Ces Américains qui rient trop fort

Ecrit pour Pulm.com le 19 avril 2009

 

Obama désire beaucoup changer l’image de son pays à l’étranger. En homme qui a lui-même vécu dans plusieurs lieux et cultures, il sait que le manque de tact et un regard indifférent sur le monde des autres peut blesser. Même si c’est involontaire. Et il insiste, par exemple, sur le besoin d’éduquer les touristes américains se rendant dans d’autres lieux, de les préparer à ne pas choquer, à ne pas propager l’image du « ugly american », cet être arrogant et quelque peu ridicule qui fait claquer sa liasse de dollars au vent, l’aveuglante denture dénudée dans un rire tonitruant.

Mais il y a une autre source de malaise : les étudiants américains à l’étranger. Le Washington Times de mars en fait le triste constat. Il y aurait actuellement près de 3.000 étudiants américains aux prises avec la justice de leur pays d’accueil. C’est une minorité. Une petite minorité, mais si sonore !

La plupart d’entre eux évitent les excès, ou ne se font pas assez remarquer pour que ça ne devienne un problème. Mais voilà. On lâche dans le vaste monde des jeunes qui ne peuvent pas boire d’alcool chez eux, qui sont souvent sous traitement médical pour ce que chez nous on appellerait un pet de travers ou une crise d’adolescence, et qui s’évadent vers un pays qu’ils ont choisi pour l’attrait qu’il exerçait sur eux : l’Italie et ses charmants dragueurs, la France ouh làlà, l’Angleterre et ses pubs… Loin de tout contrôle, enfin aux commandes d’une vie « d’adulte », ils boivent sans faire la différence entre être pompette et entrer dans le coma éthylique. Ils arrêtent abruptement la cure d’anti-déprime dont ils sont malheureusement dépendants depuis leur montée d’acné juvénile. Ils couchent avec tout qui leur dit qu’ils sont spéciaux.

La liberté les aveugle et les détruit. Bruyants, trop colorés, trop remarqués, c’est un éphémère feu de joie qui les consume.

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