Ces petites choses qui me manqueront

Ecrit pour Pulp.com le 26 avril 2009

 

Oui, le jour où je ne vivrai plus ici, je sais déjà que bien des petites choses vont me manquer…

J’ai bien dit petites, ou alors oui bien sûr, l’immensité du ciel, je vais aussi la regretter, et les longues longues routes parcourues de hideux camions peinturlurés qui ont un son de navire. Et la musique country – ah, Willie Nelson, qu’il faut, justement, écouter sur une de ces routes interminables et presque désertes, sur lesquelles des panneaux vous annoncent une pompe à essence 25 kms plus loin…

Mais reprenons notre bon sens, je suis au New Jersey, pas de longues routes désertes ici, que du contraire, c’est l’horreur de tous les truck drivers américains, le New Jersey et ses conducteurs enragés.

Mais ce qui me manquera, ce que ma vie quotidienne ne me donnera plus, c’est, par exemple, des prises de courant partout partout ! C’est la première fois que je ne dois pas collectionner les multi-prises ni trébucher dans un nœud de pitons – j’ai dit ces affreuses rallonges qui dépassent toujours de sous les meubles où on a voulu les cacher. Ou que je peux faire mes courses à 7h30 du matin, voire la nuit. A vrai dire, cet avantage a ses inconvénients. Contrairement à ce qu’on pense en Europe de l’organisation américaine (vous savez, celle qu’ils ont dans les films, où le timing et l’élégance abondent), c’est le chaos complet. Et que l’on arrive tôt ou tard au super marché, il y a toujours des rayons tout à fait vides, car l’employé qui s’occupe de les regarnir est déjà parti, ou pas encore arrivé. C’est donc bien souvent tintin pour l’article de la semaine à un prix si alléchant qu’on se lève aux aurores ou qu’on lutte contre le sommeil pour le trouver avant les autres. Il n’y en a pas, na ! Plus tard, il n’y en aura plus….

Et j’aurai aussi une pensée émue pour les emplacements parking, assez grands pour venir avec un panzer. Parfait pour moi, qui ne sais absolument pas me garer en créneau – j’ai appris ici, à 54 ans : j’ai donc des atténuantes ! Heureusement, je n’en ai jamais eu besoin, et ai donc de mauvaises habitudes de mémère à la chevelure bleue permanentée et lunettes noires en pointes agrémentées de diamants.

Bon, des zircons !

Ce sera dur dur de rentrer, tiens !

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