The Turning Point

L’instant qui libère ce quelque chose qui va nous compléter, mettre la touche finale…

Dans la belle et récente interview de notre Reine Paola de Belgique, elle dit une petite chose si simple et par conséquent, bien grande : quand on accepte ce qu’on doit faire, on devient libre. 

On résiste souvent à des choses, on est fidèles à des « principes » par habitude ou fausse conviction. On ne veut pas se marier, vivre en couple, vivre seul, avoir un travail fixe, des enfants, vivre dans un autre pays, se plier à d’autres disciplines (ou des disciplines tout court…). On ne pense vraiment. Qu’on n’est pas « faits » pour ça. On sait que ça n’est pas nous…

Et puis il y a le déclic qu’on n’a pas vu venir. 

On rencontre quelqu’un que l’on a du plaisir à aimer ; on entre dans un groupe aux pensées neuves pour nous, et à notre surprise on s’y sent bercé et heureux ; on a un enfant (celui qu’on ne voulait surtout pas avoir car on n’était pas taillé pour ça…) et une chaudière d’amour s’allume et on y jette tous les encombrants mentaux parasites ; une personne aimée meurt et le déséquilibre provoqué par sa perte nous fait nous appuyer là où nous n’avons jamais vu autre chose que de l’inutile… ; on est un jour fouetté à en perdre le souffle par la certitude que la personne qui nous met mille fois à l’épreuve de notre amour pour elle n’en éprouve aucun, et envisager de vivre sans elle devient la lueur dans la nuit au lieu de la nuit éternelle… ; on « rencontre » une occupation professionnelle qui nous étonne : c’est tout à fait ce qui nous convient.

Alors on accepte ce qu’on doit faire, et on est libre. On jette du lest et on déploie les ailes. On a touché le ciel du doigt, et on n’en oubliera jamais la bénédiction….

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27 réflexions sur “The Turning Point

  1. Philippe de Potesta dit :

    Magnifique, Patricia ! Tu écris si bien les sentiments et la vie ! Bonne semaine à toi. Bisous

    Philippe de Potesta

  2. loisobleu dit :

    Sans cette faculté d’adaptation rien de possible ne peut convenir à son besoin de beauté
    La beauté n’existe que grâce à ce que l’on ajoute de soi dans le plat qu’on vous sert…
    Bonne journée et merci pour ce texte.
    Alain

  3. Carine-laure Desguin dit :

    Nous sommes bercés chaque jour par des énergies différentes et nous ne sommes pas les mêmes personnes à vingt ans à trente ans etc, Changer d’opinion, d’avis est qqc de normal, voire intelligent.

  4. Françoise dit :

    Bien sûr, c’est cela la vie, rien n’est figé ! 🙂
    Bonne semaine, Edmée. Bises du soir.

  5. Colo dit :

    Mais quel beau texte !
    Bien sûr accepter, s’adapter, chercher le plaisir et la liberté …et la beauté surgit!
    Merci.

  6. AlainX dit :

    Je compléterais ou transformerais légèrement la maxime royale : « Quand on accepte le réel tel qu’il se présente, on se donne le moyen de devenir libre. »
    Peut-être parce que « le réel » est aussi largement capable d’être bénéfique plutôt que néfaste. On confond parfois avec les épreuves qui elle serait la réalité, et le bonheur d’exister du rêve…
    Erreur trop répandue !

    • Edmée dit :

      Oui, c’est vrai, le réel est unique pour chacun, et comme tu le dis, il s’y trouve aussi un aspect bénéfique, qui libère!

  7. celestine dit :

    Magistral, chère Edmée.
    Tu n’as rien perdu de ce pouvoir d’écriture qui trace les simples choses comme des arabesques : élégamment et avec une grande précision.
    Envoyer valser les croyances limitantes, et se découvrir taillé-e-s pour l’inconnu. Voilà qui booste une vie !
    Nous en avons chacune fait l’expérience.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  8. Dédé dit :

    Coucou. Dans mon travail, je rencontre un tas de personnes qui se mettent elles-mêmes des barrières, notamment au niveau professionnel. « ah mais non, je n’oserai jamais faire ce métier, je n’ose pas postuler, ce n’est pas fait pour moi ». Je leur dis invariablement ceci: « arrêtez de vous mettre des barrières, croyez en vous ». Cela rejoint ce que tu écris si finement ici. Bises alpines.

    • Edmée dit :

      Oui, c’est fou comme on se sent en sécurité avec ce mur de « je ne saurais pas, ce n’est pas pour moi »… et puis un jour (trop tard souvent) on regrette de ne rien avoir osé… Comme tu dis, on n’a pas cru en soi!

      Bises liégeoises!

  9. Xoulec dit :

    Lorsque l’on perd une personne aimée, on ne s’appuie pas forcément sur de l’inutile, mais plutôt sur ce qui nous semblait être de « l’inutile » , des trucs insignifiants, n’importe quoi qui nous permette de ne pas perdre pied. On s’aperçoit, après coup, que tout cet insignifiant , ou considéré comme tel, est, en quelque sorte notre fondation. Et sans fondation, pas d’édifice.

    • Edmée dit :

      C’est tout à fait ça. Ca semblait inutile, or on a fait trésor de ces souvenirs « sans importance » qui deviennent tellement éclairants avec l’absence – qui fait voir ce qu’on ne voyait pas!

  10. angedra dit :

    C’est exactement ce que je ressens. Je suis faite de toutes ces émotions, rencontres, vies différentes, des absents et des présents…
    Je sais que je suis celle que je suis grâce à tous les souvenirs qui se sont formés en moi au cours de ma vie et qui forment la base de ma vie. Bons ou mauvais, à moi d’en définir les limites.

    • Edmée dit :

      Oui, je sais que toi aussi tu es comme ça, tu acceptes les tournants et les nouveaux paysages de vie… Et puis on essaie de faire le mieux de toute chose !

    • Edmée dit :

      J’essaie de commenter chez toi… sans succès, service « unavailable »… Désolée. J’ai aimé les trousses, les violettes et les magnolias ❤

  11. Martine dit :

    Bonjour Edmée,

    C’est tellement vrai ce que tu dis. Il y a des choses que je ne voulais pas pour x raisons. Et puis, certaines sont arrivées et j’en ai été ravie. Parfois j’ai ressenti ce sentiment de liberté que tu décris.
    Bon dimanche à toi Edmée
    😉

    • Edmée dit :

      On s’élève des murs sans le savoir. Les premiers, souvent, tombent d’eux-mêmes et derrière eux, à notre grande surprise, il y a un jardin. Ensuite, on arrive très bien à faire le tour de la muraille (toujours moins haute et plus reculée…) avec une simple parole magique : « Muraille, ouvre-toi » ici et là. Bon dimanche aussi Martine 🙂

  12. passtelle dit :

    Que c’est beau ce que tu écris. ♥
    Je suis particulièrement touchée par ta chaudière à cause de ma fille qui ne voulait pas d’enfant, et puis ce que tu dis du déséquilibre provoqué par la perte et « l’inutile ». Avant la mort de ma mère, je rangeais plus ou moins la généalogie dans cette catégorie, et là je m’y suis plongée sans trop savoir pourquoi, je me sentais comme « poussée » à le faire. C’était donc pour rétablir un équilibre que je n’ai pas trouvé depuis un an. Oui, c’est tout à fait probable. Merci.

    • Edmée dit :

      Oh ciel, moi aussi, la généalogie m’a semblé tout à coup indispensable… Comme si je devais laisser la trace des miens, et puis aussi dire aux autres que mes parents ont vraiment existé, on été jeunes, beaux, imparfaits et merveilleux… Je te comprends si bien. Mon billet m’a d’ailleurs été inspiré par une amie dont la fille vient d’avoir un bébé et dont on se disait donc… qui sait si elle sera plus raisonnable une fois maman? Et moi j’étais confiante, c’est le Turning point pour cette jeune maman… Merci à toi pour ton témoignage qui m’enthousiasme!

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