Chance

Count your blessings, comme on dit.

J’adore cette injonction. Car faire l’inventaire de ses malheurs, c’est bien facile, qui n’en a pas ? Et je n’ai pas envie de faire le concours de la plus méritante et vaillante des reines de la résilience. C’est mon histoire, et je suis encore là pour y repenser quand c’est nécessaire, et me dire que ouf, c’est loin derrière et que même… ça me fait parfois rire. Mes propres mésaventures m’aident à comprendre les autres. Pas ceux qui ne sont qu’un long ululement lugubre de drames et souffrances, là je ne cherche surtout pas à comprendre. Mais les autres, les ceux qui encaissent, qui ont des successions d’années noires et se rétablissent dès qu’arrivent les éclaircies, peut-être un peu cabossés mais bien contents de retrouver le soleil ou même la pluie le matin.

Alors moi, ma grande chance (c’est ma chance, c’est ma chance, c’est ma très grande chance, air connu…), c’est d’être née dans une famille hétéroclite, avec un papa né ici, un grand-père né là, des ascendances hollandaises (oui je sais, ce n’est pas vraiment vraiment exotique mais bon… eux-mêmes provenaient de Hollandais partis à Batavia sur un immense voilier au 18è siècle pour « affaires », et c’est pas vraiment banal ! ), et d’autres grands-parents provenant de lignages plus sédentaires mais qu’on pouvait qualifier « d’originaux » pour la branche de ma grand-mère Edmée. Un mélange explosif. Et donc très vite j’ai appris quelques rudiments essentiels : partout où on va, les codes changent, et tout le monde a raison, ou au moins ses raisons !

Chez bon-papa Jules, on était vissés au même sol depuis des générations et on était gentils, bien élevés, on aimait bien boire et bien manger, la belle vaisselle et les élégants couverts, être bien habillés sans se faire remarquer. Chez bonne-mammy Edmée, on était vraiment très très sans façons, un peu trop pour le goût de Lovely Brunette, car entre nous on riait des sandales de moine franciscain de bonne-mammy, ainsi que de ses affreuses jupes rayées en coton. Elle était aussi très bien élevée et polie, mais impertinente et cédait trop vite « pour avoir la paix », ce qui lui a assuré une bien triste fin. Elle riait volontiers, était généreuse et farceuse. De ces deux grands-parents là, je pouvais voir en promenade ou sur des cartes postales et vieilles photos, les habitations qu’ils avaient occupées, eux petits, leurs parents, leurs grands-parents. Ça donnait l’impression que le monde avait été « à nous » avant notre naissance, morceaux par morceaux, l’un et puis l’autre. C’était amusant. Et ça reliait au passé.

Mes autres grands-parents, Albert et Suzanne, étaient morts avant que mes parents ne se rencontrent. Mais leurs deux maisons voisines existaient encore, et nous allions les voir en pélérinage… Elles n’appartenaient plus à la famille depuis « belle lurette » mais ça ne changeait rien. Et surtout, il y avait plein de photos d’eux ailleurs, très loin ailleurs, d’eux et les parents. Suzanne avec un agneau dans les bras, en Uruguay. Suzanne dans un parc public extraordinaire à Rio de Janeiro, ou sur l’ile de Madère, avec un chapeau cloche et tout le chic des années 20. La maison en Argentine, avec l’institutrice familiale sur le balcon, et on ne sait qui dans une belle calèche rutilante. L’oncle Adolphe que je trouve bien beau, et qui a connu une mort si bizarre que personne n’a jamais voulu dire ce qui s’était passé, là, en Argentine, mais le bruit courait, chuuuut chuuut, qu’il y avait une femme là-dessous et une histoire pas très catholique. Du côté de Suzanne, il y avait son grand-père venu de

Punta del Este, Uruguay

Punta del Este, Uruguay

Hollande avec je suppose de l’argent mais en tout cas l’esprit d’entreprise, avait acheté un moulin à tan dans le Namurois, et assuré la fortune de la famille. Mais en bon batave, sa descendance n’avait jamais ressemblé aux Kardashian, on avait certes de belles maisons et des voitures, et un train de vie cossu, mais… on n’était pas dans l’éblouissement des paillettes et diams. Et on avait un côté humain délicieux qui est toujours resté. Les « gens de maison » avaient leur place et importance et ne subissaient ni hauteur ni méchanceté. Mon arrière-grand-père a renvoyé sans hésiter son garde-chasse qui avait délibérément tiré sur le chien de famille, on aimait beaucoup les animaux aussi. Moins les garde-chasses. Et du côté d’Albert, eh bien en tant qu’acheteurs de laine, il leur fallait bien aller la chercher, la laine, et la trier, la choisir. Alors on partait là où se trouvaient les moutons les plus bouclés et généreux, comme tant d’autres, faire sa vie ou un morceau de vie en Argentine, Uruguay, Algérie ou Australie. On mourait parfois bien loin du cimetière familial, et les au-revoir étaient auréolés d’un espérons que ce n’est pas un adieu quand même, car la route était longue. Ainsi on apprenait à profiter des gens présents, les chérir, les regarder. J’ai compris que ceux qui partaient ne revenaient pas toujours. Et puis on écoutait leurs aventures, et on essayait d’imaginer ce qu’ils ne raconteraient pas. Et on avait des objets venus de partout, des disques de cire qui chantaient ay-ay-ay-ay chiquita !, des calebasses à maté, des carapaces de pangolins, des bijoux achetés au Brésil avec des ailes de papillons bleus, des chopes à bière venues d’Argentine, des boites du Kasaï, des cendriers en malachite… des tissus étranges, des recettes encore plus étranges, des tics de langage qui ressemblaient à des codes secrets. Papounet allait « choper » et pas manger. Il donnait un « matabiche » et pas un pourboire. Sa grand-mère avait été Mamita. Son grand-père Corta Viento, surnom qu’on lui avait donné à Buenos Ayres.

Vivre dans un patchwork de cultures et habitudes, c’est un privilège. Car on se débarrasse de ce carcan qu’est le jugement hâtif, le « ça ne se fait pas », « c’est pas comme ça que… ». Le monde est immense et fantastiquement varié. Et vivre dans plusieurs langues vous apprend la pudeur ou l’indécence de certaines expressions, des multiples manières que l’amour, les affaires, les problèmes ont pour s’exprimer. Ou pour se taire et se faire comprendre. Ça vous donne plusieurs chemins pour la pensée. Vous êtes riche à jamais et partout. Et surtout, vous êtes libres !

46 réflexions sur “Chance

  1. Savina dit :

    Chère Edmee, j’aime beaucoup ton article… Il m’envole dans Mes souvenirs, où moi aussi, je me rappelle d’anecdotes des générations précédentes, toutes plus croustillantes les unes que les autres. La variété des personnalités qui a jalonné notre vie, avant même notre naissance, est une richesse dont nous heritons…. Avec, comme tu le soulignes si bien, ceux qui traversent les tempêtes de la vie en se relevant. C’est à croire que l’humanité est immuable depuis la nuit des temps et que les combats finalement sont identiques : vivre en apprenant à être heureux.

    • Edmée dit :

      C’est bien ça, Savina… Le décor et les époques changent, mais le chemin reste le même. Et on choisit de faire une richesse des particularités de nos vies ou des les déclarer notre grand malheur.

  2. Je comprends Edmée que votre imagination ne tombe jamais en panne sèche … Dans votre ascendance, une multitude d’histoires de pays lointains, des routes et des sentes multiples, c’est merveilleux pour l’imaginaire d’une écrivaine…

    • Edmée dit :

      Je dois dire que c’est inépuisable et que j’ai une chance de plus encore : on a gardé pas mal de traces (sauf ce qui est passé sous la censure d’un parent trop strict, comme la fabuleuse vie de l’Oncle Adolphe…)

  3. ibonoco dit :

    Vous avez raison Edmée, avoir des origines diverses est un privilège. Se retrouver à la confluence de plusieurs cultures est une vraie richesse. Vos souvenirs, vos beaux souvenirs en sont la preuve.

  4. Dédé dit :

    Je n’ai jamais eu de carapace de pangolins dans mon salon ni dans celui de mes proches. :-))
    Par contre, j’avais un grand-père journaliste qui racontait toujours plein d’histoires quand on allait lui rendre visite. Et en un après-midi, on était transporté dans plein d’endroits magiques qui restent ancrés dans nos mémoires. Il n’est plus là mais sa personnalité et son talent de conteur sont restés légendaires dans la famille. Bises alpines très ensoleillées.

    • Edmée dit :

      Pour te dire la vérité, cette carapace nous dégoûtait et nous faisait de la peine pour le pauvre pangolin, qui était mort depuis très longtemps.

      Les récits de ces membres de la famille qui nous amènent l’aventure au salon sont un grand privilège, et ouvrent l’imagination!

      Bises brumeuses mais pas froides du tout 😀

  5. Séverine Baaziz dit :

    Magnifique billet ! Que j’envie cette mémoire qui me fait défaut, ce puit inépuisable d’histoires familiales et de richesses humaines ! Un prolongement de soi par les racines, comme une inversion du temps qui passe…
    BISES !

    • Edmée dit :

      Merci Séverine. Oui ça apporte bien des choses, notamment l’idée que le monde est vaste et mutliple, et qu’on en porte tous des parts… même si invisibles…

  6. angedra dit :

    Comme tu as raison, les vies d’ailleurs nous enrichissent et nous permettent de ne pas rester enfermé dans notre petit monde. Les difficultés, les entraves, les départs, tout cela nous donne plus de forces et nous font beaucoup plus apprécier notre vie.
    Très belle famille qui te donne tant de merveilleux souvenirs qui t’enrichissent encore !

  7. bizak dit :

    Ta richesse Edmée est incommensurable, c’est comme vivre pleinement sa vie dans le monde dans toute sa diversité et ses mélanges de culture. Il faut pour cela du temps, beaucoup de temps et de sagesse, de compréhension, d’adaptation, pour connaître un peu plus la cuisine humaine et dire, pour mimer d’Ormesson : « C’est une chose étrange à la fin que le monde ! »
    Belle journée

  8. charef dit :

    C’est dans la diversité que le monde évolue, pas autrement. Cette famille est l’image parfaite de gens qui ont choisi ou par la force des choses sont devenus des citoyens du monde. Ton texte est profond et répond à beaucoup de questions de l’heure. Merci Edmée.

    • Edmée dit :

      C’est vrai que je réalise que c’est tout à fait un exemple de réponse aux questions d’aujourd’hui. Ma mère me disait que « nous avions du sang arabe, et que c’était pour ça que nous avions la peau très blanche et les veines apparentes ». Je ne sais pas d’où elle sortait ça mais en même temps… comment ne pas avoir du sang arabe, hein? Et du côté de mon père, nous avions « du sang créole », je ne sais comment non plus. Ni si c’est vrai. Mais tout ce métissage me fascinait 🙂

      • charef dit :

        Il y a un village sur le littoral de ma ville natale en bord de mer où tous ses habitants sont blancs de peau, blonds,grands de taille avec des yeux bleus. Leurs ancêtres sont des Vikings qui ont échoués sur la côte et qui se sont installés. On retrouve aussi des traces de ce brassage de population qui a influencé l’oeuvre de Shakespeare notamment dans Othelo

      • Edmée dit :

        J’ai vu en effet des blonds et des roux aux peaux très claires dans le rif marocain. On parle aussi d’Alexandre de Grèce. On peut dire ce qu’on veut… on est un gros mélange, et prouve l’adaptation magnifique des peuplades qui ne cessent de migrer…

  9. gazou dit :

    Accueillir la différence (personnes, culture,langues) nous permet de trouver plus aisément le chemin de la liberté…Merci pour ce bel article

  10. celestine dit :

    Ta grande chance, Edmée, c’est ton caractère joyeux, ton sourire, ta résilience active et tournée vers l’espoir, et ta mnière iniitable de changer le plomb en or.
    Et c’est pour tout cela que je t’aime.
    ti bacio sorella !
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  11. SPL dit :

    Intégrer en soi les deux ou trois cultures qui nous viennent de nos parents peut être un tiraillement, surtout lorsqu’on est enfant. Quand j’étais à l’école primaire, ma meilleure amie était bretonne, de père breton et de mère bretonne de la même ville, probablement depuis la nuit des temps. C’était un bloc monolithique. Cette homogénéité absolue me fascinait. Pour moi, c’était un pur sujet d’ethnographie, une curiosité, une pièce de collection. De mon côté, c’était plus compliqué, le mélange restait européen (avec quelques ramifications plus exotiques) mais encore très conflictuel. L’alliage franco-slavo-germanique faisait du bruit en moi et j’avais du mal à faire converger sans heurts ces influences encore fortes dans ma seule petite personne. C’est venu beaucoup plus tard…

    • Edmée dit :

      Je suppose que plusieurs choses entrent en jeu aussi. Nous étions déjà « différents » parce que mes parents avaient divorcé et que ma mère, excommuniée par la bonté de sa Sainte Mère l’Eglise, n’allait donc plus à la messe (mais elle était celle qui avait subi le divorce! Et en était doublement punie..), et donc, différents pour différents, on en a fait notre atout. On ne voulait surtout pas ressembler « aux autres » qui nous rejetaient. Et donc ces bribes d’ici et de là, ça entrait en nous « comme dans du beurre »… 🙂

  12. Une famille comme celle-ci, c’est une chance, une véritable richesse ! Mais il y en a beaucoup d’autres, hélas ! où ce n’est vraiment pas le cas.
    Cette généalogie personnelle, fort bien écrite et documentée, me plaît beaucoup.

  13. Je viens de chez Chinou et une de ses amies et curieuse , je tombe sur votre Blog. j’aime tout ce que vous racontez , les souvenirs de famille : je suis devenue , étant l’ainée de notre génération à 72 ans seulement, celle qui a été la plus curieuse .
    Pourtant nos origines sont dans le même département et les familles étaient dans le même créneau professionnel.
    je tiens à jour l’arbre généalogique et les anecdotes collant à des
    parents , grands parents ou autres , souvent croustillantes apprises par ma mère et mes grand- mères
    Bien amicalement
    Nicole81occitanie

    • Edmée dit :

      Oh c’est magnifique, car moi aussi je suis l’archiviste désignée, à 70 ans :D… Je scanne, classe, recopie, mais quel bonheur que d’ainsi continuer l’histoire encore pour au moins une génération!

  14. Binh An dit :

    Quelle richesse. Magnifique billet. Qui me dit tant, plus que tu ne puisses soupçonner. Nos origines sont diverses, mais surtout nos propres vies sont des errances sans fin sous des guerres successives. Notre propre famille est dispersée sur plusieurs continents. Que dire des gens qui viennent chez nous pour tuer et mourir, sans trop comprendre pourquoi, mais qui laissent des traces indélébiles de toutes couleurs pour des générations et des générations, …
    Merci Edmée !

    • Edmée dit :

      C’est tellement vrai. Même ceux qui viennent pour tuer, sans amour aucun, laissent leur trace, qui se recycle un jour ou l’autre en amour malgré tout…

  15. Colo dit :

    Je reste surtout sur ton dernier paragraphe qui, forcément, me parle beaucoup. Il est tellement vrai qu’avoir la chance (la difficulté parfois aussi) de vivre dans plusieurs cultures, langues, donne des clés pour comprendre, accepter les autres, ceux de partout. Ils font autrement..que c’est intéressant!
    Bon dimanche, j’ai lu ton histoire avec un délicieux plaisir!

  16. Tania dit :

    Quel joyeux kaléidoscope que ce billet ! Merci, Edmée, de partager ces racines diverses et de les colorer avec tant d’enthousiasme.

    • Edmée dit :

      Pour moi, j’ai toujours trouvé ça … « amusant ». C’est bien sûr avec le temps que j’ai réalisé aussi que c’était un fameux atout…

  17. Florence dit :

    Chère Edmée, toujours des problèmes d’ordi, de connexions et même mon hébergeur de blog pose problèmes car je n’ai plus le lien pour pouvoir poster un article.
    Vais-je arrêter ? Possible…
    Je lirai ton article lorsque ça fonctionnera mieux !
    Gros bisous de Florence

  18. emma dit :

    quel bonheur d’être héritière de tant de richesse culturelle, et quel plaisir que tu saches si bien l’évoquer pour nous

  19. Xoulec dit :

    C’est donc ta chance !

    Sacré mélange ! Autant d’horizons variés et insolites à chaque échelon de génération… Le patchwork de culture est une richesse et permet de se projeter avec moins de craintes dans l’avenir, si crainte, il y a …!
    Ce billet fait écho à celui de Célestine « elle l’appelait conception », dans lequel j’ai utilisé cette « référence-là

  20. Écrirature dit :

    J’ai des origines françaises, italiennes, belges, espagnoles mais récemment on m’a pris pour un kabyle, mon père étant né en Algérie française et j’ai un teint mat sans que le soleil soit au firmament. Et toi où habites-tu désormais ?

    • Edmée dit :

      Retour à la case départ, la Belgique. Pas bien loin du hameau figurant sur la carte Ferraris et mentionnant un ru large comme un pipi de chat, dont le nom est devenu celui de la famille. Parce que les premiers du nom ont eu un moulin à eau actionné par le pipi de chat 😀

      Mon papa avait aussi le teint mat et il y a pas mal de traits asiatiques dans la famille proche, dont on ne sait la « honteuse » origine mais les soupçons se portent sur la trisaïeule partie à Batavia et peut-être revenue avec un souvenir 😀

  21. Nadezda dit :

    Tu as raison Edmée, avoir des origines diverses est une une chance qui donne la liberté. De plus tu as l’intelligence et le talent pour gérer tout cet héritage. La chance c’est aussi d’avoir des documents, photos, objets qui te permettent de nourrir ton imagination d’écrivaine. C’est important et excitant pour un être humain de remonter dans ses origines.
    Personnellement j’ai aussi des origines spéciales, peut-être un mélange juif-tzigane.
    Quand à Boris c’est fabuleux comme origine 🙂
    C’est dommage que la famille d’Artagnan soit éteinte, les descendants auraient des rêves pleins la tête 🙂
    Passe une belle soirée .

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