La famille au petit point

La famille, c’est un ouvrage de dame au petit point. Tant à décrire, tant de fils, tant de couleurs…

Les préférences, les préférés, les chouchous. Les tantes ou oncles indignes. Ceux et celles que l’on suffixe de « à magot ». Les cousins ou cousines qui ont fait leur chemin, qui ont mal tourné, qui sont un peu bizarres – ont une araignée au plafond ce qui est normal avec leur père, ou leur mère, ou cette drôle de famille qu’ils ont, l’autre famille naturellement. Les vraiment moches, ceux qui n’ont pas l’air d’être de leur père et d’ailleurs on a toujours dit que … Les toujours jaloux, les toujours si amusants. Ceux qu’on ne voit qu’aux grandes occasions, ceux avec qui on se sent proche et parle de tous les autres et du reste. Ceux qui se sont emparés d’héritages, papiers, bijoux, ceux qui n’ont jamais remboursé leur dette familiale. Ceux que l’on ne voit surgir, pantelants et caressants, que pour des visites dévouées et larmoyantes au chevet des mourants bien nantis. Ceux qui mentent sur leur vie. Ceux qui, courtisés par une belle-famille qui cache ses buts derrière des sourires, trahissent les leurs pour mieux se laisser manger mon enfant

Ceux qui sont partis ailleurs et parfois sont revenus, en visite ou en retour définitif, mais ont épicé leurs manières de souvenirs, recettes, tics de langage, nostalgies qui nous les rendent à jamais un peu différents, enviables, même si là-bas ils ont vécu des aventures que seul ce coin du monde peut encore abriter, Dieu merci… On est si bien chez nous, pas vrai? Oh oui, mais eux, ils ont vu la pampa, la haute mer, des indiens, des rhinocéros, des temples mystérieux, ont touché des chairs qui avaient d’autres douceurs, teintes, pilosités, et dont ils ne parleront pas mais combien on aime à se demander si….

Familles. Unies parfois seulement par le hasard génétique. Partageant souvenirs et images si différents d’une même histoire. Ajoutant l’amitié et l’affection aux liens inévitables, ou se protégeant derrière un nerveux je ne peux pas vraiment couper les ponts, après tout… c’est la famille !

1 6 22 Mariage Y Houben en Jean Collette Rue de l'Union 1922 S et papa,terrasse arrière, Simone Marcette et son mari Henri

Familles éclatant en morceaux épars sur des disputes qui ont toujours couvé. Qui se réconfortent autour des décès, divorces, changements de fortune. Ou en profitent pour scier la branche malade de l’arbre.

Et il y a aussi ces liens familiaux qui se soudent dans la lumineuse chaleur issue de l’alchimie du sang et de la loyauté.

Chaque famille est un roman !

On le sait… je ne m’en lasse pas…

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43 réflexions sur “La famille au petit point

  1. colo dit :

    Oh oui, c’est tout ça! Dans certaines familles même Dostoïevski s’y perdrait. Certains faits secrets tiennent parfois de inimaginable, d’autres font si chaud au coeur..la vie.

    • Edmée dit :

      La vie. Et on s’étonne que les partis politiques, les gouvernements et les pays ne s’entendent pas… Il n’y a que les animaux qui vivent sans masques…

  2. colo dit :

    pardon,  » parfois de inimaginable.. »tiennent

  3. colo dit :

    encore pire…tu comprendras:-))

  4. Dédé dit :

    Ma famille… on pourrait écrire un roman qui sans doute captiverait les lecteurs. Mais je crois que fondamentalement, je n’ai pas envie de l’écrire. 🙂 Trop compliqué, trop prise de tête. Bises alpines et belle fin de semaine.

    • Edmée dit :

      Moi j’en saupoudre mes romans, un peu ici et un peu plus là. Se reconnaisse qui peut, veut, ou sait. En dehors de ça… toute ressemblance avec des personnes ayant existé… etc 🙂

  5. charef dit :

    C’est exactement cela la famille Edmée. Bonne journée.

  6. SPL dit :

    On ne s’en lasse pas. Au détour de chaque phrase nous vient en tête une personne bien précise que l’on connaît bien ou mal, de près ou de loin. En fait, toutes les familles se ressemblent!

  7. La Baladine dit :

    J’ai parfois le sentiment d’avoir en moi quelque chose de monstrueux, mais que je considère tout personnellement comme une qualité qui m’est précieuse, parce que salutaire. Je m’explique. Ma famille, du moins ce que je considère comme tel, est très réduite. J’ai la capacité (ce qui parait monstrueux aux yeux du plus grand nombre) de zapper de ma vie et de mes pensées ceux qui m’ont un jour jugée, déçue, abandonnée. Et je n’en ai aucun remords ni même regret. Ma famille se constitue par le cœur, et non par les gènes ou le sang. Du coup le « on ne va pas couper les ponts, après tout… c’est la famille! » me laisse de glace.
    Je pense que ça me vient de l’enfance et de quelques « secrets » de famille bien glauques et bien lourds, qui pesaient sur chaque réunion, et dont les adultes étaient à mille lieues de s’imaginer que les enfants en percevaient tout, sans comprendre bien sûr, mais arrive toujours le jour où on sait; de certaines absences de certains à des moments cruciaux, alors que moi j’étais là pour eux. Je serais d’ailleurs là aujourd’hui s’ils m’appelaient, mais sans affect. Juste par fidélité à l’enfance. Mais rien de plus. Ils ne sont plus de ma famille.
    Bon, maintenant que j’ai bien plombé l’ambiance, je peux dire que j’ai bien aimé ta description d’une famille imparfaite, donc idéale, mais sans connaître ça dans les faits.
    Bises

    • Edmée dit :

      Je suis un monstre moi aussi. Je suis capable de fermer une porte en sachant que je ne l’ouvrirai plus. Pas de vengeance cependant, juste l’amputation nette… Dans certains cas ça me prend longtemps, trop (ou le temps que je sois prête) mais c’est fait avec fermeté.

      Je ne pense pas que le pardon se trouve là, il y a des choses qui, même pardonnées, ne guériront plus, sont des cellules mortes et il faut les faire tomber, si on veut vivre sans une grosse tumeur.

      Bien à toi, monstresse, d’une autre monstresse…

  8. Adèle Girard dit :

    Quelle belle description de la famille. La famille, plus elle est grande plus elle prend des allures de clan. Sans se connaître parfois, on se reconnait. On a une histoire commune, celles de nos gènes et on se retrouve dans un trait, dans une voix, dans un rire,dans des goûts, dans des gestes, dans des mimiques ou dans une manière d’être.

    • Edmée dit :

      Il y a de ça aussi, oui… et les souvenirs que l’on partage et tisse ensemble, ces tics et timbres de voix que l’on est plusieurs à avoir… une merveille!

  9. J’adorais ma grand-mère et ses cousines quand elles me racontaient tout ça, il y avaient me semblait-il des mystères à découvrir. Que je n’ai toujours pas découverts.

  10. celestine dit :

    Familles…je vous hais, avait dit quelqu’un.
    On choisit ses copains mais pas sa famille, a dit un autre.
    Chaque famille est un roman, cocon douillet ou nid de vipère, secrets ignobles et non-dits pesants…
    La famille, comme se lasser de ce vivier-là ?
    Baci sorellita
    ¸¸.•*¨*• ☆

  11. Angedra dit :

    Je ne dis pas que ma famille est parfaite, non bien sûr, mais comme elle est très réduite…. la fratrie et les enfants et neveux qui en découlent. Et pas eu d héritage financier, non plus….
    Cela enlève donc déjà beaucoup de branches de l arbre familial que tu décris.
    Je crois que la famille est comme tout dans la vie chacun y met ce qu il a en lui. Parfois l amour est le plus fort et d autre fois..,
    Pour moi c est simplement « famille je vous aime » Cela résume tout.
    Cela ne m empêche pas d apprécier ton récit qui met en scène une grande famille avec des personnages qui ne semblent pas avoir la fibre familiale au cœur.
    Bon week-end sous le soleil.

    • Edmée dit :

      Il y a parfois, pour certains, tant de raisons de haïr sa famille. Je ne parle pas des bonnes raisons, il en existe. Mais les raisons que l’on a fabriquées : on a préféré l’aîné, ou le petit dernier, on a donné plus ici ou là, on n’a qu’unetelle à la bouche. Et la fureur s’installe et vlan!

      J’ai des gens délicieux dans ma famille, et suis très proche de la plupart d’entre eux… rassure-toi! Mais j’observe, tu le sais, et ne survole pas grand-chose 🙂

      Bon week end ensoleillé à toi aussi!

  12. gazou dit :

    Longtemps les amis ont compté plus que la famille …mais depuis que nous sommes à la retraite, nous organisons une fête de famille chaque année où nous invitons enfants et petits enfants de mes trois frères…et nous nous en trouvons bien…Les liens familiaux peuvent s’étioler ou rancir, se durcir si nous n’en prenons pas soin…chacun peut être lui-même en toute simplicité mais je reconnais que ce n’est pas toujours possible…nous n’aurions pas pu le faire quand nous étions plus jeunes.

    • Edmée dit :

      Je pense que c’est un « parcours » normal. Moi aussi, avec l’âge, et surtout le départ de bien des oncles et tantes et donc souvenirs, je cherche à revoir des cousins et cousines, avec qui justement on peut encore partager le parfum de la famille. Les mauvaises odeurs, j’ai fermé la porte 😀 …

  13. Binh An dit :

    Nous avons traversé la guerre. Et avons tous survécu. On reste très unis. Tu comprends ?

    • Edmée dit :

      Avoir vécu des choses aussi singulières qu’une guerre et un processus de survie ensemble soude au-delà des liens, c’est un vrai ciment commun, et je comprends que ça soit très particulier – et rassurant.

  14. PHILIPPE D dit :

    Chaque famille est un roman, mais je pense que la tienne est un fameux pavé ! A lire sans modération !
    Bon weekend.

    • Edmée dit :

      Il y a des familles dont on sait plus que dans d’autres. Les familles sans histoires n’existent pas, mais il y a beaucoup d’histoires secrètes, quel que soit le milieu (l’adultère et les fourberies ne sont pas le propre de la bourgeoisie ou du bien-être 🙂 )… Evidemment ce qui ajoute une couche à ma famille, ce sont les voyages et vies ailleurs. Les secrets lointains sont mieux gardés 😉

  15. emma dit :

    Ah la famille ! quand on n’en a pas, elle vous manque, quand on en a, elle vous pèse ! Il y a la famille large, que tu décris formidablement, des personnages unis (ou du moins reliés) par la génétique, qui posent sur les photos de mariages, sur lesquels on peut broder à loisir ; et puis la famille quotidienne, ce huis clos, nid de tendre chaleur ou creuset à la Mauriac où macère le pire…
    Le fait que chacun peut décliner sa propre famille à partir du prototype que tu proposes est vertigineux, ne sommes-nous pas tous bâtis de la même façon, ne dessinons-nous pas tous au début des bonshommes patate, sommes-nous des clones qui nous croyons libres ?

    • Edmée dit :

      Oups… 🙂

      Mais il est vrai que nous connaissons-tous des hommes et femmes si frustrés qu’ils en deviennent machiavéliques, manipulateurs immondes. Et les autres, dont les bras autour de nous et baiser sur nos joues laissent à jamais leur empreinte… L’éternel jeu du bien et du mal, dans un presque huis-clos ou semi-clos tout au moins…

  16. Adrienne dit :

    oh oui, la réalité des familles dépasse la fiction (dans la fiction on doit doser ;-))

  17. C’est clair que ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille, et qu’il faut parfois beaucoup de patience et de diplomatie pour garder la paix des familles, mais malgré tout, j’y suis très attaché. Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      Tout comme moi… la famille qui fonctionne, c’est une merveille. Les trublions sont moins évidents à supporter 🙂

      Bon week end à toi aussi Petit Belge!

  18. Serge Guérit dit :

    Ceci dit il faut parfois couper quelques branches mortes pour que l’arbre soit plus beau.

  19. Serge Guérit dit :

    Et puis on se retrouve avec quelques vrais amis devant un petit feu de bois …

  20. Philirlande dit :

    je n’ai plus de famille au sens littéral du terme
    les plus importants à mes yeux m’ont quitté
    les autres, je les ai perdu de vue, et apparemment, personne ne souhaite reprendre contact…
    c’est peut-être mieux ainsi

    • Edmée dit :

      Difficile de garder contact quand les « occasions familiales » ont disparu à cause de l’éloignement. J’ai aussi raté pas mal de mariages, enterrements, communions et autres, et c’est vrai que ça se paye…

  21. Tania dit :

    Il y a matière à roman dans toutes les familles, des drames, des secrets, c’est certain. Et dans toutes les familles, il me semble, se tissent des liens entre certains plus qu’avec d’autres, des affinités, des proximités… Je rejoins la Baladine sur la famille de coeur, parents ou amies, amis.

  22. Armelle B. dit :

    Je pense que les liens se distendent dès qu’ils s’éloignent du centre névralgique. Et il est plus passionnant de remonter que de descendre les générations. Le mystère est dans le passé.

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