l’avaient attaqué deux fois sur la même route, qui avait eu sa péniche brûlée et avait dû sauter dans le fleuve en ne pensant pas au crocos pour s’en sortir, etc… Peut-être était-ce trop différent pour que j’entre tout à fait dans l’ambiance.
      Heureusement 🙂

  2. Armelle B. dit :

    Quelle aventure et quelle sérénité face aux dangers nombreux qui sont tapis un peu partout. On imagine le climat, les odeurs, la peur qui rôde. Pourquoi pas un livre….à parti de ces souvenirs ?

    • Edmée dit :

      C’est une sorte de sujet un peu tabou pour moi, peut-être pour bien des Belges aussi je pense. Et comme rien de vraiment bon n’est né de cette indépendance, ça semble encore plus pénible. Mais ces brefs souvenirs sont quand même bien ancrés.

      Par contre, je n’ai presque aucun souvenir de ce qui s’est passé lors de la guerre et je sais que c’est parce que j’ai zappé. Papounet a dû enterrer des Congolais tués à la bayonnette dans une école, qui commençaient à se décomposer. Plusieurs de ses connaissances, noirs ou blancs, ont payé de leur personne.

  3. SPL dit :

    Ton récit est haletant, vivant, coloré, un pur délice. La petite histoire dans la grande.
    (Et puis, tu m’as fait tordre de rire avec le jugement de ton père sur la mise vestimentaire des yéyés… J’adore.)

  4. Adèle Girard dit :

    Ha ha la chanson « indépendance » qu’on chantait avec nos camarades de classe ou avec le boy, c’était du reste lui qui nous l’avait apprise. Il régnait juste avant l’indépendance du Congo à Léopoldville une atmosphère de complot et d’excitation. La raillerie servait de soupape et, bien que je n’avais que treize ans ,je sentais très bien les choses. Lorsque l’orage dévastateur s’est abattu sur nos vies nous n’avons pas eu peur. Et c’est vrai qu’en rentrant en Belgique on passait un peu pour des héros!

    • Edmée dit :

      Je dois dire que l’ambiance était surréaliste, même juste après l’indépendance. J’entends encore mon père rire avec Zaza en évoquant le type apparaissant tout nu en ville, ou la péniche d’une connaissance incendiée par les « soldats » et, sautant par dessus-bord côté terre, la « ménagère » du blanc avait assommé un des soldats en lui tombant dessus! Tout les faisait rire, et il y avait du tragi-comique dans tous ces moments…

  5. emma dit :

    impérissables et puissants souvenirs dans cette époque et ces lieux si convulsifs, sans doute a posteriori on peut penser qu’il faut il pas mal d’inconscience pour laisser voyager des enfants dans ce contexte, mais quand on y est immergé, on n’a pas la même perception des choses

    • Edmée dit :

      Non, c’était ça ou bien on s’installait dans la peur. Pour eux (les Belges restés sur place) c’était « comme ça » jusqu’à ce « que ça se calme ». On faisait attention mais on n’avait pas peur en imaginant des choses. Je me souviens de Zaza qui, lasse d’être arrêtée en voiture tous les jours par un « agent de police » qui imaginait une infraction après l’autre pour obtenir son matabish, a un jour protesté, et lui, indigné, lui a dit en montant dans la voiture : conduisez-moi au poste de police, on va vous arrêter. Et elle, au volant, a dit « non, je vous emmène chez mon mari qui a un poste gouvernemental ». On riait quand elle le racontait…

  6. Langenaken dit :

    Ton très intéressant texte, Edmée, me fait penser à la SABENA, et à ce que mon père en disait après un voyage d’affaires : « Such A Bed Experience Never Again ! »

    • Edmée dit :

      Et pour Alitalia, Always late in taking-off,always late in arriving 🙂 Il y en avait aussi une au sujet de Lufthansa qui était plus ou moins Let us fuck the hostess and not say anything… Très classe!

  7. bizak dit :

    Il faut dire qu’il faisait vraiment chaud et dans tous les sens , pendant les années 70 dans ces coins de l’Afrique du Sud qui aspiraient à l’indépendance. Et j’imagine la situation périlleuse des pauvres civils pris en ballottage et dans l’engrenage de ces vacarmes de guerre. Je comprends comment tu es si fertile en « imagination »( Des faits bien réels, pourtant !)pour écrire tes romans,quand tu as vécu autant d’événements, qui forcément laissent des traces, peut-être pas indélébiles, mais bien présents dans la tête.
    Bien à toi Edmée
    Beau week end

    • Edmée dit :

      Oui… c’est vrai qu’une révolte en entraine une autre, un peu comme quand dans un groupe d’amis un couple divorce : c’est souvent le signal pour les autres 🙂
      Bon week-end à toi aussi Bizak!

  8. Adrienne dit :

    j’ai lu ça avec un très grand intérêt et toutes sortes d’émotions… je comprends le genre de tabou qui te retient d’en parler vraiment, mais j’ose insister, car l’importance des témoins directs est si importante! eux seuls peuvent nous donner ces détails qui font le vécu.

    • Edmée dit :

      Oui je sais… moi je n’ai pas vécu ça de près, mais j’ai « su » trop de choses je pense et ai enfoui. Je me souviens avoir un jour rêvé que Papounet était poursuivi par des guerriers Watusis (qui n’avaient rien à voir, mais ils étaient spectaculaires 🙂 ) armés de lances …. dans son « petit bureau » à la maison. C’est donc bien que j’emmagasinais des choses et images, mais encore aujourd’hui j’ai du mal à me souvenir!

  9. Pâques dit :

    Mon mari avait un cousin qui était à l’université avec Patrice Lulumba, il est même venu en visite chez les grands-parents de mon mari et à l’époque c’était un jeune homme charmant…

    Tu as vécu de belles aventures et je rejoins Armelle, pourquoi pas un livre ?

    • Edmée dit :

      J’ai une photo de mon papounet avec Tschombe… Toute une époque! Mais personnellement j’ai vécu tout ça de l’extérieur, très peu sur place, et visiblement j’ai bloqué pas mal de choses. Ceci dit, j’ai commencé une nouvelle avec des éléments accessoires sur cette époque…

  10. colo dit :

    Tes souvenirs sont très précis et si intéressants, merci.
    Peurs inexistantes sur le moment, terribles a posteriori…quand on a douze ans l’excitation l’emporte, on ne mesure pas l’ampleur des drames qui se jouent je pense.
    Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      J’imagine que Papounet et Zaza étaient tellement habitués à l’ambiance et fonctionnement de l’époque qu’ils me rassuraient. Ils savaient qu’en général il « suffisait » de ne pas perdre son calme, ne pas entrer dans l’énervement. Ils n’avaient pas le choix. J’ai vu mon Papounet en difficulté au poste frontière, le garde qui lui agitait sa propre machette sous le nez en criant, et il n’a pas bougé. Je pense que leur « pratique du danger » me rassurait, me faisait croire que ce n’étais pas si dangereux que ça…
      Bon week end aussi Colo!

  11. Damien personnaz dit :

    On imagine très bien Edmée au pays d’Akim et de Zembla ( bandes dessinées que je dévorais pendant les années 70). Il y a trois peurs: celle de l’anticipatimon, celle du moment et celle de l’aposteriori. C’est très bien décrit, on s’y croirait et je reconnais pas mal de situations décrites. Mais l’Afrique me marque toujours et après toute seule ces années par son « odeur » si particulière. Un bien beau récit.

    • Edmée dit :

      Oh zut je n’ai jamais vu Akim ou Zembla 🙂

      Oui maintenant j’ai « un peu peur » en considérant les risques d’alors. Mon papounet n’a jamais su guérir de l’Afrique, elle est entrée dans son sang. Ce fut un grand bonheur pour lui de vivre là et même de retour en Belgique… il était là avec sa tête! Et son coeur aussi je pense!

  12. PHILIPPE D dit :

    Tu as vraiment des souvenirs infinis ! Il faut dire que tu n’as pas eu une vie bien rangée comme la plupart d’entre nous !
    Merci pour tes récits toujours intéressants et bon dimanche.

    • Edmée dit :

      Je ne vais pas écrire un autre « Mémoires d’une jeune fille rangée », ça c’est certain 😀

      Bon dimanche à toi aussi PHilippe!

  13. Dédé dit :

    Que d’aventures, de sueurs froides, de peurs cachées. Une histoire dans la grande Histoire. J’ai plaisir à te lire car je m’y croirais presque. Et j’ai souri à l’évocation du magazine « salut les copains ». C’était la grande époque! Maintenant on écoute de la musique sur son portable, tout seul, sans partager. Merci pour ton récit captivant. Bises alpines et belle semaine.

    • Edmée dit :

      Je peux te dire que mes deux exemplaires de Salut les Copains ont fait le tour de tout l’avion, j’ai eu un grand succès! Il y avait Chouchou en couverture d’un des deux, et Dick Rivers sur l’autre 😀 Tu imagines la tête de mon Papounet…

      Bises liégeoises bien fraiches!

  14. Nadezda dit :

    Très beau récit captivant et émouvant puisque vous l’avez vécu. L’Afrique m’a marquée de son sceau, comme votre père et vous décrivez des situations que j’ai vécu en Côte d’Ivoire, pas tragique comme vous au Congo mais très riche en découvertes et dépaysements.
    Bonne semaine

    • Edmée dit :

      Oui ceci était tragique mais mon Papounet y ayant vécu presque toute sa vie active (il a cessé de travailler à 72 ans..) avait une multitude d’émerveillements à raconter aussi…
      Bonne semaine aussi, merci!

  15. epalobe dit :

    Fantastique expérience , surtout quand on en sort indemne , tu sors toujours un nouveau pays de ton chapeau Edmée

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