Das boot ist voll

Petits auteurs et petits éditeurs.

Grands auteurs et gros éditeurs.

Argent et parfois aussi talent, argent et folamour de l’argent.. contre pas d’argent, amour de l’écriture et parfois aussi talent, et asbl ou tout autre chose pour l’amour de ce qui se lit et s’écrit…

Bien sûr, il y a des grosses pointures qui sont des monstres du talent. Et d’autres très mauvais. Mais voilà, certains aiment leur personnage, leur look, leur message-mantra, le monde qu’ils ont créé et qui garantit à leurs lecteurs un retour dans une atmosphère aimée. Peu importe. Et qu’en plus ça les rende riches, pourquoi pas ? L’envie ne changera rien pour eux et nous donnerait des problèmes gastriques dont on se passe volontiers.

Mais… ce n’est pas un monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, loin de là. Das boot ist voll. On le sent bien. Les narines qui se ferment avec prudence rien qu’on évoquant notre nom, ou précisant « c’est un auteur très local, n’est-ce pas ? Publié chez un petit éditeur, non ? »… La fausse générosité joviale avec laquelle, dans certains salons, on nous accueille. Parfois on a même droit à une tape dans le dos et un biscuit. Bien entendu, nous permettons de remplir les angles morts, d’amortir les frais de chauffage et de faire d’honnêtes figurants dans le rôle de la foule tandis que dans l’espace grands, les dieux de l’Olympe se congratulent gaiement avec leurs adorateurs, et clic que je fasse un selfie avec Apollon, et clic un autre avec Héra, et puis une petite parlotte avec Déméter car je vois du coin de l’œil la TV qui s’approche. Et la peur qui pue et sort de leurs lèvres sentencieuses, condamneuses, quand en ajustant leur toge et leur fibule ils nous qualifient de rédacteurs malhabiles et imbus d’une illusion ridicule, des gens qui écrivent comme on peignait le dimanche pour accompagner la famille en pique-nique, des malheureux scribes besogneux voués à l’échec et au fond, plus vite on nous tapera sur les doigts avec les rames pendant que nous nous accrochons à la coque, mieux nous nous en remettrons.

Les journalistes, tenant à leur chronique BCBG, font chorus avec une louable ferveur. Ils veulent se trouver du côté des gagnants, après tout ils ont des enfants à nourrir et éduquer, des traites à payer, parfois ils ont un frisson quand un reproche bien senti les touche mais bon… eux d’abord, que les autres se débrouillent comme eux : un peu de courbettes et flagorneries valent bien la sécurité de l’emploi et la solidité de la signature en bas d’un article qui ma foi, fut facile à écrire : il suffit de savoir pour qui on l’écrit…

Et donc, il nous reste les découvreurs, nos lecteurs qui un jour se sont risqués, ont aimé. Que ce soit vraiment bon, ou que ce soit une détente agréable, ou un type d’écriture aimé. Peu importe, il y a eu bon, de l’excellent, du médiocre, du commercial, de la poudre aux yeux, du radotage… tout comme dans l’Olympe ! Et ce serait si « juste » qu’avant de nous condamner parce que de toute façon personne ne nous connait – et hop ! un coup de rame sur la main qui s’obstine à tenir le rebord de la barque, là ! Hop hop et hop ! Rien de pire que qui ne veut comprendre… – et donc forcément… nous ne pouvons pas être si bons que ça. Sans ça… n’en doutons pas, avec leur flair et leur grande défense de l’art, de la liberté, du beau… ils nous auraient accueillis en grande pompe.

Je ne doute pas. Et vous ?

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Les « mauvaises lectures »…

forbidden-books-1897-alexander-mark-rossi

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Mes parents étaient d’avides lecteurs, comme les parents de mon père. Mon grand-père faisait relier ses livres en cuir, dorés sur tranche, avec son nom en lettres d’or… Ma tante Françoise elle, cousine de mon père, les faisait relier également, en agneau, avec à l’intérieur du papier aux dessins précieux qu’elle faisait venir de Florence. Dorés sur tranche aussi, naturellement.Qu’on se rassure: cette tante était très riche, mon grand-père l’était moins mais il y avait des plaisirs qu’on choisissait de se faire même s’ils étaient coûteux.

On avait aussi beaucoup de livres de plus modeste apparence, avec les bords incertains et la couverture de papier qui semblait vouloir danser quelque peu. Les pages qu’il avait fallu séparer l’avaient parfois été sans soin… Ah, ces beaux coupe-papiers ! Je me souviens de mon préféré, en ivoire, qui était fendu. (Mais qu’est-il devenu?)

Dès que j’ai su lire, j’ai spontanément suivi les traces familiales du délice vertigineux des pages que l’on tourne. J’ai commencé avec les petits livres d’or et surtout les histoires que ma mère aimait puisque c’est elle qui choisissait en me disant « tu aimeras bien ». J’avais donc les aventures de Hopalong Cassidy et Roy Rogers. Plus tard ma grand-tante Didi m’a offert son propre exemplaire de Mickey et Minnie de la bibliothèque rose, qui me donnait des frayeurs terribles mais que je n’abandonnais pas, tremblant dans la solitude de ma chambre le soir. J’ai eu les contes d’Andersen première édition de ma tante Françoise et là aussi, il y avait de quoi avoir peur bien souvent. Mon grand-père maternel m’a offert Le Sphinx des glaces de Jules Verne, qu’il avait reçu dans son enfance. Bref… j’ai appris à lire dans des reliques.

J’avais libre accès dans la bibliothèque familiale. Il y avait au grenier une armoire baptisée « la grande armoire » qui contenait tout ce qu’on ne lisait plus, et qu’on avait oublié s’y trouver. Et dans le salon il y en avait une autre, remplie d’autres livres souvent également oubliés. Une autre plus petite dans le boudoir et une dernière dans le « petit bureau de papa »… J’attrapais tout, car bien vite je m’étais montrée trop gourmande pour me contenter longtemps des livres avec des images. Bien entendu, j’ai ainsi lu pas mal de livres sans rien en retirer qu’une sensation d’égarement incrédule.

Mais il y eut l’âge où je me suis rendu compte que ces livres remportaient des indications intéressantes sur bien des mystères que je ne pouvais aborder ouvertement. Mystères qui parfois, même en ayant atteint le statut de « jeune-fille » et quitté celui de fillette, restaient un complet brouillard. Il faut dire qu’alors l’éducation sexuelle était résumée par un laconique « ton mari t’expliquera » ou « tu sauras bien assez tôt ». La garçonne de Victor Marguerite me présenta un monde de partouzeurs, avec des fantaisies et des hardiesses qui me stupéfiaient. Je n’osais d’ailleurs pas demander d’explications à ma mère qui m’aurait repris le livre aussitôt ! Mariages de Charles Plisnier me dirigea vers la notion d’échec presque inévitable des mariages et les appétits sexuels exprimés, que je comprenais peu en cette ère de Mademoiselle âge tendre et Salut les copains. Les dieux rouges avait un délicieux goût d’interdit… Parfois je prêtais ces livres à ma voisine qui les dévorait avec sa mère, en cachette du père, ce qui m’assurait leurs sourires heureux lors de mes visites et beaucoup de chuchotements entendus. Nous avions aussi une très belle copie des contes de Boccace illustrée de bien jolies femmes nues et Les chansons de Bilitis de Pierre Louÿs, également illustrées. J’avoue que je ne comprenais rien du tout…

Au moins… c’était de la bonne littérature ! Et plus attrayante que « le mariage parfait » que l’on m’offrit lors du mien, de mariage – qui ne fut pas parfait ! Ce livre expliquait tout ce que l’épouse devait faire pour le plus grand bonheur de son époux. Devait. Allez, un bon geste, ce sera vite passé…

Je suppose que l’amour était le meilleur guide, de toute façon…

Un amour absolu

Il y a des rencontres qui ne sont pas seulement celle  d’une personne encore jamais vue, mais surtout la découverte d’un écho qui se met à tinter au fond de nous. Nous avons des points communs avec bien du monde. Mais il y a le jour, le moment, l’état d’esprit, la situation bien particulière dans la vie qui font que les mots et sourires et regards que l’on va soudainement échanger avec quelqu’un ont, on le ressent nettement, l’essence de l’exceptionnel. Qu’il y ait  un lendemain ou pas.

J’ai rencontré Charlotte Polis il y a peu. Nous présentions nos livres au même salon. Elle habite ma ville d’origine, dont elle-même n’est pas originaire. Elle a un âge de sagesse, une sagesse qu’elle a mais qu’elle n’a pas empaquetée dans une ennuyeuse austérité de demi-teintes, demi-rires, demi-joies bref, la sagesse d’un gourou de bon ton. Elle souriait, plaisantait, se déplaçait sans cesse avec une vivacité joyeuse. C’est une femme primesautière, aimée et aimante, et l’aura autour d’elle envoie des signaux bien identifiables. Signaux que j’ai bien perçus, tout comme elle a su capter le même message chez moi – tout au moins, je traduis ainsi le naturel avec lequel nous avons admis être curieuse l’une de l’autre, et l’impatience pleine de gaieté qui nous a fait nous échanger nos livres. Je suis donc rentrée chez moi avec Un amour absolu, et une superbe image d’une Fagne envoûtante.

Et, ayant entraperçu l’auteure, j’ai retrouvé l’élan, perdu depuis des années, de me précipiter au lit pour lire « un chapitre » tous les soirs. J’ai même utilisé le prétexte d’un mauvais rhume pour faire deux siestes de lecture.  Une sorte de résurrection pour moi !

Et que dire du livre ? Ah, le livre !

Un régal. J’ai pensé au profond et délicieux dépaysement que j’avais autrefois en lisant Daphné du Maurier,  Rebecca par exemple. Remplaçons les moors ou la campagne anglaise par les Fagnes, et nous voici dans la même bruyère entre gens bien élevés qui apprécient les marches rustiques sous la pluie, dans le brouillard ou dans le cristal d’un soleil pur comme une poudre d’or. Ils savent être élégants mais aussi enfiler leurs bottes, acceptent la pluie sur leurs visages et les joues rougies par la taquinerie du vent et du froid combinés. Ils sont simples dans l’âme. La demeure, ce précieux théâtre qui accueille l’intrigue est solide, vieille, de mille beautés discrètes, parcourue de fumets exquis de pâtés, de repas délicats – lapereau à la crème d’estragon, ça vous dit ? – ou simples mais qui ont le goût du vrai. On boit du Nuits Saint-Georges, du thé, du café fort. Il y  a un huis-clos de personnages qui semblent avoir leur place spécifique tout en étant parfois imprévisibles. Il y a, parmi les acteurs attendus de ce drame à multiples facettes,  les deux dames pensionnaires, inattendues, pittoresques et observatrices. On papote ou on débat. On maîtrise ses impatiences tant qu’on le peut. On cancane sans trop s’y complaire… Car il y a un mystère et des humeurs  inexplicables, des émotions violentes que l’on teinte de bonnes manières.

La Fagne est le décor omniprésent, l’écrin de ces guérisons, doutes, explosions, révélations, confessions. Et Charlotte Polis la connaît bien, la Fagne. Elle la regarde pour nous avec des arrêts sur image qu’elle nous dépeint avec une minutie amoureuse:

« A mes pieds la brume rampait, estompant la terre molle. Des molinies géantes et de frêles graminées émergeaient du voile laiteux, des troncs maigres aux branches noueuses semblaient implorer le ciel bas qui pesait de toute sa grisaille  sur ce monde lunaire et muet. »

« (…) Et subitement tout s’assombrit. Une à une les lumières de la lande se sont éteintes et la Fagne retomba dans sa grisaille. Les safrans se sont ternis, l’ambre des narthécies s’est obscurci, les campanules se sont alanguies et la frêle violette des marais s’est refermée sur sa pâleur mortelle. Succédant au parfum de myrte et de résine, une odeur méphitique montait de la terre, une odeur sulfureuse…(…) »

Et puis, autant que la Fagne, le grand voile qui ondule sur ce récit, c’est l’Amour. Quelles formes revêt-il ? De quels égarements ne protège-t-il pas toujours ? Quel pardon peut-il libérer ?

Un amour absolu … un plaisir de lecture et puis de réflexion absolu !

Pour conclure avec les richesses artistiques de ce coin de terre dont je proviens, voici l’interview que je me suis amusée à faire pour ActuTV à mon cousin Pirly Zurstrassen…

Une invitation pour le chic et le charme

Paolo Conte ne m’en voudra pas de lui emprunter cette expression pour en couronner le souvenir de l’inoubliable soirée passée à la Société du Cabinet Littéraire de Verviers.

C’est monsieur Louis-Bernard Koch, “rencontré” par l’intermédiaire de ce blog, qui m’y a gentiment conviée lorsqu’il a su que je serais de passage dans ma ville en mai. Et donc, le 15 mai au soir, j’ai eu le grand privilège de pouvoir associer les termes chic, charme, culture, gentillesse, simplicité et élégance.

Après un apéritif nimbé dans un aimable brouhaha, j’ai pu présenter et puis dédicacer mon livre – que certains membres avaient déjà lu ! – ainsi qu’évoquer le Verviers d’autrefois, puisqu’à 60 ans, c’est vrai que la jeunesse appartient à l’autrefois, tout comme le kiosque à musique de la Place Verte et les marchands de cliquottes…

Mais le Verviers d’alors est devenu celui d’aujourd’hui, et j’ai apprécié de rencontrer les personnes qui demeurent dans ce qui reste d’une propriété familiale, et d’autres ayant habité dans une autre, bien après que les échos des pas des grands-mères ou leurs mères se soient éteints.

Et puis, ah, revoir des visages connus dans l’enfance ou la jeunesse, s’entendre dire dans un rire heureux que tu ressembles à ta maman, c’est comme si je la retrouvais, et pouvoir répondre c’est fou ce que tu ressembles à la tienne… quel bonheur ! Et nul doute que mammy était de la partie, de ce lieu mouvant où elle s’est retirée, et se réjouissait de ces comparaisons et baisers sur la joue.

Monique, ma voisine de “l’ancienne maison des Polinard” où j’allais jouer avec sa soeur Denise à Oh quelle belle princesse (un jeu pas très modeste au cours duquel nous revêtions tous les vieux vêtements de la famille au grenier, et tournions autour d’une table d’un air altier, chacune murmurant cette phrase admirative en croisant l’autre), Kathleen qui m’accompagnait, toujours souriante et gazouillante en promenade équestre dans les bois de Sohan, mes oncles Yves et Pierre, perdus de vue par les aléas de la vie et retrouvés avec joie dans ce cadre serein: les lustres de cristal, les portraits des membres fondateurs aux murs, la belle table à la vaisselle monogrammée et joliment décorée, les tableaux emplis de beauté, le succulent repas souligné par le vin et la bonne humeur.

François, autrefois le petit François (parce qu’il a je crois deux ans de moins que moi, et qu’à l’âge des surboums, la frontière entre ceux qui pouvaient aller danser et ceux qui jouaient encore avec leurs Dinky Toys était bien nette), qui n’a comme souvenir de moi que celui d’une dispute orageuse avec ma mère. Elles n’ont pas manqué, pauvres de nous ! Quand une maman se voit seule responsable de toutes les horreurs qui pourraient arriver à sa fille, laquelle se sent injustement mise aux fers… ce genre d’éclats de voix ne manque pas ! Maintenant, François et sa femme Mercedes ont transformé la ferme d’Hubert (dont nous avons parlé puisqu’Hubert, nous le connaissions, et avons évoqué son rôle pendant la guerre) en un gîte qui a capturé la douceur de la campagne et le confort des jolies choses. Et puis Régine, belle comme si toutes ces années n’avaient jamais eu lieu, et avec qui j’ai évoqué les journées d’autrefois et une sortie au cinéma avec notre cousin Albert pour aller voir Angélique, Marquise des anges, film culturel s’il en est…

Et tant d’autres, revus ou découverts, tous ces aimables sourires, ces remarques enthousiastes sur mes parents, ces tendres liens entre passé et présent.

Je remercie donc ici le président, le notaire Jacques Roelants de Stappers, et Monsieur Louis-Bernard Koch en particulier, mais je sais que l’effort pour la convivialité de cette soirée a été partagé et j’ai eu le temps de m’en rendre compte entre les dédicaces et les retrouvailles.

Merci à tous et toutes, notamment pour le livre qui m’a été offert (Quand le Tibet s’éveillera de Bernard Tabary) et que je suis impatiente de lire. Il est vrai que j’ai reçu bien des livres lors de ce séjour, et que mon impatience sera mise à dure épreuve !

Et à une autre fois je l’espère!

 

Cabaret et joli mai 2008

Le 1er juin 2008  fut pour moi – et pour d’autres – un bain littéraire et de « Vous! Enfin! » C’est en effet avec une grande impatience que je m’y préparais par des messages internet rapprochés avec Bob (Boutique) et Cathy (Bonte), tous deux déjà auteurs chez Chloé des Lys. J’avais contacté Cathy il y a un an, et ce fut un coup de… plume. Une fois inscrite sur le forum de notre éditeur commun, Bob et sa bonne humeur indéfectible m’ont également conquise et depuis, notre trio s’échange nouvelles, conseils, mots d’humour, photos, surnoms et encouragements. Ces derniers, ainsi que les conseils, m’étant plus particulièrement destinés puisque pour l’instant je suis surtout une auteure sans oeuvre publiée, si on exclu ma participation au collectif Rendez-vous.

Et Bob, d’une rencontre qu’il organisait et qui devait au départ nous réunir lui, Cathy et moi avec les conjoints, a petit à petit ajouté sa soeur Rita, une amie, deux autres auteures, les conjoints, et « un ami qui allait chanter du Brassens en s’accompagnant à la guitare » ainsi que son épouse. La compagnie s’élargissant de plus en plus, il a suggéré qu’on en profite pour faire une soirée cabaret.

Cathy et moi nous sommes rencontrées en une avant-première pleine d’émotion chez Bob – absent , on verra pourquoi dans un instant – où son épouse nous a accueillies avec la vivacité d’un écureuil et des sourires charmants qui lui dansaient jusqu’aux yeux. De vrais sourires pleins de joie et d’empressement!  Ah, Cathy était telle qu’elle se « montrait » sur son blog ou ses courriels: simple, un visage aqua e sapone comme disent les Italiens avec vénération, eau et savon, qu’on imaginerait bien dans un roman de Jane Austen: yeux bleus, jolie peau fraiche, expression décidée. Pas bien grande, mais bien là! Elle était avec son compagnon Diégo et moi avec Francine, une amie – pas bien grande non plus – qui me supporte loyalement depuis 28 ans déjà!

Nous nous sommes alors rendus aux Halles de Schaerbeek qui abritaient « Joli Mai », dédié au salon du livre indépendant, et où se trouvait, entre autres, Bob. Nous y avons vite trouvé la table des souriants auteurs de Chloé des Lys, entourée d’un halo de rires et de pur plaisir sur lequel se déposait un rayon de soleil amusé qui venait de la verrière.

Cathy Bonte et moi

Pour tout dire, j’étais encore assez fatiguée m’étant couchée la veille après une journée longuissime de travail, voyage et retrouvailles de 34 heures. Mais en même temps, c’était vivifiant d’enfin voir ces visages quitter l’immobilité des photos dans des expressions de vie, d’entendre leurs voix. Curieux comme voir « en vrai » des gens qu’on aime déjà à distance – le cas de Bob et Cathy – est intense. Il y a un temps d’arrêt, une petite stupeur heureuse, l’inconnu devient soudain familier, et l’embrassade permet, enfin, de rendre le tout bien réel.

Bob, moi, Ayayi Gblonvadji en haut; Cathy Bonte et Dominique Leruth en bas

Une fois Joli Mai terminé, c’est la maison de Bob qui nous attendait à nouveau, une gracieuse maison de maître aux accents art déco. Une élégante façade aux larges fenêtres, celle du premier étage un peu bow-window, celle du troisième cintrée, avec une ferronnerie délicate, des briques blanches et de la pierre bleue.  A l’intérieur, les marches et la rampe d’escalier semblaient vivants sous une patine soyeuse d’un beau blond foncé.

Au gré des invités qui continuaient d’arriver, nous avons compris que nous serions quinze, et que l’ami qui allait nous chanter du Brassens n’était autre que Michel Lemaire! Après un apéro qui avait des teintes de vacances et un gentil brouhaha de fond, nous avons, assis à une longue table où une guirlande de chèvrefeuille exhalait son parfum sucré sur un jeté blanc, partagé les mets et vins que chacun avait apporté, dans la gaieté.

Et maître Bob a alors officiellement ouvert la soirée cabaret, au cours de laquelle Dominique Brynaert, de Télé Bruxelles – mais il est aussi un excellent photographe! -, allait nous soumettre à une interview, nous incitant à présenter un des aspects de notre talent à un public bien nourri et surtout bien disposé.

Michel Lemaire nous a gâtés avec un très beau poème de Jean Nohain et ensuite « Les copains d’abord » qui fut repris par un choeur de volontaires enthousiastes.

Puis un Joyeux anniversaire a fusé, un gâteau a fait son apparition alors que Dominique Leruth terminait son interview (très relax, puisque Dominique Brynaert est son mari): c’était son anniversaire, ce qui fut l’occasion pour une pause café/gâteau. Hélàs, il était 23 heures, et Cathy et son compagnon, craignant que leur voiture ne se transforme en citrouille avant qu’ils ne soient arrivés chez eux au pays des collines ont repris la route. Quel dommage, car nous avons ainsi été privés de la lecture de la nouvelle de Cathy, La Bête des Ardennes, vraiment excellente. Mais visitez donc son blog et découvrez la!

Nous nous sommes donc retrouvés à … 13 pour déguster le gâteau de Dominique, qui ensuite nous a lu un conte comme il n’y a qu’elle pour en écrire, Paraskevidekatriaphobia, soit la phobie du vendredi treize!

L’heure devenant de plus en plus impitoyablement tardive, c’est Michel Lemaire et son épouse qui ont dû s’en aller, et Francine et moi avons suivi, regrettant bien de ne pouvoir écouter Micheline Boland nous lire sa nouvelle, une sombre histoire de couvent et de mères supérieures ! Car avec Micheline … les âmes les plus insoupçonnables abritent parfois des talents d’empoisonneuses!