29 décembre 1890…

Ils sont près de deux cent, par un matin venteux aux reflets de nacre. Deux cent villageois terrorisés, dissimulés dans le bois. Une trentaine de vieillards, des hommes et des femmes, des enfants. Celui qui les guide ne fuit pas sa mort mais les emporte vers ce qu’il espère être la survie. Ses 64 ans lui pèsent comme ces nombreux espoirs fous qui le suivent en dépit de tout, car des années de lutte contre l’occupant ont donné à leurs rêves, justement, une teinte de folie. Depuis hier il a une pneumonie et ne verra pas la fin de ce jour, quoi qu’il arrive, et il le sait. La neige tombe et fond sur leurs yeux, leurs lèvres, les sillons de leurs visages, dans un silence de pure frayeur, de fin de vie.

Pour ne pas laisser de traces, ils marchent en file dans le petit ru, crevant la fine couche de glace, leurs pieds insensibles après que le froid les ait vidés de leur sang. Il gèle à – 30. Peut-être plus encore, on parle de – 40.

Et puis le bruit se rapproche, les assourdit de son message. Celui des soldats, des chevaux dont les sabots foulent le sol avec une douceur trompeuse. On crie sur eux, on les bouscule, on les force à revenir en arrière, à coups de cravaches, de taloches sur la tête, de cris dans cette langue qu’ils ne comprennent pas. Les vieillards ont le visage gris et éteint. Ils savent. On les regroupe pour mieux les encercler. Ils sont si faibles. Une femme et sa vieille mère s’échangent un regard, adieu, adieu, adieu … La jeune serre son manteau contre elle, claquant des dents. Adieu, adieu, adieu … Les soldats sont nerveux, cette soumission les inquiète. Ils le savent bien va, que cette racaille est bien plus dangereuse qu’elle ne paraît. Qu’il leur reste des armes, on le leur a dit. Le doigt sur la gâchette, ils chevauchent nerveusement autour du groupe secoué de frissons. Le givre s’accroche à leurs moustaches. La vapeur s’élève du flanc et des naseaux des chevaux, rendus agités par le gel et l’inquiétude des hommes.

Un coup de feu éclate, on ne sait d’où, et les soldats se mettent à tirer à l’affolée sur les villageois dont certains cherchent à courir. Les deux femmes en font partie, mais la mère s’écroule aussitôt. Sa fille trébuche et s’effondre à son tour, son manteau serré contre elle, sans un cri. Un peu de sang sort de son cou en fumant. Un vieillard se redresse avec la rage de son dédain et lève une main noueuse et bleue. Sa poitrine explose et se déchire, et il retombe, déjà loin de sa souffrance. Un à un ils s’affalent presque tous pendant que la neige continue de voleter avec sa morne élégance. Les plus jeunes et agiles s’élancent en zigzag sur la pente de la prairie, se laissent glisser, tournent autour des arbres nus, ne gagnant que quelques minutes. Une heure plus tard, tout est fini. La neige a déjà cessé de fondre sur les corps désormais aussi froids qu’elle, et les saupoudre de sa blanche indifférence. Un peu de sang, quelques gargouillements, un pleur quelque part. La fouille des cadavres, que l’on peut encore dépouiller avant que le gel ne rende la prise du butin impossible.

Hébétés, soudain orphelins de toutes leurs traditions et culture, les quelques cinquante survivants sont emmenés dans une chapelle au sommet de la colline, dans laquelle pend encore une banderole de Noël. Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

Heureusement ! Il était temps qu’on nous débarrasse de cette vermine, diront les dames aux cœurs injustes dans les salons là-bas, au loin, commentant cette nouvelle. Certaines ont reçu de leur valeureux époux quelques-uns des maigres trésors volés sur les dépouilles, si pittoresques n’est-ce pas ?

Aujourd’hui bien sûr, on ne mentionne plus leur origine, on s’affirme incapable de dire comment ils sont arrivés dans la famille….

Une fois les soldats partis, d’autres villageois s’aventurent pour retrouver les leurs, aider les survivants. Il neige encore, le froid mord leurs âmes, l’horreur cisaille leurs cœurs. Le blizzard se lève et soufflera pendant deux jours, agitant une longue silhouette, sa faux caressée par le vent, ses voiles se mêlant aux rafales de neige.

Trois jours plus tard, des civils sont recrutés pour creuser une fosse commune et rassembler les cadavres. Ils seront payés à la pièce. L’argent est rare, l’hiver est dur, autant que la terre qu’il faut éventrer pour la tâche. Autour d’eux, cent cinquante dangereux fomenteurs de troubles enfin éliminés, grotesquement raidis dans une mort qui les a surpris au sortir du lit, peu habillés, au lever d’un matin qui aurait du être un matin comme les autres. Trois femmes enceintes, le ventre en charpie. Le responsable du petit groupe, que la pneumonie n’a pas eu le temps d’emporter, la tête enveloppée dans une écharpe, figé dans une position courbée. Un enfant coupé en deux. Certains des civils pleurent, atterrés par une réalité d’abattoir, de déshumanisation. Ils n’oublieront jamais.

Puis, l’incroyable. Un pleur de bébé s’élève de l’amas de corps. Serrée dans le manteau de la jeune femme, une petite fille de quatre mois a survécu. A la faim, au blizzard, aux balles…

La nouvelle du miracle fait son chemin. Le général Colby dont la femme est farouchement active pour les droits des femmes – elle est d’ailleurs l’éditrice d’un magazine bi-mensuel féministe – sent son cœur arriviste se dilater de joie. Adopter cette fille de l’ennemi, lui offrir la rédemption dans sa famille, l’éduquer comme une des leurs … voilà qui fera parler de lui dans les salons des dames aux cœurs injustes, et il faut bien le dire, leur influence n’est pas à négliger. Voilà aussi qui sera un beau symbole de leur désir d’aider les vaincus à s’assimiler. Et, conscient de l’image si chrétienne que cette occasion lui donnera, toute dorée à l’or fin, il pose en fier jeune papa auprès de la malheureuse petite…

Quel mari exceptionnellement humain vous avez, Clara ! Et dites-moi, cette petite, comment s’y fait-elle – encore un verre de Xerès ? – comment s’y fait-elle, disais-je, à cette vie de patachon ? Au fond, pour elle, cette bataille perdue est sans doute la chance de sa vie…

Elle s’y fait bien mal en fait, et beaucoup d’années plus tard, Clara regrettera d’avoir fait plus de mal que de bien avec cette adoption forcée.

Ce massacre a bien eu lieu. C’était le 29 Décembre 1890, à Wounded Knee. Que l’on qualifia alors de « bataille ». Le vieux chef Big Foot, malgré sa pneumonie, tentait de sauver l’avenir de sa petite bande. Et le bébé a été nommé Zintkala Nuni, « petit oiseau perdu » en lakota.

Toute sa vie elle a couru après son identité. Elevée comme une blanche, elle n’avait aucun contact avec des gens qui lui ressemblaient, et aucune ressemblance avec ceux avec qui elle avait des contacts. Jamais elle ne s’est séparée du petit bracelet qu’elle avait au poignet lorsqu’on l’avait trouvée, ainsi que des minuscules mocassins et du bonnet de peau brodé … d’un drapeau américain. On la renverra de toutes les écoles, sa férocité devant les moqueries des enfants blancs faisant peur. Le général s’en détourna d’ailleurs bien vite, laissant Clara se désoler toute seule. Indocile, folle du mal de non-identité, sa courte vie n’a été qu’un cri strident. S’étant enfuie à 16 ans de chez le général Colby, elle s’exhiba un peu dans les shows de Buffalo Bill, puis retourna dans la réserve. Mais là, ses manières blanches mettaient mal à l’aise : elle répondait, regardait les hommes dans les yeux, riait fort, parlait pendant les repas… Une tristesse infinie s’installa en elle, rongeant sa jeunesse et ses espoirs. Un an plus tard, elle était enceinte, et accoucha d’un enfant mort-né. Son désespoir fut alors si profond qu’elle s’est jetée en hurlant sur la fosse commune de Wounded Knee où gisait sa mère, les bras déployés. Et pourtant, qui pouvait l’entendre, ce petit oiseau perdu ?

Elle se mit à errer ça et là, eut trois maris – dont un lui donna une maladie vénérienne -, joua dans des westerns muets, à nouveau dans le Buffalo Bill Wild West Show, et retourna maintes fois dans les réserves, sans succès. Elle ne s’y sentait pas plus chez elle que dans le monde des Colby ou des cirques.

Pauvre Zintkala Nuni, quel long cri d’agonie que sa vie.

Dans la misère la plus sordide, perdant la vue et la peau vérolée à cause de la maladie vénérienne que son second mari lui avait donnée en sus de volées de coups, c’est le jour de la Saint Valentin en 1920 qu’elle est enfin morte.

Mais son identité devait, finalement, l’envelopper et lui rendre sa dignité. En 1991 son pauvre petit cercueil fut récupéré par des membres de la nation Lakota qui lui firent un nouvel enterrement, auquel beaucoup d’Indiens assistèrent, parfois venus de loin à pied, à cheval, en camion ou en voiture. On la plaça enfin dans la fosse commune, avec ses parents et les siens.

Au Dakota, dans la réserve de Pine Ridge, la fosse de Wounded Knee protège ses enfants. Bien des Indiens vous jureront entendre des pleurs d’enfants s’en élever, et comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Chaque année des hommes à cheval commémorent la longue marche de la petite bande de Big Foot quelle que soit la température.

A tous ceux qui commencent l’année avec un cœur qui souffre et des montagnes à franchir loin devant à l’horizon, je souhaite que le découragement n’ait jamais plus de force que la confiance en des jours meilleurs, et qu’ils puissent accepter les changements qui s’imposent et apporteront, eux aussi, leurs joies.

A Pine Ridge, dans la misère et les carcasses de voiture, le soleil se lève encore chaque matin, et souffle sur la flamme de l’espoir. Ceux qui ont échappé au piège de la boisson-qui-fait-tout-oublier-mais-ne-cesse-de-rappeler-ce-qu’on-veut-oublier bouillonnent de la fierté d’être Indiens, même si on n’oubliera jamais Wounded Knee, là où le cœur de Crazy Horse, enterré à sa demande par sa famille dans un endroit secret, entretient le feu du peuple Indien. (La chanson Bury my Heart at Wounded Knee est chantée par la splendide Buffy Sainte-Marie, Indienne Cri)

Mitakuye Oyazin *.

* Nous sommes tous reliés, parents.

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61 réflexions sur “29 décembre 1890…

  1. SPL dit :

    Quelle histoire tragique, quelle destinée tragique. Et la perte, à jamais, d’une identité profonde et riche qu’on essaie de ressusciter par des succédanés ou du folklore à touristes. Les Indiens authentiques ne s’en sont jamais remis, n’est-ce pas? Ne restent que l’illusion d’avoir un dixième ou un douzième de sang indien dans les veines pour les adeptes de revivals. Quel gâchis. Cette histoire que tu racontes si bien est bouleversante.

    • Edmée dit :

      Merci. Il y a eu tant de massacres, et puis tant d’enfants volés « pour leur bien » et donnés en adoption à des blancs sans doute bien intentionnés mais qui voulaient en faire des blancs. Il y a eu pas mal de films faits sur ce thème, mais pas arrivés chez nous. Ces enfants parfois se croiaient vraiment blancs, ignoraient avoir été adoptés (les moins « typés ») mais se demandaient pourquoi ils savaient être différents.

  2. laurehadrien dit :

    Terrible histoire que je ne connaissais pas, pauvre enfant.

  3. Pierre dit :

    C’est terriblement tragique… et magnifiquement raconté. Prenant et effrayant. Combien de Wounded Knee à travers le monde, à toutes les époques ?

  4. Adrienne dit :

    quelle horreur sans nom et sans fin, c’est désespérant

    • Edmée dit :

      Oui… Cette histoire m’a beaucoup marquée, je pense qu’en partie c’est né avec l’occupation de la petite église de Wounded Knee en… 1972? Russel Means, et des gens que j’ai rencontrés ensuite et qui étaient montés de l’Oklahoma dans de vieux pick-up trucks y étaient. La cause amérindienne m’a touchée, mais elle est loin d’être la seule…

  5. Écrirature dit :

    Bel hommage au peuple indien, massacré au nom de la supériorité d’une race….

    • Edmée dit :

      Surtout au nom de l’argent, car les Amérindiens mouraient, en esclavage ou emprisonnés, et donc la vraie raison de tout ça… ce fut leurs terres. Et le massacre continue, les chasses à l’injun organisées par les soulards blancs du Dakota, les génocides administratifs qui leur font perdre le quota de sang indien dont ils ont besoin pour être autorisés à la vie dans la réserve et aux « soins » gratuits… etc etc etc…

      • Écrirature dit :

        La religion, le racisme, l’intégrisme, etc rejoignent souvent la quête du pouvoir et de la richesse c’est certain : le vice de l’humain et surtout des hommes…

  6. angedra dit :

    Terrible atrocité de l’Histoire si bien décrite sous tes mots qui mettent de la brume dans mon regard.
    Il y a eu malheureusement d’autres cas de ce genre même chez nous. Des enfants «  »pris » pour leur bien et déracinés à jamais qui recherchent leur identité.

  7. Quelle souffrance que celle d’une absence d’identité. Une inexistence en quelque sorte. Très belle histoire que celle-ci, Edmée.

    • Edmée dit :

      Merci… l’histoire de cette pauvre femme n’et qu’une des histoires mais elle est symbolique. Une association qui aide les enfants indiens adoptés par des blancs et en souffrance porte son nom…

  8. Tania dit :

    Terrible, qu’ajouter ? Sans doute auras-tu lu chez K les sages paroles de Luther Standing Bear, Chef Sioux Oglala.
    Par cette fin d’année assez accablante, je souhaite comme toi un retour à la confiance et à plus de joie. Bonne fin de semaine, Edmée.

    • Edmée dit :

      Oui c’est terrible. J’ai sans doute lu ses sages paroles, j’ai toute une collection de livres datant encore des années de l’occupation de l’église de Wounded Knee, et j’ai continué avec des auteurs amérindiens depuis…

      Merci à toi et bonne fin de semaine aussi!

  9. colo dit :

    C’est ça, elle et tant et tant d’autres. Merci d’avoir trouvé les mots justes et le ton pour nous le raconter, si bien.
    Je retiens aussi ce paragraphe si encourageant:
    « A tous ceux qui commencent l’année avec un cœur qui souffre et des montagnes à franchir loin devant à l’horizon, je souhaite que le découragement n’ait jamais plus de force que la confiance en des jours meilleurs, et qu’ils puissent accepter les changements qui s’imposent et apporteront, eux aussi, leurs joies. »
    Je t’embrasse

  10. emma dit :

    pogroms sans frontière… avant que tu zoomes sur l’histoire de cette femme, ton superbe récit pourrait coller à tant d’atrocités commises par la bête humaine…

  11. alainx dit :

    En lisant le récit de cette tragédie que tu exposes avec force et délicatesse à la fois, m’est revenu en mémoire que j’avais entendu parler en 1991 de cet enterrement que tu évoques.
    Il se fait qu’à l’époque j’avais rencontré deux Américains dans le cadre de mon travail et qu’ils avaient évoqué ce massacre d’Indiens. Sans doute à cause de l’actualité de ce nouvel enterrement.
    Cela était sorti de mon esprit.
    Cependant j’ai découvert toute l’ampleur de ce massacre dont les deux personnes n’avais pas vraiment expliqué comme tu le fais. Du moins je ne m’en souviens pas aussi tragiquement.

    « Nous ne considérions pas les grandes plaines ouvertes, les superbes collines ondulées, et les méandres des fleuves… comme « sauvages ». C’est pour l’homme blanc seulement que la nature était une « jungle »… et la Terre « infestée » de « sauvages », hommes et animaux. Pour nous la Terre était généreuse, et nous étions entourés par les bienfaits du Grand Mystère.
    (Chef Luther Standing Bear, Sioux Oglala)

    • Edmée dit :

      Merci pour la citation de Luther Standing Bear…

      Et voilà, moi j’ai été « happée » par les Amérindiens sans doute parce que ma mère en avait déjà la passion, mais je sais qu’ils ne sont pas les seuls – hélas. J’ai d’ailleurs dû arrêter de lire et trop lire sur le sujet parce que ça m’envahissait tout à fait, me faisait mal. J’ai aussi fait circuler des demandes de signatures pour la libération de Leonard Peltier, victime de la fusillade à Oglala (film « Incident at Oglala » de… Robert Redford).

      C’est un drame d’être du mauvais côté des bons ou des mauvais quand les mauvais ont raison parce qu’ils ont le pouvoir!

  12. anne7500 dit :

    Quel récit émouvant ! Cette enfant survivante n’a-t-elle pas inspiré un roman de Didier Decoin (La bicyclette anglaise si je me souviens bien) ? En tout cas j’admire la manière dont tu ouvres positivement cette histoire avec tes voeux pour l’an prochain. Merci, Edmée et belle fin d’année à toi.

  13. xoulec dit :

    Quelle atrocité, que tu racontes-là ! Récit émouvant et captivant de la barbarie humaine, loin, très loin des contes de noël.
    J’aime beaucoup tes vœux, pour l’année qui vient.

    • Edmée dit :

      Oui, c’est vraiment un de ces actes barbares et sans sens dont l’histoire est constellée. Je l’ai commencée, délibérément, de manière neutre, car ces « villageois » pourraient être Français, Philippins, Amérindiens, Allemands, Juifs etc… Ce sont des gens, de pauvres gens effrayés courant pour leur vie, suivis par une meute qui « sait » avoir raison….

  14. charef dit :

    Histoire tragique qui ressemble aux récits dans les livres révélés du monothéisme. Elle ressemble aussi aux génocides du siècle des colonisations et de notre siècle actuel. Ceux sont ces nations qui se construites sur les fausses communes des populations autochtones qui se targuent de vouloir sauver le monde avec leurs armes de dissuasions.
    Cette histoire est douloureuse et évoque pour moi le général Pelissier qui avait enfumé la tribue de mes ancêtres qui s’étaient réfugiés dans une grotte à Ain Mérène localité du centre de l’Algérie, colonisée par la France au siècle dernier.
    Amitiés Edmée.

    • Edmée dit :

      J’imagine très bien ce que tu évoques… Il y a eu aussi un massacre de Navajos dans une grotte, au Canyon de Chelly. Et ce fut partout dans le monde des massacres semblables, comme le massacre des Fosses ardéatines à Rome, où les nazis ont massacré 335 civils en mars 1944. C’est terrible et ça parcourt le monde et les temps…

  15. Florence dit :

    Ce récit est affreux chère Edmée, il me glace le sang. Pauvres gens… Ca me fait pensé aux massacres des vendéens par les colonnes infernales des révolutionnaires de la « chère » république française. Ils massacraient tout, souvent par le feu, tout y passait même les animaux domestiques… Ce fut l’horreur là aussi !
    Bon, moi qui qui pleurais (il y aura un an tout à l’heure que Paul mourrait dans mes bras) ton histoire n’a rien arrangé.
    Bisous et à bientôt mon amie !
    Florence

    • Edmée dit :

      Désolée Florence, et je préfère que tu pleures pour notre gentil Paul que pour une histoire que nous ne pouvons arrêter car l’homme est un massacreur infini…

      Bisous et sèche tes larmes 🙂

  16. Marie Minoza dit :

    Bouleversant ce récit!…Notre humanité est bien cruelle…

  17. malyloup dit :

    j’ai aussi écouté https://www.youtube.com/watch?v=o5zb0WTSLsY grâce à tes liens….extra-ordinaire femme et son groupe
    ton récit et les commentaires montrent à quel point nous sommes touchés mais sait-on vraiment soutenir ceux qui souffrent, là, à côté de nous….
    depuis novembre, j’ai les larmes aux yeux quand je rentre de mon travail à 22h30, 23h et que je vois les groupes de gilets jaunes et leurs campements improvisés à chaque rond-point et à l’entrée de l’autoroute….un regard, un p’tit signe…est-ce suffisant….
    j’ai 40 km de trajet et je me sens paradoxalement chanceuse de ce que je vis mais tellement malheureuse et désolée par ce qui s’offre à ma vue par tous les temps depuis deux mois alors que nous sommes au 21ieme siècle et qu’il me semble voir la cour des miracles des siècles passés……
    à mon travail, nous avons quasi tous un gilet jaune sur notre tableau de bord mais cela suffira-t-il……….et je repense à cette phrase que j’ai en tête depuis l’enfance (car très ‘marquée’ par les événement de mai 68) « si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main… »
    alors j’ose y croire, j’ose espérer ……et je fais ma part de colibri
    je t’embrasse fort Edmée, les larmes aux yeux (oui, hypersensible je suis) et te remercie d’avoir remis de l’humain au cœur de notre monde et de cette fin d’année…..

    • Edmée dit :

      Il y a bien des choses contre lesquelles nous ne pouvons rien, sauf au cas par cas, parce que le pouvoir finit toujours dans les mains non pas d’humanistes mais de gestionnaires… L’éternelle lutte de la lumière et des ténèbres, commencée avec la naissance du premier homme et toujours en cours.

      Mais il y a toujours ceux,le petit nombre de ceux qui se donnent la main, oui, ou qui prient, ou qui survivent silencieusement, et qui restent l’artère fémorale du bien. Oui,un regard, un signe,c’est parfois beaucoup, une écoute : ce que le coeur dit vaut parfois plus que ce que la main peut donner!

      Bonne année!

  18. gazou dit :

    Comment des êtres humains peuvent-ils être capables de pareilles atrocités ?

  19. celestine dit :

    Tu dis bien les horreurs de la guerre, et l’hypocrisie de ceux qui en profitent, ou détournent pudiquement le regard en se resservant du Xéres….
    C’est un texte fort d’une intensité presque gênante.
    Quel talent ! (Ai-je le droit de te liker ? ;-))
    Baci sorella
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  20. Toute l’Humanité est là, dans ce récit terrible.
    Merci.
    Bon bout d’an.

  21. K dit :

    Etonnant en effet de voir la conjonction de nos derniers billets.
    Tu rends ici un bel hommage.

    Expansion, capital, cupidité, massacre certains n’ont pas de quoi pavoiser…
    Merci aussi alainx pour la citation.

  22. Nadezda dit :

    Bonjour Edmée, je suis en retard dans la lecture de tes billets qui semblent très intéressants, ce n’est que partie remise pour le mois de janvier.
    Je te souhaite un Joyeux Réveillon et une Année riche en créativité.

  23. La Baladine dit :

    Comme tous les récits terribles d’atrocités, surtout quand ils sont rédigés avec talent, on lit sans décrocher d’une ligne, sans même oser ciller, en se disant que c’est bien le minimum de respect qu’on doit aux victimes. Et se bousculent à l’esprit tous les massacres perpétrés de siècle en siècle, et on se dit que nul ne sait mieux que l’humain faire preuve d’inhumanité.
    Et pourtant l’amour fait résistance… obstinément.
    Merci pour le récit, merci pour l’espoir.
    Bisous de douce fin d’année.

    • Edmée dit :

      C’est vrai que de tels récits ne manquent hélas pas, et les faits moins encore. Mais… il y a aussi toujours l’espoir et la survie, et la transmission des choses, le tout porté par de vrais « élus », qui font un magnifique travail et sauvegardent la mémoire des choses… et la continuité de l’espoir!

      Bisous de fin d’année aussi!

  24. Coumarine dit :

    très émue par ton récit, si bien raconté!
    Pourquoi y a -t-il une telle cruauté chez les hommes? Pourquoi un tel acharnement sur un peuple qui ne demandait que de vivre en paix!
    merci de nous ouvrir les yeux sur cet épisode enfoui dans le passé

    • Edmée dit :

      Oh les pourquoi et les parce que ne manquent jamais Officiellement j’imagine que c’est « pour leur bien »… on tue ceux qui luttent contre le « bien » des autres (les réserves, l’alcoolisme, l’ostracime, les maladies nouvelles, c’est bien…)

      Bonne année chère Coumarine!

  25. Bel hommage. J’en avais vaguement entendu parler, mais ton récit éclaire cela d’un œil nouveau. Meilleurs vœux à toi Edmée pour l’année nouvelle !

  26. Nicole Giroud dit :

    Tu nous a donné à lire un récit bouleversant, empreint de sauvagerie et de douleur, un texte d’une très grande force que je ne suis pas prête d’oublier.

  27. Binh An dit :

    Je suis venu te souhaiter une très belle année 2019, la réalisation de tes projets.
    Et je lis ton texte, longuement. C’est très émouvant, ce que tu écris. Très petit, j’étais témoin d’un drame atroce (famine, 2 millions de morts). Après, ma famille a été témoin d’autres. La cruauté des hommes est sans limite.
    Je sais qu’il ne faut pas oublier….
    Et je te redis Bonne Année 2019, Edmée !

  28. Philippe D dit :

    Un texte tristement beau !
    Très bonne année à toi.

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