Grosses tuniques et belles dentelles

Ecrit pour Pulm.com le 14 juin 2009

 

La guerre de sécession, on en a tous entendu parler ! Scarlet O’Hara, Rhett Butler, un ou deux films de Clint Eastwood, et tout le reste finalement !

Et les femmes, dans tout ça ? A part les Scarlet et les Mélanie, qu’ont-elles fait ?

Il y a eu, bien sûr, les madelons et les putes à soldats, toujours bien utiles dans ces moments-là. Les infirmières, de profession, d’infortune, ou de cœur généreux. Mais il y aussi eu toutes celles qui, soit pour l’aventure soit pour enfin sortir d’une vie toute suspendue au bon-vouloir des hommes (il n’y avait pas que l’esclavage dur des noirs, il y avait l’esclavage secret des épouses et des filles…) ont balancé crinolines, ombrelles et corsets dans le fossé et se sont cachées dans des tuniques de soldats. Nordistes et sudistes. Et ont enfin été libres de leur vie, de leur argent aussi (car le salaire de $13 par mois qu’un soldat se faisait alors était supérieur à tout ce qu’une femme pouvait gagner à l’époque, et les femmes n’avaient pas le droit de dépenser leur propre argent : il fallait la tutelle d’un père ou un mari …) et, une fois la paix revenue, de ce qui restait d’elles.

Beaucoup sont restées « des hommes » jusqu’à la tombe. Le sabre au poing, elles avaient mérité de dire adieu aux cheveux frisés au petit fer, évanouissements multiples sous la pression du corset gracieux, et le laudanum bu en cachette pour oublier l’inutilité de leur vie.

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