Ne regardez pas le renard qui passe, regardez seulement quand il est passé

Je ne comprends pas où réside le problème d’une femme qui allaite en public. Cela se fait discrètement, et si ça émoustille quelqu’un, c’est ce quelqu’un qui doit aller s’asseoir dans le coin sur un seau de glaçons, avec un bonnet d’âne, et ensuite écrire 100 fois quelque chose ne tourne pas rond chez moi. Et même : quelques choses !

En Suède – et ailleurs! -, les gens sont parfois nus sur les plages, mais ils ne se regardent pas. Ce n’est pas parce qu’ils sont nus qu’ils sont exposés, c’est le regard qui s’égare qui est incorrect et les 100 lignes restent d’application. Le seau de glaçons aussi, plus que jamais…

Est-ce que nous, les femmes, nous fixons d’un air égrillard l’homme qui se soulage contre un arbre ou dans les toilettes des hommes dont on s’approche en allant à celles des dames ? Est-ce qu’on a déclaré que le pipi le long de l’autoroute était un acte provocateur, alléchant, une tentation effroyable pour toute femme ? Qu’on avait besoin d’un calmant après toute cette stimulation déloyale de nos sens?

Je me souviens que petite d’ailleurs bien des toilettes de lieux publics exigeaient des pauvres femmes et petites filles de passer derrière un ou deux messieurs occupés à leur besogne libératoire. En plus du fumet inimitable. Et on était souvent deux, car c’était encore le temps rustique des portes qui n’avaient plus de clés. L’amie venait monter la garde, « surveiller la porte » et pas inspecter les pénis, qu’on se le dise.

À croire que tout ce qui est visible est exposé et offert aux délires sexuels de certains. Ce sont ces certains qu’il faut soigner, pas ceux qui font un geste naturel. Ah il est vrai que parce qu’Adam a cédé à Eve et croqué dans cette fichue pomme, nous sommes condamnés à « couvrir notre nudité ». Le péché de chair habite désormais tous coups d’oeil. Il est sorti de la Reinette du Canada ou de la Red Delicious et nous a tous infectés. Le paradis n’est plus notre jardin et nous sommes lancés dans le monde sous le regard des censeurs, pervers, cinglés, dictateurs, moralisateurs, bondieuseurs en tous genres. Mais le bon sens, il est passé où ? Une femme qui allaite n’a rien d’une pool-dancer, si ? Sur son mamelon il n’y a que la bouche d’un nourrisson qui croit encore que le monde est calme et bonté, et pas une étoile de strass… Et les paupières baissées sur l’enfant ne se relèvent pas en papillonnant avec des cils de 15 cm vers cette créature de rêve : l’homme, l’homme qui passe et se met à transpirer.

Qu’on l’asseye dans son seau de glaçons et qu’on lui donne deux baffes (à l’homme), il apprendra vite à rester calme…

Le puritanisme se sert des anomalies humaines pour nous dire que nous sommes inconscients de laisser nos enfants jouer les fesses nues sur la plage, que se soulager exceptionnellement contre un arbre est une exhibition scandaleuse, l’allaitement un appel de phares manifeste. Pour une poignée de malades qui de toute façon s’excitent à la vue d’un oursin dans l’eau, d’une plante carnivore, d’un feu clignotant, et perdent la raison au rayon lingerie… on devrait tous vivre dans la peur d’avoir encore allumé quelqu’un et se dire qu’on ne l’a pas volé si quelque chose nous arrive… Nous avons encore été chercher des ennuis, c’est bien clair !

Mais qu’on les refroidisse tous avec un bon jet d’eau au karcher, et qu’on nous laisse, nous, vivre en paix.

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Et je décrivais l’amouuuuur au lieu de suivre le cours…

J’avais 15 ans, ou presque 15 ans. Et ma meilleure amie Bernadette aussi. On n’avait pas encore de garçons dans nos vies mais des romances irréalisables plein la tête. On ne songeait d’ailleurs pas à les réaliser un jour, car leur beauté première était de ne pas tenir debout.

Et donc nous écrivions des romans même pas à l’eau de rose, mais carrément à la glycérine, écœurants de sucre et un tantinet explosifs parce que nous glissions un crime par ci, un héritage par là, et bien entendu le fringant détective ou frère cadet du méchant marquis s’éprenant d’une héroïne mi-bêlante (il fallait bien qu’on la sauve et la calme et la réconforte et la prenne dans des bras musclés) mi-amazone (quand aucun prétendant n’était dans les parages, l’héroïne était d’une témérité hallucinante, elle aurait affronté Terminator avec un canif ou gravi l’Anapurna en chaussures de tennis…).

Assises sur nos bancs d’école, en hideux tablier et petites chaussettes, nous profitions de la moindre inattention du prof pour lire nos œuvres mutuelles et nous en complimenter sans retenue. Nous étions des écrivaines, rien de moins !

Et quoi de mieux pour nous distraire des cours ennuyeux qui se succédaient ?

Les recettes de cuisine de Mademoiselle Sheffen (« du thym, du lauuuurier, de la marjolaiiiiine »), l’économie domestique et le calcul des calories ainsi que du budget de Mademoiselle Renard, les problèmes de trains et robinets de Monsieur Deschamps, le cours de je ne sais plus quoi de « Doudou » que nous trouvions moche… tout était bon pour une discrète évasion dans un monde plus merveilleux.

C’est ainsi que j’ai utilisé toutes les pages de gauche de mon cahier de brouillon pour une BD personnelle, dont je ne sais plus si elle avait un titre, mais Bernadette et moi en étions les femmes fatales. Les jeunes filles fatales, plus correctement. Partant quand même d’un élément légèrement véridique (la menace parentale de nous mettre en pension si nous ne réussissions pas cette année – et vous remarquerez qu’entre pension et prison il y a peu), l’aventure commençait alors que Bernadette et moi étions donc envoyées en pension.

Ça devait être prémonitoire car nous avons échoué toute les deux, et en tout cas moi, je suis allée en pension, je pense que Bernadette a bénéficié d’une remise de peine…

Dans mon roman illustré, nous nous retrouvions en pension dans un manoir sinistre, hérissé de tourelles étroites et de gargouilles, au sommet d’une falaise où il y avait de l’orage et de la tempête en permanence.

Un directrice au menton hérissé de poils durs nous y accueillait raidement, et nous envoyait enfiler nos uniformes. Ils étaient hideux, et les pauvres pensionnaires déjà présentes en étaient les porte-hardes. Mais je dois avouer que même en robe de Cendrillon au bal elles n’auraient eu aucune chance : il y avait les plates aux lunettes et boutons, les grosses aux moustaches et jambes velues, les « normales » si on excluait des dents d’âne et des oreilles décollées, et deux yeux de caméléon, un à gauche et l’autre droit devant. Le sein passé sous la ceinture évidemment. Alors avec leur uniforme en prime… c’était une triste vision.

Des haridelles porte-hardes.

Je voulais mettre toute les chances de notre côté, on me comprendra….

Et on ne s’étonnera donc pas qu’en revanche, Bernadette et moi, belles comme des stars, nous éblouissions tellement la galerie que la jalousie rendait le troupeau des moches mesquin et même sournois, en prime. Nous, notre uniforme avait dû être coupé par un grand couturier car il nous flattait, le boutonnage de devant nous offrait un petit décolleté en pointe assez chic et les pinces de poitrine nous transformaient en gracieuses proues de navire, tandis que la ceinture nouée flattait notre taille de guêpe sous laquelle ondulait une croupe que Gina Lollobrigida aurait admirée. Le gris du tissu seyait à notre teint ravissant. Nous étions toujours impeccablement coiffées et avions des bouches en cœur, le mollet pimpant.

On ne s’étonnera donc pas que ce qui devait arriver arriva.

Deux inspecteurs furent envoyés au pensionnat. Jeunes, ça va sans dire ! Un beau blond (Bernadette faisait une fixation sur un garçon blond qui habitait ma rue. J’ai eu l’heur de le revoir il y a 8 ans et elle l’a échappé belle… enfin passons !) et un beau brun (peut-être faisais-je une fixette sur Rock Hudson…). Et à peine nous voyaient-ils que l’amour les rendait fous – de nous. Tout le troupeau des moches rougissait et leur faisait des sourires avec des appareils dentaires et des lunettes à montures comme des étriers, la directrice tentait de leur présenter son meilleur espoir (oh ciel… je ne me souviens plus d’elle, l’espoir, mais j’imagine que j’ai dû y aller avec les mauvais coups du sort sur la pauvre créature…), mais rien à faire, ils ne voyaient que nous.

Ne veut pas s'évanouir ...

Ne veut pas s’évanouir …

Une scène particulièrement touchante nous montrait en train de nous embrasser comme à Hollywood, c à d qu’on ne voyait rien que deux corps féminins presque désarticulés en un renversé renversant, dans de puissants bras d’hommes en costume (oui, le jeans ne faisait pas adulte et je ne nous voyais pas embrassant des cow-boys quand même… ).

Il faut dire que nous n’avions aucune idée de ce qu’était un baiser (qui, en soi, ne nous attirait pas du tout !) et je me fiais à mon « expérience » de cinéphile : dans les films, le fameux baiser arrivait en fin d’histoire (après la demande en mariage), et il valait mieux puisque la victime féminine de ce rituel amoureux semblait alors s’affaler et perdre conscience.

La directrice, surprenant ce spectacle orgiaque dans ses murs, protestait au mieux de sa voix râpeuse mais ça lui coûtait cher : on l’accrochait par le col à une fenêtre ouverte sur la falaise et sous la pluie tombante, et l’y laissait toute la nuit, tandis que nous mangions et trinquions aux chandelles…

Mais je me souviens bien que ce que nous aimions le plus dans cette histoire, ce n’était pas les hommes, dont en fait nous ne savions trop que faire, mais la directrice suspendue au-dessus du vide.

Nous riions de toute notre jeunesse en la regardant…

J’ai bien moins ri quand Monsieur Deschamps m’a surprise mettant la touche finale sur un des dessins, m’a confisqué le cahier de brouillon pendant qu’il donnait un exercice rasoir à toute la classe, a tout lu à son bureau avec un sourire qui m’a fait bien mal, et m’a enfin rendu l’œuvre en concluant froidement « Je crois que vous vous faites des illusions sur les inspecteurs scolaires ».

Bernadette et moi avons littéralement vécu une journée de deuil car nous étions, de concert, aussi amoureuses de Monsieur Deschamps qu’on pouvait l’être à cet âge. Qu’il soit fiancé avec la grande sœur de notre amie Nicole n’avait aucune importance…

L’enfant-train, ma mère…

« Je regarde mes photos d’enfance et je me dis que cette petite fille savait bien peu qu’elle deviendrait une vieille bobonne pleine de tracas ».

 

Lignes perplexes de ma Lovely Brunette dans une de ses dernières lettres. Et oui, la pauvre vieille dame pleine de tracas semblait aussi éloignée de cette joyeuse fillette qu’un film l’est de la réalité. Et pourtant, c’est la fillette qui lui tint compagnie tout au long de ses derniers mois. Qui, les jambes griffées par les chardons et le visage rouge, la frange de cheveux sombres collée par la sueur, la promenait encore, sans égards pour sa lenteur et son manque d’équilibre, dans ce bonheur inépuisable accumulé au cours de la belle insouciance. Grâce à la petite fille, elle caressait le dos laineux de son âne et appuyait ses tempes sur son front rêche. Elle revoyait Bobby, son poney adoré et respirait sa lèvre frémissante et soyeuse. S’asseyait avec sa boîte à pastels et dessinait l’étang vaseux.

C’est le sourire tourné vers toutes ces autres années d’intenses petits bonheurs qui errait sur son visage ciselé par le temps, fuyant vers le bas, aux teintes diluées. La malice de l’enfant casse-cou étirait ses lèvres tandis qu’elle me racontait j’avais un affreux maillot de laine rouge alors que je ne brunissais jamais et je …

 

Elle était une petite fille riche, pas pauvre ni malheureuse mais aussi consciente de la frontière entre elle et les autres enfants que ces autres enfants l’étaient pour leur part. Car vêtue de son affreux maillot rouge, elle se tenait pensivement à la grille du château pour regarder au loin ces enfants dévaler le chemin en boites à savon, se cassant gaiement la figure et se défiant sans crainte. Et eux devait l’imaginer gavée d’un dessert gigantesque et peut-être même admirer son maillot rouge…

Elle m’a raconté bien des pitreries faites, comme quand elle et le frère aîné entrainaient l’autre à se coucher sur l’étagère du bas de l’armoire, lui promettant croix de bois croix de fer que cette fois, ils ne le canarderaient pas avec les livres de leurs deux étagères. Et commençait le jeu de massacre, dont des années plus tard elle se souvenait avec tant de plaisir que mon frère et moi lui demandions régulièrement « et raconte encore quand oncle Georges et toi jetiez des livres sur oncle Frédo »… Car l’oncle Frédo s’enfuyait régulièrement en hurlant je vais le dire à mômannnnnn.

Maintenant je les regarde, ces photos d’une enfant ravissante et je réalise que pour arriver à la vieille dame bien lasse, il lui a fallu foncer en avant comme un train, tête baissée. Prendre des pelles, renoncer à de candides espoirs, en construire d’autres, aimer, faire mal, se faire mal, pleurer d’amour et de rire, blesser, trahir, guérir, réconforter. Pardonner et demander pardon.

Et que je l’aime, cette petite fille-train. Elle joue avec celle que je fus moi-même. Face à face, les bras tendus et croisés, les mains jointes, elles tournent en riant. Zim-zizim, ma p’tite cousine, ma mère est une chipote ! Elle a mis le pot au feu sans y mettre les carottes ….

Et enfin sur le net j’ai trouvé trace de cette chanson, qui a donc bel et bien existé et fait partie du folklore wallon :

Mais où a donc fini l’indépendance d’être et de penser ?

Les réseaux sociaux sont agaçants, utiles, addictifs parfois, et en tout cas ils font partie de « notre époque ». Qu’on les aime ou pas, on n’arrêtera pas le phénomène, qui trouvera sa mort ou ses métamorphoses sans doute de manières que nous n’imaginons pas.

Car rien n’arrive jamais comme on l’avait conçu, même si Jules Vernes et Nostradamus semblent me donner tort, mais si le bon Jules avait bel et bien imaginé dans quelle direction les inventions se dirigeraient – comme Leonardo dà Vinci, d’ailleurs – leur revers de médaille n’avait pas été envisagé. Quant à Nostradamus… heureusement qu’il a ses interprètes une fois chose faite…

Bref, ce que je voulais dire est que les réseaux sociaux mettent en évidence la fragilité humaine embarquée dans un grand show, d’une longue file indienne de lavés du cerveau qui n’en finit pas…

On pourrait se trouver dans de jolis salons de discussion, entre gens éclairés et éclairants, que ce soit dans du résolument ancien ou du résolument moderne, mais en tout cas avec ceci en commun : l’ouverture d’esprit et le plaisir de la découverte des autres. Car les autres sont une multitude enfin à notre portée : ceux qui aiment la musique, les animaux, la nature, les promenades, les livres, le bien manger, la philosophie… de quoi varier les discussions à l’infini. Mais il s’agit trop souvent de salons de disputions.

Car on a surtout les justiciers en colère contre tout. Pas d’amalgame disent-ils mais les flics sont pourris, le gouvernement corrompu, tel discours sent la récupération politique, tel autre est une insulte aux femmes, émigrés, migrants, noirs, jaunes, animaux, chômeurs, pensionnés, handicapés… et la liste n’a pas de fin. Un rouleau de papier WC collé à deux autres n’y suffirait pas. Il est interdit d’interdire, disent-ils mais on devrait interdire les radars routiers, la viande, la chasse, les contrôles dans la rue, les marches blanches, les arbres de Noël, les statues de Jeanne d’Arc… Là aussi, la liste ferait le tour du monde.

Et gare à qui ose lever un doigt tremblant et dire « mais il ne faut quand même pas oublier que… », la réaction est parfois plus que déconcertante. Ce n’est même pas un sobre « réfléchissez voyons, que dites-vous de… ? », non, c’est une bordée d’insultes rageuses et franchement, je me dis souvent « Dieu fasse que ces gens n’aient jamais un uniforme et une arme, sans quoi on serait vite le dos au mur et les yeux bandés pour avoir eu un col de fourrure sur son manteau à 10 ans ou avoir été enfant de choeur. Ne parlons pas d’avoir mangé un steak à midi ou d’avoir eu un ancêtre toréador…

Dialogue ? Pas question, c’est à celui qui hurle et insulte le plus vigoureusement ». Sourd à tout ce qui ne sort pas de sa bouche (de gargouille…). Tout est blanc ou noir. Ceux qu’on n’aime pas parce qu’ils sont communistes, aristos, prolos, féministes, bobos, passéistes, vieilles biques, ou quoi que ce soit ne peuvent jamais, jamais, jamais, avoir une opinion intéressante. Un point de vue qui mérite l’arrêt-réflexion. Non. Ce sont les mauvais, et donc rien de bon ne peut sortir d’eux. Et qui n’est pas avec eux ou refuse le full-package est un ennemi.

Je pèse mes mots. Les vulgarités monstrueuses utilisées pour « définir » les esprits contraires sont aberrantes. Mais que des « parents disent ça devant leurs enfants » leur mérite la suppression des droits parentaux, hop hop au créneau avec drapeaux et slogans.

Faudrait savoir, les gars.

Kate Pfeilschiefter

Kate Pfeilschiefter

Haine et suffisance dominent les commentaires, soi-disant des « échanges ». On ferait mieux que tout le monde, surtout que les dirigeants (et on ne s’explique pas pourquoi dans ce cas « on » est sans emploi depuis des lustres, ou que les « amis » se détournent inexplicablement, ingrats qu’ils sont), et il suffirait de demander à qui sait tout (suivez mon regard et mon statut….). On se rue sur les « échecs » de vie de ceux qu’on n’aime pas (leurs divorces, leurs pertes d’emploi, leur mauvaise santé) pour absoudre les mêmes échecs chez ceux qu’on a la générosité d’aimer. Ceux-là… on aurait fait comme eux, ils n’en peuvent rien, la société-la vie-le monde du travail-les familles décomposées et infâmes-la maladie si injuste…

Il faudrait surtout ré-apprendre à avoir son opinion, ne pas faire partie d’un groupe vociférant nous avons raison, ne pas tout aimer ou tout haïr de tout, croire qu’un régime alimentaire (qui peut en effet être miraculeux pour certains) est la panacée pour tous comme si on était des clones les uns des autres, se défendre des mouvements « de foule au clavier », des « si tu as un cœur mets ceci sur ton mur » ou « je sais bien que les gens sans courage ne partageront pas mais… ». On se moque des guerres de religions et des esprits étroits, mais… qu’est-ce d’autre ?

Personnellement j’aime les réseaux sociaux, même si c’est aussi une cause d’agacement très souvent, mais je « zappe » mentalement sur bien des choses, et n’ai pas un moment d’hésitation à bazarder un « ami » qui devient plus nuisible qu’un taon. Mais on y observe de terribles frustrations.

C’est aussi, finalement, un test d’indépendance. Et de « laisser pisser le chameau »….

Tchoupy, comediante-tragediante

Tchoupy était notre chien. Il s’appelait Bari quand il est arrivé chez nous, turbulent trublion qui sentait encore le petit chien de lait. Lovely Brunette était allée à la SPA avec mon frère (pourquoi était-il dispensé d’école, hein ??? Tout ceci est bien louche mais je ne saurai désormais jamais la vérité…) et avait fondu devant ce « zinneke » (bâtard en dialecte de Bruxelles) de quatre mois, noir, fauve et sable, qui était fou de joie d’avoir séduit la-madame-qui-ne-saurait-jamais-rien-lui-refuser, il le sentait dans ses os et son coeur. Il avait brièvement appartenu à un jeune homme qui avait réalisé qu’il ne pourrait s’en occuper.

Je suis rentrée de l’école et je ne sais pourquoi mon frère était là avec ma mère, dans le vestibule, tentant de cacher « Bari » derrière eux pour me faire une surprise, ce qui était difficile car le coquin bougeait comme un plumeau fou. Bari n’attendait que l’occasion de faire une nouvelle conquête et je fus presque renversée, et baptisée d’amour et salive sur le paillasson.

Un petit chien inoubliable. Beau, vif, intelligent(issime) car il est clair que pour qu’il puisse décemment jouer avec nous, mon frère et moi lui avons appris à sauter dans mon cerceau de hoolah-hup, à tenir un sucre sur son museau sans bouger, assis-couché, hop, coucouche-panier etc. Nous l’avons gavé de tout ce qu’on ne peut pas donner à un chien qu’on veut en bonne santé pour une longue vie : sucre, chocolat, os de poulet, tout. Et il a vécu jusqu’à 13 ans, aveugle depuis 3 ou 4 ans déjà et ne s’en étant pas rendu compte car il continuait de s’enfuir, à faire le tour du quartier et traverser les rues comme Super-dog sans la moindre inquiétude. Et il avait sa tournée des maisons où on le gavait de biscuits car il avait su se rendre populaire, la fripouille !

Un jour il est rentré – après une nuit d’angoisse et de veille de notre part – avec une patte cassée. Il avait un don particulier pour s’enfuir du jardin, pourtant grillagé et entouré d’autres jardins grillagés. Il devait faire un bon tour pour arriver sur la rue… et y arrivait. Mais cette fois-là il avait dû rencontrer une voiture. Lovely Brunette lui a mis une attelle, et nous le plaignions tous tendrement, car il fallait le porter pour aller faire ses besoins au jardin, ou manger et boire, et en compensation il dormait sur le lit de Lovely Brunette. On lui disait tout le temps « oooooh il est malâââde » et il remuait la queue, enchanté de ce statut de grand malade noyé dans les privilèges soudains et abondants.

Et il a vite compris.

D’autant que désormais, quand il allait « faire ses besoins au jardin », on le suivait. Il louchait sournoisement derrière lui pour voir s’il avait mis assez de distance pour tenter une évasion, mais nous étions vigilants. Alors il a mis une technique au point : il boitait lamentablement et alors qu’on compatissait, désolés et craignant une rechute en geignant « oooooh, tu es malâââde ! », il prenait un peu d’avance en boitillant et puis zou ! d’un bond il avait filé, comme un impala en pleine forme… Il a fait le coup jusqu’à sa mort, et même aveugle il nous trompait encore.

Que dire du sort qu’il a fait à la boite d’œufs en chocolat que Lovely Brunette avait reçue et déposée sur sa table de nuit, oubliant que le joyeux goinfre était là, sagement endormi sur son couvre-lit ? Elle n’a pas eu un seul œuf, par contre tous les petits papiers d’emballage avaient été épargnés pour que, si elle y tenait vraiment, elle les suce ou les hume. Il n’était pas si vache que ça, allez…

Il avait aussi compris que nous n’aimions pas outre mesure lorsque, en promenade à la laisse, il reniflait avec délectation les traces odorantes et parfois encore fumantes du passage d’un autre chien, mais que par contre nous nous arrêtions avec bienveillance s’il laissait sa propre trace pour les autres. Ce qui fait que le filou faisait semblant soit de s’accroupir soit de lever la patte et s’enivrait sans hâte d’effluves succulentes.

De Bari il est passé à plusieurs noms auxquels il a répondu avec bonne humeur, même quand il s’est agi de « Jolie Madame », qui était une publicité pour le shampoing Dop Tonic. Tchoupy a été son nom le plus longtemps porté. Celui de la fin. Nous avons dû le faire piquer dans son panier – et son sommeil – … et il nous a toujours manqué depuis.

Chuuuuuut!

Et voilà qu’on arrivait à l’âge où on « était une jeune fille ». Les garçons, eux, faisaient des couacs aigüs avec leur voix, et nous on avait de la poitrine naissante et les règles entraient dans notre vie. On nous mettait bien en garde contre notre mauvaise humeur de « ces jours-là » que l’on devait dissimuler à tout prix, mais à la maison Lovely Brunette insistait bien sur le fait qu’il ne fallait pas m’embêter.

Et on vivait ces jours-là dans la honte : personne ne devait soupçonner que nous étions réglées. Je laisserai de côté l’horreur des serviettes à laver, car je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître : les serviettes à jeter étaient un gaspillage et nos mères avaient survécu aux lessives et nous le ferions aussi. J’ai dû chèrement lutter pour que la mienne cède…

Et je me tairai aussi sur le drame des règles abondantes qui exigeaient que l’on remplisse notre cartable de serviettes de secours, de toile cirée pour emballer les souillées – pas encore de poubelles dans WC, la condition de femme se vivait dans le secret à tous les niveaux même si nous étions dans une école pour filles uniquement, et il fallait se débrouiller discrètement -, et de la difficulté d’obtenir le droit de quitter la classe et d’aller à la toilette pendant le cours, enfonçant le mur de la discipline de fer des chères-soeurs.

Il faut dire qu’à Lovely Brunette, on n’avait rien dit et que quand elle a eu tardivement ses règles en classe, elle a tout simplement cru être en train de mourir ! Rien de moins… Et comme elle était dans un pensionnat religieux, on l’a enveloppée dans une couverture pour la faire sortir de la classe comme une apparition honteuse, ajoutant à sa frayeur : elle était non seulement mourante mais elle choquait tout le monde…

Quant à son premier soutien-gorge, elle se l’est cousu elle-même en cachette car on ne parlait pas de ça

Il n’y avait qu’à la meilleure amie que l’on confiait en classe que… je suis T.IX ! C’était le code hermétique que mon amie Bernadette et moi avions imaginé : la première et la dernière lettre de Tampax (qu’on ne pouvait employer car on nous disait que les filles vierges ne pouvaient pas l’employer, le tampax. Comme personne ne savait ce qu’il en était, on s’abstenait). Le seul avantage de cet état peu agréable était qu’on avait une excuse toute trouvée – et invérifiable –  pour ne pas aller au bassin de natation ou à la gymnastique. On devait chuchoter cette confidence humiliante au professeur, sous les ricanements des autres qui savaient dès lors que nous vivions une journée d’impureté et de mal au ventre…

C’est pas ça… on ricanait aussi de la malheureuse fille un peu précocement développée qui dans la classe était la seule à avoir de la poitrine, et comme les soutien-gorge pour petites gorges d’adolescentes étaient rares, ladite poitrine faisait le balancier, faisant glousser les encore plates et extra-plates…

Bernadette et moi étions tix presqu’en permanence en ce qui concerne le cours de gymnastique que nous détestions, surtout si on devait sauter sur le cheval d’arçon – par contre nous aimions assez les espaliers. Et moi rien que de penser au terrible monsieur Bodeux au bassin de natation, ce fin psychologue qui pour faire passer ma peur de l’eau m’y a jetée en m’en dégoûtant à tout jamais et encore après, je me sentais tix, très tix, éternellement tix.

Plus tard, en vacances en Italie, alors que je refusais en rougissant d’aller faire trempette avec les autres et de me mettre en bikini, les Italiens, informés par des bataillons de mammas, de sœurs et de cousines, constataient sans étonnement « ah ! tu as tes règles » … oh que la vie était donc simple tout à coup ! Je pouvais même être d’humeur fragile… Je n’étais plus impure ces jours-là… j’étais seulement un peu nerveuse.

Folle et méchante

Oui, c’est sans doute l’impression que j’ai laissée à mes « clients » américains, ceux qui eurent la malchance de franchir le seuil du copy printing shop que je gérais dans le New Jersey. Mais moi… je suis du Vieux monde et eux ils sont du Nouveau n’est-ce pas, un nouveau monde où trop souvent l’argent est roi, empereur, tyran, dictateur, effaceur de toute noblesse. Celui que l’on paie pour un service, est souvent assimilé à celui qui est moins que celui qui paie puisqu’il a « besoin de cet argent », et on oublie qu’on a besoin, en revanche, de ce qu’il sait faire, que c’est un échange équilibré d’offre et de demande, qui devrait instaurer une relation de respect mutuel. Il n’en est rien, très souvent. Surtout dans la « classe moyenne » où il est tellement agréable de se sentir supérieur pour quelques billets bien sales et chiffonnés.

Dans l’ensemble, j’ai détesté mes clients. Vraiment.

Des exemples ?

Le type qui me fait faire des cartes de visite où il spécifie « free estements ». Estements n’existe pas, il voulait dire estimates. Je corrige, et il m’engueule : je suis une étrangère qui ne sait même pas parler l’anglais, j’ai pris sur moi de corriger quelque chose qui était juste en me croyant mieux que lui parce que je suis « française » (ben non…) etc etc…

J'ai quand même vraiment l'air gentille là, non?

J’ai quand même vraiment l’air gentille là, non?

La jeune noire (et ne croyez pas que le racisme ne soit que dans un sens, j’ai eu droit à tout dans ce rayon…) qui vient pour me faire dactylographier son cv en urgence. Oui, ils paient pour ça. Bon. Normalement on n’accepte qu’une ancienne version dactylographiée, et on ajoute ce qu’il faut, car leur orthographe et écriture attendent encore un décodeur. Mais mademoiselle avait gribouillé tout le cv sur un vieux papier et en avait besoin le jour même à trois heures. Je lui dis de venir un peu à l’avance car j’aurai certainement des mots mal lus ou mal compris. Elle me verse des arrhes, et je me lance dans la description idyllique de ses talents : Infirmière psychologique, elle a une patience remarquable. Précise, douce, disponible, enfin elle a tout pour elle. Lorsqu’elle revient, je lui dis « ah je suis contente que vous soyez à l’avance car j’ai deux ou trois points à vérifier avec vous (on ne parlera pas de l’orthographe… apocalyptique). Et la douce jeune fille me dit, les yeux haineux « je le savais que je ne devais pas venir chez une blanche, vous êtes une idiote et n’y connaissez rien ». J’ai été tellement prise de court que j’ai pris son cv, l’ai déchiré, lui ai rendu son acompte, et ai dit « bonne chance pour votre entretien ». (Mon mari se cachait soigneusement derrière la grosse machine offset… ). Elle m’a jeté à la figure tout ce qui se trouvait sur le comptoir, folle de rage, et est sortie en hurlant qu’elle allait me botter le train. Ravie je lui ai dit «ha ha ha… infirmière très douce et patiente… »

Le monsieur qui vient pour des cartes de visites, de celles qu’on sous-traitait. Il y avait donc un album où choisir le papier, la police, la taille, les couleurs etc. Comme il n’y en a jamais eu un seul qui soit assez intelligent pour remplir le formulaire, et que comme des enfants ils demandaient que je les aide, il m’a tenue au moins un quart d’heure, se créant une chose monstrueuse, avec des polices et tailles différentes, des italiques et des caractères gras ici et là, et deux couleurs. J’avais beau lui dire que ça serait moche, monsieur pensait être un artiste créatif, et insistait. Bien entendu, quand il est venu les chercher… il m’a regardée d’un air désolé et m’a dit « Oh… je ne les aime pas. Que pouvez-vous faire pour rendre votre client heureux ? »  Tiens donc, ça n’a pas tardé : « Rien ».

La fille, noire elle aussi mais rien de raciste, ceci dit la parfaite emmerdeuse qui paie et donc a droit au tapis rouge et l’orchestre discret dans un coin de la pièce. Elle voulait UNE copie de son CV exceptionnel sur beau papier. Qu’avez-vous ? Beige, bleu clair, blanc, gris. Je peux voir ? Me voici sortant toutes les boites. Elle hésite longuement, il est vrai que toute sa vie professionnelle en dépendait ainsi que celle des nations sans doute, ou de la planète. Elle finit par opter pour une couleur. Je lui fais donc la copie, et elle déclare que c’est un peu pâle, puis-je augmenter la tonalité ? Or c’était parfait. Je fais donc semblant de changer le setting, et recommence, et elle me déclare que maintenant c’est parfait. J’ai passé dix minutes pour gagner 5 cents… Comme elle voit que je suis pressée d’en finir, elle me dit « mais… vous ne voulez pas que votre client soit content et revienne ? » Je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire, « non ».

Le type qui arrive de nulle part dix minutes avant la fermeture et a besoin avec la plus grande urgence de cartes de visites pour ce soir. Je lui dis que nous fermons, que ce n’est pas possible (en fait, comme il n’était pas question de sous-traiter dans l’urgence, il aurait fallu se mettre d’accord sur le type-setting, les imprimer, attendre que l’encore soit sèche avant de couper sinon ça offsette, et il y en avait au moins pour trois heures ou plus. Pour 50 dollars. Il insiste « et si je vous donne 50 dollars en plus ? » « Non, désolée, ce n’est pas faisable… » « Oh, il y a bien des gens qui seraient d’accord de travailler plus tard pour un extra de 50 dollars »… Eh bien pas moi, et ne pas revoir ces imprévoyants qui mettent la charge de leur stress sur les autres, ça valait 50 dollars !

Ils sont souvent payés à la semaine, ce qui les rend en effet imprévoyants puisqu’ils n’ont que des fins de semaine difficiles, n’ayant pas à planifier pour un mois. Les super marchés sont ouverts 24h/24, et donc là non plus, pas besoin de prévoir. Et tout est en faveur du client, qui ainsi est devenu capricieux et insupportable, irresponsable, comme Clément, un Nigérien avec qui pourtant j’ai fini par devenir amie mais qui avait eu le toupet de me dire que c’était ma faute s’il n’avait pas eu des affichettes pour sa cérémonie à l’église (il était pasteur) parce que j’avais refusé de les faire, là aussi il était venu en dernière minute. Je l’ai enguirlandé, lui expliquant que c’était sa faute, uniquement la sienne, et comme il s’est excusé une fois qu’il a compris, je lui ai dit « mais Clément, ne t’excuse pas, change ». Ravi il m’a dit plus tard qu’il avait reservi ça à ses ouailles à l’église : ne vous excusez, pas changez. C’est peut-être maintenant en lettre d’or à l’entrée de son église, qui sait ?

Josef, un Russe abominable, méchant avec sa femme, fraichement arrivés de Russie. Sa femme était charmante, et lui immonde. Dès qu’elle a eu sa nationalité américaine, elle l’a largué (bien fait !) et lui a échoué à la dictée. Trop difficile pour lui : I have a little brown dog. Je me demande comment il a trouvé moyen de l’écrire pour échouer. Mais j’avais pris la bonne habitude de lui répondre, ce qu’il détestait et lui faisait froncer ses abondants sourcils roux sur des petits yeux furieux. Don’t be grumpy with me, Josef. Et il n’avait pas le choix sinon je refusais de le servir. Et on le virait partout…

Dzon’, un Grec tout aussi immonde qui pensait s’appeler John mais se présentait fièrement comme Dzon’. Toujours en maladie, en dispute avec ses voisins, polémique, désoeuvré, mal ici et mal là et en tout cas toujours trop mal pour travailler. Un jour dans le magasin, il a pris à partie des clients en vociférant contre les noirs et tous ces gens bizarres qui arrivent ici, et qui changent la race, car lui, il espérait bien que dans 40 ans… les gens seraient encore tous comme lui, et pas de toutes les couleurs. L’autre cliente et moi avons eu du mal à ne pas passer par… toutes les couleurs et tous les fous-rires : il était affreusement laid…

Les flics locaux qui me demandaient si j’offrais une réduction aux policiers (jamais… pourquoi ?), qui venaient photocopier de faux diplômes, pas gênés pour un sou, avec des collages où ils ajoutaient leur nom. Et puis ils venaient pour collecter pour leurs collègues « morts en action » alors que s’ils étaient morts en action, ça devait être d’indigestion au Willie’s Diner où ils avaient leur QG, toujours à se goinfrer de cafés et des doughnuts. Rien ne les décollait de là. On pouvait d’ailleurs faire une « donation » vivement conseillée à la police et on recevait un sticker qu’on mettait fièrement sur sa voiture, je soutiens la police de ….  et en échange, eh bien on nous fichait la paix lors des infractions légères… Je ne voulais pas de ce laisser-passer… et ainsi ils ne venaient pas chez moi, youpidou !

Par contre, comme je l’ai dit, certains clients, les gentils, les bien élevés, les stricts et honnêtes, ils m’aimaient beaucoup. Je vois encore cette dame qui était en pleine déprime à la mort de son mari et que j’avais prise dans mes bras… elle revenait chez moi parce que j’étais si gentille… (Vous voyez bien !). L’autre petite dame âgée noire adorable, sortie d’un cartoon de Walt Disney, maigrelette et en tailleur pimpant avec un drôle de chapeau rouge sur lequel dansait une grosse fleur dressée. Elle avait un problème pour marcher : elle cavalait (ne savait pas marcher normalement) mais ne pouvait redémarrer si elle devait s’arrêter pour ouvrir une porte ou franchir un obstacle (une bordure une marche etc…). Je la voyais et sortais toujours pour l’aider et pourtant, c’était une très « petite cliente » qui ne venait que pour des billets de tombola de sa paroisse. Magdalena, une autre noire, toujours bien mise et polie, mais enlisée dans des dettes, à qui je faisais payer moitié prix pour les fax qu’elle était obligée d’envoyer chez son usurier qui lui prêtait de petites sommes à 174% d’intérêt. Oui ! Sonia, une Russe fraichement arrivée qui m’embrassait et m’a apporté un gâteau pour les fêtes…

Ou mes clients-dépanneurs d’ordinateur, Al et Kasai « du magasin d’en face »… Leur rendre visite et vider mon sac nous faisait bien rire et me remettait d’aplomb.

Al

Kasai

Kasai

Bien entendu, ces clients-là… c’étaient des pépites, et sans eux j’aurais sans doute commis un meurtre. Ou deux. Je serais devenue une serial killer.