No Big Deal

La foire du livre, et toutes les foires un peu importantes (du livre). Je vais chaque année – en visiteuse – à celle de Bruxelles, plus pour la sortie que pour la cohue et la marche dans un sauna bruyant, sortie qui suit le repas très amusant que je prends avec mon ami Denis, qui arrive de Besançon. Occasion pour nous de papoter, rire, parler de bouquins, d’auteurs ou éditeurs que nous connaissons de près ou de loin, et puis une bonne marche vers le plus grand bain de vapeur de la ville, la Foire du livre de Bruxelles, où nous ne nous éternisons pas plus qu’il ne le faut pour faire notre tournée de reconnaissance. On en sort liquéfiés et les joues comme des pommes d’amour.

De l’air ! De l’air frais, et du silence, et la promenade retour le long du canal et puis le quai aux briques, on aime bien ça…

Foire du livre Alain Bustin 2015

Foire du livre, visite d’Alain Bustin 2015

Et il faut avouer qu’on est tout content lorsque, auteur inconnu, on a au moins été une fois faire acte de présence, la plume d’oie bien taillée et l’encrier rempli, le sourire sympa mais pas prédateur. J’y suis allée une seule fois en autographeuse, deux petites heures de ma vie bien remplies, pas désagréables du tout. On y donne rendez-vous aux amis qui habitent du côté de Bruxelles et qu’on ne voit jamais, on fait la photo souvenir (ou deux, ou trois) et on sait ce que c’est que d’avoir été en dédicace dans un grand salon. De loin on a vu le chapeau d’Amélie Nothomb, les deux têtes des frères Bogdanov, celle de Michel Drucker et c’est autre chose que de voir les mêmes visages sur Closer, oui oui oui (pas toujours plus flatteur, je dois dire…). Bien sûr, nous on les a vus, et eux n’ont même pas eu conscience qu’on existait, mais on s’en remet très très bien (au cas où on en aurait été démis…).

Maintenant, honnêtement, il n’y a pas de quoi sonner ni le tocsin ni une joyeuse volée. Personne ne viendra vous voir qui ne vous connaissait déjà suite à un autre salon plus petit mais intime, un achat, ou autre moyen. Personne ne vous y « découvrira ». Et les paparazzi ne s’attarderont pas sur vous, tout au plus vous ferez « le nombre » sur un travelling montrant qu’il y a foule à tel ou tel stand. Les figurants bourdonnants.

Et pourtant, pour le lecteur qui ne connaît pas le système, son auteur localement connu, son poulain favori qui a publié un ou deux livres (le fils de la voisine, l’ancienne première en rédaction du cours de Mlle Machin, le petit ami de la belle-sœur de…), est en train de faire son chemin puisqu’il va à la Foire du Livre de Bruxelles (ou toute autre grosse excitation bouquiniste). On croit qu’il a été choisi, élu, cherché, pourchassé, repéré, puis supplié et que c’est donc bon signe. Même ce grand salon le veut. Même ce grand salon renifle son talent.

2016 en visiteuse avec Carine-Laure Desguin

2016 en visiteuse avec Carine-Laure Desguin

Or la vérité est que tout éditeur qui veut officiellement exister fait de son mieux pour figurer aux salons importants (et pas question de montrer patte blanche mais patte pleine d’écus, florins et ducats ), et convie ses auteurs pour amortir cet investissement prestigieux et ne pas avoir une table jonchée de livres sans petites mains joyeuses pour y écrire de jolies dédicaces.

Mon éditeur ne participe pas (mais il existe oh combien, et la maison d’édition fêtera ses 20 ans la semaine prochaine !), et l’autre éditeur qui m’avait installée sur le trône pendant deux heures ne participe plus. Et donc… moi non plus. Pourtant j’existe, je le jure…

Je vais à peu d’évènements de ce type, privilégiant ma ville d’origine, son libraire dynamique, et parfois un festin de mange-pages si c’est à distance raisonnable, que je suis libre et que je sens l’inspiration. Pour le reste… c’est écrire qui me plaît, et rencontrer ces lectrices (parfois lecteurs, oui oui oui !) avec lesquelles les points communs se sont mis en évidence tous seuls… C’est alors une séance de dédicaces enjouée comme autour d’une tasse de thé, amicale, entrecoupée d’embrassades et de rires. Ça… c’est tout ce que j’aime.

Ceci dit, amis et amis qui dédicacerez jusque dimanche, ne boudez pas votre plaisir et allez-y, hop hop !

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52 réflexions sur “No Big Deal

  1. claudecolson dit :

    C’est tout le destin des auteurs peu connus et qui à 99% de chances le resteront.
    Vive les joies de l’écriture qui, elles demeurent !

  2. Dédé dit :

    Coucou. Je me demande comment certaines personnes font pour arriver à écrire un livre par année, pour être toujours sur le devant de la scène à la rentrée littéraire alors que… quand on lit leurs livres, bien souvent, on s’ennuie… Mais c’est le jeu des critiques littéraires de mettre en avant certains écrivains, de les encenser, de les faire aller sur les grands plateaux de télévision, de les mettre en scène. Ont-ils encore la joie d’écrire ces écrivains-là, ou alors est-ce devenu la course à la publication pour faire gagner des parts de marchés à sa maison d’édition…
    Franchement… quand je lis certains livres de la dame au chapeau, je me pose des questions sur la qualité de certains ouvrages…

    Quant aux frères machin…. je crois que je vais humblement me taire. 😉

    Bises alpines ma belle écrivaine au grand coeur et à la belle plume.

    • Edmée dit :

      😀 J’ai eu peur des frères B…. me suis presque jetée sous le stand 😀

      J’écris un livre par an, mais pas sous la contrainte, je pourrais n’en écrire qu’un tous les 5 ans, et mon éditeur ne faisant pas des fortunes incalculables sur mon dos, il n’a rien à redire 😉 La dame au chapeau, en effet, est notoire pour la qualité irrégulière de ce qu’elle écrit, et c’est dommage, mais j’imagine qu’elle est tombée dans le piège de « devoir » produire. Le plaisir est parti!

      Finalement les petits auteurs ont je crois le plaisir d’écrire et d’être publiés sans gros tirages (dont même pour les grosses pointures une grande partie finit au pilon…) ni sans contraintes, ou la peur du flop suivant un succès. Mais j’en vois quelques-uns qui « se prennent » pour de futures gloires et deviennent pathétiques.

      Bises liégeoises, plein soleil pour une fois!

  3. Séverine Baaziz dit :

    J’adore ta façon de croquer le moment, Edmée !
    Moi, je dois dire que ma petite experience des « grands » salons est tout de même plus enjouée. L’an passé, je dédicaçais au salon de Metz. La foule, le bruit et la chaleur étaient aussi au rendez-vous, mais accompagnés, pour mon plus grand plaisir, par la curiosité acheteuse des lecteurs. Pour le coup, les stands sont tenus par les libraires qui invitent à la fois auteurs à succès et locaux. Un joyeux pèle-mèle servant toutes les plumes. Je ne cache pas mon excitation d’y retourner en avril prochain…
    En conclusion, amis auteurs, je dirais : tentez-les, si vous le pouvez, ces « grands » salons, car certains sont étonnants de possibles ;-)))

    • Edmée dit :

      Si les stands sont tenus par les libraires, c’est tout autre chose! Moi quand je vais dédicacer chez « mon libraire local », je vends très bien (et lui aussi 😉 ) et c’est un plaisir. Des gens que je ne connais pas mais qui ont eu un livre à prêter, ont lu, entendu que… arrivent, et achètent, et on a des échanges. Ici, c’est finalement très anonyme et les petits auteurs et leurs petits éditeurs sont surtout là pour « faire la foule » et chauffer l’ambiance pour les grosses pointures. Ceci dit, quand on y est, on trouve à s’amuser… entre auteurs 😀

  4. J’ai quelques bons souvenirs de l’époque des dédicaces et de l’ambiance des salons dont celui de Versailles. Je me souviens tout particulièrement des moments agréables des salons du livre pour enfants pour lesquels enfants j’ai publié à quatre reprises, Je bavardais avec les mamans qui avaient pris le premier puis ont pris le second, enfin le troisième et le quatrième. Il y avait de la gaieté, les bambins jouaient autour des tables. Oui, des moments plaisants. Plus sérieux avec les ouvrages sur Proust et plus coriaces avec la poésie si peu appréciée du grand public. Mais je partage absolument vos sentiments Edmée. Désirer les écrire ces livres, puis les rédiger, voilà les moments les meilleurs.

    • Edmée dit :

      Il me semble que les salons en France sont plus agréables pour les auteurs, c’est souvent le ressenti que j’ai en lisant les comptes-rendus. Ou alors ce salon est très surfait, mais je suis allée à un autre salon Bruxellois, deux fois, et c’était l’horreur absolue: un show assez agaçant et stérile pour les petits auteurs et éditeurs. Peu de bons salons en Belgique je crois, j’ai participé à un très agréable et bien organisé (par une bibliothèque, ça change la donne!) récemment, mais c’est une épopée pour m’y rendre en train 😀

  5. Carine-laure Desguin dit :

    C’est une belle expérience pour un auteur. Cette année-là, mon livre Des lames et des lumières sortait aux éditions Le Coudrier, petite maison d’édition qui se décarcasse pour donner de la visibilité à ses auteurs. Bien sûr, le top c’est d’être présent à un maximum de Salons, de prester des séances de dédicace en librairie, etc. Tout n’est qu’un choix selon les disponibilités que l’on a. Mais le dimanche à la FLB, c’est surpeuplé (et tant mieux hein..) on ne s’entend pas, les contacts sont surfaits voire factices. Mais voilà…

    • Edmée dit :

      Oui il faut circuler, le hic c’est que les bons salons sont loin de chez moi. Vrai que Le Coudrier se démène et qu’ils avaient fait un tabac, bien mérité d’ailleurs. Pour moi, je fais peu de salons, celui de Verviers qui était excellent semble mort, il y en a de petits sur Liège mais peu intéressants en général. Quand j’ai été à la FLB en tant que joyeuse signataire, je me suis « amusée », deux heures passent vite et j’ai eu quelques visites sympa, Alain Bustin, Le Petit Belge, une cousine que je n’avais plus vue depuis l’enfance… Et si CDL y prenait un stand, j’irais, mais sans en attendre grand chose 🙂

  6. Philirlande dit :

    J’y allais dans le temps mais comme tu dis, c’est l’ambiance surchauffée et très surfaite qui désolent
    Enfin, il nous reste encore l’une ou l’autre « librairie »où il était possible d’avoir un conseil ou un avis en connaissance de cause…
    Retour du soleil, lecture sur un banc en plein air

  7. ibonoco dit :

    Je ne connaissais pas du tout l’univers des foires aux livres ni celui des éditeurs. Pour un écrivain, tout cela me paraît un peu compliqué. Je comprends le commentaire de Dédé lorsqu’il parle des auteurs qui écrivent un livre par an.
    Donc, merci Edmée de m’avoir montré ces univers.

    • Edmée dit :

      Maintenant je dois rappeler qu’on dirait qu’en France les salons « marchent mieux » pour les auteurs mais je n’en sais rien personnellement. Et il y a quelques bons salons en Belgique aussi, ça dépend des formules et de l’organisation. Ici, c’est gigantesque : 17.500 mètres carrés. Trop c’est trop!

  8. SPL dit :

    J’imagine que s’y trouver en tant qu’autographeuse pour la première fois doit être exaltant – sauf si on fait le planton pendant quatre heures sans âme qui vive sur son stand…
    Le concept « rencontre et dédicace » chez le libraire local doit être plus vivant, plus riche. Je trouve que les quelques libraires qui restent n’en font pas assez.

    • Edmée dit :

      Le concept chez le libraire reste le meilleur à mon avis, en tout cas celui que j’aime, ou alors de petits salons locaux bien ciblés, celui de Verviers était super, je vendais toujours bien (et pas seulement moi, hein 🙂 )

  9. angedra dit :

    Je fréquentais, en tant que visiteuse, à une époque le salon du livre qui se tient ici, j’appréciais assez l’ambiance assez bon enfant qui y régnait et les rencontres avec les auteurs étaient agréables.
    Mais j’imagine bien que les grands salons ne doivent pas ressembler aux petits salons de province.
    Je comprends que tu préfères le contact plus direct lors des séances chez le libraire.

  10. anne7500 dit :

    J’arriiiiive !!! 😉

  11. Binh An dit :

    Je suis allé dans les salons et aussi chez les libraires, car le connaissais les auteurs, ce sont des amis. J’aime bien, car l’ambiance est sympathique. L’auteur est content de vendre, et nous sommes contents d’avoir sa signature. Tout va pour le plaisir.

    • Edmée dit :

      Les petits salons sont sympa, si bien organisés. Je trouve qu’une fois que ça devient trop grand, c’est pénible. J’ai fait des petits aussi, et en effet j’aime surtout rencontrer d’autres auteurs, ça construit des liens et on s’échange des impressions. Mais cette grande foire est disproportionnée, et finalement ça ne donne pas l’impression d’être culturel mais social, le tout Bruxelles y est, et il est bon d’y être vu même si de loin en courant 🙂 .

      Mais comme je l’ai dit, j’en ai fait partie une fois en tant qu’auteur et j’ai survécu et même aimé toucher ce lieu de mes pieds au moins une fois. Et j’y retournerai si conviée. Mais le plaisir reste pour les petits salons et les libraires, oui!

  12. Bonne analyse Edmée, c’est exactement cela. Trop grand, trop bruyant, trop chauffé. Et commercial à mourir. J’y retourne cette année pour le « prestige », mais je n’y vendrai rien. Le vrai plaisir, c’est d’écrire.

  13. bizak dit :

    On fait ou défait des écrivains, les médias, les salons, les éditeurs sont les vrais parrains qui se friquent. Pourvu qu’on lise la belle littérature, ce qui n’est pas toujours le cas. Les prix octroyés chaque année dépendent plus souvent de la carapace de l’éditeur que du talent de l’écrivain. J’en ai lus, des livres qui n’avaient rien à offrir et pourtant primés, et j’en ai lus d’autres moins primés sinon pas du tout, mais de vrais chefs-œuvres.
    J’admire ta modestie, chère Edmée.
    Belle soirée

    • Edmée dit :

      Les nombreux petits éditeurs sont honnêtes et les gros font de leur mieux pour les bouffer tous crus… C’est un fait! Et oui, j’ai de sérieux doutes aussi sur l’objectivité des prix, comme beaucoup de monde d’ailleurs 🙂 De plus, pour être primés, il faut s’être mis en compétition, ou l’éditeur a mis son poulain en compétition. Pour les petits auteurs, il s’agit souvent d’envoyer 5 exemplaires de leur ouvrage… un investissement quand on sait que certains organismes culturels par exemple déclarent (sous seing privé) que « quand ce sont des petits éditeurs, c’est classement vertical tout de suite » !

      Aussi rester et surtout être modeste est le secret. Ne rien attendre d’autre que le plaisir d’écrire et d’en avoir de bons retours et une poignée de fidèles lecteurs heureux de ce type de dialogue…

      Belle soirée aussi!

  14. celestine dit :

    Ta joie de vivre et ta gaité transparaissent dans toutes tes lignes…
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  15. alainx dit :

    Une seule fois dans ma vie je suis allé dans un salon du livre.… C’était à l’invitation de mon éditeur. J’en garde un super souvenir. C’est l’un des salons de province les plus importants au nord de Paris. Ce fut surtout l’ambiance du stand de l’éditeur qui fut particulièrement jouissif. Pas de pointure, pas de gens qui se prennent au sérieux. Mais on s’est super amusé et on a déjeuné comme des rois, repas offert par l’éditeur…
    Quant au public qui déambule dans les allées, ben… il déambule… parfois il s’arrête devant ton stand, regarde tes bouquins, négligemment, mais pas un mot pour toi ni un seul regard non plus. Et même si tu lui adresses la parole, il fait comme si tu n’existais pas. On se demande ce que certains font là… ah oui… ils viennent pour LA pointure vedette qui a eu les honneurs de la presse locale… ils l’apercevront de loin tant il y a foule. Il sera parti avant qu’ils aient pu faire signer LE livre. Car LA pointure ne s’attarde pas dans les salons de province.
    Je plains beaucoup l’auteur qui est tout seul à son petit stand qu’il a payé et qui s’ennuie à mourir !
    De ce fait je me suis dirigé vers quelques uns pour engager la conversation. Eh bien c’est bizarre, parfois la mayonnaise ne prend pas, l’auteur semblant dédaigner son lectorat potentiel. En revanche d’autres contacts furent très intéressants, même si je n’ai pas acheté leurs livres…

    • Edmée dit :

      C’est tout à fait ça! Entre auteurs, on s’amuse, ça oui, on parle et échange idées et mésaventures. Mais le chaland en effet est venu pour la grosse pointure, fait semblant parfois de loucher – de loin – sur nos livres et évite le regard comme si on allait l’ensorceler et ne pas le laisser partir sans acheter 😀 Le rapport est très méfiant! Les petits salons sont tellement plus vivants!

  16. Colo dit :

    Je crois que tu devrais aimer un peu plus les  » grands salons du livre » ici car ils sont en plein air. Le temps le permet au printemps, et chaque auteur a son stand, c’est agréable.
    De là à savoir s’ils vendent beaucoup, aucune idée. les livres pour enfant se vendent bien, je le sais.
    Merci pour ce texte si honnête, gai aussi.

    • Edmée dit :

      Oui ce serait bien plus sympa. Mais ceci est un évènement « culturel » de marketing, 17.500 mètres carrés, c’est vraiment trop. En général, seules les grandes pointures vendent bien aux salons mais il y a aussi le fun des surprises et des rencontres, ça compte autant que l’argent 🙂

  17. Serge Guérit dit :

    Merci Edmée!

  18. gazou dit :

    Les petits salons sont toujours très sympathiques, quant aux grands, j’en ai peu fréquenté mais comme on l’indique, c’est toujours un peu la foire

  19. Visiteuse dit :

    Je suis (du verbe suivre) une bloggeuse quinqua qui a écrit son premier roman (sur les problèmes existentiels de quinqua mais de façon drôle paraît-il).

    Cette bloggeuse disais-je, rencontre un franc succès et a enchaîné tout l’été et l’automne les interviews, les salons et les librairies pour les séances de dédicaces.
    Et puis dans l’un de ses billets, elle raconte qu’elle pouvait à peine savourer son succès car éditeur et lectrices n’avaient qu’une phrase à la bouche : « à quand votre second roman ? ».

    Pour faire baisser la pression, j’ai répondu que Donna Tarrt prenait 10 ans pour écrire un livre.
    Et puis que
    Pur objet de consommation, le livre est un produit comme un autre.
    Avec les 356 millions de livres achetés en France en 2017 pour un CA de 4 milliards d’euros, l’Edition se porte bien, l’Amazonie de la narration aussi.

    En conclusion, je lui ai conseillé de faire gaffe à certain lecteur (complice involontaire de l’éditeur) car comme un vampire drogué, il lui fallait toujours augmenter les doses et rapprocher les prises.
    Vampire parce qu’en en rencontrant « son » écrivain de chair et de sang, il vivait le phantasme secret de sucer sa substantifique moelle de l’imagination, du talent et pourquoi pas, se commettre en écrivant lui aussi.

    Cette bloggueuse a très mal pris ma réponse.
    Allez comprendre !?

    PS : Je ne vais jamais dans des salons, foires du livre ou autres car je suis ochlophobe.

    • Edmée dit :

      Les auteurs sont souvent à prendre avec des pincettes. Et des gants. Et il faut s’attendre à une gifle 🙂

      Je vois beaucoup de choses étranges, car j’adore observer. Les auteurs hommes ou femmes qui « ensorcèlent » leurs lecteurs, les rendent addicts, en leur faisant croire que eux, ils ont le secret de leur bonheur (des lecteurs). D’autres ont la solution pour la vie zen, équilibrée, bio, gaia, religieuse et tout et tout. Ils servent la même soupe tout le temps mais le titre change. D’autres écrivent un livre, et n’ont pas besoin de récidiver, ou alors sont déçus de ne pas être devenus une gloire overnight.

      Tout ça est très bizarre. Moi j’écris tout le temps, entre le blog et les livres. Mais heureusement, n’étant qu’un auteur inconnu, il n »y a aucune pression d’éditeur pour que je pédale. Et les rentrées de l’éditeur ne reposent pas en partie sur mon travail (ouf!).

      Je n’aime pas la foule non plus mais quand je vais là (ou autre salon de proportions plus agréables) c’est pour faire un coucou à des amis ou co-auteurs. Mais je ne saurais rester, je m’ennuie vite et en plus c’est la chasse aux photos 🙂 Et parfois on finit photographié près de quelqu’un de très embarassant à qui on n’a pas osé dire « mais vous rêvez, ou quoi? » 😀

  20. xoulec dit :

    Moi, c’est le mot « foire » qui me gène ! j’aime plutôt les fêtes du livre, où des auteures/auteurs sont invités ; dans une plus grande simplicité.

    • Edmée dit :

      Je trouve aussi que le mot foire est foireux 🙂 Mais bon, heureusement il existe les plus petits salons. Certains sont bien, d’autres inutiles mais s’accrochent, d’autres encore sont le jeu de marketting de l’un ou l’autre sponsors qui s’y retrouvent mais se servent des auteurs pour donner un cachet « culturel » à leur pub. Je n’y vais plus 🙂

  21. Florence dit :

    Mon ordi fonctionne très mal, je reviendrai quand ça ira mieux !
    Bisous !

  22. Tania dit :

    J’allais chaque année à la Foire du Livre de Bruxelles à la place Rogier, c’était beaucoup plus surchauffé qu’à Tour&Taxis où on respire mieux, quand il n’y a pas trop de monde ! L’entrée gratuite a pour but d’y attirer plus de jeunes, je pense que le but est atteint. S’y tenir comme auteur(e) pour dédicacer est évidemment une expérience très différente de celle des lecteurs à la découverte des nouveautés. Merci de partager cette expérience.
    Ma préférence va aux librairies, où je vais moins souvent depuis que je fréquente la bibliothèque près de chez moi. Depuis le déménagement et la réinstallation de mes rayonnages, j’achète moins de livres. Les passages en librairie sont d’autant plus festifs !

    • Edmée dit :

      Mon but n’était pas de critiquer car comme je l’ai dit, si on me demandait d’aller y signer à nouveau, j’irais, et de toute façon j’irai encore en visiteuse, mais en combinant l’aventure avec le repas entre amis. Mais je voulais surtout signaler qu’on se fait beaucoup d’illusions sur ce qu’il en est des auteurs inconnus, qui restent inconnus et font juste le nombre. Mais ça fait partie du jeu et on peut aimer si l’idée est de retrouver les autres qui font le nombre.

      Priorité aussi aux passages en librairie, c’est sans conteste!!!

  23. Je ne suis pas allé ce week-end à la Foire du Livre de Bruxelles pour deux raisons dont elle n’est pas responsable : 1° Il me reste encore suffisamment d’ouvrages en attente d’être lus. 2° J’avais envie de profiter du beau soleil. Personnellement, je suis plus positif que toi pour deux aspects dont tu ne parles pas. Aux séances de dédicaces, je préfère les débats/conférences d’environ une heure qui permettent parfois d’écouter des personnes intéressantes et d’ensuite les approcher (je me souviens il y a 2-3 ans qu’entendre parler la journaliste Christine Ockrent de la Russie pendant une heure fut très intéressant, mais elle était glaçante et froide ensuite en séance de dédicace). Cela permet aussi de rencontrer certaines personnes, d’échanger coordonnées, de mettre un visage sur un nom, etc. : même si ça n’aboutit à rien de concret, cela permet des contacts. Maintenant, pour les auteurs peu connus, je suis d’accord avec tes constats. Oui, oui, je me souviens bien de nos deux rencontres à la Foire du Livre de Bruxelles et de ta séance de dédicaces.

    A bientôt Edmée.

    • Edmée dit :

      Bien d’accord avec toi sur ce point mais… tu vois bien que personne n’écoute le débat conférence des inconnus, quand par miracle on le leur demande. Moi-même, l’année dernière je suis passée devant un stand où un inconnu parlait devant cinq personnes (son papa, sa maman, sa femme, sa soeur et son fils sans doute 😀 )… et je suis passée. Comme tout le monde. Ce que je veux dire c’est que les inconnus qui vont là, éditeurs ou auteurs, sont là pour faire le nombre et payer – très très cher! – la place, ce qui permet aux déjà connus de continuer sur la voie royale 🙂

      Mais il n’y a pas de rancoeur ou d’amertume dans mon propos, juste une remise en perspective 🙂 Et j’irai encore!

      A bientôt…

  24. PHILIPPE D dit :

    J’y vais très rarement. C’est trop trop : trop grand, trop de monde, trop de livres, trop chaud aussi? Ça, je ne m’en souviens pas ! Je suis quand même content de voir qu’elle attire beaucoup de visiteurs. Le livre n’est pas mort !

  25. malyloup dit :

    ça fait un moment que je voulais mettre un p’tit mot à la suite de cet article mais j’avais tant à en dire que j’ai passé outre jusqu’à aujourd’hui 😉
    et là, je viens de faire des recherches sur paul bouchet par rapport au livre dont tu m’as parlé…..j’ai trouvé la liste de ce qu’il a écrit: https://data.bnf.fr/fr/documents-by-rdt/12370140/70/page1
    et, ‘comme par hasard’, un de ses livres concerne la princesse de Vix, que je ‘connais’ bien puisque je vis à 50 km de cette princesse 🙂
    vraiment un grand merci, chère Edmée, pour m’avoir donné un lien qui me conduit bien au delà d’un ‘simple’ livre 🙂
    et pour en revenir aux salons du livre, j’ai fréquenté chaque année pendant 10 ans en tant que lectrice, le festival des imaginales à Épinal (https://www.imaginales.fr/) et j’y ai rencontré beaucoup de ‘petits’ auteurs (peu connus) et également des plus connus médiatiquement…..c’est un ‘petit’ salon mais qui draine beaucoup de public….un public ‘ciblé’ puisque festival à thème 🙂
    pour ma part, j’ai noué de jolies relations avec des auteurs à la fois connus ou pas
    à travers tes mots, j’ai reconnu ce que vivent les auteurs quand on passe devant eux en les ignorant (j’ai beaucoup observé pendant toutes ces années, beaucoup pris de photos, de vidéos aussi pendant les conférences ou autres)
    mais ce qui reste et restera toujours essentiel pour moi, c’est de faire ce que je fais d’ailleurs aussi ‘virtuellement’, c’est d’OSER l’échange car preuve en est par ce lien-livre-auteur que tu m’as laissé: on obtient des clés (pour soi) par l’échange 🙂
    je dis ‘oser’ car à la base il n’y a pas plus timide que moi mais pendant ces dix années (et quatre jours ou presque passés à chaque festival) j’ai énormément appris sur moi et pour moi à travers les auteurs rencontrés et leurs livres (y compris avec celles et ceux qui ne sont vraiment pas connus ou ont été oubliés….)
    des gros bisous, Edmée 😉

    • Edmée dit :

      Ah je suis plus que ravie de te toucher avec mon Paul Bouchet, et bien entendu, la princesse de Vix et Hu Gadarn ont fait également fait partie de ma vie… Paul Bouchet était l’archidruide des Gaules et des amis à moi l’ont contacté (et obtenu une aide) au sujet de réel emplacement d’Alesia. Nous étions donc un petit groupe très motivé autour de ces sujets particuliers…

      Oui, si tu as fréquenté ces petits et grands salons, tu sais de quoi je parle. Tu sais la démarche me semble tellement différente, c à d « miser sur une découverte qui sera peut-être une déception » ou « acheter le dernier opus dont on parle et qui sera peut-être aussi une déception ». Dans le premier cas, le lecteur ose l’inconnu, marche au feeling, à la sympathie, à la 4è de couverture. Il est prêt à payer un peu plus, le prix n’est pas son critère, mais le plaisir de lire quelque chose d’autre l’est. Et puis la rencontre est plus facile, l’auteur est une personne normale qui écrit.

      Il m’arrive aussi d’acheter parce que je trouve l’auteur sympathique et intéressant, je risque même des genres qui ne m’attirent pas au départ parce que je me dis « si untel ou unetelle a écrit ça, le/la connaissant, ça pourrait me plaire quand même ». On prend ainsi de petits risques et c’est grisant. Et pas « comme tout le monde »…

      Gros bisous aussi 🙂

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