Grand défi d’amour…

Les reproches aux parents, ils pleuvent, ils s’abattent comme des hallebardes, striant leur image à tel point qu’on ne voit parfois plus ces milliers et plus d’actes d’amour qu’ils nous ont fait partager.

En ont-ils fait, des choses qu’ils n’auraient pas dû, et en ont-ils négligées, d’autres que nous trouvons qu’ils auraient bien pu faire…

Et puis… aurions-nous fait mieux ?

Pendant que nous étions là, à leur bouffer les ¾ de leur temps, avec le ¼ qui restaient ils essayaient de garder la tête hors de l’eau lors de cette longue et houleuse traversée. Ils étaient amoureux, ou ne l’étaient plus, ou ils l’étaient, oh horreur, d’une tierce personne. Ils avaient leurs challenges quotidiens au bureau, où on les aimait ou pas, avec les choses à faire pour que le ménage remporte le prix de l’excellence. Ils étaient malades, anxieux, buvaient trop, mangeaient mal, se souciaient de leurs parents et fratrie, l’argent et la santé volaient au-dessus d’eux comme de vilains oiseaux impatients, ils se trouvaient moches ou vieux avant l’âge, faisaient face à des choix et décisions, des disputes ou des gourmandises éperdues d’amour rien qu’eux deux pour une fois.

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Comme nous.

Ils ont fait de leur mieux. Qui ne nous satisfait jamais parce que nous tenons pour normal ce qu’ils font d’agréable, et très injuste ce qui nous manque. Par leur faute.

Un jour pourtant nous admettons que même les parents ont leurs limites, n’ont pas toutes les réponses, toutes les solutions, la sagesse et la clairvoyance inépuisables. Ils ne sont que des gens, comme nous. Qui font de leur mieux, parfois avec des pointes d’ingratitude, des marées d’impatience, des éruptions d’exaspération et reproches. Le jour où nous les voyons comme ces « gens » courant avec les autres sur les chemins de la vie, nous les accueillons en nous comme des « parents », fièrement. Ces êtres imparfaits nous ont mis au monde et puis nous y ont guidés avec leurs outils, avec leurs moyens, aussi bien qu’ils l’ont pu.

Et nous pouvons être fiers, heureux, que ces deux-là aient été choisis pour cette tâche, nous en réjouir. Ça ne les absout de rien, mais au moins… nous savons que c’était difficile, et que ce fut un travail de longue, longue durée, une tâche qu’ils étaient bien loin de mesurer quand, amoureux, ils ont ri dans le creux d’un lit en aimant leur odeur et les bruits de la chambre…

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