C’est Little Brother qu’il faut craindre, pas le Big…

SilecDepuis que nous confions notre fichier de vie au merveilleux monde virtuel des grandes familles d’amitié, on s’entend prédire de véritables apocalypses sociales. Notre vie privée a disparu. Tout ce que nous écrivons ou publions pourra être récupéré. Nous sommes espionnés dans les moindres recoins de nos pulsions. Ca finira mal, très mal. Ray Bradbury et Orwell avaient vu juste et nous avons écouté de faux prophètes ce qui nous jettera dans la gueule grande ouverte et flambante d’Ordinator, Facegloups ou Gnapper…

Régulièrement on annonce que Facebook a encore changé ses paramètres et s’il vous plait voulez-vous bien dé-sélectionner ceci ou cela de mon compte, merci vous sauvez ma vie privée et je vous revaudrai ça.

Mais Facebook ou pas, nous sommes cuits et archi-cuits. Tout ce qu’il y a à savoir sur nous – ça doit être passionnant ! – est déjà su. Nous payons par carte de crédit, et du DVD porno (bon, je sais, pas vous chers lecteurs et chères lectrices, je m’adresse aux autres) aux médicaments contre la constipation, on en connaît notre consommation exacte. On peut consulter nos dossiers médicaux et savoir nos petites hontes comme les gros problèmes. On connaît notre pointure, notre taille, nos tissus préférés, les films que nous aimons, nos auteurs favoris, nos destinations de voyages, notre budget vacances et le budget « booze ». Le nombre d’accidents de la route et de limitations de vitesse dépassées, la couleur de notre teinture de cheveux… Ce que nous avons été prêts à payer pour un chien de race ou un tapis rare. Si nous ajoutons deux euros à nos commandes cadeau pour l’emballage cadeau et la dédicace. Quelles dents sont encore à nous dans ce sourire étincelant.

Tout.

Aussi jouer à cache-cache avec Facebook ne sert à rien. Et puis, toutes ces infos, franchement… en dehors des listes revendues aux harceleurs qui savent que nous serons pensionnés dans six mois, sommes veufs depuis trois, adorons la marque Gourmet pour Minou et les vêtements Abercrombie pour nos chers petits… qui a le temps de cataloguer nos petits vices et délicieuses tendances ? Personne. Non, on ne paye pas de pauvres hères pour guetter sur un écran tout ce que nous faisons et le répertorier en grignotant un sandwich ramolli par la chaleur d’un sinistre laboratoire d’espionnage. Ça ne sert à rien. Sauf s’il y a un serial killer dans notre quartier, et alors peut-être entrera-t-on  les mots « meurtre-pleine lune-nanisme » pour faire une arrestation spectaculaire. Nous pourrions d’ailleurs être interrogés s’il s’avère qu’on a Blanche-Neige et les sept nains en livre et DVD, que l’on dort mal lors des pleines lunes et qu’on adore Agatha Christie… Mais les probabilités sont maigres.

Par contre… Facebook permet d’espionner les ex, les futurs, les futurs ex, les employés, les patrons, les voisins, les frères et sœurs. Et ça… autant savoir !