Pas d’assurance tout-risque pour les amours organisées

Denis Billamboz m’a fait, il y a quelques années déjà, le plaisir de lire « De l’autre côté de la rivière, Sibylla », et d’en faire une note de lecture. Qui m’a interpellée, parce que Denis a toujours le point de vue masculin de mon récit « féminin », et que c’est très éclairant!

« Edmée est très à l’aise dans la dissection des relations dans les couples qui sont presque toujours mal équilibrés. Elle ne semble pas beaucoup croire à la pérennité des couples qui explosent presque toujours, par manque d’amour, dans ses livres. Ainsi le couple n’est même plus un refuge contre les cruautés de la vie. Les femmes se retrouvent souvent seules face à un destin qui est souvent contraire et parfois même cruel. On dirait qu’Edmée est un peu désabusée et qu’elle regarde la vie avec un regard à la fois amer et acide comme si elle souffrait encore de blessures mal cicatrisées. Cependant, elle ne sombre jamais dans un pessimisme outrancier car elle réserve toujours une porte de sortie agréable à ceux qui savent aimer par amour ou amitié. Le bonheur et la joie sont possible dans l’œuvre d’Edmée mais seulement à ceux qui ont payé un lourd tribut de douleur et de sacrifices. »

On remarquera la similitude avec ce que Luc Beyer de Ryke a conclu dans sa préface pour mon troisième ouvrage « Lovebirds » : « C’est pourquoi je proposerai en exergue de ce recueil de nouvelles d’Edmée De Xhavée le mot de Péguy lorsqu’il adjurait de « ne jamais tuer la petite fille Espérance ». Chez Edmée De Xhavée, la « petite fille » est à la peine. Elle est atteinte jusqu’au fond du coeur et de l’âme. Elle se meurt… Mais elle survit. »

Je me suis donc penchée sur l’analyse de Denis. Et ai bien dû admettre – pas pour la première fois d’ailleurs – que l’habituel Happy Ending des films et contes Ils se marièrent, furent très heureux et eurent beaucoup d’enfants, me semble depuis longtemps un Ending et basta.

Ce n’est pas l’amour dont je doute, ni vraiment le mariage. C’est le mariage « gentiment imposé » par les coutumes et la société. Je ne dirais pas forcé mais c’en est la version soft. Et je me contente de regarder – à la loupe – celui qui se pratique sous nos cieux et cultures.

Le divorce de mes parents à une époque où c’était encore considéré comme une extravagance m’a certainement marquée, mais au moins ce fut une séparation officielle tandis qu’autour de moi j’entendais – ah, les enfants qui savent feindre de ne rien comprendre aux conversations des grands mais en retiennent assez – qu’on avait vu oncle Untel en vacances avec une maîtresse (et on savait qu’on avait un peu forcé la main de l’oncle en question pour qu’il épouse ma tante et qu’il avait dit, le brave malheureux : je l’épouse, c’est entendu, mais je ne l’aime pas) ; que Mr et Mme Machin se trompaient l’un l’autre et fréquentaient socialement les amants et maîtresses du conjoint ; que X couchait avec les maris de toutes ses amies – et perdait ses amies ; que les deux derniers enfants du ménage L…  n’étaient pas ceux de monsieur L… ; que monsieur J… fermait un œil bien fatigué de vieillard sur les frasques de sa jeune et vigoureuse épouse.  Bref, s’il y avait des ménages sans histoires, il y avait les autres, qui étaient quand même très nombreux. Et on parlait plus de ceux-là, soyons logiques : c’était bien plus amusant !

Et dans les ménages sans histoires, d’après mes observations d’enfant attentive et sans pitié ils étaient tels souvent par la vertu de la soumission totale d’un des deux à la domination de l’autre. Soit on avait une épouse qui n’avait rien à dire ni à dépenser et était délirante de joie à l’idée d’un thé à la maison avec ses amies, diversion paradisiaque, ou c’était l’époux qui marchait à la baguette et était mort depuis des années mais ne le savait pas encore, comme on le disait d’un de mes grands-oncles…

J’ai pourtant rencontré un couple qui, de toute évidence, vivait d’amour. Qui vivait l’amour. Ils n’étaient pas mariés – je crois qu’elle était sa maîtresse depuis toute une vie, plus jeune que lui mais bien vieille déjà quand je les ai vus. Il avait 93 ou 94 ans à l’époque et elle était une jeunette de 70 « et des »… Mais l’amour était bien là, palpable, tactile et bienveillant. Et lui, protégé par l’admiration constante d’une femme qui l’aimait depuis sans doute 40 ans, il était disert et vaillant, absolument passionnant à écouter et regarder. Son épouse légitime avait fini par mourir mais pour des raisons, je crois, de succession envers ses enfants il n’avait pas épousé sa fidèle amoureuse avant de nombreuses autres années.

J’ai été aussi marquée par cette réussite amoureuse que par tous les échecs sentimentaux qui entouraient mon existence : il y avait donc, dans le désert affectif des amours organisées – comme les vacances – des gens qui faisaient voyage et changeaient de route en aventuriers, puis trouvaient le bonheur. Le cultivaient et le gardaient. S’en enveloppaient pour toute la vie.

Je ne suis pas contre le mariage. Mais je déplore que l’on persuade des gens faits pour vivre seuls qu’ils seraient mieux à deux ; que l’on pousse des gens à se marier parce qu’il est temps d’avoir des enfants, que l’amoureux ou l’amoureuse du moment est parfait(e) et qu’il faut se décider ; que l’on néglige de parler du besoin de marier les cœurs mais aussi les corps et de préciser que si l’un est absent ou moribond, le mariage n’en sera pas un longtemps. Je déplore que l’on dise aux gens qu’il faut « se contenter » comme si la perspective d’une vie à deux avec quelqu’un qui ne vous parle pas ou ne vous désire pas ou ne s’intéresse pas vraiment à vous est finalement le lot de tous ou presque. Que l’on pousse les gens à se réciter comme un mantra maudit qu’on ne sait pas ce qui se passe chez les autres, baume infâme parce qu’on suppose alors que chez les autres c’est encore, si possible, un peu plus médiocre.  On nivelle par le bas en disant n’espérez pas trop.

Je ne porte pas de jugement non plus sur les gens infidèles. Que ce soit « en cachette » ou suite à un accord tacite avec le conjoint. Ça ne me regarde pas. J’en ai trop connus, qui étaient même des personnes épatantes. C’est souvent un moyen efficace de protéger les apparences d’un mariage sans afficher ses désillusions. Ce qui me désole c’est quand,  justement,  on est arrivé au point où seules les apparences sont sauves et que le mariage lui-même est une grande vasque d’indifférence plus ou moins patiente, ou de comptes réglés sournoisement dans le secret des regards et remarques. Un quotidien truffé de haussements d’épaules, yeux levés au ciel et réflexions au cyanure.

Alors que l’amour, c’est la force bénéfique du monde.

Et que le mariage devrait être un lieu où chacun peut grandir et s’épanouir avec l’aide de l’autre, et semer la confiance dans une progéniture saine. Sans les restrictions de l’autre. Un lieu où se trouver bien, en confiance absolue. Un lieu où on se sent inconditionnellement aimé et soutenu, libre de vivre. Un refuge contre les cruautés de la vie, comme le dit Denis Billamboz!

Alors me direz-vous… je vois du divorce et séparation à tous les coins. Oui souvent. Quand c’est nécessaire. Ou tout au moins ce qu’on appelle, depuis que le mariage existe, « des arrangements, des concessions », pour ne pas s’emprisonner mutuellement dans le mal-être et le mal-vivre. Pourtant je trouve qu’un serment – même si prononcé alors qu’on n’y comprend rien – qui engage à prendre soin et rester proche jusqu’à la mort (ce qui pour moi est la vraie fidélité) doit se respecter. Et qu’un couple qui se sépare n’échoue pas forcément. Au contraire il a pris conscience de faits qui pourraient le conduire au mépris mutuel, ou à une vie un plus un égale deux fois un, sans vrai partage. Un couple qui se sépare conserve ses devoirs de loyauté – surtout s’il  a des enfants – et d’amitié, de collaboration harmonieuse sur ce qu’il a construit pendant les années positives. La famille un jour formée le restera à jamais.

Mais il faut arriver à faire le point. Vivre une lente extinction des feux ensemble est un suicide collectif, et alors qu’on se sert souvent du prétexte enfants pour expliquer qu’on est restés ensemble pour eux, ça fait parfois des dégâts pires qu’une séparation courageuse, le fait de grandir et de se construire entre deux êtres dont la vie agonise faute d’air. Tout comme avancer de vengeances en vengeances invisibles aux yeux des autres mais qui grignotent l’âme, ce qui n’est  certainement pas un « plus » pour les enfants. Je me souviens certes du désespoir de ma mère lors du divorce – à une époque où les femmes ne travaillaient pas et avaient donc comme plan de carrière… faire un bon mariage! – mais aussi du malaise que j’éprouvais en percevant la tension entre mon père et elle.

C’est sans doute pourquoi, cher Denis, je pense en effet que le bonheur et la joie ne sont possibles qu’après être parfois tombé de Charybde en Scylla, pour enfin arriver à faire face à qui on est et ce qu’on veut vraiment.

 

Publicités

Villa Philadelphie, Evelyne et Rosalie

CoverEt le voici officiellement lancé dans la réalité du monde du livre, mon dernier roman. Pages de papier, pages que l’on tourne, annote, corne, bénit d’un nuage de thé ou auréole de café en se maudissant, pages entre lesquelles on glisse le signet qui nous attendra demain, sans impatience.

Et que raconte-t-il, ce roman?

Quarante ans qui glissent lentement entre les murs de la Villa Philadelphie, ces deux maisons jumelles que Richard, père riche et aimant achète pour que ses deux filles, jeunes mariées, continuent de vivre proches comme par le passé. Ces deux filles qu’Aimée, sa femme véritablement aimée, et lui, ont eues et qui ainsi élèveront leurs enfants ensemble, dans le même jardin, sous le même toit d’ardoise, fêtant les joies cadencées d’une vie de famille dans la veranda commune.

Et combien il est vrai que l’amour rend aveugle. Car jamais Aimée et Richard n’ont compris que l’entente n’avait pas sa place dans ce qui unissait les deux jeunes filles au caractère tellement opposé.

Et tandis que les années passent, que grandissent les enfants et vieillissent les époux, les caractères de Rosalie et Evelyne se précisent, forgés par la vie, ce qui y manque et ce qui y abonde.

« Richard ne regardait ses filles que par-dessus le journal. Elles étaient le jouet de sa femme, et seraient sa fierté de père quand elles l’allieraient à de bonnes familles dont elles auraient conquis le cœur des fils.»

« Rosalie était ce qu’on appelait un enfant de l’amour, conçue dans les rires et les frôlements interrompus de longs baisers et caresses qui leur coupaient le souffle, leur coloraient les joues et allumaient leurs yeux. Oh ! Ce somptueux secret de la chair qu’ils partageaient et qui les nimbait d’éternité… L’heureux désordre du lit, dont le froissement des draps brodés trahissait le fait qu’ils n’utilisaient qu’un côté, assoiffés de leurs odeurs, tiédeurs et soupirs. Combien d’œillades complices ne s’étaient–ils échangées au cours de ces premières années, les lèvres malicieusement pincées pour contenir à table une joie que les domestiques ne devaient voir, et commentaient ensuite à la cuisine… »

Pour la couverture, j’ai pris une photo de ma grand-mère et sa sœur… qui s’adoraient ! Mais bon… elles « font comme si… ».

Il figure maintenant dans le catalogue Chloé des lys … Ici, ici-même.

Victoire, ou le chemin de croix d’une flamme…

Les années victoireJe viens de lire – pas trop vite pour ne pas user le plaisir et pas trop lentement parce que mes doigts et mes yeux se trainaient, réticents, au long des pages –  Les années Victoire  d’Anne-Michèle Hamesse.

 
Onirique, le décompte de ces années. Belge dans tout ce que l’esprit belge peut avoir d’indomptable, rêveur, démesuré et surtout… flamboyant. C’est une sorte de malle gigantesque qui contient des Jules, des maris, des chiens et chats, des copines, des enfants – qu’on ne déballe jamais vraiment, nous ne voyons que le bel emballage cadeau ! – des ennemies à jamais ou le temps que ça prend de se calmer, des époques contrastées, des constatations lapidaires sur soi et les autres.

 
Elle donne la voix à Victoire mais aussi à des personnages de papier, des maisons, des défunts (tellement vivants et tellement absents), des amies…

 
Tout commence – sa vie et non pas le livre – par un déchirement, et une fois le ton donné, ça déchire tout le temps. Mais Victoire vit ses drames en technicolor, avec tambours et trompettes, fureur, et toujours ce regard posé d’un peu loin, indulgent avec une pointe d’ironie aussi. Et Victoire se remet de tout, enfin, elle se retourne et ne peut s’empêcher de rire de bien des choses avec le recul, sauf de ce qui ne peut vraiment pas faire rire. Elle nous raconte tout avec un humour féroce, une franchise furieuse et théâtrale. C’est vivant comme un feu d’artifice, et si le son des pétards est parfois proche de celui des grands chagrins que l’on ne peut porter qu’en habits de scène, il y a toujours derrière, déjà, les gais accents d’une fanfare, des ballons et quelques amies en majorettes qui s’esclaffent.

 
Alors, Anne-Michèle et moi mentionnons toute les deux Bicot Bicotin dans notre roman, nous nous sommes toute les deux mariées avec un bandana blanc dans les cheveux, nos romans respectifs (Les années Victoire et Les romanichels) se terminent par des phrases similaires, et nous avons souvent le même regard sur le passé :

 
« Nous sommes une génération perdue, de quoi avons-nous l’air avec nos colliers de fleurs, nos folksongs et nos Katmandou de pacotille ? Nos Woodstock. Nos on fait l’amour et pas la guerre. Ca nous a menés où, toutes ces bêtises ?

 
Nous sommes tous multi-divorcés, nous ne croyons plus en rien ou alors en trop de choses à la fois, nous ressemblons tous aux névrosés des films de Woody Allen même si Manhattan est à Uccle et que Central Park a des allures de Bois de la Cambre…(p.40) »

 
Constat sans indulgence mais qui n’est pas un cul-de-sac, car Victoire, si prise dans un cul-de-sac, escaladerait le mur quitte à se trancher les paumes au sommet et devoir chanter une berceuse au chien de garde de l’autre-côté.

 
Victoire a la soixantaine, et proclame haut et fort : « Les vieux sont des jeunes comme les autres ». Voilà, c’est au fond bien simple. Et si vrai. Et Victoire savoure l’arrivée au bon port de l’amour après les soixante premières années de sa vie. Elle vient de trouver la partie manquante de son être d’amour. Elle prouve que jamais la recherche ne prend trop de temps, que tout ce qui précède ce qui mène à la rencontre (délicieusement fortuite… hum, le destin est le roi du déguisement et adore celui de hasard mais ici il a frappé fort !) n’est que la tempête accompagnant le retour à Ithaque.

Les années Victoire. Editions Novelas, 265 pages. ISBN: 978-2-930599-17-5

Beaucoup de personnages

J’ai écrit ce billet tout au début de mon blog, qui alors était overblog. Nous étions en décembre 2007.

 

1900Oui, il y  en a beaucoup dans mes romans. Ce n’est pas délibéré, c’est simplement que je constate que dans la vie, c’est en effet cette foule de frères, soeurs, parents, familles, amis et parfois même simples passants éphémères qui vont y créer le décor exact.

Bousculés ou aimés par les uns, soutenus ou agressés par les autres, nous forgeons notre caractère, accumulons ou laissons s’atténuer les rancoeurs, oublions ou gardons précieusement les joies. Nous nous teintons de tous ces apports des autres.

Déjà quand j’étais « jeune », (c’est à dire vers 13 ou 14 ans, âge où j’ai brièvement dévoré des romans anglais copiés sur ceux de Daphné du Maurier – vous savez, ceux où une ravissante mais pauvre jeune fille assez nunuche était engagée dans un sombre château pour s’occuper des enfants d’un veuf au caractère macho et paternaliste? Ça ne ratait pas, elle faisait la conquête du monstre malgré des rivales aux décolletés endiamantés et un ou deux squelettes heureusement inodores découverts dans une malle, ainsi qu’une gouvernante sinistre et psychologiquement dérangée qu’aucun châtelain normal n’aurait gardée auprès de sa progéniture!)… quand j’étais jeune donc au point d’aimer ce genre de lecture, disais-je, je méprisais ce truc facile qui consistait à choisir comme héroïne une orpheline et de limiter la famille du châtelain au profil aquilin – et qui savait toujours tout – à en général un frère paillard ou une soeur éternellement vierge, et les deux enfants qui n’avaient que des rôles de figurants. Et juste pour dire qu’il était riche, respecté et convoité, on ne manquait pas de coller la soirée de Noël et d’en décrire les fastes, calèches et équipages. Et bien sûr l’odieuse rivale scintillante de tous ses diams snobait notre pauvre petite Cendrillon seule au monde. Je ne trouvais pas ça normal, aussi peu d’interventions humaines.

Mais c’était pratique, je ne le conteste pas, et je n’ai pas manqué d’utiliser ce subterfuge assez lourd dans un de mes romans d’alors – et ma seule lectrice en fut  mon amie Bernadette! On y faisait la connaissance de mon personnage féminin, balbutiante et humble à souhaits, à bord d’un voilier en direction de je ne sais plus où, et ses parents passaient gentiment par dessus-bord lors d’une tempête. Enfin, elle était seule au monde, prête à être livrée au riche châtelain au nez en bec d’aigle et caractère instable.

A présent pourtant, lorsque j’écris, j’aime la présence d’un vrai groupe de personnes, qui parfois elles-mêmes en approchent d’autres. Ma propre vie n’aurait pas été la même si ma mère n’avait pas rêvé toute sa vie d’horizons lointains que mon père avait vus. Ou si mon père n’avait pas tant aimé écouter ses 33 tours de cire achetés à Buenos Aires, et me prendre dans ses bras pour « danser » le tango. Ou si ma grand-mère n’avait eu la passion du cirque. Ou si ma tante n’avait été si désespérément riche et avare qu’avoir beaucoup d’argent pour moi a l’aura d’une malédiction. Ou si je n’avais jamais su que « Didine », notre vieille voisine en longue robe de satin noir et le cou cerclé d’un ruban avec un camée, avait pendant la guerre caché des messages de la résistance dans une tête de bouledogue en porcelaine dont le chapeau tyrolien se soulevait.

Serais-je la même aujourd’hui sans lui, sans ces amis de tous bords, sculpteurs, peintres, berger irlandais, photographe de stars écossais, champion d’échecs alcoolique et romantique, un Allemand celui-là, ancienne danseuse espagnole devenue serveuse dans un petit resto, fils de gangster belge ( mais oui, il y en a… des gangsters, et leurs enfants!)… Tous ces gens ont contribué à affirmer ou atténuer ce qui se trouvait en moi alors, attendant de pouvoir fleurir ou d’être assoupli. Impossible de me retrouver « à la case départ » après tout ça!

Mon existence a changé de cours bien des fois, mais j’ai gardé la flamme allumée. Et si parfois elle ne fait que respirer en secret sous la cendre, jamais mes paumes ne seront froides, jamais mon coeur ne sera vide. La sarabande de tous ceux qui m’ont appris à épeler les mots bonheur et douleur est longue.