Saint Nicolas…

Je venais de promettre que je serai sage... Bien sûr, que j’y croyais ! Je ne trouvais même pas ça bizarre, ce vieux monsieur aux habits tellement peu pratiques circulant sur un âne étrillé et bouchonné de frais, bravant le vive le vent, vive le vent d’hiver, ne craignant pas de finir dans une glissade tragique sur les toits d’ardoise. Que passer dans la cheminée l’aurait grillé et noirci je n’y pensais pas. C’était un miracle et donc ça n’avait pas besoin d’être plausible. Et au fond… de quelle naïveté peut-on parler, puisqu’on me demandait bien aussi de croire au « bon Dieu », à Moïse qui ouvrait les eaux d’un geste de gourou, à des pains multipliés, du vin inépuisable, des anges venant à tire d’ailes apporter de bonnes ou terribles nouvelles, une lyre ou une palme entre les mains manucurées…

L’avantage de Saint Nicolas, c’est que lui, il avait une incidence sur ma vie. Oh je n’aimais pas trop qu’il vienne à l’école et qu’il lise devant tout le monde que je bavardais en classe (« dissipe ses compagnes »), ce qui semblait figurer dans l’énorme registre de l’actif et du passif de ceux qui étaient alors l’avenir d’une nation qui se remettait de la guerre. Je trouvais aussi qu’il était un peu coquet et futile, car sa robe à l’école n’était pas celle qu’il mettait au Grand Bazar, pas plus que la barbe d’ailleurs. Avait-il un coiffeur pour barbe qui la lui bouclait ou la lissait, voire lui donnait un aspect d’étoupe un peu rustique ? Au Grand Bazar c’était de charmantes jeunes filles déguisées en pages qui l’aidaient, alors qu’à l’école c’étaient les sinistres religieuses (oui je sais, j’ai une dent contre elles, mais elles m’ont assez mordue et maintenant c’est mon tour…). Au Grand Bazar il acceptait bien volontiers mes affirmations sur le fait que j’étais gentille et travaillais bien et il me donnait alors le cliquet infernal, horreur des parents, que l’on enfouissait en poche en croyant atténuer le clic-clic-clic, alors qu’à l’école, eh bien… avec le registre traître que les chères sœurs lui apportaient, il ne me restait qu’à promettre de faire mieux et repartir avec un petit filet aux mailles rouges rempli de pièces d’or en chocolat.

Le cliquet, terreur des parents

Le cliquet, terreur des parents

Mais à la maison, ah ! Notre jardinier Léon enfilait une paire de gants  blancs, et Mademoiselle (Sibylla, qui avait le béguin pour lui) veillait à ce que nous soyons bien dans la chambre à jeux à une heure dite, de bonne humeur, et pas en train de nous disputer, mon frère et moi. La porte s’entrouvrait brusquement et, merveille, miracle, magie, splendeur, la main gantée lançait avec force des nic-nacs et des petits caramels. Une fois, deux fois, trois fois même ! J’étais hystérique, persuadée d’avoir vu une apparition aussi impressionnante que Sainte Thérèse de Lisieux ou Saint Antoine de Padoue. Si pas plus. Si, plus ! Car si j’avais rencontré le saint ou la sainte, j’aurais dû me prosterner en prières, m’inonder d’eau bénite, et peut-être, peut-être, promettre d’entrer dans les ordres pour leur faire plaisir. Ici, la joie pure et aucune autre promesse à faire que, si jamais il nous l’avait demandé, celle d’être bien sages. Mon frère et moi nous précipitions sur les bonbons – après qu’il ait hurlé d’effroi… Mademoiselle, toute à la joie d’avoir entrevu la main gantée de son bien-aimé, nous rappelait à l’ordre : comment, on ne remerciait pas ??? Aussi hurlions-nous comme des cheminées d’usine… Merci Saint Nicolaaaaaaas !

J’imagine notre bon Léon redescendant l’escalier en hâte, souriant et pensant – avec son accent wallon – que nous étions bien mamés asteure.

Ma grand-mère – Edmée, l’autre – m’avait certifié avoir vu le Saint sur le toit du Grand Bazar. Avec l’âne, la hotte pleine de jouets, la belle soutane et tout et tout. Une preuve de plus, pensai-je alors ! Si Bonne mammy l’a vu, alors… Elle expliquait même, avec un bel aplomb, que si les gens ne le voyaient pas, c’est qu’ils ne regardaient pas en l’air, or il était évident que les cheminées ne se trouvaient pas sur les trottoirs…. Elémentaire, ma chère Edmée.

Une année, elle s’était arrangée avec lui – étaient-ils en correspondance ? – pour qu’il vienne déposer les cadeaux dans son salon pour ses trois petits-enfants. Chez elle, il agissait autrement que chez nous où souvent il nous offrait un vêtement dont nous n’avions pas tellement envie mais qui allégeait élégamment les dépenses de ma mère puisqu’il paraît que nous n’en finissions pas de grandir. Et il se limitait à un ou deux « beaux » jouets amusants. Alors que chez Bonne-Mammy, pour le prix de deux beaux jouets on avait 50 horreurs qui nous faisaient gémir de joie. Tout était cassé endéans les deux jours mais quel plaisir ! Et cette année-là, elle avait acheté de grands sacs de gaze  bleue, qu’elle avait remplis (enfin… que le bon Saint avait remplis…) de multiples ancêtres des jouets made in China 20 pour 1 Euro. Et, absolument ravie, je me suis exclamée : « Oh ! Des sacrebleus ! »

On voit le genre de « jurons » que l’on employait chez moi….

Mais le bonheur, ah le grand bonheur que c’était que de descendre de nos chambres le matin et d’aller voir dans le salon de ma mère s’il était passé. Devant la cheminée de briques rouge était tapi un petit poêle à charbon replet de fonte noire, avec des pieds griffus et des fenêtres de mica derrière lesquelles dansaient les braises. C’était sous son ventre que nous déposions nos pantoufles, et sur lui – éteint pour la nuit – que nous avions déposé l’assiette avec la carotte et la tranche de pain pour le cher âne. L’émotion m’étreignait en ne trouvant plus que des miettes… j’imaginais combien l’âne avait dû être content par ce froid d’avoir une belle tranche de pain blanc et une carotte. Et dans nos pantoufles, la récompense pour une gentillesse qui s’était prolongée aussi loin que possible : une petite pomme de massepain cru, rose et jaunâtre, ou une carotte pimpante, orange et un peu ridée, ou encore quelques pièces d’or en chocolat. Un cœur dentelé d’arabesques en massepain cuit, typique de notre région liégeoise (pour les malheureux qui ne savent ce qu’est ce délice, je vous conseille ce détour qui vous dira tout ou presque). Ou un charbon si la gentillesse n’avait pas émergé la veille. Que je remettais fièrement dans la huche à la cuisine, imaginant que ma mauvaise humeur allait procurer 5 minutes de chaleur malgré tout. .. A quatre pattes et en pyjama, mon frère et moi nous faufilions derrière le poêle pour enfiler nos têtes dans l’ouverture de la cheminée, et lancions un Merci Saint Nicolas si sonore que nous aurions pu briser les vitres.

Casse-noixEt le bonheur d’avoir des mandarines, des noisettes, des noix que l’on ouvrait avec le casse-noix en forme de gouvernail. Les dates farcies au massepain… Et les figues et raisins secs… Tout évoquait un long et mystérieux sommeil qui allait saisir la région au sortir des fêtes, le sommeil de l’hiver. Les flammes dans les feux ouverts et les poêles, celles des bougies, les fausses capturées dans les réverbères qui éclairaient notre retour à la maison en quittant l’école. Arrivait le temps des petits déjeuners de porridge qui brûlaient la paroi de l’estomac, avec cette blonde cuillerée de cassonade ; les œufs au lard ; les vieilles pommes de terre infectes à la teinte morne; le bouillon et la biscotte de 4 heures. Dans la chambre à jeux, mon frère et moi hésiterions longtemps avant de manger ces séduisants Peter Pan ou Blanche Neige de massepain que l’on aimait trop regarder. Et puis on cédait. La tête de nos héros fondait contre nos palais ingrats.

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L’Asie…

Sibylla était d’origine javanaise. Sa mère avait été une jolie Asiatique à la peau soyeuse, au corps menu, aux manières empressées, aux cheveux longs et noirs. Elle-même avait hérité de sa peau ivoire et fine comme un pétale, d’une petite silhouette gracile, de cheveux d’ébène implantés sur son visage un peu large et plat par une pointe hardie qui fendait son front. Un nez à la ligne discrète, et un petit derrière qui tendait ses jupes avec fraicheur.

Zézelle

Elle nous disait toujours combien sa mère était belle. Le père, Hollandais, était peu présent dans ses souvenirs mais dans mon esprit il ne rimait pas avec douceur. Et quand sa jolie petite épouse asiatique était morte, il avait épousé une robuste Hollandaise qui détestait la petite Sibylla et lui avait un jour asséné un coup de tisonnier sur la tempe. Elle nous en montrait la marque d’un doigt qui toujours, resta indigné. Nous imaginions cette abominable marâtre comme celle de Cendrillon, mais avec une coiffe brodée à petites cornettes amidonnées et des sabots de bois martelant le sol.

Un jour une voiture s’est garée en face de chez nous, et Sibylla en fut très agitée. Venez, venez, il y a une Indienne dans la voiture, venez voir! Nous… on s’attendait à rien moins de Pocahontas en robe de buffle blanche, perlée, emplumée, mocassinée… On frôlait l’apoplexie de stupeur : que diable venait faire une Indienne à Heusy (“les-bains-de-pieds” comme complétait Lovely Brunette)? Alors qu’elle avait des manières parfaites de dame de la cour en toute occasion (sauf quand… mais heu, non, je ne raconterai pas ça…), là Sibylla était prête à tous les sacrilèges au protocole et avait pris les jumelles de mon père, les réglait et nous les mettait dans les mains, pour que nous puissions voir… l’Indienne. Qui était bien Indienne mais de Calcutta ou Bombay. Nous étions très très déçus, mais avons joué le jeu, oooooooh Zézelle, c’est de votre pays? Et elle de nous expliquer, haletante et presque hystérique que non, mais c’était … tout près!

On comprend qu’elle se languissait du pays maternel.

Et donc chaque fois qu’elle retournait à Maastricht, hop, elle nous rapportait de la nourriture indonésienne. Nous mettions du sambal dans tous nos plats, mangions du bami et nasi goreng chaque semaine, ou un mélange de porc, riz, curry, bananes et endives généreusement coloré de sambal, des kroepoecks, chantions timélou-lamélou-panpantiméla-timélamélou-concodour-la baya parce que ça faisait chinois. Elle nous offrait aussi de merveilleux coquillages qui, quand on les plongeait dans un verre d’eau, s’ouvraient et libéraient une belle fleur de papier qui s’élevait vers la surface.

Bref, l’Asie était notre jardin…

Aussi quand la paroisse a organisé un goûter costumé pour le carnaval, et que ma mère a refusé d’acheter des déguisements à ne mettre qu’une seule fois, Zézelle a imposé son idée. Elle nous a fait à chacun une tresse de mandarin en laine noire (on avait déjà les bandeaux avec les tresses d’indiens pour jouer sur nos fières montures – des piquets montés d’une tête de cheval), nous a mis en … pyjama, dessiné d’énormes sourcils obliques sur le front, collé sur la tête les couvercles côniques de deux mannes à linge, et nous a envoyés ainsi dans la rue en nous jurant que nous ressemblions à d’authentiques Chinois. On ne discutait pas avec Zézelle, et franchement, on n’en menait pas large.

Fu Manchu 2

Nous étions très conscients d’être en pyjamas sous nos manteaux, le chapeau ne tenait pas et donc on devait avoir la main dessus en permanence, on trouvait que nos sourcils étaient très noirs et agressifs et qu’on ressemblait à Fu Manchu. Et je ne me souviens pas si ce malaise a duré une fois sur place, au milieu des petites marquises, Zorros, cow boys et squaws…

Mais c’est un plaisir de me souvenir de Sibylla!

Septembre…

C’est le mois de mon anniversaire. Peu à peu je commence même à l’aimer. Car il paraît que nous sommes nombreux à ne pas aimer notre anniversaire. Je n’en révélais jamais la date, sans aucune coquetterie en fait… c’était un jour comme les autres je suppose, et ça l’est resté.

Je me souviens d’un goûter d’anniversaire alors que mes parents étaient encore ensemble. Donc peut-être le 5ème… On m’avait mis des bigoudis – tiens c’est peut-être pour ça que je n’aimais pas mes anniversaires : ma mère me mettait des bigoudis, torture nocturne pour un résultat qui m’horrifiait mais elle était absolument ravie. Ca me traumatisait tellement, ces rouleaux de fer, que j’ai plusieurs fois rêvé que j’allais à l’école … en pantoufles et bigoudis !

 

 

Trois ans... ma mère était folle de Shirley Temple

Trois ans… ma mère était folle de Shirley Temple

 

Six ans... j'ai survécu à la nuit de bigoudis

Six ans… j’ai survécu à la nuit de bigoudis

Mais pour en revenir à cet anniversaire, mes parents avaient organisé des jeux dans le jardin (saut dans un sac à pomme de terre – je suis tombée – et course avec une cuiller contenant une pomme de terre – elle est tombée). Puis on avait visionné un film dans le grand salon, je suppose un Charlie Chaplin mais je ne sais pourquoi j’ai le souvenir d’un skieur dans la neige. Quelqu’un a mis un bug dans mon souvenir.

Une autre fois on a invité d’autres « petites amies » (dont Titanic – petite Annick qui est toujours mon amie) et mon frère est tombé follement amoureux, tout l’après-midi, d’une petite blonde.

Mais le souvenir le plus merveilleux, il me vient de notre gouvernante Sibylla. Cet anniversaire tombait hélas juste après la rentrée des classes. Mais lorsque je descendais à la salle à manger pour le petit déjeuner, Sibylla avait parcouru le jardin dès son lever, sécateur à la main, comme une vestale matinale, et dans l’anse de ses bras avait posé des fleurs de toutes tailles, larmoyant encore de rosée. Puis elle en avait orné le dossier de ma chaise et entouré l’assiette, en enfilant même dans le rond de serviette. La salle embaumait du chœur sucré des pétales et feuillages, et je me sentais fière, débordante de fierté, alors que je prenais place. Rien n’était plus beau que cet hommage à l’éblouissante simplicité. C’était vraiment « mon » jour de fête.

Je ne sais même plus si je recevais mon cadeau à ce moment ou si on attendait le retour de l’école, et d’ailleurs je n’ai souvenir que de deux cadeaux : deux albums des Aventures de Bob et Bobette … un offert par mon père (Les mousquetaires endiablés) et l’autre par la blondinette (La trompette magique) qui bouleversa le cœur de mon frère le temps de quelques jeux.

Je réalise à présent combien cette mise en scène florale était un geste d’amour, qui ne coûtait rien et donnait tant. J’ai reçu, il y a quelques jours, un bouquet de jardin de solidago, et ai revu leur or flamboyant sur la nappe de cette petite fille qui avait bien de la chance…

Salon retouché

Dans son Herbier légendaire, Marie Gevers donne à cette fleur la même date anniversaire que moi…

Portrait retouché

Les humeurs de Sibylla

Sibylla, elle a existé. Et sa vie a été par moments semblable à celle qui se déploie dans les pages de ce roman. Je ne dirai pas lesquelles, enfin pas toutes…

Sibylla, la vraie

Elle a bel et bien été notre gouvernante, à mon frère et moi. Pas d’abominable tante Marie, ni de Mimmo aux chaussures cirées et visage hargneux. Elle venait de Maastricht, et je me souviens qu’avec mes parents nous avons été la rencontrer car elle allait devoir s’occuper de mon petit frère alors en Suisse depuis un an. C’était dans une maison campagnarde dont j’ai tout oublié sauf le chemin boueux qui y menait et le petit chat qui jouait avec les franges du tapis. Et d’elle, agitée et aux bonnes manières, qui riait un peu trop vite – elle a toujours ri bien volontiers, et se mettait en fureur avec le même entrain.

Elle était déjà d’âge moyen – on appelait ça « moyen », alors …  maintenant on n’oserait plus – et son visage était sérieux la plupart du temps. De sa mère Javanaise elle tenait une peau lisse et extrêmement douce, presque sans pilosité ce qui la rendait très fière, et des cheveux noirs qui s’avançaient sur son front en une pointe hardie. Une des sept beautés de la Vierge, affirmait-elle. Je n’ai jamais su ce qu’étaient  les 6 autres…

Un de ses fous-rires les plus incongrus fut celui qu’elle eut un jour alors qu’elle avait enlevé son dentier et que je l’ai surprise. Je voulais absolument lui parler mais elle fronçait la bouche – que je trouvais soudainement plate et dérangeante – avec obstination tandis que le rire la gagnait. Moi, je me demandais pourquoi elle se moquait de moi, et revenais à la charge avec insistance mais allez, Zézelle, qu’est-ce qui vous fait rire ? Et tout d’un coup elle n’a plus su tenir, et un ha ha ha gigantesque a forcé son passage et écarté ses lèvres, révélant une bouche rose et déserte devant mon visage stupéfait, si stupéfait que la malheureuse Sibylla a eu bien du mal à reprendre le contrôle de son humeur. Moi, qui ne savais pas que les dentiers existaient – quoi qu’il y avait celui que Robert, à Viroinval, gardait sur le manteau de sa cheminée parce que dans la bouche, il le gênait – j’ai dû demander à ma mère l’explication de ce miracle extraordinaire…

Elle mettait de la poudre de riz, était coquette et élégante, bien faite et menue. Sa tempe gardait la trace d’un coup de tisonnier asséné par la seconde épouse de son père, et la mienne garde- vaguement – celui qu’elle m’a fait en me jetant contre le radiateur. Je suppose que je l’avais « asticotée » et Mademoiselle n’aimait pas ça. Ce soir-là, ma mère revenait de vacances, et Mademoiselle s’est donné bien du mal à inonder mon front de compresses d’eau dans l’espoir de résorber la jolie bosse dont sa vivacité m’avait couronnée, mais ce fut peine perdue. Oh, à l’époque, on n’avait pas encore décidé qu’une torgnole un peu forte était un acte de torture, et ma mère avait surtout envie de se mettre au lit et de défaire sa valise. Et je n’en ai jamais voulu à Mademoiselle… En fait, je me souviens d’elle comme d’une personne aimante, qui étreignait fort et avec émotion, et a fait fièrement des photos de moi lorsque j’avais 16 ans et qu’elle est revenue avec son époux – oui, elle s’était mariée sur le tard – lors d’un départ en vacances de ma mère à l’occasion duquel elle avait offert de reprendre la direction de la maison – parce qu’elle me trouvait si jolie que ça la flattait… j’étais un tout petit peu sa fille, au fond !

Au revoir, Sibylla !