Si on pouvait les museler…

… et les menotter, ces prédicateurs fous qui rôdent sur les réseaux sociaux, y démontrant à leur insu qu’ils n’ont rien à dire et en plus… le “disent” quand même…

Silence 2

C’est la foire aux rassembleurs de ceux qui “pensent comme eux”, avec de glorieuses fautes d’orthographe, de syntaxe et une panoplie haineuse de mots grossiers. Leurs idées (enfin… c’est un grand mot pour ce qui tient plus du borborygme mental) sont éructées ici et là avec de brillantes injonctions telles que “on verra qui aura le courage de partager ça”, “si vous n’êtes pas un lâche, publiez ceci, MOI, je le fais!”. A croire que l’on risque le peloton d’exécution et que seuls les plus braves d’entre les braves osent affirmer qu’ils aiment les animaux, sont indignés des décisions de leur gouvernement, sont contre les pédophiles ou aiment les handicapés et trouvent que cette photo (truquée ou scandaleusement mal utilisée) d’un enfant brûlé ou difforme méritent cent millions de “clic” pour lui prouver qu’on l’aime, cet enfant!

S’ajoutent à ces solitaires perturbés qui se croient à la tête d’une armée de gens comme eux qui enfin sont ravis de se rassembler derrière un leader génial qui n’a pas peur des mots… les sites de fausses nouvelles. Déjà que les sites officiels regorgent de nouvelles non vérifiées et interprétées sous leur angle le plus sensationnel et improbable, voici qu’on a ce qui est supposé nous détendre et n’ajoute qu’à la confusion.

Et les sites de soi-disant vie naturelle, santé et trucs de grands-mères, selon lesquels on peut tout nettoyer, de son colon à son grenier, avec un demi-citron et émerveiller nos amis avec des décorations de Noël faites avec des cotons-tiges et des vieux bigoudis qui éblouiraient les plus sophistiqués d’ici-bas. Pour trois fois rien. Heureusement que ce blog merveilleux existe, quelle mauvaise figure nous aurions faite autrement, que d’argent gaspillé…

Quant aux “nouvelles études scientifiques américaines” financées par des fous sans aucun doute – si elles existent vraiment -, on apprend en exclusivité que les plantes sont polyglottes, que traverser l’équateur en avion augmente la résistance à la maladie de la vache folle, et que les chiens savent lire mais sont dyslexiques.

Il s’agit vraiment bel et bien d’un network dans lequel certains disparaissent avec âme et bagages, happés dans un labyrinthe d’amitiés sorties de rien, de manipulations ridicules, de maladies de compteurs de “clics”, et y perdent tout bon sens, saoulés par cette abondance d’images et défis.

J’y suis beaucoup moi-même, et y ai des “amis” de réseau (littéraire, artistique, ou sympathie) et des amis vrais de vrais et 100% DOC. Certains ont franchi le niveau “de réseau” et ont été rencontrés dans un bel échange de sourires véritables. C’est un moyen de contact magnifique.

Mais ciel… ce serait si bien que ceux qui n’ont rien à dire le fassent et mettent à profit ce temps libre pour… prendre des leçons d’orthographe, pour commencer. Ensuite peut-être une tentative de vraie vie sociale…

Mais… une chose à la fois!

Les menottes et le baillon feront l’affaire dans un premier temps…

Charles l’avait bien dit…

Dans mon second roman, « De l’autre côté de la rivière, Sibylla… », je mentionne le livre « Mariages » de Charles Plisnier, Livre écrit en 1936 et acheté par mes arrière-grands-parents paternels, il se trouvait dans la bibliothèque parmi les œuvres que « j’étais trop jeune pour comprendre ». Il n’en fallait pas plus pour que je le lise. Et ne comprenne rien à l’époque, c’est vrai. 

Mais en le relisant à présent  – occasion de découvrir qu’il est, par ailleurs, très bien écrit  – je revois tout ce qu’alors je n’ai pas dû saisir mais sentais déjà. Le livre fit scandale. Il dérangeait. Parce qu’il dépeignait une réalité qui d’ailleurs n’a pas changé : le mariage, nécessité pour l’ascension sociale, ou plus simplement encore, pour l’accès à la vie sociale.

Le baiser de l'hymen

Le baiser de l’hymen

Fabienne, gâtée et aimée par son père, veuf, veut se marier. C’est tout. Elle veut se marier. Elle pourrait, financièrement, se permettre de ne pas le faire. Mais elle veut un mari. Elle a été amoureuse autrefois, pour découvrir que l’élu était marié. A 22 ans la voici sans illusions. Elle a eu quelques fiancés qui ne représentent que des déceptions de tactique et non pas sentimentales. Elle sait que l’amour et le mariage sont deux choses bien différentes. Le dernier fiancé en date lui est infidèle. Elle est vexée mais pas abattue, cependant elle entend se débarrasser du félon. Son oncle, à qui elle annonce son intention de rupture, lui réplique que le fait que le fiancé récalcitrant ait une liaison ne la regarde pas. Et que d’ailleurs elle doit avoir l’élégance de ne pas s’en occuper. Je ne parle pas du moyen-âge, mais de 1936. On faisait une évidente scission entre le mariage et le sentimental. Il lui faut par conséquent rompre pour une autre raison officielle, qu’ils mettent au point, son oncle et elle.

Et ils planifient donc son mariage avec un jeune homme qui a tout à gagner en tombant dans le panneau : elle se marie pour être enfin une femme mariée, et lui pour accéder à un confort social et financier qu’il n’atteindrait pas par ses seuls efforts. Chacun a son intérêt. Ils ne sont pas des monstres, n’ont aucune méchanceté à ce début de leurs vies. Ils souscrivent simplement au tracé que la société dessine pour eux, et y cherchent leurs avantages.

Quant à sa cousine Marcelle, elle aussi se marie parce que c’est la chose à faire et que la fortune familiale a fondu. Son père l’a affectueusement avertie qu’il lui faudra prendre soin d’elle. Elle aussi garde dans le cœur le souvenir d’un désir naissant pour un autre jeune homme disparu, et choisit, parmi ses prétendants, celui qui lui semble le plus acceptable comme mari. Elle espère bien que l’image de son premier amour s’estompera dans la réalité d’une existence conjugale.

Bien que l’auteur, notre cher Charles à la plume bien trempée, précise que désormais (entre les deux guerres…) les jeunes filles ne sont plus aussi ignorantes des secrets du lit que ne l’étaient leurs mères, on comprend que pour les deux cousines, ce qu’elles en savaient était dû aux lectures et à de rares confidences.  Car elles ont une idée très « cinéma américain » de tout ce mystère, un peu comme ces beaux films qui finissaient parfois dans la chambre à coucher, lorsque les deux jeunes époux s’embrassaient devant le lit et qu’un pudique travelling se ruait vers la fenêtre pour qu’on leur fiche la paix avec notre curiosité. J’ai connu autrefois une jeune fille qui, « instruite » par ces films, m’avait avoué qu’elle « croyait qu’on s’évanouissait » tant ce baiser nuptial semblait chargé de sortilège.

Et bien entendu… chacun sera brûlé par le sacrifice. Fabienne et Marcelle se demandent, éperdues, ce que peuvent être ces extases charnelles dont on parle à voix basse, et dont elles avaient cru deviner les prémices lors de leurs courtes histoires d’amour adolescentes. Elles espéraient que de ces délices naîtrait l’amour (C’était ça qui, à 12 ou 13 ans, m’intriguait beaucoup et que j’ai mentionné dans mon livre : l’une d’elle supplie son mari de lui toucher les seins … et je me demandais « mais pourquoi diable a-t-elle une idée de ce genre ? »). Notre Charles semble croire que ce qui manque dans ce mariage, c’est la volupté du sexe, dont l’absence provoque le naufrage. Il a raison et tort. Car parallèlement il dépeint Christa, une troisième cousine qui, elle, s’est donnée (Oooooh la coquine !) à un homme divorcé (Ooooooooooooooh ! Elle dépasse les bornes !) qu’elle épouse, se déclassant socialement, mais que l’on retrouve en moitié de roman, tellement heureuse et encore aimée que nos pauvres victimes du mariage bien planifié en sont tétanisées.

La volupté du sexe, naturellement, n’est pas le fait d’un époux – même expert – qui anime le désir de son épouse, mais d’un époux amoureux qui lui parle d’amour sans émettre un son, et entend le silence de celui de l’épouse amoureuse. Et c’était l’erreur du départ : sans amour, le mariage n’apporterait pas l’épanouissement de la chair, et ne serait qu’un mariage. C’est ce que Christa – plus délicatement que moi – explique à Marcelle qui, éblouie par son bonheur évident, lui demande où elle, elle s’est fourvoyée. Et elle précise qu’il n’y a rien à faire, que l’amour ne se rencontre pas toujours, que si on l’attend on peut l’attendre en vain, et que si on ne peut se faire à son absence dans le mariage et se contenter de la camaraderie qui est le sort de presque tous les époux, il vaut mieux alors oser vivre seule mais savoir que ce sera peut-être pour la vie.

On le comprend, Charles est arrivé comme un chien dans un jeu de quille. Des épouses respectables, à la mise en plis impeccable, soupirant après des voluptés impensables. Des hommes classifiés comme des « maris » ou des « amoureux ». Toute une tradition séculaire mise en pièces, et la fautive s’en sort comme la grande gagnante !

Les bons mariages ont toujours existé, il y en a eu plusieurs dans ma famille. Une de mes tantes m’a dit récemment que du côté des *** on avait de bons mariages car les maris s’amusaient bien avec leurs femmes et n’avaient pas besoin d’aller ailleurs ». C’étaient des gens qui adoraient rire, laissaient une agréable liberté aux épouses qui de leur côté n’étaient pas « sur leur dos » tout le temps, et surtout on n’était pas prude. Sans aucune indécence, mais on avait, simplement, le goût d’être heureux ensemble. Ils étaient plutôt fusionnels. Mais j’ai aussi vu et observé tous les autres mariages, ceux qui s’étaient construits sur des socles autres que l’amour. J’en ai vus beaucoup.

Et eux aussi, ils continuent d’exister.

Un jardin profond comme une vie…

J’ai lu, le long de cet été d’ombre et de lumière que je n’ai pu éviter de vivre, j’ai lu donc « Le jardin d’incertitude » d’Armelle Barguillet Hauteloire. « Lu » est un mot bien nu. Car j’ai vu, entendu, suivi, frémi, ri, compris, craint…

 
Livre d'ArmelleUn livre en deux temps. Le temps végétal, celui de ce jardin si touffu, odorant, coloré, feuillu, que l’on sait enclore des secrets et des indices au-delà des charmes de ses arbres, petite porte dérobée, parterres, coins sauvages. On y trouve des magnolias, des cerisiers du Japon, des tulipiers de Virginie, des pins de l’Himalaya. Des rives bocagères,  et des spirées cascadant au-dessus des rives… L’Eden d’Anne-Clémence,  lieu de somptueuses rêveries et réflexions. L’endroit dont Anne-Clémence extrait le suc pour en remplir des pages et des pages une fois la nuit venue. Avec sa plume sergent-major qui gratte le papier  d’un graphisme convulsif et arqué.

 
On pose les yeux sur tout. Les couverts disposés sur une nappe damassée, la bonne qui tire les rideaux qui préserveront l’intimité nocturne, la chaleur des cuisines et la tarte renversée de Renée, la coiffeuse de Marie-Liesse la ravissante où s’alignent les flacons, les brosses à monture d’ivoire, les crèmes et les boites à poudre… La glace piquetée de cabochons d’or et les chalands de nuages.

 
On respire aussi. De nouveau la tarte renversée de Renée, les cheveux de Marie-Liesse qui embaument le vent et l’odeur champêtre des graminées.

 
Et la plume d’Armelle Barguillet Hauteloire se fait tranchante, elle déshabille ce monde trop parfait de sa perfection et nous en livre les artifices : « Regarde ces notables qui se refilent leurs tuyaux et préparent leurs prochaines alliances ! Nous sommes sauvés, le monde tourne rond et ma petite sœur est assurée, à défaut d’amour, de ne pas manquer d’oseille. »

L'étang
Mais dans ce jardin aux mille secrets il y a celui d’un baiser que j’ai ressenti comme pur, l’expression inattendue d’une reconnaissance de deux êtres que rien ne semble devoir rassembler. Et pourtant ce baiser éphémère a rôdé entre les pages jusqu’à la dernière et me touche encore.

 
Le second temps du livre est celui d’une vie qui tente, comme toute vie, d’étreindre Anne-Clémence, de l’arracher aux rêves à coups de réalités qui claquent comme des gifles. Mais des gifles si bien dites, avec l’élégance de la belle écriture même lorsqu’elle est cruelle, l’amour des mots choisis et des images qui en jaillissent. Des craquelures apparaissent, les imperfections écornent le vernis, mais au fond, ce nouveau regard ne la blesse que parce qu’Anne-Clémence ne ferme pas les yeux sur ce qu’il est indécent de trop fixer. Tandis que pour son entourage, si leur monde change et s’écroule sans éclat, ils refusent d’en prendre note.

 
« Bien que rassuré par les compétences de Thomas, ses dernières années avaient été endeuillées par les chagrins familiaux, le déclin des valeurs auxquelles il avait cru, la dégradation des postulats auxquels il s’était rallié. C’était un naufrage qui, non seulement l’emportait, mais engloutissait irrémédiablement une société dont la longévité cachait bien des échecs, mais qui avait eu assez de morgue pour tenir debout et faire illusion. »

 
On l’aura deviné, ce thème m’a ravie puisque moi aussi je l’aborde souvent à ma manière. Les personnages sont complets, les recoins de leur psychologie nous sont dévoilés ainsi que leur visage de croisière, ce visage que l’on porte lors d’un long voyage entre passagers. Le récit est si précis qu’on pourrait peindre les scènes qui parfois ont le faste du tout grand cinéma.

 
Vous le dirai-je ? J’ai beaucoup aimé !

 

Et le hasard fait que cette semaine… je trouve cet article sur ce blog… Mais il est vrai qu’il n’y a pas de hasard!

Vouloir et accepter de vouloir

The Reluctant Bride - Auguste Toulmouche

The Reluctant Bride – Auguste Toulmouche

Se marier … c’était ce que toutes les jeunes filles étaient convaincues de vouloir. C’est ce que leur mère et leur grand-mère avaient voulu. C’était une tradition de mère en fille. Les revêches rebelles comme la tante Ninie et cette vieille folle amoureuse du vicaire, on savait comment elles finissaient : si elles avaient « les moyens » elles tenaient une cour austère où on venait leur rendre hommage en vue de l’héritage et pour le bien de l’esprit de famille. Mais leurs lèvres serrées, leur rire jamais entendu, leur peau  jaunie et tavelée… parlaient d’un célibat pétrificateur. Celles qui s’en sortaient bien, avaient des choses à raconter qui faisaient rire avec un peu d’embarras mais bien du plaisir, restaient belles au fil des décades… celles-là étaient soupçonnées de tout ce qu’on ne nommait pas. Car on ne pouvait afficher cette gourmandise de vivre sans être mariée… Non.

Les « moins bien nanties » vivaient chichement, mais il arrivait que le sourire leur creusât des fossettes et même que l’on en vienne à imiter leur rire de fillette attardée. Après tout, n’ayant pas d’argent, elles n’en avaient pas le souci non plus et pouvaient négliger l’écho de la bourse comme les corsets trop serrés.

Mais rien ne valait la femme mariée. Un homme avait voulu d’elle, en prenait soin, l’entourait d’argent – ou la noyait dans ses problèmes et claquait toute sa dot, mais ce n’était jamais prévu au départ.

Bref… toutes les filles normales voulaient en général se marier. C’était un peu comme passer un examen : assez jolie, assez bien maniérée, digne de porter la progéniture d’un homme et de plaire à sa belle-famille. Une fois passé l’examen, on pouvait « vivre sa vie », celle d’une femme mariée qui a un statut et des occupations… Les amants réels ou platoniques lui donnaient du romantisme. Mais certaines voulaient aussi se marier avec un homme qui leur plairait. Petites exigeantes, va ! Or le choix était de courte durée et d’un rayon encore plus court. Les jeunes filles qui restaient sur le marché trop longtemps devenaient vite du second choix. Il fallait donc faire un massacre de cœurs dès le premier bal, à coups d’éventail, de répliques spirituelles mais modestes, d’œillades tout aussi modestes bien qu’avec un zeste de flammes.

Et les soupirants sortaient du bois.

Eux aussi, d’ailleurs, pensaient vouloir se marier puisque ça prouverait dans la ville qu’un solide boulet les retiendrait désormais à leur travail et leurs engagements. Ça faisait partie des choses à faire dans une vie rondement menée. Et s’ils ne choisissaient pas assez vite, ils devraient se contenter des délaissées du premier tour, celles avec un nez en pomme de terre, un papa ayant fait de mauvaises affaires, une odeur dérangeante, de l’alopécie et quoi d’autre encore… Ils faisaient donc leurs avances.

Et ils n’étaient pas tous beaux ou séduisants comme dans les films. Et les beaux et séduisants l’étaient aux yeux de toutes les jeunes filles et de leurs mères férocement attentives, la compétition était serrée. De plus… ils n’avaient peut-être pas de garanties familiales et financières. Ou étaient précédés de rumeurs : il boit, il joue, il a une maîtresse plus âgée, il a déshonoré une jeune fille, on n’est pas sûrs de qui est son père… Et voilà où, bien souvent, la jeune fille, pour faire ce qu’elle voulait – se marier – allait aussi devoir faire ce qu’elle acceptait de vouloir.

Transiger.

Le jeune homme qui avait souvent des croûtes au bord des cils et la lèvre morose, mais allait reprendre l’étude notariale du père au  lieu de ce brun rieur aux dents blanches qui n’avait pas le sou. Le vieux garçon terne comme une paire de charentaises mais qui sera – hélas – sans surprise au lieu de ce pétulant farfadet que l’on soupçonnait d’avoir cocufié le brave vieux monsieur Machin si fier de sa jeune épouse, et qui était sous laudanum depuis l’affaire.

Oui, la jeune fille se laissait emporter par les préparatifs du « plus beau jour de sa vie » et la gaieté la grisait. Le cœur chaud de joie elle s’efforçait avec l’aide de sa mère de voir (dénicher ?) les charmes de son époux. D’ailleurs on lui garantissait qu’elle aurait oublié l’intrus dans ses pensées en un rien de temps. Bonne fille, elle ne pouvait faire la différence entre ce qu’elle voulait et ce qu’elle acceptait de vouloir aussi.

Les années passeraient avant que, si elle n’avait pas été vaincue, elle réalise qu’elle n’avait pas du tout eu ce qu’elle désirait, et bien souvent, comme l’éclair d’une flamme que l’on souffle aussitôt, le souvenir du favori s’agiterait en elle et lui rongerait le coeur.