Sortez du nid et entrez dans le train fantôme

Il arrive que l’on s’étonne que j’aie vécu « autant de choses inhabituelles » – souvent bien amusantes avec le recul – quoique moins agréables sur le moment. Ce n’est pas que j’allais à la recherche d’émotions fortes, ni que j’aie fréquenté ce que la terre offre de plus étrange comme compagnie. Je n’étais pas plus étourdie que d’autres, et ma témérité s’accompagnait toujours de prudence.

Je suis partie vivre en Italie avec un bel éventail d’adresses de gens à contacter de la part de… et de…

Quand j’ai fais mes « adieux » à la Belgique pour le midi de la France, j’avais aussi l’adresse de quelqu’un à qui j’avais écrit des mois avant et par qui j’ai eu un appartement magnifique tout de suite, et un rendez-vous pour un emploi qui devait se créer quelques mois plus tard.

Idem pour les USA, j’y avais un cousin (que j’ai toujours… ).

Mais voilà… quand on quitte le nid et le rayon de pouvoir des relations, de la famille, des connexions acquises, on est en haute mer. Plusieurs fois on m’a dit « allez voir Untel et dites-lui que c’est moi qui vous envoie » pour voir Untel pâlir quand je sortais cette formule magique. C’est machin qui m’envoie. Et que savais-je au fond de machin, qui souvent voulait simplement jouer les importants qui ne me renvoyaient pas bredouille…

Les étudiants qui partent dans une autre ville pour accomplir des études sont immédiatement inclus dans un groupe, celui des autres jeunes étudiants comme eux. Pareil pour ceux qui sont envoyés ailleurs pour leur travail. Le dépaysement existe mais finalement il est très protégé.

Alors que si on part « à l’aventure »… on est livré à son instinct et à celui des autres, ainsi qu’au balancier chance-malchance. Les rencontres avec des prédateurs, méchants ou juste opportunistes. On n’a pas les repères pour comprendre que telle façon de parler, tel vocabulaire par exemple, indiquent un danger ou une mauvaise communication. J’en ai d’ailleurs abusé avec malice : inviter une jeune femme « au restaurant » était, en Italie, une contrepartie élégante à tout autre chose après le dessert. J’ai fait mine de ne rien comprendre, me montrant enjouée pendant le repas et puis offusquée quand le malheureux devait mettre cartes sur table puisque je semblais ne pas comprendre. Ça m’a valu de bien connaître les restaurants de Turin – les bons ! – et de pouvoir conclure que les Italiens savent « perdre » en grands seigneurs. Sans aucune méchanceté.

Mais voilà, en Terra Incognita, on ne sait pas toujours faire la différence entre un comportement normal, bienveillant, charitable, ou de vilain méchant loup. Parce qu’on est tout nouveau sur le terrain, et que les codes ont changé.

Et il faut ajouter à ça le fait que n’étant pas mariée, mon statut de « femme seule nouvellement arrivée dans les parages » ouvrait la voie à bien des badinages. Et s’il y eut des badinages gentils, il y a eu tous les autres, qui souvent encore me font rire et me surprennent. Et si j’étais restée dans mon cercle d’intimes et sous la protection vigilante d’un mari, eh bien il y aurait moins à raconter…

Arles Panorama Pat

C’est ainsi que bien souvent j’ai vécu des situations que je n’aurais même pas imaginées en restant dans le nid. Mais pas seulement négatives. J’ai eu une toute autre approche de la bonté humaine aussi, car la « mauvaiseté » n’est plus vraiment une surprise. Des gens m’ont secourue, aidée, accueillie. Des inconnus qui n’allaient rien y gagner d’autre que ma reconnaissance et le plaisir d’avoir bien agi.

Souvent, lorsque je repense à certains épisodes, je me dis que mon ange gardien a fait son travail avec une louable vigilance, mais aussi que ça m’a donné de quoi assurer que non, le monde n’est pas pourri, la bonté, les sourires généreux, les gens qui donnent de leur temps, ceux qui éprouvent la richesse de donner existent.

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Inside of Africa

C’était en 1962. Et le voyage, je l’ai raconté ici. Et cette joyeuse chanson d’Indépendance cha-cha me fait toujours bien mal malgré sa joie dérisoire : tant de morts des deux côtés, et tant de souffrances encore. De mystères, magouilles infâmes cachées, et bon… d’histoire qui devra être ré-écrite quand tous les acteurs en seront morts et qu’on ne craindra plus des coups de latte sur les doigts – ou qu’on les coupe.

Mais pour moi, c’était mon premier grand voyage en avion toute seule comme une grande. J’allais avoir 15 ans mais à cette époque… même si forte de mon premier baiser – d’une chasteté exemplaire – je me prenais pour une vamp prometteuse… je ne dirais pas que j’avais encore la morve au nez, quand même pas, mais ma plus périlleuse aventure alors avait été de prendre le train seule pour aller à Bruxelles où mon père m’attendait sur le quai!

Non, j’avais aussi été, à 12 ans, à La Haye seule, et avais même mangé élégamment (je pense…) au wagon restaurant, un plaisir que je revis volontiers en pensée car alors… on avait des menus, de vrais couverts, un serveur sorti de “Maîtres et valets”, de la vaisselle aux armes de la société des Chemins de fer…. Bref, malgré tout un test pour une fillette de 12 ans que j’ai affronté avec le plus grand sang-froid. Mais j’ai un peu perdu de ma dignité à l’arrivée en gare où l’ami de Lovely Brunette m’attendait pour un séjour d’une semaine à La Haye. Oui, elle m’avait dit “tu descends à La Haye”. OK. Sauf qu’en Hollande, chère Lovely Brunette, on disait Den Haag et que donc je suis restée sagement assise à Den Haag, et heureusement quelqu’un du compartiment a réagi, m’a fait propulser dans le couloir tandis que ma valise passait par la fenêtre.

J’affrontais donc ici ma seconde aventure en voyageuse solitaire. Mon voyage aller, ses aléas et le succès remporté avec mes deux exemplaires de Salut les copains sont relatés dans l’autre article en lien. Je n’étais pas peu fière de ce triomphe.

Puis il y eut le voyage retour. J’étais très mécontente de ma coupe mi-Pétula Clark, mi-caniche, par contre l’expérience coiffeur m’avait plu. C’était en Rhodésie et on m’avait offert une tasse de thé. J’avais trouvé ça très distingué. Par contre, la coiffure, la politesse seule m’avait empêchée d’en pleurer. Mais la seconde épouse de mon père m’avait offert une jupe droite à elle (que j’avais raccourcie en faisant un ourlet avec assez de tissu pour m’y couper un boléro) et avec mon t-shirt salut les copains je me trouvais une allure très moderne, certaine que Claude François m’aurait remarquée dans une foule de fans. Je tenais fièrement sous mon bras une peau de chat sauvage roulée qui depuis a cédé sous l’assaut des mites après des années de séjour au mur de ma chambre. Il y a des mites qui ont de la chance dans le menu…

Embarquement immédiat

J’étais assise pendant un temps auprès d’une jeune fille qui avait vu des mau-maus et me les décrivait en frissonnant, ainsi que des enfants rebelles et drogués qui ne s’arrêtaient de tirer sur les blancs que lorsqu’eux-même étaient abattus, car tant qu’il leur restait un souffle de vie ils sautaient en hurlant et tirant. Moi je l’écoutais comme si ces horreurs étaient mon quotidien et que je savais parfaitement de quoi elle parlait. Ensuite, je ne sais pas pourquoi, elle a changé de place et c’est un garçon de 16 ou 17 ans qui est devenu mon compagnon de route, et je ne sais plus du tout de quoi nous avons parlé. Petite émotion : un des moteurs de l’aile près de laquelle j’étais a pris feu à cause d’un orage gigantesque, et il y eut quelques hurlements et surtout une sensation d’essorage. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu peur…

Je sais que j’ai eu beaucoup de chance de découvrir ces lieux à cette époque, et d’avoir aussi fait mes premiers pas dans l’âge tendre des jeunes filles encore fillettes hésitantes dans ces conditions.

A la piscine d'E'ville

A la piscine d’E’ville

Chaque expérience de vie parle un jour ou l’autre, si on l’écoute.

Un voyage vers Terra incognita, sans itinéraire…

On s’aime. On aime. Et voilà qu’on décide qu’on sera compagnons de voyage, pour une longue, longue vie d’amour…

On se mariera (tout de suite, dans deux ans, quand on aura eu une augmentation, quand les cousins d’Argentine reviendront pour qu’ils soient présents…) ou on se mettra simplement en ménage (dès qu’on aura trouvé le quartier et l’appartement idéaux, quand il/elle se sera débarrassé de son chat puisqu’on y est allergique, sitôt qu’on aura fini l’université…). Ensuite on aura des enfants (sans attendre, après deux ou trois ans, quand on gagnera assez, après avoir fait ce trekking en Himalaya…) et on commencera à penser à acheter une maison (quand on aura des arrhes en suffisance, quand la tante Jeanne sera morte et qu’on aura enfin la galette qu’elle nous met sous le nez à chaque visite, quand la commune aura garanti que l’on ne construira pas dans la zone où se trouve la fermette convoitée…) et peut-être encore un ou deux enfants. On aimerait visiter tel ou tel pays, arriver à tel niveau de carrière, ressembler à tel autre successful couple, et que les enfants fassent l’université et des vies sans monotonie à l’étranger. Que l’un se marie à Dubai tous frais payés pour la noce, par exemple, ce serait cool et une preuve de réussite et d’accomplissement.

Départ du bateau ailé - Vladimir Kush

Départ du bateau ailé – Vladimir Kush

Mais sur la nef du Grande Amore, un capitaine invisible dessine avec son sextant une route capricieuse et fréquemment houleuse. Les choses espérées arrivent parfois, mais pas quand on l’aurait voulu. Ou elles sont différentes par un détail… fatal. On ne peut pas avoir d’enfants, ou on a des quadruplés d’un coup. La maison des rêves était aussi celle des rêves d’autres gens qui y vivent maintenant. L’avancement dans la carrière est plutôt un avance et recule perpétuel. Le trekking en Himalaya ne se fera jamais à cause d’une mauvaise chute et tendons déchirés, et d’ailleurs la tante Jeanne vient d’être centenaire et est courtisée avec adresse par une nièce qui vient lui faire la lecture tous les jours. Les enfants, si on en a eu, apportent des cheveux blancs précoces et bien des sujets de discussions amères.

Et la longue vie d’amour se traine. On songe parfois à fuir à bord du canot de sauvetage du Grande Amore. Ou à jeter l’autre par-dessus bord. On ne sait où porter plainte pour cette organisation épouvantable. On avait pourtant si bien projeté les choses.

Qui plus est… l’autre n’est pas ce qu’on avait pensé. L’intimité met sa loupe sur ce qui fait partie de la relation quotidienne. Impatience, limites intellectuelles, tendance au mensonge, infidélité automatique, critique et sarcasmes, manipulations grandes et petites sont là, en technicolor. Ce qui avait tant séduit au début parfois disparaît complètement, soit que ça n’avait été qu’un leurre délibéré pour « ferrer le poisson », soit que ça n’a plus de poids, à juste titre ou pas, en regard de tout le reste. Il arrive que… on ne s’aime plus. On n’a plus d’amitié profonde l’un pour l’autre, plus d’envie de partage en dehors des repas, soucis familiaux et vie sociale. L’impatience, l’excitation, l’attente d’une grande joie sont tenus pour soi. L’autre ne participera pas, on le sait. Et d’ailleurs, cette grande joie serait plus belle vécue en solo. L’autre est bien encore à bord de la nef, mais en train de charger le canot ou désormais enfermé dans la fatalité de la défaite, et le regard loin en arrière qui ne voit plus rien que les débris des projets naufragés…

Puis les autres, ceux qui se sont vraiment aimés et savaient que les déceptions viendraient en leur temps, les vivent à deux, sachant pardonner sans rancœurs et sanctions inutiles. Le voyage continue, et ils en acceptent les escales et les écueils. Ensembles ils colmatent les brèches, attendent le retour du vent ou du beau temps, grelottent ou gisent à l’ombre, usés et attendant de nouvelles forces. Ils se sourient encore même après de sonores disputes, ils rient avec une vraie gaieté après s’être fâchés de tout leur cœur. Ils ne savent où se trouve Terra Incognita, ni la longueur du voyage, mais ils savent qu’ils le feront ensemble jusqu’au bout, parce que c’est à bord du Grande Amore qu’ils se trouvent… et ils ne sont pas à la barre. Ce qui leur laisse le temps de vivre et de regarder le paysage…

Voyage en train

Billet de juin 2013… mais je n’ai pas changé mes louanges!

 

J’aime prendre le train. Et je le prends souvent, pas par choix mais parce que je n’ai pas de voiture. Secrètement je prie pour ne plus jamais en avoir, car je déteste conduire.

 

Mais le train, quel régal. Et, si on a le temps, le train qui ne va pas trop vite, c’est encore mieux. En cette presque fin juin, alors que la nature enfin a compris qu’il fallait se mettre en tenue et température estivales, que le parcours est beau !  J’avais un livre d’Hugo Pratt – Una ballata nel mare salato – dans mon sac, au cas où. Surtout au cas où une dame bavarde aurait eu envie de confier à une inconnue les arcanes de sa vie. J’aurais écouté poliment pendant cinq minutes puis aurais feint d’avoir perdu l’ouïe en m’évadant dans les pages de Mr Pratt et de Corto Maltese qui venait à peine de se trancher au rasoir une ligne de chance dans la paume car il en manquait. Et tout le monde se doit d’en avoir une.

 

Mais le compartiment était presque désert si ce n’est pour la chaleur qui avait décidé ce jour-là qu’en plus d’une ligne de chance tout le monde avait aussi besoin de quelques degrés en trop. Le train avait un air art déco bon marché, avec des miroirs posés de part et d’autre de la porte, de tailles et à hauteurs différentes comme pour une jolie salle de bal. Le contrôleur me demanda joyeusement si j’avais assez chaud et le pauvre, c’était une question généreuse car lui devait supporter son uniforme. Et il le faisait avec beaucoup de bonhomie.

 

Et dehors, des kilomètres de ma terre défilaient dans une explosion végétale et architecturale.

 

De vieilles et robustes fermes flanquées du tas de purin et de pneus de camions. Des coquelicots exubérants. Des clochers de dentelle ou carrés dans le style roman, les tuiles luisant contre le ciel bleu. Des acacias regorgeant de grappes déjà brunies. Une belle construction ancienne dont le toit a de surprenantes tuiles multicolores. Des champs de blé vert. Des routes dont on devine le parcours aux arbres paisibles qui les longent. Un homme qui promène un chien paresseux le long d’un champ labouré. Des dos de maisons modestes et vétustes, aux toits de tuiles courbés, avec des jardinets venant mourir près des rails. Des potagers assurant de bonnes soupes et la conscience qu’on vit encore comme il se doit. Des blocs de paille ficelés sur de l’herbe jaunie. Des buddleias foisonnant de partout. Des bouquets d’arbres majestueux. Des vaches musclées cherchant la fraîcheur dans un reste de boue. Un chat s’étirant sur un mur. Le beau château d’eau de Landen, décoré de gouttes d’eau et de robinets. Des petites gares dont le nom est brouillé par la vitesse du train. Des chevaux à la robe comme un miroir, à la queue agressive envers taons et mouches. Des lotissements encore trop neufs pour être beaux ou laids. Des liserons arborant leurs corolles blanches en étouffant les barrières. Des usines désaffectées. Un homme pansu dans son jardin. Deux femmes sur une petite terrasse, bavardant sans vigueur derrière des pots de basilic. Des châteaux de pierres claires sur des pelouses soignées bordées de buis taillés. Des talus hérissés d’orties et ronciers féroces. De rares bleuets. L’envol de trois faucons qui flottent sur l’air chaud. Et souvent, en surimpression fantomatique, mon visage dans le reflet de la vitre sale.

 

Et puis on arrive à Liège. On voit les collines, les terrils, le dégagement qui s’offre sous le soleil. Des clochers et coupoles, des gratte-ciels, des grues, des drapeaux. Le vent secoue les feuilles aux arbres des squares, avec bienveillance. La fusée de Tintin attend sur le quai. Je suis chez moi. Enfin, presque. J’ai encore 25 minutes de marche. Ou 10 et puis 10 ou 15 de bus. Je choisis donc toujours la marche que je fais sur la piste ravel  – balades pédestres et en vélo – dès que je le peux, longeant la Meuse où les péniches et bateaux mouches se réjouissent du beau temps enfin de retour…

Budleia réduit

L’Amérique de Deneeeeeese

Eh oui, c’est que la vie a continué après les années de guerre, celles où la vie avait eu tant de prix parce qu’on ne savait jamais de quoi le lendemain serait nourri, ni à combien on serait à table pour le prochain Noël.

Tout le monde a « fait sa vie ». Ma mère s’est mariée. Tiens, avec mon père ! Il la trouvait jolie comme en témoignent plusieurs photos qu’il a prises d’elle, parmi lesquelles celle-ci. Cette robe de soie datait de son célibat, et faisait très « Blanche neige ». Sur la commode on voit la photo de mon grand-père en tenue militaire (et comme il ressemblait au Roi Albert et portait le même nom, je me croyais rien de moins que la petite fille du Roi défunt, et l’avais d’ailleurs dit très modestement en classe, parce que je ne voyais pas ce que ça avait d’extraordinaire …) et de mon père, plus une reproduction de La Pinta que mon frère et moi prenions pour le bateau du Capitaine Crochet.

Elle a donc eu des enfants, a divorcé, a continué son existence avec toutes les différences de décor qui lui étaient imposées.

Et un beau jour, qui rencontre-t-elle dans la rue ??? Bill Vestal, le lieutenant Bill Vestal himself, l’ancien beau militaire américain qui soupirait en la caressant du regard, avec son épouse Marybeth, venus voir pour l’une et revoir pour l’autre les lieux  de ces étranges « bons » souvenirs, 25 ans après. La demeure où lui et tant d’autres avaient imposé leur présence chez mes grands-parents, leur laissant la cave-cuisine comme salon et salle à manger n’existait plus, mais le reste… ah ! le reste ! Les rues à gros moellons de pierre, la vieille boulangerie, l’avenue où s’était trouvée la demeure, certains bouquets d’arbres, la petite place devant l’église, la maison du curé… oui, il reconnaissait tout. Et reconnut aussi Deneeeeese, the lovely brunette dans cette belle grande dame aux cheveux prématurément blancs.

C’est au Grand hôtel, rue du Palais, qu’ils fêtèrent ça, avec champaiiiiigne et beaucoup de joie. Et ils l’invitèrent  à passer les prochaines vacances au Texas chez eux. Ce qu’elle fit sans hésiter. Elle qui avait peur de prendre le métro à Bruxelles partit aux USA comme au pays imaginaire.  Avec son anglais malabile et son accent mi british mi belge. Elle y resta près de deux mois, et trouva même moyen de participer à la Grand Parade Rodeo de Roley en 1970 !!! La connaissant, elle a dû s’imaginer dans un épisode de Géant, allant de barbeQ en barbeQ, de ranch en ranch, éblouissant les amis de ses hôtes par ses secrets culinaires – déjà alors l’ordinaire était … très ordinaire, là-bas !

Oh ma mammy, j’ai retrouvé ces photos de ton bonheur d’alors dans tes albums, et je voulais les regarder avec toi. Et c’est beau de savoir que tu as été the Belgian lady pendant près de deux mois dans ton décor de Géant !