Hopper me le disait encore l’autre jour…

Edward Hopper

C’est à plus de trente ans que pour la première fois de ma vie je me suis retrouvée vraiment « seule ». J’avais quitté la maison familiale pour me marier. Même si sans le vouloir ni le savoir je m’étais retrouvée à la barre de l’intendance – les urgences plomberies, coups de fil à donner, factures à traiter, rendez-vous à prendre, lettres auxquelles répondre etc… – je ne me rendais pas compte de mon aptitude à gérer ma vie parce que je pouvais toujours m’illusionner du fait que nous étions deux pour faire face à ces péripéties ou éventuelles mésaventures à venir. Et que je m’en chargeais parce que lui…il faisait autre chose.

Quoi, je me le demande encore, sans amertume. Autres temps autres mariages.

Lui, il travaillait. Et devait se détendre à la maison. Moi je travaillais aussi mais voyons… je gagnais moins, j’étais une femme. Ca devait donc être moins fatigant. Moins important. Et les week-ends je me détendais merveilleusement en lavant-repassant-frottant et époussetant. Une joie sans pareille. Les délires ménagers qui faisaient pousser d’allègres trilles à Blanche-Neige et Cendrillon étaient enfin les miens. Et il était important que je me dépêche car il fallait aussi … s’amuser ! Enfin, s’amuser à deux car les vertiges du nettoyage m’avaient déjà grisée. J’allais donc, ô grande chanceuse, avoir un bonus : faire une promenade, aller chez des amis, voir un film… Etre une épouse dame de compagnie pour que monsieur ne se sente pas seul et délaissé après son repos bien mérité.

Je n’ai ni amertume ni jugement, c’était juste ainsi. Education incertaine entre une génération qui avait encore fonctionné avec les principes du marito padrone-padre padrone, et de celle de la pilule et cette étrange « liberté sexuelle » à laquelle bien peu comprenaient quelque chose et qui surtout ne nous avait pas apporté tant de libertés car c’était nouveau et livré sans mode d’emploi.

Trente ans donc et me voilà seule. Non sans mal. Je croyais que le mot échec cliquetait sur mon front en lettres de néon. Seule juste en dessous. Je suis allée chercher conseil à la maison des femmes. Elles offraient une aide juridique (qui m’a magnifiquement servi, je dois le souligner!) et parfois psychologique. Avec une abondante portion de féminisme au vitriol. Sans travail ni logis ni plus personne – à moins de vouloir « retourner chez ma mère » comme au bon vieux temps – je suis allée là comme on s’accroche à une bouée dans un océan trop flou pour qu’on voie au-delà des embruns. A la virago assise en face de moi qui me demandait de quel type d’aide j’avais besoin je me suis effondrée comme une baudruche qui se dégonfle bruyamment. En larmes j’ai résumé tous les épisodes précédents : je n’ai pas de travail, pas de maison et pas de mariiiiiiiiiii ! J’avais eu beau ne pas vraiment vouloir de mari, mon éducation ne me laissait pas imaginer une vie sans. Avoir un mari était pour une femme ce qu’avoir un bon métier était pour un homme. Une femme ne servait à rien sans mari, c’était une chose inutile qui allait occuper un précieux espace vie qu’elle ne méritait pas. J’étais orpheline de mon avenir. De mon rôle dans la société : la femme d’untel, la mère des petits machin-chose.

La virago m’a toisée sans bienveillance et a diagnostiqué « pas de mari, c’est le moins grave ! ». J’imagine qu’elle n’en avait pas non plus, au moins elle rendait un homme heureux car un couperet de guillottine ne devait pas être plus tranchant que son résumé glacial.

Dans les rues je ne voyais que les gens « pas seuls ». S’ils l’étaient, leur bonne mine affairée me criait que l’autre les attendait dans leur chez eux. Même ceux qui se disputaient me semblaient heureux parce qu’à deux. Tous les samedis je m’étais imposée d’aller au cinéma et jamais je n’ai vu autant de films d’amour idiots. A croire que je n’arrivais pas à toucher le fond de la commisération. Je pleurais beaucoup.

J’avais raison. Parce qu’en m’allongeant ainsi dans un lit de désespoir j’ai fini par sentir l’envie de me lever, comme Lazare qui devait être bien pressé lui aussi. Et de marcher. Je me souviens m’être achetée un saladier anglais décoré de gibier à plumes pour quand j’habiterais chez moi. Je le trouvais merveilleux, le symbole de mon nouveau moi. C’est avec impatience que j’attendais d’y servir ma première salade, mon premier couscous. A je ne savais qui.

J’allais au restaurant seule et commençais à adorer ça. J’émiettais mon petit pain lentement en regardant par la fenêtre et je me sentais tellement vivante. Libre. Avec des options. Des surprises dans le futur. J’ai eu à la fois un travail et un appartement grâce à l’aide d’une amie. L’appartement était vide ou presque. Mais j’avais peint les murs en blanc et les fenêtres en jaune, et c’était plein de fougères. De lumière. Je me faisais des amies, des amis… J’allais à la mer. Avec moi toute seule, ou avec mon amie Francine, la petite Francine… On en revenait avec les abdos brûlants tant on avait ri.

Je suis devenue moi. Pas la fille de, la femme de, la sœur de, la mère de. Juste moi. Cette solitude était en réalité une plénitude lentement gagnée. Une identité découverte.

La solitude seule était bien plus riche que la solitude-lassitude à deux que l’on sait immuable et létale.

Oui, durant les fêtes la solitude pesait plus lourd, c’est vrai. Mais moins lourd que celles passées dans la solitude à deux, dans une joie de vivre courageusement imitée pour ne pas gâcher l’humeur de l’autre.

Et je sais maintenant pourquoi j’aime tant les tableaux d’Edward Hopper, qui parlent de plénitude. Tout au moins, c’est ce que j’y écoute…

 

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38 réflexions sur “Hopper me le disait encore l’autre jour…

  1. Dédé dit :

    Coucou ma belle. Quelle leçon quand on te lit! Cela n’a pas du être facile, tu as beaucoup pleuré mais à force, on n’a plus envie d’avoir le bout du nez tout rouge. Alors on se mouche, on sèche ses yeux et on se lève. Je pense que nombre de femmes aujourd’hui peuvent écrire le même texte que toi alors que le féminisme (au vitriol) a pris un peu d’ampleur (je me suis aussi beaucoup mouché un temps…). Mais les schémas de la famille traditionnelle, de l’homme protecteur et de la femme qui ne peut s’accomplir qu’avec qqn à ses côtés ont encore la vie dure. Quelle belle leçon en lien avec ces femmes seules de Hopper. Bises alpines ma belle.

    • Edmée dit :

      Oui je pleurais « comme une Madeleine » 🙂 Et puis ça m’a nettoyé de bien des choses.

      Comme tu dis, les schémas ont la vie dure, et les hommes n’en sont pas les seuls responsables, pas plus que « la société ».

      Bien des femmes continuent de penser qu’avoir un mari les déresponsabilisera de bien des choses (en quoi souvent elles se font des illusions, car tous les hommes ne sont pas Mr Brico, Mr Clean et Zorro-la-tendresse à la fois!). D’autre part vivre seul est plus compliqué que vivre à deux sous certains aspects, revient plus cher etc… et donc les mille et un trucs pour se marier sont toujours en vigueur, même si on prétend le contraire 🙂

      Mais je vis seule, j’ai vécu accompagnée, et dans les deux situations on peut trouver son confort (et les zones d’ombre 🙂 )

  2. Belle leçon de vie ! Avec Hopper, on est spectateur, on est toujours, hors champ, et distancié. Cependant, on ignore les pensées de personne solitaire. Nous admirons la scène, sans participer au désarroi de la solitaire !

    • Edmée dit :

      Personnellement je ne vois pas de désarroi, juste peut-être une certaine perplexité… Etre seul(e) s’accepte, s’affronte, et peut aussi apporter de surprenantes joies. La liberté aussi. Des sommeils sereins, sans la respiration d’un être hostile ou boudeur juste à côté… 😀

  3. SBP dit :

    Tu décris si bien cet état de délivrance, de liberté recouvrée. Comme si on retrouvait enfin le bon chemin après s’être trompée de vie. Tout devient léger, évident, source d’épanouissement. On réintègre ce que l’on est au plus profond de soi, malgré les difficultés matérielles et les mille choses à régler. C’est une joie très particulière où tout prend de la saveur.

  4. La jeune fille sur le tableau est bien seule. Je parlais d’elle. Dans la vie, il faut sans doute mieux être seul que mal accompagné ! 🙂

    • Edmée dit :

      Oui tu as raison, elle est seule comme bien des personnages de Hopper mais moi je ne les ressens pas comme exprimant une solitude triste mais pensive, parfois enfin éveillée 🙂

  5. Adrienne dit :

    c’est tellement reconnaissable 😉

  6. Carine-laure Desguin dit :

    Belle leçon de résilience. On touche le fond et puis on redémarre.

    • Edmée dit :

      On doit accepter de toucher le fond, je pense, et sentir le chagrin, la peur et tout le cortège, sans quoi on est tout simplement « unaware » et ça ne compte pas 🙂

  7. Oui, la solitude apprend à devenir soi-même. Mais j’avais déjà l’expérience d’enfant unique.. Très bel article. J’ai connu aussi ces heures d’après divorce comme vous, très jeune : 23 ans. Cela vous forge un caractère …

    • Edmée dit :

      C’est un écolage brutal, mais après ça, on sait qu’on peut. On sait qu’on peut être seule et bien. On choisit, par la suite, au lieu de courir à l’abri…

  8. charef dit :

    Les femmes aujourd’hui sont plus libres et plus indépendantes . Elles ne dépendent plus matériellement et financièrement de l’homme et de leurs familles. Mais la religion est là présente à tous les coins de rue pour leur rappeler leur condition de femme mineure. Je parle de mon pays. J’ai lu cette histoire comme un conte qui se termine bien. Bon vendredi Edmée. Amitiés.

    • Edmée dit :

      Merci Charef. Le jugement reste ici aussi, même si beaucoup le nient parce qu’ils se regroupent entre semblables pour éviter le jugement. Mais je peux te dire qu’une femme seule, divorcée ou veuve, ou simplement libre, n’est pas invitée partout (on garde les maris à l’oeil 🙂 ) et que donc sa vie ne devient pas facile pour autant… Mais la liberté a son prix, comme le dit un proverbe de je ne sais où : prenez tout ce que vous voulez dans la vie, mais payez-le! 🙂

  9. Colo dit :

    Tu racontes si bien qu’après beaucoup de pleurs et d’efforts (car on n’est pas préparé(e)s pour ça), la découverte que sur la solitude souffle un vent fort de liberté est puissante.
    Bon week-end!

    • Edmée dit :

      J’en étais grisée moi-même. Et je trouve que désormais j’offre à l’homme que j’aime l’amour d’une femme qui pourrait très bien aller de l’avant sans lui, mais ne le souhaite pas.
      Bon week end aussi!

  10. emma dit :

    ah, les maris sont aussi des victimes, formatés par la tradition, et… leur mère. Ce n’est pas l’amour qui est un étouffoir, mais la conjugalité, l’obligation de cohabiter et de fonctionner en mode compromis à chaque instant, pour l’un comme pour l’autre. Ah, la liberté retrouvée, même s’il faut la payer par la mélancolique solitude, quelle renaissance, comme tu dis bien ces choses !
    Je m’arrête à ta phrase « Dans les rues je ne voyais que les gens « pas seuls », comme c’est juste ! curieux comme nous sommes sélectifs dans notre attention, sommes nous soudain condamnés à béquiller, ou bien enceintes , voilà que nous ne voyons plus dans la rue qu’une foule de béquilleurs, ou de femmes enceintes…

    • Edmée dit :

      Bien sûr les maris sont les mêmes victimes que les épouses. « Quand te caseras-tu enfin? ». On les prie de se ranger. Je pense que s’il y a vraiment amour, il y a gaité et enthousiasme, et ça peut être un beau et long voyage. Mais quand il y a juste… mariage, vive la liberté retrouvée et la possibilité de, peut-être, avoir l’amour un jour dans sa vie.
      Et oui… comme la vie des autres nous semble enviable quand on est misérable 🙂

  11. grandlangue dit :

    Votre texte est sublime, il colle tellement aux impressions que Hopper produit.

    J’apprécie particulièrement cette phrase:

    « La solitude seule était bien plus riche que la solitude-lassitude à deux que l’on sait immuable et létale. »

    Lorsqu’une séparation se produit en bas âge, le danger c’est de retomber dans le même moule. La leçon est rarement apprise.

    La situation de la femme, de façon générale, est loin d’être « équivalente » (certainement pas égale) à celle de l’homme. Même si la femme travaille et qu’elle gagne un salaire décent (trop rare), elle reste par défaut responsable de plein de choses qui rendent sa vie injuste. Vous l’exprimez si bien dans votre texte.

    Ce que vous ne dites pas c’est que les hommes ignorent le bien-être et le plaisir dont ils peuvent bénéficier en ayant une épouse épanouie, jouissant du même temps de liberté que lui-même, participant comme lui, à des activités autres que les tâches ménagères.

    Même conscients de cela, hommes et femmes sont susceptibles d’oublier l’essentiel car la société distribue les rôles de chacun, des rôles joués depuis trop longtemps pour qu’on change cela facilement. Nous avons encore du chemin à faire.

    Vivre chacun dans son logis m’apparais être une bonne façon de vivre à deux sans que l’un ou l’autre ne s’efface. Cela vaut bien sûr, pour des couples sans enfant.

    • Edmée dit :

      Merci pour le « sublime » 🙂

      C’est vrai que les hommes sont rarement amenés à comprendre qu’ils ont tout à gagner eux aussi dans une répartition « à la carte du couple » des charges et loisirs. Ils ont encore trop souvent cette impression d’être un « catch » whatever, puisque la chasse au mari n’a jamais vraiment cessé. J’ai entendu des hommes s’étonner « mais enfin, qu’est-ce qu’elle veut de plus? Je l’ai épousée! ». Du coup, en effet, que restait-il comme rêves les plus fous et audacieux…

      Et n’oublions quand même pas les femmes-ennemies-des-femmes, celles qui trouvent que puisqu’elles l’ont supporté, elles, la belle-fille se prend pour une princesse de vouloir plus. Elles confortent leur fils-roi qu’il a bien raison de ne pas se laisser marcher sur les pieds 😀

      Chacun sa technique de survie à deux, il n’y en a pas une qui soit idéale sans doute, et le secret doit reposer en grande partie sur l’intelligence et l’amour des deux partenaires…

  12. Comme dit le proverbe, mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e)… Bon week-end Edmée.

    • Edmée dit :

      C’est vrai, mais finalement chacun choisit ce qu’il veut supporter : une vie qui se traine mais semble rassurante ou le risque de la solitude assortie de la liberté et de la possibilité pour d’autres options…

      Bon week end à toi aussi Petit Belge!

  13. Xoulec dit :

    C’est assez bizarre cette aptitude à voir les gens à deux, lorsqu’on est seul(e) et qu’on en souffre ! Quand on s’en moque et que l’on est bien, on ne fait plus attention.

    « Le mariage c’est résoudre à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eus tout seul. », Sacha Guitry.

    Cette chanson me semble appropriée pour illustrer ton texte.

    • Edmée dit :

      Il m’a fallu longtemps pour accepter ma solitude et surtout m’y trouver bien.

      Mais je ne dis pas que la vie de couple n’est pas faite pour moi, ou plus faite pour moi, tout comme les enfants (qui ne le sont plus, Sainte Elisabeth a fait un exploit que je ne compte pas égaler 🙂 ) etc. Ni que c’est, au contraire, ce qui m’aurait rendue heureuse.

      Se dire qu’on est bien mieux comme ça parce qu’on ne voudrait (ou supporterait) rien d’autre est une sorte d’illusion, de souffrance muette. On est bien parce que c’est ce qui nous échoit et qu’il faut y trouver son angle pour y vivre avec plaisir, sans fermer de portes à double tour ni les tenir entrouvertes en guettant autre chose…

      Je vois beaucoup la souffrance des filles seules (merci pour cette chanson!) chez les 30-40 ans, cette joie exagérément affichée, l’indépendance dont on ne sait trop que faire. Mais il y a la vie et il y a la personnalité : on pourrait (et on a dû le faire…) écrire pas mal de chansons sur les femmes « accompagnées » qui étouffent d’être devenues uniquement la femme de, la mère de, la soeur de, et qui n’existent plus…

      Ceci dit, je ne voudrais pas revivre cette terrible période 😀

      Merci pour ton avis!

  14. Nicole Giroud dit :

    C’est vraiment un très beau texte, plein de pudeur malgré le sujet.
    Je ne connais pas cette solitude à deux, ayant connu à vingt ans l’homme dont je suis de plus en plus amoureuse au fil des années. Mais je la connais par ma fille interposée, qui a choisi de se séparer et vit sa solitude en femme libre, un peu inquiète de se trouver si bien avec elle-même.
    Le problème de l’attitude dans le mariage des conjoints respectifs n’est pas seulement une question de génération, et les jeunes femmes connaissent d’autres soucis, comme celui de mieux « réussir » au niveau professionnel que celui qui partage leur vie. Ce qui donne à celui-ci toutes les raisons de rester à la maison… mais sans les tâches ménagères.
    Autres solitudes, mais toujours l’admirable restitution de Hopper, de ce désenchantement que l’on espère passager.

    • Edmée dit :

      Merci NIcole pour ton témoignage (interposé), c’est vrai qu’un mari qui se sent moins au top que sa femme peut en prendre ombrage, et « compenser » de plusieurs maniières… dérangeantes!

  15. Célestine dit :

    J’ai attendu plus longtemps que toi, mais finalement j’y suis arrivée.
    Et je goûte la plénitude de ma sérénité chaque jour !
    Tu ne sauras jamais combien ton exemple m’a servi durant ma longue quête…
    baci sorella
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    • Edmée dit :

      Au fond tu sais, on n’attend que de se sentir prête, quand on n’est pas jetée là-dedans sans sommations, ce qui avait été ma situation à cette époque. A contre-coeur j’avais pris les devants d’une séparation vers laquelle j’étais poussée avec insistance 🙂 Mais … ça m’a finalement sauvée!

      Baci sorellita et qu’il est bon de savoir que désormais, quoi qu’il arrive, on sera libres…

  16. La Baladine dit :

    Je sais pourquoi j’aime tant, depuis toujours, les tableaux de Hopper!
    Mon parcours est quasi inverse au tien. J’ai commencé par vivre seule, parce que je le souhaitais, et aimais ça. Ça n’empêchait pas les rencontres, mais j’imposais farouchement un « chacun chez soi » qui ne souffrait aucune exception. Et ce jusque passé 30 ans 😉
    Tu décris formidablement bien ce sentiment irremplaçable de se savoir entière indépendamment de qui que ce soit, et comme l’amour et la vie partagée devient un choix librement consenti, pas une dépendance ou une servitude.
    Je vois tant de jeunes femmes encore aujourd’hui qui attendent d’être « réparées » par l’autre!
    Quand on a compris qu’on est sa propre force, tout s’éclaire!
    Merci pour ce magnifique récit.
    ♥♥♥

  17. PHILIPPE D dit :

    Vaut mieux être seul avec soi que seul à deux, c’est certain !
    Certains détestent la solitude, d’autres l’aiment car elle est synonyme de liberté. C’est selon…
    Bon weekend.

    • Edmée dit :

      Oui… Parfois on a du mal à vivre seul si on a toujours été entourés. On peut alors parfois accepter nimporte quelle compagnie ou presque, mais peut-être alors est on prêt à plus de concessions pour résister…

      Bon week end à toi aussi!

  18. Françoise dit :

    Je pense que l’important, que l’on soit seule ou que l’on vive en couple, est de se sentir libre et non dépendante de qui que ce soit. Etre en couple ne veut pas dire être en attente de l’autre, c’est vivre chacun sa vie et partager. Ce n’est pas se faire passer après pour que l’autre soit heureux, c’est être heureux ensemble.
    J’aime beaucoup ton texte, Edmée, il est très intéressant. Merci.
    Belle semaine à toi, bises.

    • Edmée dit :

      Tu as raison, la vie de couple devrait respecter l’espace de chacun mais les vieux schémas ont la vie dure, et puis aussi le mariage change parfois les gens, car convaincus « qu’elle/il ne s’en ira pas » ils perdent l’écoute de l’autre qu’ils avaient. Le jeu de domination sous couvert d’arguments logiques et raisonnables entre en place…

      Merci pour ton avis!

  19. gazou dit :

    Moi aussi j’aime bien ton texte…Je n’ai pas connu la vie « seule » et cela m’a manqué…Jeune, j’étais très dépendante des autres et je me suis libérée peu à peu…Je partage tout à fait les opinions de Françoise….Merci pour tous tes textes qui donnent à réfléchir

    • Edmée dit :

      Moi comme tu le vois je n’ai été seule qu’à trente ans, ce fut un apprentissage et une « relecture » de mes positions. Je suis, à cette époque, restée seule pendant sept ans, le temps de guérir. Je suis à nouveau seule depuis 9 ans. Mais je ne me sens ni seule ni abandonnée, ni laissée pour compte, ni à plaindre 🙂

      Merci pour ton commentaire très gentil!

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