Et le pire est que vous vous en fichez complètement !

Cri strident de Sœur Marie-je-ne-sais-plus-quoi, issu de sa bouche béante et tordue par l’indignation, du haut de son haut pupitre. C’est de ce mirador qu’elle surveillait une centaine d’élèves, trois ou quatre classes de dessin réunies dans une grande salle dont, armée de son chapelet et trousseau de clés, elle contrôlait le silence, les bonnes manières, la piété affichée, l’esprit studieux illuminé de la bienveillance du Saint Esprit que nous allions prier en début d’année scolaire.

Nous ne pouvions pas parler, pas emprunter, pas prêter, pas glousser, pas chuchoter, pas circuler. Si par malheur nous devions aller à la toilette, nous nous faisions férocement reprocher de ne pas avoir pris nos précautions, et que donc tant pis, il faudrait se retenir. Vrai qu’à 17 ou 18 ans, on n’a pas encore appris à gérer nos visites au WC et qu’on y va par pur plaisir… Et qu’on ne parle pas de garçons avec sa voisine de devant, de derrière, de gauche et de droite, et qu’on ne rit pas, jamais !

Et bien entendu, alors que Courrèges crée des boucles d’oreilles comme des engins spatiaux, on n’en porte pas, pas plus que des mini-jupes. On ne se maquille pas malgré la mode œil au beurre noir.

Nous portions donc nos jupes d’uniforme, dont nous roulions la taille une fois dans la rue, ce qui nous faisait un bourrelet suspect sous le pull bleu marine mais révélait un peu nos genoux. Et nous mettions nos boucles d’oreilles en poche en arrivant dans le couloir de l’école, saluant la gentille Mère Marie-Colomba qui se doutait de tout et gardait le sourire. Celles qui osaient le maquillage risquaient d’être envoyées se laver dans le petit cagibi où nous nettoyions pinceaux et matériel, pour en ressortir méconnaissables et en larmes. Celles qui entraient dans les saints murs de cet Alcatraz estudiantin avec des « billets doux » dans leur sac le voyaient vidé sur un pupitre, et son contenu exposé aux rires narquois, le billet doux lu sur un ton sarcastique (ça, c’était notre prof de néerlandais, la réincarnation d’Helga la louve des SS, qui excellait dans cet exercice…). Bref, on ne plaisantait pas impunément.

Et ce jour-là j’avais usé mon quota de bêtises annuelles autorisées : je suis arrivée en classe avec des boucles d’oreilles aussi grosses que des grappes de raisin, jaunes et dansantes, et un pull jaune sous prétexte que le bleu était sale (à mon avis, c’était vrai…). Et comme tout le monde me regardait en attendant quand le châtiment allait tomber, je souriais aimablement, me retenant de quelques salutations de type princière, car je n’avais pas les gants blancs. Et en prime, une fois installée à ma place, je me suis mise à bavarder, certes en faisant semblant de soupirer entre les dents, mais je parlais bel et bien. Et Sœur Marie-je-ne-sais-plus-quoi a hurlé mon nom suivi de Silennnnnnnnce ! J’ai levé les yeux vers elle, avec une expression pieuse et repentante, et ai recommencé à parler aussitôt en mode ventriloque. Et elle, ne pouvant quand même pas me condamner au fouet ni au pilori, a vociféré « Vous, avec vos airs suaves, vous faites toujours exactement ce qui vous voulez ! Et le pire est que vous vous en fichez complètement ! »

Et elle avait raison. Je n’ai jamais su avoir peur du châtiment, ou éprouver de la contrition quand je ne me sentais pas en tort. Il m’est même arrivé d’attraper un fou-rire si on me passait un savon dont je trouvais l’ampleur ridicule. Toute cette énergie pour rien, pour que l’un se sente offensé là où il n’y avait eu que le plaisir de vivre.

Je ne me sentais pas « sur la même planète » et donc… je m’en fichais tout à fait. Et certainement ça m’a évité pas mal de « mauvaise conscience » inutile…

 

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46 réflexions sur “Et le pire est que vous vous en fichez complètement !

  1. gazou dit :

    C’est merveilleux de ne pas avoir peur du châtiment quand on le sait immérité, merveilleux d’avoir une telle confiance en soi…Bravo Edmée !

    • Edmée dit :

      Je me rends compte maintenant qu’en effet… c’était un atout formidable. Je m’en fichais, j’avais mon propre jugement et m’y fiais. Je ne peux pas m’en vanter, je suis née comme ça 🙂 Mais tant mieux 😀

      • maly.loup dit :

        oh oui c’est tant mieux et j’applaudis! pour moi c’est exactement l’inverse: une confiance en moi déficiente et c’est seulement à présent que je m’en fiche (et encore pas toujours….hihihi)

      • Edmée dit :

        J’ai été aidée dans le fait que nous étions une famille atypique : parents divorcés dans un milieu ultra catho, une maman jolie avec des belles robes et du rouge à lèvre (vade retro, satanas ! 😀 ), et qui en plus avait fait installer une écurie au fond de son jardin pour y maintenir son cher cheval, il y avait pas mal de choses qui m’avaient mise « de côté », et donc j’imagine que je me sentais moins obligée à faire comme tout le monde puisque c’était fichu d’avance. On ne m’habillait même pas toujours comme tout le monde : je me souviens d’un poncho d’Argentine à l’époque où personne n’en avait, d’une petite veste sans manches en daim sur laquelle je mettais une épingle de chasse… Les autres filles riaient, moi j’étais contente d’avoir quelque chose de spécial. Tout ça m’a beaucoup aidée!

  2. Philirlande dit :

    autre époque, autres mœurs, et puis c’était une école de garçon même si c’était en compagnie de Don Bosco… des salésiens pures et dures mais la modernité était déjà en route et les « pattes d’eph » pas loin 🙂

    • Edmée dit :

      Oui les temps ont lentement changé quand même. Ceci dit, je ne regrette pas ces contraintes stupides, parce qu’ainsi… on avait le goût de l’interdit aussi 😀

  3. angedra dit :

    Lorsque je parle de ma petite scolarité religieuse, je suis bien éloignée de ce pénitencier que tu décris. Malheureusement je sais aujourd’hui que cela existait comme certains pensionnats laïcs tout aussi glaçants !!
    J’ai eu la chance de ne pas avoir eu cette chance de faire de telles études. La religion chez nous était beaucoup plus douce et il était agréable de se retrouver dans cette ambiance d’amour et de chants qui nous portaient plutôt que nous brimer.
    Même époque, mais famille et rencontres différentes…
    Je comprends très bien la force, car c’est une force que tu avais, de laisser glisser ainsi ces absurdes châtiments sans te sentir vraiment concernés. Je pense que j’aurais eu une vie très mouvementée si j’avais dû vivre la même chose car déjà j’avais la « fâcheuse » habitude de me rebeller …
    Comme toujours tu as le don de nous faire sourire même lorsque tes souvenirs nous entraînent dans ces lieux d’obscurantisme !

    • Edmée dit :

      Je t’avoue que ça m’amuse beaucoup, d’y penser. Parce que çe ne me donnait qu’une envie : celle de la liberté. Je savais que ça arriverait, la liberté 🙂

  4. emma dit :

    68 est passé là dessus, et beaucoup d’encadrants de jeunes aujourd’hui rêvent peut être de ces temps stricts, le balancier du temps passe souvent d’un extrême à l’autre.Tu aurais pu abonner cette soeur à la chaine « et tout le monde s’en fout » de ces talentueux et très humanistes youtubeurs https://www.youtube.com/results?search_query=et+tout+le+monde+s%27en+fout

  5. forgeronne dit :

    Les quelques années où j’ai été chez les religieuses n’ont pas été très « dures », certaines d’entre elles étaient même vraiment bienveillantes, et aucune de celles que j’ai connues n’était méchante..
    Le problème était la… qualité (!) de leur enseignement, absolument insipide (sauf quelques rares cas) et pour tout dire, pas au niveau.
    Ce qui fait que je m’y suis prodigieusement ennuyée, et que les bêtises, voire les provocations de ma part – détails de comportement pour lesquels « on » m’avait retiré d’un excellent lycée en seconde pour me coller dans cette vénérable institution, l’expression employée a été « ah là au moins, on va te VISSER » – ont tellement abondé que ces malheureuses religieuses ont été obligées de remettre en activité la notion de « colle », uniquement en ma faveur.
    Et comme vous, le châtiment ne m’effrayait nullement, et la contrition m’était étrangère.
    En revanche, elles avaient un don (je ne vois pas comment appeler çà autrement) pour faire culpabiliser la fautive, en invoquant avec moult émotion – vous voyez dans Tartuffe,
    « il faisait des soupirs, de grands élancements,
    « et baisait humblement le sol à tout moment ! » – le sacrifice maternel pour me permettre d’accéder à la si bonne éducation dispensée dans leurs saints murs… j’exagère à peine.
    Car on est rebelle ET émotif quand on a 15 ans. Pour ma part, ça se terminait par des torrents de larmes, et le lendemain je recommençais.

    • Edmée dit :

      Elles avaient en effet le talent de la corde sensible. Moi aussi je brisais le coeur de ma pauvre maman mais… comme l’impie avait divorcé et était donc excommuniée, une soeur un peu plus vache que les autres m’a dit que mes parents (les deux) iraient en enfer! Je suis rentrée en larmes, et du coup ma mère m’a tout avoué : ce sont des folles qui s’ennuient et veulent faire souffrir, ce sont elles qui iront en enfer, et ne les écoute pas ». Sauvée donc par un excès de cruauté, je n’ai plus jamais jamais cru quoi que ce soit de ces. « fariboles » 😀

  6. alainx dit :

    Que voilà un texte délicieux !
    En ce temps-là nous avions cette occasion merveilleuse de braver les interdits !
    Je me demande même s’il ne faut pas élever au rang de sainteté certains culs-bénis et autre fesses serrées, pour avoir éveillé en nous la force des résistants !

    Pour ma part, dans l’école des garçons, j’ai vécu l’époque « cheveux longs » avec mot aux parents les enjoignant de nous mener chez le coiffeur.
    J’eus la chance d’un père qui me disait : — ça te va bien les cheveux longs !

    • Edmée dit :

      Je dois dire que ceux qui résistaient ont appris tôt les délices de la rebellion et que toi et moi semblons en faire partie. D’autres ont été tout à fait bouffés et fragilisés, comme une de mes cousines, que ces méthodes ont brisée dans l’adolescence. Et avoir des parents ouverts, comme ton père ou ma mère qui adorait en secret le savoir dire « m… », ça aide aussi!

  7. J’ai connu cela chez mes dominicaines et il m’est arrivé de faire ma forte tête aussi. On nous appelait par notre numéro comme à l’armée et le mien était 423. Cela me révulsait que l’on ne m’appelât pas par mon nom de baptême. N’est-ce pas en ce pieux domaine un peu carcéral sur les bords ! Mais au moins, on étudiait puisqu’il n’y avait que cela à faire. Et ce fut tant mieux au final …

    • Edmée dit :

      Quelle vulgarité… Nier l’identité … Refuser le nom… Je me souviens avoir vu en Oklahoma le cimetière des prisonniers apaches (qui s’étaient « rendus »…) et ils avaient une stèle avec un numéro, pas de nom. J’ai été très choquée… Vrai qu’on étudiait chez les « bonnes soeurs » mais aussi on apprenait ce qu’on n’aurait pas dû : la ruse, la méfiance, les révérences faites alors qu’on leur aurait arraché le voile. J’ai un jour tiré une longue longue langue à une méchante religieuse, courageusement derrière son dos, mais une autre m’a vue 😀 Le savon, les pénitences, ha ha ha!

  8. Adèle Girard dit :

    Malgré tout, ce sont toujours de bons souvenirs les souvenirs de notre jeunesse!

    • Edmée dit :

      Oui et non. Parce que les humiliations cruelles, venant de religieuses, et même les avances sexuelles d’un certain Père Machin-chose, ça tuait à jamais le respect de ces ordres religieux. Certaines soeurs ont été charmantes, mais les mauvaises l’étaient à la troisième puissance. Un asile de fous, pratiquement…

  9. SPL dit :

    C’est fou comme tout a changé. Dans mon enfance (années 70), nos soeurs et nos bons pères étaient plutôt à jouer de la guitare et à chanter autour d’un feu de camp. Ils étaient toujours de bonne humeur. J’ai retrouvé il y a peu mon livre de catéchisme (1976): il n’est même plus mentionné que « Jésus est le Fils de Dieu » mais « Jésus est un ami ». Jésus est un pote, quoi! Aussi extrême dans un sens comme de l’autre…

    • Edmée dit :

      Il s’en est fallu de quelques années. Et kilomètres aussi sans doute. J’ai eu 20 ans en 68. Je me demande même si l’étau ne mordait pas plus fort parce que leur « pouvoir » diminuait, elles (les « chères soeurs ») voyaient que tout leur échappait, et espéraient qu’en étant de vrais gardes-chiourmes elles éviteraient la catastrophe 🙂

  10. Tania dit :

    Voilà qui rejoint un peu l’histoire que me racontait hier une maman : sa fille avait eu une heure de retenue pour avoir quitté le rang du matin malgré l’interdiction répétée – elle avait rejoint le rang en oubliant son cartable contenant sa tablette (obligatoire) le long du mur.
    Il n’était pas question qu’elle l’abandonne là, ses parents la puniraient si sa tablette était perdue, etc. Elle a quitté le rang pour aller chercher son cartable – et j’aurais fait comme elle, me dit sa mère.

  11. colo dit :

    Quel magnifiques et si amusants souvenirs…tu as bien fait d’être rebelle donc, sinon, de quoi te serais-tu souvenue? :-))
    Bon week-end Edmée

  12. Je n’ai jamais connu ce genre d’établissement durant mes études dans l’enseignement officiel. Mais je pense (et surtout j’espère) que ce que tu racontes, a quand même évolué depuis lors. Bon week-end Edmée.

  13. Visiteuse dit :

    La discipline était-elle plus desserrée dans les écoles publiques ?

    Ma mère m’a raconté qu’en tant que mauvaise élève chronique, elle avait droit aux coups de règle métallique sur la paume des mains.
    Avant d’aller en classe, elle prenait l’habitude de se badigeonner les mains avec de la pulpe de courge car elle se persuadait qu’elle n’aurait pas mal grâce à cela. Au fond, c’était surtout son seul moyen de narguer secrètement la « haute autorité ».
    Elle savait une chose que « l’autre » ne savait pas et ça, c’est un sacré pouvoir !

    • Edmée dit :

      Oh quelle horreur… Nous n’étions pas brimées physiquement mais souvent les esprits trop doux s’y faisaient bien mal. Car on pratiquait l’humiliation « sans modération » 🙂 J’ai par exemple dû vomir dans un seau sur l’estrade, avec en sus un bonnet d’âne! Je ne sais plus quelle impertinence j’avais bien pu faire mais surtout… j’étais malade puisque je vomissais. Et j’en ai été punie devant toute la classe. J’avais 9 ou 10 ans. Et il fallait les appeler « chère soeur » 😀

      • Visiteuse dit :

        Mais c’est vraiment affreux ces brimades à la limite du sadisme ! Vous avez eu de la chance que pour vous, tout glissait comme l’eau sur les plumes d’un canard !
        Je pense que ces rapports de domination envers les enfants les faisaient grandir vite, plus vite qu’aujourd’hui en tout cas.

        Car évidemment à notre époque, de telles méthodes ne sont pas imaginables puisqu’elles sont interdites en actes et en esprit.
        C’est bien, c’est mieux, mais cependant certains enseignants se faufilent pour exercer une autre forme de violence plus subtile et élégante mais pas moins démolisseuse. C’est cette commisération hypocrite pour pointer l’élève faible et l’obliger à se sentir si bête qu’il n’a même pas besoin de bonnet d’âne. C’est cette moue désolée devant et jouissive derrière qui peut faire des ravages.
        Dans le fond rien n‘a changé si ce n’est dans la forme. Donnez un petit pouvoir à un individu frustré vis-à-vis d’un plus faible que lui et il se transforme en tortionnaire.
        La quintessence d’une grande partie de l’humanité en somme.

      • Edmée dit :

        Oui c’était la méchanceté toutes voiles dehors, c’est le cas de le dire. La compassion et la charité chrétienne étaient restées sur le seuil 😉 . Mais dans mon cas ce fut un bien : j’ai vite compris qu’il y avait des gens de toutes sortes, que la gentillesse d’un adulte ne venait pas automatiquement vers l’enfant, que des grandes personnes mentaient, trichaient… n’avaient PAS raison. Une leçon qui m’a beaucoup aidée. Mais d’autres, plus fragiles, comme une de mes cousines, en sortaient comme après un passage dans l’essoreuse.
        Et oui, la cruauté insidieuse, subtile, a remplacé celle d’antan, plus évidente. Et elle fait autant de dégats…
        Face à certaine personnes, j’ai la seule angoisse qui me vient en pensant à une possible guerre : et si tout d’un coup on leur donne un uniforme et une arme, on est cuits! Ce sont toujours eux que l’on arme en premier pour faire le premier nettoyage!

  14. Franchement…..L’époque était elle si horrible que cela…??? Je n’en suis pas si sûr. Cela me rappelle une anecdote. En parlant de « précautions » à prendre. J’étais avec ,lors d’un voyage, une personne ni jeune ni vieille et n’étant pas sur l’autoroute elle dit avoir besoin de…..Bref. J’arrête la voiture .Et je lui indique un bosquet d’arbres. Moi pendant ce temps ,je vais me dégourdir les jambes. En revenant je vois la dite personne et lui demande si cela va mieux. Un petit oui fut sa réponse. Plus tard ,nous reprenons l’autoroute. A la première aire cette personne me demande de m’arreter.Quand elle revint je lui dit mon étonnement. Elle m’expliqua que n’ayant pas le confort de la modernité, elle n’avait pas su ou se mettre. Bref ,cela me fit bien rire. Je pense qu’elle aurait dû faire un tour chez les sœurs.:-)

    • Edmée dit :

      Ben… j’ai bien vécu cette époque, mais je n’ai connu que mon expérience et celle de mes comparses de pensionnat ou d’école. C’était bien ainsi 🙂 Mais je savais utiliser la feuillée et le plein air 😀

  15. bizak dit :

    Ah ! la morale chrétienne qui surpasse l’entendement, renie toute liberté et tout écart de conduite et gare à l’enfer. Enfin, les autres religions ne font pas mieux, sinon pire.

    • Edmée dit :

      Toutes les religions sont bonnes et très mauvaises. C à d que les hommes qui les portent, ces religions, les plient trop souvent à leurs psychoses, phobies, avidités et interprétations personnelles. J’ai été dans deux écoles catholiques puis pensionnats où les religieuses étaient majoritairement des garces en voiles dans la première école et premier pensionnat, et puis de charmantes dames un peu fofolles et gentilles dans les autres. Certes, il y avait toujours la « méchante » de service, mais elle était bien isolée. J’imagine que l’état d’esprit de la mère supérieure ou directrive y entrait pour beaucoup ! 🙂

  16. Célestine dit :

    Tu sais que j’ai eu du mal à revenir sur ton billet, à cause de l’illustration qui me donne des cauchemars…
    Il faudra que j’en parle à ma psy ! 😉
    En attendant, quelle chance tu as d’avoir ce caractère qui se moque des brimades et des punitions…
    Moi qui ai passé tant de temps à me sentir blessée dans mon enfance, je commence à peine maintenant à me faire un peu de plumes de canard…
    Baci sorellita
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    • Edmée dit :

      Eh bien très honnêtement j’ai trouvé l’image « tip-top » pour les souvenirs que j’avais. Certaines étaient vraiment monstrueuses, tout comme l’étaient les profs qui avaient reniflé la possibilité de mettre leur côté tortionnaire en valeur.
      J’ai en effet de la chance de ne pas me sentir blessée par ces grosses tempêtes, et j’y étais aidée par Lovely Brunette qui ne châtiait pas son langage pour m’expliquer pourquoi ces idotes avaient dit ou fait quelque chose. J’avais une explication qui me donnait du recul : c’étaient de vieilles grincheuses, c’étaient des jalouses pathologiques, c’étaient des sottes qui ne comprenaient rien. Donc je ne me souciais même pas de leur plaire ou de « me racheter »… 🙂
      Baci sorellita …

  17. Binh An dit :

    Tu n’as pas changé, tu étais déjà comme tu es à cette âge là ?
    Je lis. Notre monde à nous était bien loin du votre.
    En tout cas, la photo est horrible.

    • Edmée dit :

      La photo est horrible et heureusement, il y a l’autre face, les religieuses gaies et même un peu sosottes, gentilles « comme tout ». J’ai eu droit aux deux mais les mauvaises laissent des traces comme des sillons de labour…

      Oui j’étais comme ça, sans doute de nature et puis par la force des choses : le divorce des parents a fait basculer notre statut en quelques jours : madame allait mener une vie de bâton de chaise sans aucun doute, et les enfants allaient mal finir. Donc autant les tenir à l’oeil et surtout, surtout, à l’écart des enfants purs, de parents purs, dont le papa versait des sous aux oeuvres de l’école et la maman accompagnait les enfants à la messe 🙂

      Tu l’as compris, la religion n’était qu’une étiquette, la charité n’était pas entrée dans ces murs ni société…

  18. Xoulec dit :

    Mais, c’est vraiment affreux ! Chez nous, pas d’école religieuse ! Cela n’empêcha pas que la pension, à onze ans, c’est dure. Les cours se passaient bien , les profs étaient sympas, dans l’ensemble. C’est le pensionnat qui était difficile. Échapper aux bizutages, fut facile. Mais ce n’était pas le pire. Il y avait un surveillant, un de ses fameux « pions », un sadique. Il prenait plaisir à humilier, à punir, mais surtout, il était violent. Des gifles à arracher la tête. Je crois que ce qu’il aimait par dessus tout, c’était de lancer avec force son trousseau de clefs sur nos têtes, alors que nous étions en rang par deux, immobiles dans les escaliers menant au dortoir. Ils nous faisait nous arrêter juste avant le dernier palier, il devait alors régner un silence absolu… Le moindre murmure, petit sourire ou signe d’impatience et sa folie se déchaînait… La victime recevait son trousseau de clefs sur la tête, ou en plein visage, et devait le lui rapporter. immanquablement, il frappait avec ses clefs, à la manière d’un nunchaku. Quel courage ! Nous avions onze/douze ans…
    Heureusement que nous ne l’avions pas tout le temps ! Toutes les fois ont été des fois de trop. Il a fini par être viré, mais il a fait du mal… Je n’ai pas oublié son nom et je ne l’ai jamais croisé de ma vie… J’ose espérer pour lui, que deux ou trois autres gamins qu’il a terrorisés en ont fait de même…

    • Edmée dit :

      Comme on le voit, la religion n’a pas grand chose à voir là-dedans sauf que c’était l’enveloppe officielle de bien des névroses. Ce sont ces adultes qui inventorient à l’infini les malheurs dont ils sont affligés, les frustrations qu’on leur a fait subir autrefois, les bonheurs dont on les prive, etc etc etc… Que ce soit au couvent ou dans la vie anodine d’un surveillant détesté. On est armé d’un trousseau de clés ou d’un chapelet, d’une langue trempée dans le curare, de regards haineux, et la proie facile est sans défense. Immolée en secret.

      C’est vraiment monstrueux, c’est vrai. J’aimerais un jour voir ce pion tortionnaire à la Une des nouvelles, vieux et honteux, sa nature sadique exposée à tous… Je pense que tu aimerais ça encore plus que moi 🙂

      • Xoulec dit :

        Oh oui ! je n’ai pas l’esprit de vengeance, Mais pour les deux ou trois gamins qu’il avait pris pour tête de turc, il le mériterait amplement… Je n’en ai pas fait partie, mais il nous terrorisait à un point que j’avais oublié, avant de te lire.

      • Edmée dit :

        Je ne ne me venge plus depuis longtemps non plus mais j’apprécie beaucoup la « vengeance divine », dans laquelle je n’ai rien à voir mais qui tombe à pic 😀

  19. Florence dit :

    Coucou chère Edmée !
    Moyennant quelques sous, je pense être venue à bout du virus de mon ordi. Mais cela m’a pris un temps fou et mis mes nerfs en pelotes, j’ai l’impression d’avoir participé à un marathon (ou une marre à thon)!
    Je reviens donc sur la blogosphère l’esprit tranquille avec un ordi en bonne santé !
    Elles n’ont jamais eu l’idée de te faire exorcisée ces demoiselles de grande vertue ? Car tu étais habitée par le Malin ! Si elles n’en riaient pas les pauvres, moi tu me fais bien rire !
    Mes 4 bises bretonnes pour une bonne semaine, et Kenavo !
    Florence

    • Edmée dit :

      😀 Elles ont dû y penser, on m’envoyait d’ailleurs dire « des rosaires » à l’église. Ce qui est bizarre c’est que je le disais, car j’aimais bien la sainte Vierge 😀 …

  20. Un texte remarquablement écrit, très vivant, avec des observations qui sentent le vécu.
    Une suite est envisagée ?

    • Edmée dit :

      Merci 🙂 Oh je ne pense pas faire une suite dans le sens habituel, j’écris « randomly » ce qui me vient en tête. Forcément… il doit y avoir des sortes de « suites » ici et là 🙂

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